Centre MLM de belgique

Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique - Recueil de documents − 1977

Prolétaires de tous les pays, nations et peuples opprimés, unissez-vous !

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique s’est déroulé avec succès les 22 et 23 janvier 1977

LA PRÉPARATION DU CONGRES

Les documents préparatoires ont été transmis par le comité Central à tous les militants dès le mois de septembre. Dans toutes les cellules et régionales du Parti, on a étudié et passé au crible de la critique le projet de thèses pour le Deuxième Congrès et le projet de nouveaux statuts comprenant le programme général du Parti. De nombreux amendements ont été proposés.

Au cours des réunions préparant le Congrès, les cellules et régionales ont fait de façon critique et autocritique le bilan de leurs activités et renouvelé leur comité ; elles ont proposé des candidatures au Comité Central et élu leurs délégués. Conformément aux statuts, le nombre de délégués avait été fixé par le comité Central en tenant compte du nombre de membres effectifs par régionales. Reflétant bien la composition du Parti, la majorité des délégués étaient des ouvriers ; venaient ensuite les employés puis les intellectuels et étudiants révolutionnaires.

HOMMAGE AU PRESIDENT MAO

Le Congrès a été déclaré ouvert le samedi 22 janvier à 9H30. A ce moment sont apparus sur un écran les portraits des grands théoriciens et praticiens du communisme, Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Tsé-toung. Un hommage émouvant a été rendu à la mémoire du Président Mao, le plus grand marxiste-léniniste de notre époque. Cet hommage a mis en lumière non seulement la longue vie remarquable du dirigeant de la révolution chinoise mais aussi le prodigieux enrichissement théorique qu’il a apporté à la science de la révolution à tel point qu’à notre époque, il faut parler de trois éléments étroitement liés et procédant l’un de l’autre : le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung.

L’ÉCRASEMENT DE LA CLIQUE SCISSIONNISTE ANTI-PARTI

Le Congrès a procédé ensuite à l’élection de sa présidence collective de son secrétariat. Sur l’écran sont apparues les photos des glorieux dirigeants communistes Joseph Jacquemotte, Jef van Extergem, Julien Lahaut.

Une importante lutte entre les deux lignes a eu lieu dans le Parti. Elle a gagné en intensité au cours de l’été 1975 quand un petit groupe est passé à l’attaque de la ligne prolétarienne, a essayé de faire triompher des conceptions révisionnistes en plusieurs domaines. Ne pouvant faire aboutir leur point de vue, les membres de ce groupe ont constitué une fraction qui a multiplié les complots pour imposer leurs conceptions droitières, se sont alliés aux trotskystes et ont essayé de s’emparer de la direction. Ce groupe scissionniste et saboteur a été débusqué et éliminé. Aujourd’hui complètement dégénéré, il s’acoquine à toutes sortes d’éléments contre-révolutionnaires et répand les pires calomnies contre le Parti. Il est passé à l’attaque publique contre le Parti Communiste Chinois et le Président Houa Kouo-feng. Il soutient la bande des Quatre et n’hésite pas à s’en prendre à la mémoire du Président Mao.

L’isolement, la défaite et la dégénérescence de ces scissionnistes étaient inéluctables. Il faut en tirer une leçon par la négative. Le Congrès a procédé à un examen critique et auto-critique des erreurs qui ont permis à cette clique de manœuvrer et de comploter. Il a souligné la nécessité de combattre sans relâche le libéralisme et de renforcer le niveau politique et idéologique des militants.

LE RAPPORT POLITIQUE

Présenté par le Premier secrétaire du comité Central sortant, le rapport politique comprend cinq chapitres :

1. La ligne du Premier Congrès.

2. La lutte entre les deux lignes et la victoire que constitue l’écrasement de la clique scissionniste anti-parti.

3. La situation au plan national et international et nos tâches.

4. La construction et l’édification du Parti.

5. L’internationalisme prolétarien.

Ce rapport, très dense, a été un bilan de l’activité du Parti et de l’enrichissement de sa ligne entre le Premier et le Deuxième Congrès. Il a tracé les perspectives alors que la crise générale du capitalisme accroît les contradictions du régime et que la rivalité exacerbée des deux super-puissances, l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique, conduit à une troisième guerre mondiale. Il en a tiré les implications théoriques et pratiques.

A plusieurs reprises le rapport a été interrompu par des applaudissements et à la fin, il a été ovationné par le Congrès debout.

Un rapport sur les modifications proposées aux statuts a alors été présenté.

