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Brigades Rouges : Les vingt thèses finales (1-3) − 1980

DÉSARTICULER L’ÉTAT !

CONSTRUIRE LE PARTI COMMUNISTE COMBATTANT ET LES ORGANISMES RÉVOLUTIONNAIRES DE MASSE !

CONQUÉRIR LES MASSES À LA LUTTE ARMÉE POUR LE COMMUNISME !

Nous sommes les dirigeants et les organisateurs de la guerre révolutionnaire et également les dirigeants et les organisateurs de la vie des masses. Nos deux devoirs sont : organiser la guerre révolutionnaire et améliorer les conditions de vie des masses.
MAO ZEDONG

1. L’actuelle conjoncture politique se trouve entre deux phases : nous ne sommes plus dans la phase de la propagande armée et pas encore dans celle de la guerre civile. Il s’agit ainsi d’une conjoncture de transition.

Nous devons accorder une grande attention aux particularités et aux contradictions caractérisant cette conjoncture et ne pas sous-estimer le fait que la transition de l’une à l’autre peut également être prolongé dans le temps.

Cette conjoncture de transition dépend de fait tant de l’évolution structurelle de la crise capitaliste/impérialiste, que de la capacité subjective du prolétariat métropolitain à se constituer en Parti Combattant et de condenser son antagonisme en un Système du Pouvoir Révolutionnaire, autonome, articulé et diffus dans tous les secteurs de la classe et dans tous les pôles.

Le problème central de l’actuelle conjoncture est la conquête des masses à la lutte armée, et cela pose en premier lieu la question des Organismes Révolutionnaires de masses.

2. Les organismes révolutionnaires de masses sont sortis et sortiront en conséquent du devenir objective de la crise – restructuration – internationalisation du capitalisme, qui modifie la composition de la classe et qui pousse des secteurs spécifiques du prolétariat métropolitain à vivre de manière toujours plus accentuée un rapport antagonique avec le mode de production et avec l’État.

De l’autre côté, à ce mouvement objectif s’est entrelacé l’initiative de la Propagande armée qu’ont incessamment développé dans la dernière décennie les Organisations Communistes Combattantes afin d’enraciner dans le prolétariat la conscience de la nécessité et de la possibilité de la révolution communiste dans la métropole impérialiste.

Aujourd’hui, cette initiative n’est plus adéquate aux nouvelles conditions objectives et suggestives, et l’avant-garde politico-militaire, pour correspondre à la fonction qui est la sienne, doit obtenir la position d’organiser et de diriger d’entiers secteurs et couches de la classe sur le terrain de la lutte armée pour le communisme.

Le saut qualitatif, de l’Organisation Communiste Combattante au Parti, se déroule sur ce plan et pas tant dans la confrontation directe entre organisations. Ou, plus précisément, cette confrontation de lignes politiques doit s’immerger et vivre en premier lieu à l’intérieur des organismes révolutionnaires de masse que se donne le prolétariat métropolitain se donne pour exprimer ses intérêts, ses besoins, ses aspirations qui lui sont propres, son pouvoir.

Il doit être compris que si notre organisation n’a pas jusqu’à aujourd’hui réalisé le saut au Parti, cela ne doit pas être ramené au fait que n’a pas été construite, à travers une confrontation directe, l’unité avec les autres formations de guérilla, confrontation qui dans des formes diverses et contradictoires s’est toujours poursuivie.

La cause profonde est à rechercher dans le développement encore embryonnaire des conditions objectives et subjectives du processus révolutionnaire, qui ne permet pas le « saut » de l’avant-garde politico-militaire, qui stabilise essentiellement un rapport de « propagande » avec les masses, à l’avant-garde politico-militaire organique, qui dirige, organise la lutte politique et militaire des couches de la classe.

Forcer cette situation serait du pur volontarisme. Une telle possibilité se situe dans l’actuelle phase de transition. En fait, la construction du Parti Communiste Combattant procède ensemble, s’interpénètre avec le processus de l’organisation des masses sur le terrain de la lutte armée, et il ne peut pas y avoir l’un sans l’autre.

3. Le Travail de Masse de notre organisation, toutefois, ne doit pas s’épuiser à l’intérieur des organismes révolutionnaires de masse.

La complexité du prolétariat métropolitain requière que notre initiative s’accomplisse dans de multiples formes politiques, organisationnelles, militaires, idéologiques, théoriques, afin d’atteindre et de lier à soi tous les éléments communistes, de consolider sa présence d’avant-garde à tous les niveaux, de renforcer nos structures, d’étendre nos ramifications complexes dans tous les secteurs du prolétariat métropolitain.

mercredi 17 décembre 1980


Brigate Rosse