LA DISCUSSION DU RAPPORT POLITIQUE, LES THÈSES DU DEUXIÈME CONGRES ET LES STATUTS DU PARTI

Les interventions, toutes soigneusement préparées et d’un riche contenu, ont illustré et complété chaque point des thèses : des intervenants ont tiré les leçons précieuses de la lutte contre la clique scissionniste notamment du point de vue idéologique et organisationnel ; d’autres ont fait un rapport marquant sur la liaison du combat pour l’indépendance nationale et du combat pour la révolution prolétarienne ; d’autres ont examiné les duperies révisionnistes et réformistes sur les réformes de structure, les nationalisations et la théorie de l’Etat ; d’autres ont analysé la politique des monopoles capitalistes et la marche au capitalisme monopoliste d’Etat au niveau de leur région ou d’entreprises typiques de Belgique ; d’autres ont parlé de l’expérience des luttes passées au service des luttes d’aujourd’hui ; des interventions ont également concerné la presse et son contenu, la crise générale du régime, la pratique du front uni, la hausse des prix, le chômage, les organisations de masse et plus particulièrement les Comités de Lutte Syndicale, etc.

Le Congrès a alors mis au point les thèses du Parti. Celles-ci concernent principalement l’analyse de l’impérialisme, la crise, la lutte contre les deux super-puissances, l’Etat et la révolution, la construction et l’édification du parti. Les propositions d’amendements ont été examinées, discutées en profondeur et la plupart ont été adoptées. Le même travail a été accompli pour les nouveaux statuts.

Le Deuxième Congrès a alors adopté à l’unanimité le rapport politique. Il en a été de même pour les thèses et les statuts.

QUELQUES POINTS CAPITAUX

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique, au cours de ses travaux, a tenu à souligner particulièrement les points suivants :

La Belgique est au stade du capitalisme de monopole, de l’impérialisme. C’est le stade ultime du capitalisme. La contradiction principale dans notre pays est celle opposant la bourgeoisie et le prolétariat ; elle est antagoniste. La cible de la révolution dans notre pays, c’est la bourgeoisie monopoliste. Lénine a montré que l’impérialisme, c’est la veille de la révolution prolétarienne. Toute tentative d’inventer une étape intermédiaire est une conception révisionniste qui vise à liquider la voie de la révolution violente et la dictature du prolétariat. Dès lors, les marxistes-léninistes doivent mener un grand effort d’éducation idéologique et livrer un combat impitoyable contre les dénaturations de la théorie marxiste de l’Etat.

***

L’analyse de la situation internationale doit se faire à la lumière de la théorie des trois mondes élaborée par le Président Mao ; celle-ci constitue un enrichissement considérable du marxisme-léninisme. Elle permet de déterminer à coup sûr quels sont nos amis et quels sont nos ennemis dans la vaste lutte de classe à l’échelle mondiale. Elle est une arme puissante pour le prolétariat de tous les pays, pour tous les peuples du monde.

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Les deux super-puissances, le social-impérialisme soviétique et l’impérialisme américain, constituent les plus grands exploiteurs et oppresseurs des peuples. Ce sont des brigands de la pire espèce se disputant l’hégémonie dans le monde. Il n’y a pas de détente mais au contraire une rivalité exacerbée dont l’Europe est le point-clé. Cette rivalité aboutira inévitablement à une guerre. Impérialisme montant, voulant imposer un nouveau partage du monde qui lui soit plus favorable, le social-impérialisme soviétique réarme au-delà de toute mesure et est devenu le principal foyer de guerre dans le monde. Il faut lutter pour l’union des pays et des peuples du second monde, particulièrement d’Europe occidentale, avec les pays et le peuples du Tiers-Monde, force décisive dans la lutte contre l’hégémonisme des super-puissances.

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Le combat pour l’indépendance nationale n’exclut pas le combat pour la révolution prolétarienne mais en est partie intégrante. Si nous luttons pour l’indépendance nationale, c’est parce qu’elle est absolument nécessaire pour la victoire de la dictature du prolétariat, c’est parce que les deux super-puissances, surtout le social-impérialisme soviétique, constituent sur le plan mondial le plus grand obstacle à la révolution. Quelles que soient la stratégie que nous développons, la tactique que nous employons, elles visent toujours à l’instauration du socialisme et du communisme. Le nom de notre Parti, son programme général, notre idéologique marxiste-léniniste ne permettent aucun doute à ce sujet.

L’UNITÉ DES MARXISTES-LÉNINISTES

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique a confirmé son attachement à l’unité des marxistes-léninistes.

En ce qui concerne AMADA, il constate que ce groupe s’est à plusieurs reprises, et jusque dans ses statuts, livré à des attaques mensongères et à des calomnies contre le Parti. Depuis quelques mois, il avance une série de conceptions opportunistes, notamment sa conception de la démocratie populaire, son ralliement aux réformes de structure, sa pratique électoraliste. S’il persévère dans cette voie, AMADA s’enlisera dans les marais du révisionnisme. Cependant la majorité des militants de cette organisation veulent la révolution ; le Parti renouvelle ses déclarations antérieures et se prononce sans restriction pour des pourparlers avec AMADA, sur la base des principes.

La lutte entre les deux lignes au sein de Lutte Communiste (marxiste-léniniste) a conduit à une importante victoire sur l’opportunisme de droite et sur le sectarisme. Aujourd’hui, les points de convergence entre Lutte Communiste (m-l) et notre Parti sont beaucoup plus importants que les points de divergence. Le Deuxième Congrès a approuvé le Comité Central, dont une délégation a conduit des pourparlers très positifs avec une délégation du Comité Directeur de Lutte Communiste (m-l). Les militants de notre Parti ont étudié et discuté les documents de la Troisième Conférence Nationale de cette organisation. Le Deuxième Congrès du parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique se prononce pour la continuation des discussions, la pratique de l’unité d’action, la recherche patiente de l’unité idéologique et de l’unité politique qui permettront d’aller à l’unité organisationnelle.

L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique s’est montré soucieux de l’unité du Mouvement Communiste International et du renforcement des liens entre Partis et organisations marxistes-léninistes des différents pays. Il a adressé des messages fraternels au Comité Central du Parti Communiste Chinois, au Comité Central du Parti du Travail d’Albanie, aux partis et organisations marxistes-léninistes du monde entier.

LE COMITÉ CENTRAL

Le dernier point à l’ordre du jour était l’élection du Comité Central. Un hommage a été rendu à la mémoire du camarade Raoul Danhier, membre du Comité Central, mort en août 1972 et dont le dévouement, la modestie, la liaison avec les masses étaient exemplaires. Puis un rapport a présenté la biographie et le bilan politique des candidats. La discussion a été menée dans un esprit fraternel, en usant de la critique et de l’auto-critique. Le Comité Central élu, à majorité ouvrière, reflète la composition sociale du Parti.

Le Congrès a interrompu ses travaux. Le Comité Central s’est réuni et a élu son Bureau Politique, le Premier Secrétaire et le Secrétaire du Comité Central. A la reprise, ces décisions ont été communiquées au Congrès.

Il a été décidé de publier les documents du Congrès.

Le Premier secrétaire du Comité Central a prononcé le discours de clôture. Les délégués ont longuement et chaleureusement applaudi le bon travail qu’ils ont accompli au cours de ce remarquable Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique. Tous ensemble, ils ont entonné l’Internationale.

 HOMMAGE AU PRÉSIDENT MAO TSE-TOUNG

Camarades,

Le 9 septembre 1976, à zéro heure 10, le camarade Mao Tsé-toung, Président du Comité Central du Parti Communiste Chinois, mourait malgré les soins multiples et méticuleux qui lui ont été prodigués.

Chaque camarade de notre Parti a été profondément bouleversé et nombreux sont ceux qui ont pleuré – même parmi les plus endurcis.

Aussi, notre Premier secrétaire reflétait-il avec justesse nos sentiments lorsqu’il écrivait dans un message au camarade Houa Kouo-feng :

« Notre grand Camarade Mao Tsé-toung est mort et notre douleur est immense ».

En ce début de Congrès, de Congrès de l’unité, de Congrès de victoire sur les scissionnistes – qui va sans aucun doute constituer une nouvelle étape dans notre combat pour le renversement de l’exécrable dictature de la bourgeoisie et des monopoles pour l’établissement de la glorieuse dictature du prolétariat, une nouvelle étape dans la prise de conscience et l’organisation devant le danger de guerre fomenté par la rivalité des deux super-puissances et surtout par le délire de conquête digne de Pierre le Grand du social impérialisme, observons une minute de recueillement pour mieux nous inspirer encore de la théorie et de la pratique révolutionnaires du Président Mao Tsé-toung.

Camarades,

Dans la lignée des grands éducateurs du prolétariat – Marx, Engels, Lénine, Staline – le Camarade Mao Tsé-toung nous a enseigné que pour faire la révolution, pour remporter la victoire, il faut un parti guidé par le marxisme-léninisme, sachant lier la théorie à la pratique, un Parti lié au masses, pratiquant la critique et l’autocritique ; qu’il faut un Front uni de toutes les classes et couches opprimées et exploitées sous la direction de l’avant-garde de la classe ouvrière, un Front uni devant aller, dans des circonstances données, jusqu’à des classes exploiteuses soumises à l’hégémonie ; qu’il faut une Armée du peuple à même de défaire l’inéluctable agression armée que la bourgeoisie et ses alliés intérieurs et extérieurs lanceront contre le prolétariat, ses alliés et leurs organisations.

Voilà les trois clés d’or de la révolution, comme disait le Camarade Mao Tsé-toung qui, liant la théorie à la pratique, fut un des fondateurs du Parti Communiste Chinois, de l’Armée Populaire de Libération et l’inspirateur de l’alliance du prolétariat avec la paysannerie et toutes les forces démocratiques et patriotiques.

Mais le camarade Mao Tsé-toung allait également apporter un enrichissement tout nouveau au marxisme-léninisme dans le domaine de l’analyse de classes, la guerre révolutionnaire, la dictature du prolétariat, la poursuite de la révolution dans les conditions du socialisme, la lutte contre le révisionnisme, la philosophie.

Et notre Parti peut être fier de s’inspirer de ces leçons pour les appliquer aux conditions concrètes de la Belgique et de la lutte de classe dans le monde actuel.

Voilà la raison pour laquelle notre Parti guide son action sur le marxisme, le léninisme, la pensée Maotsétoung, boussole indispensable pour déterminer qui sont nos amis, nos ennemis.

Bien sûr, nous rencontrerons des obstacles, des trahisons et certains se découragent.

Mais que sont les obstacles lorsqu’on se remémore la première guerre civile révolutionnaire, l’insurrection de la Moisson d’Automne, la Longue Marche, la Guerre de résistance contre le Japon, la Guerre de Libération, la Guerre d’aide à la Corée et de Résistance à l’agression américaine, l’édification socialiste et la Grande Révolution culturelle prolétarienne.

Qui d’ailleurs ne se souvient de cette photo du Président Mao Tsé-toung, la canne à la main, quittant Yenan vers un autre poste de combat après un échec momentané.

Cette force – la force de tous les communistes – il la puisait dans sa confiance absolue dans les masses :

« Quelle est la muraille vraiment indestructible ? Ce sont les masses, les millions et les millions d’hommes, qui, de tout leur cœur, de toutes leurs pensées, soutiennent la révolution. La voilà, la véritable muraille qu’aucune force ne pourra jamais détruire. La contre-révolution ne pourra nous briser, c’est nous qui la briserons ».

Les trahisons – oui, certains ont trahi notre Parti, la cause du prolétariat et ont ainsi rejoint la poubelle de l’histoire. Notre Premier secrétaire nous en parlera dans un instant. Cela n’a rien d’étonnant. Qui ne se souvient des traîtres Trotsky, Khrouchtchev, Brejnev dans la patrie du grand Lénine ? Qui ne se souvient des traîtres qui tout au long de l’histoire du Parti Communiste Chinois, ont tenté d’étouffer de l’intérieur la flamme révolutionnaire.

Et n’est-ce pas encore la lucidité du Président Mao Tsé-toung qui a permis d’écraser la bande des quatre – ces quatre beaux parleurs, ces quatre renégats qui avaient pris pour cible de leurs attaques le respecté Camarade Chou En-laï, dont tout notre Parti a pleuré la disparition.

Oui – une fois encore le Camarade Mao Tsé-toung s’est montré lucide, intransigeant, ferme, perspicace aussi en proposant à la direction du Parti le Camarade Houa Kouo-feng qui déjà ouvre de nouvelles perspectives au peuple chinois.

Et devant la trahison des révisionnistes faisant de l’Union Soviétique un pays social-impérialiste, le Camarade Mao Tsé-toung allait nous fournir une analyse éclatante du monde actuel – la théorie des trois mondes : le premier qui se compose de l’impérialisme américain et du social-impérialisme, l’ennemi le plus dangereux de tous les peuples à l’heure actuelle, le Second, des pays avancés d’Europe, du Japon et d’ailleurs, le Tiers-Monde formé par les pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine.

Dans ces circonstances, n’est-il pas courant d’entendre l’un ou l’autre se décourager, prétendre qu’il n’y a rien à faire pour éveiller l’enthousiasme révolutionnaire des masses de notre pays ? Alors, comment ne pas entendre une fois encore la voix de notre camarade Mao Tsé-toung dire à la face du monde :

« Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ».

Comment alors – puisque nous sommes des communistes guidés par le marxisme, le léninisme, la pensée maotsétoung, ne pas répondre :

« Oui, nous serons cette étincelle, ou, nous la sommes déjà. Oui, Camarade Mao Tsé-toung, vous n’êtes pas mort, vous vivez dans notre cœur et nous vous ferons vivre dans notre combat révolutionnaire ».

VIVE LE MARXISME, LE LÉNINISME, LA PENSÉE MAOTSETOUNG TOUJOURS VICTORIEUX !

VIVE LE GRAND, GLORIEUX ET JUSTE PARTI COMMUNISTE CHINOIS !

VIVE LE PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE !

QUE RESTE ÉTERNEL LE SOUVENIR DU CAMARADE MAO TSE-TOUNG !


 RAPPORT POLITIQUE PRÉSENTÉ AU DEUXIÈME CONGRES DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE

Camarades,

J’ai été chargé par le Comité Central de présenter le rapport politique devant le deuxième Congrès de notre Parti. Celui-ci comporte cinq chapitres :

1. La ligne du Premier Congrès

2. La lutte entre les deux lignes et la victoire que constitue l’écrasement de la clique scisssionniste anti-parti.

3. La situation aux plans national et international et nos tâches.

4. La construction et l’édification du Parti.

5. L’internationalisme prolétarien.

I. LA LIGNE DU PREMIER CONGRES

C’est les 1er et 2 juillet 1972 qu’a eu lieu le Premier Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique. Son apport a été important.

Au cours de ce Congrès, nous avons dit que notre Parti continue le Parti Communiste, section belge de l’Internationale Communiste, fondé en 1921 avec, à sa tête, le grand dirigeant révolutionnaire Joseph Jacquemotte. Nous avons abordé un premier bilan de ce Parti, de ses erreurs et aussi de ses grands moments dans le combat pour la révolution prolétarienne, contre le fascisme, pour l’indépendance nationale. Nous avons dit ses immenses mérites sous l’occupation hitlérienne où il a su édifier le Front de l’Indépendance, constituer une armée, l’Armée Belge des Partisans, et diriger la guerre populaire anti-fasciste, construire une centrale syndicale révolutionnaire, animer la plus importante presse clandestine du pays, en bref, s’identifier avec le peuple, en être la force dirigeante.

Mais ce Parti qui avait changé de direction en juillet 1943, comme conséquence de l’arrestation, à la suite d’une trahison, de presque toute sa direction a dégénéré rapidement. L’analyse de cette dégénérescence, de ses causes et de ses racines dans les années antérieures n’a pas encore été menée en profondeur. De même nous ne pouvons pas dire que nous apprécions totalement et correctement tout l’apport du Parti Communiste entre 1921 et 1945. Il faut que nous acquérions une connaissance plus complète et plus scientifique de l’histoire du Parti. Le succès qui a accueilli notre petit livre sur Julien Lahaut montre l’intérêt que non seulement les militants de notre Parti mais de nombreux travailleurs portent à de telles publications.

Un des aspects les plus importants de l’histoire du Parti après la seconde guerre mondiale a été la volonté dès que la subversion révisionniste l’a eu emporté, de reconstruire le Parti Communiste sur des bases marxistes-léninistes. Nous avons montré que si dans cette entreprise, il y a eu beaucoup de conceptions erronées qui se sont développées sous l’impulsion de l’agent révisionniste Grippa, ceux qui, le 30 décembre 1963, à la conférence Nationale de Bruxelles, ont pris cette tâche en main et ont persévéré dans le combat révolutionnaire prolétarien, malgré leurs erreurs et leurs faiblesses, ont rendu un grand service à la classe ouvrière. En tout cas, non sans hésitation et sans errements, ils ont su se révolter, aller à contre-courant, ils ne se sont pas laissé tenter par des chemins de traverse ni par la fuite dont certains se glorifient. Et finalement ce sont eux qui ont vaincu Grippa ; c’est le Comité Central qui l’a mis en minorité et qui a convoqué, en novembre 1967, la Conférence de La Louvière.

Là aussi, il y a eu beaucoup de points noirs, une insuffisante remise en cause de la ligne et des méthodes qui avaient fait faillite, mais les mérites de cette Conférence n’en sont pas moins appréciables. Elle a mis en accusation l’agent révisionniste Grippa, elle l’a écrasé totalement, elle l’a chassé des rangs du Parti ; elle l’a réduit à l’état de cadavre politique. Vis-à-vis du mouvement ouvrier belge, des révolutionnaires de Belgique, vis-à-vis des organisations marxistes-léninistes du monde entier, elle a été un acte historique.

La Conférence de La Louvière a encore eu le mérite de battre la tendance spontanéiste, anarchiste qui refusait le centralisme, qui refusait le Parti et qui ainsi niait un des apports fondamentaux du marxisme, le léninisme, de la pensée maotsétoung. Il n’est pas inutile de rappeler que c’est cette tendance qui, quittant le Parti, allait former le groupe anarchiste U.U.U., puis le groupe trotskyste et fasciste U.C.M.L.B. de triste mémoire.

Le Premier Congrès a défini le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique comme un parti prolétarien, révolutionnaire ayant pour fondement théorique le marxisme, le léninisme, la pensée maotsétoung. Même si la définition de la construction du parti telle qu’elle avait été reprise à l’article 5 des statuts nous paraît aujourd’hui ambiguë et non satisfaisante, nous n’en avons pas moins combattu deux déviations révisionnistes : l’une mettant le Parti à la remorque de la petite bourgeoisie radicalisée, l’autre qui fait du Parti l’arrière-garde du mouvement d’une classe ouvrière sur laquelle pèse le poids de l’idéologie bourgeoise.

Sans son Parti, la classe ouvrière, quelles que soient les conditions dans lesquelles elle vit et agit, ne peut acquérir d’elle-même la conscience de classe révolutionnaire. C’est le Parti qui, selon l’expression de Karl Marx, transforme la classe ouvrière de « classe en soi » en « classe pour soi ».

Le Premier Congrès a défini la contradiction fondamentale de la société belge qui est une société capitaliste au stade de l’impérialisme : c’est celle existant entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, plus particulièrement sa fraction dominante, la bourgeoisie monopoliste. Il a procédé à une première analyse de classe qu’à travers l’action et l’étude, nous devons approfondir et affiner. Elle nous a permis de déterminer quels devaient être nos alliés dans le combat pour la révolution prolétarienne et quels pouvaient être nos alliés dans le combat pour l’indépendance nationale.

Le Premier Congrès a accordé une grande importance au travail de masse parmi la classe ouvrière. Si son analyse demande quelques corrections pour éviter les erreurs sectaires et gauchistes, il n’en a pas moins montré avec beaucoup de pertinence le phénomène d’intégration des syndicats dans l’appareil d’Etat et conclu à la nécessité de la pratique du syndicalisme révolutionnaire dans et hors de ces syndicats.

En matière de politique étrangère, il a dénoncé les deux super-puissances en fonction des réalités du moment. Il a pressenti l’importance que revêt la construction de l’Europe, a montré qu’elle entrait en contradiction d’intérêts avec l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique, a rappelé la nécessité pour les communistes d’exploiter les contradictions inter-impérialistes pour faire progresser la lutte contre les deux super-puissances, pour l’indépendance nationale.

Dans l’intervalle qui a séparé le Premier et le Deuxième Congrès, le Parti s’est montré capable de développer sa ligne en fonction de l’évolution de la situation économique et politique, de corriger ses insuffisances et de développer la lutte entre les deux lignes de telle façon que la ligne prolétarienne l’emporte sur la ligne bourgeoise.

Un des moments les plus importants a été la réunification du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique, les camarades groupés autour de « l’Exploité » reconnaissant la ligne définie par le Premier Congrès. Ces camarades avaient quitté le Parti en avril 1967, estimant qu’ils ne pouvaient supporter la direction de Grippa. Certes, ce sont les camarades qui sont restés dans le Parti qui ont eu raison ; ce sont eux qui finalement ont débusqué Grippa, l’ont battu et rejeté mais il est évident qu’à cette époque dans un Parti dont le niveau idéologique était très bas, il n’était pas toujours facile d’y voir clair et de nombreuses erreurs ont été commises par les uns et les autres. De toutes façons, même si leur manière n’était pas la meilleure, les camarades de l’Exploité ont eu le mérite de se révolter contre l’agent révisionniste Grippa et d’aller à contre-courant.

La réunification a été proclamée le 9 juin 1973 par le Comité Central réunifié convoquant la Conférence Nationale de février 1974 et lui donnant pouvoir de Congrès. Plus loin nous serons amenés à examiner de façon autocritique le processus de réunification. Mais nous estimons que cette unification a été positive, qu’elle a été une bonne nouvelle, une victoire importante, une victoire contre l’esprit de fraction de la bourgeoisie.

Notre Parti a appliqué de façon satisfaisante la directive majeure du Premier congrès : privilégier le travail aux entreprises, créer des cellules d’entreprise, pratiquer un syndicalisme de lutte de classe dans et hors des syndicats du régime, prendre exemple sur les Comités de Lutte Syndicale (C.L.S.S) créés, sous la direction du parti, pendant l’occupation hitlérienne. Nous avons mis sur pied plusieurs Comités de Lutte Syndicale. Nos militants ont participé efficacement à la lutte de classe, visant à se lier davantage à la classe ouvrière et repoussant, comme extrêmement nuisible à un travail révolutionnaire en profondeur, la tactique chère à Grippa et reprise par certains groupements de la petite bourgeoisie radicalisée consistant à dépêcher des commandos missionnaires faisant irruption là où la classe ouvrière se bat et développant une agitation spectaculaire mais sporadique et stérile, voire provocatrice.

A l’automne 1974, alors que les profits capitalistes venaient de passer par de longs mois de records absolus, les premiers signes de la crise s’annonçaient. Nous sommes allés à contre-courant de la politique préconisée par les directions syndicales, les révisionnistes, les dirigeants socialistes et chrétiens acceptant la modération salariale, la mise sous le boisseau des revendications et le freinage de la lutte de classe. Nous avons convoqué le 3 novembre une conférence groupant nos militants d’usines et des syndicalistes révolutionnaires proches de notre Parti. Nous avons analysé le caractère de la crise qui faisait alors irruption et nous avons montré que la classe ouvrière et les autres couches travailleuses ne devaient pas accepter le moindre répit dans leur bataille quotidienne contre le capital. C’est notre Parti qui le premier a mis en avant deux revendications qui allaient devenir très populaires en Belgique et que d’autres qui les avaient combattues d’abord, ont reprises ensuite : la semaine des 36 heures sans perte de salaire ; la retraite cinq ans plus tôt. Mais nous avons bien insisté sur le fait que si ces revendications, dans la mesure où elles étaient satisfaites, pouvaient freiner quelque peu l’extension du chômage, elles étaient bien incapables de faire cesser la crise. Nous avons rappelé comment l’analyse marxiste montre que les crises économiques sont le fruit inévitable du régime capitaliste et qu’on ne peut y mettre fin qu’en mettant fin à ce régime.

Notre Parti a vu également se développer une lutte entre les deux lignes au sujet de l’organisation et il s’en est tenu aux justes principes du centralisme démocratique. Mais cette lutte était partie d’une lutte plus générale où s’affrontaient la ligne bourgeoise et la ligne prolétarienne. Cette bataille a eu une acuité particulière dans le domaine de la politique étrangère où certains ont défendu des positions qui étaient de complaisance envers le social-impérialisme soviétique. Nous allons d’ailleurs revenir sur la position de ces droitiers qui se sont révélés être des scissionnistes et des saboteurs. Mais cette lutte a été menée en posant les problèmes de politique étrangère dans tout le Parti, de la base au sommet. Elle a conduit à l’écrasement de la ligne fausse et à la victoire de la ligne juste lors de la Conférence Nationale du 8 novembre 1975 qui s’est terminée par l’adoption de l’important document : « La révolution prolétarienne, la lutte entre les deux super-puissances, pour l’indépendance nationale et la pratique du front uni ».

II. LA LUTTE ENTRE LES DEUX LIGNES ET LA VICTOIRE QUE CONSTITUE L’ÉCRASEMENT DE LA CLIQUE SCISSIONNISTE ANTI-PARTI

La lutte entre les deux lignes dans le Parti a abouti, durant les mois de l’été 1976, à l’élimination d’un groupe scissionniste qui s’est révélé être aussi un groupe de voleurs puisqu’il a soustrait du matériel, des stocks de papier et des livres appartenant au Parti et édite une publication qui, pour jeter la confusion et tromper les travailleurs, reprend le titre de notre organe central.

L’isolement de ce groupe, politiquement dégénéré, se transformant en une petite clique révisionniste – trotskyste, anti-communiste pourrait nous dispenser d’en parler. Ce serait une grave erreur car tant qu’il a sévi à l’intérieur du Parti, il a synthétisé en quelque sorte de nombreuses positions et méthodes erronées et celles-ci ne sont pas dues au hasard ; il faut les analyser et les dénoncer en profondeur ; il faut se demander pourquoi de telles tendances et courants, très minoritaires dans le Parti, ont pu prendre une telle importance, à la suite de quelles erreurs et de qui. En bref, il faut que les méfaits de ce gang soient pour le Parti une fructueuse leçon par la négative.

La lutte contre le groupe fractionniste et scissionniste ne s’est pas déroulée seulement au sommet bien au contraire : de nombreux camarades, à la base, excédés par les méthodes et le travail de sape de ces individus, les avaient maintes fois dénoncés. Le Parti doit même se féliciter de la lucidité de beaucoup de camardes de la base qui très tôt ont alerté la direction du Parti sur les attitudes inqualifiables de cette clique.

Nous avons eu affaire à un petit clan qui s’est manifesté avec cynisme surtout depuis l’été 1975, tantôt ouvertement, tantôt dans l’ombre. Il était bien décidé à faire valoir ses ambitions et sa pratique anti-marxiste par tous les moyens. Il refusait les règles léninistes d’organisation et la discipline du Parti. Organisé en fraction, il se plaçait au-dessus du comité Central. C’était la fraction qui décidait et elle mettait le Parti devant le fait accompli. Aussi l’a-t-on vue, contre l’avis du Bureau Politique, acquérir d’occasion du matériel d’impression dont on avait de bonnes raisons de croire qu’il était en mauvais état, le planquer en un endroit inconnu et il est clair qu’elle préparait ainsi l’édition de son propre journal.

Ainsi l’a-t-on vue, passer outre aux décisions prises par le Bureau Politique, créer sans la moindre enquête préalable l’Association Belgique-Albanie, dans le sot espoir de parvenir de cette façon à avoir des contacts avec le Parti du Travail d’Albanie en échappant au contrôle du Parti, s’inspirant de l’exemple de l’U.C.M.L.B. qui avait noyauté l’Association des Amis de l’Albanie Nouvelle dans le même but. Ainsi l’a-t-on vue, malgré les décisions régulières du Comité Central et du Bureau Politique, s’obstiner à maintenir en vie le C.I.L.A., où son homme de main développait une ligne contraire à celle du Parti mais surtout s’en servait comme d’un réseau parallèle de relations extérieures avec toutes sortes d’escrocs politiques qui, de bases étrangères, veulent détruire notre Parti marxiste-léniniste.

La clique fractionniste, on le sait, n’a pas hésité à saboter l’expédition de documents de notre Parti au Parti Communiste Chinois et à d’autres Partis frères. Elle fraternisait avec les trotskystes, hébergeant le matériel de propagande trotskyste dans notre librairie de Charleroi, tentant d’introduire en contrebande dans notre journal des articles rédigés par un chef de file d’une secte trotskyste. Elle utilisait les services d’une sorte de flic, tout droit débarqué du révisionnisme italien, et qui se livrait à un insidieuse campagne de cancans, de calomnies écœurantes, passant d’une régionale à l’autre pour mener un travail de sape et de désagrégation. Elle encourageait le gaspillage, le laisser-aller et la crasse dans un local du Parti, l’ivrognerie et les mœurs incompatibles avec la morale prolétarienne. Elle ouvrait les locaux et même les réunions du Parti à toutes sortes d’éléments troubles et refusait de pratiquer le cloisonnement et la vigilance révolutionnaire.

Quand ils se sont sentis sur la sellette, les scissionnistes ont perdu toute mesure. Ils ont donné pour directive d’ignorer les décisions et l’activité du Bureau Politique et du Premier secrétaire du Comité Central ; ils se sont livrés au chantage à la scission pour obtenir le changement de la deuxième délégation des cadres en République Populaire de Chine ; ils ont été jusqu’à révéler devant de non-membres du Parti, l’existence d’un réseau clandestin du Parti.

De tels méfaits montrent que ces gens n’ont rien de communistes, qu’ils ne pratiquent rien d’autre qu’un mélange de trotskysme, d’anarchisme et d’aventurisme, qu’ils sont foncièrement anti-parti.

L’erreur que nous pourrions commettre est de croire que ce fractionnisme, ce scissionnisme trouvent leur source uniquement dans le complot d’individus dégénérés, réunis un peu au hasard. L’expérience et l’histoire déjà longue des Partis Communistes, les uns glorieux, les autres modestes, montrent que les fractions et l’esprit de fraction ne tombent pas du ciel.

Le président Mao à travers les luttes entre les deux lignes qui ont secoué et renforcé le Parti Communiste Chinois a dit qu’il fallait

« pratiquer le marxisme et non le révisionnisme ; travailler à l’unité et non à la scission ; faire preuve de franchise et de droiture, et ne pas tramer complots et intrigues ».

Ce sont trois principes capitaux dans la lutte entre les deux lignes. Mais il est évident que ces trois principes découlent l’un de l’autre et que c’est le premier qui est fondamental.

Pratiquer le marxisme et non le révisionnisme. On n’est pas d’accord avec la ligne du Parti, on veut faire triompher une autre ligne. Mais comme celle-ci n’est pas juste, qu’elle n’a aucune assise dans le Parti, on cesse de la défendre ouvertement, on fait mine de se rallier à la ligne juste, on en fait même de bruyants éloges. Alors on se groupe à quelques-uns, liés par l’esprit de clan et de copinerie. On essaie de faire prévaloir son point de vue par des méthodes irrégulières, par des coups de force quand on en a l’occasion, par des calomnies et des exactions contre les dirigeants et les militants qui restent fidèles à la ligne, par un travail de sape, de désagrégation là où on n’a aucune chance de parvenir à ses fins. On refuse la discipline en proclamant qu’on en est partisan. On suit la loi du clan et non la loi du Parti, on s’organise en fraction ayant sa direction et on complote pour destituer la direction du Parti. De cette façon, on se coupe du Parti, on n’en connaît plus les données, on vit dans une sorte de monde imaginaire et quand on est débusqué, que rien ni personne ne soutient la fraction sauf quelques militants idéologiquement faibles, abusés et que l’on flatte sans pudeur, on court irrémédiablement à la poubelle.

Le processus que nous avons décrit est celui de toutes les fractions anti-parti partout où elles ont existé, et c’est aussi l’histoire de la clique des scissionnistes.

Le Comité Central, dans sa résolution du 14 août 1976 expulsant ces individus de nos rangs a bien mis en évidence que le problème fondamental était

« pratiquer le marxisme et non le révisionnisme ».

Il a mis en évidence que le groupe scissionniste défendait de façon ouverte d’abord, puis de façon cachée ensuite, une ligne révisionniste en matière de politique étrangère. La force du Parti et du Comité Central a été, rappelons-le, que la ligne en ce domaine résultait d’une analyse en profondeur à laquelle l’ensemble des militants du Parti ont été associés de la base au sommet, sauf dans la régionale que les scissionnistes contrôlaient.

Quels étaient les points de vue des scissionnistes ?

- Ils soutenaient que l’impérialisme américain est l’ennemi principal, que c’est à lui qu’il faut réserver tous les coups ; ils ont voulu ressusciter le front belge contre l’OTAN (où un de leurs conseillers qui est devenu, semble-t-il, un de leurs dirigeants, collaborait naguère avec des dirigeants révisionnistes, un prélat catholique et le super-traître Grippa). En même temps, ils refusaient de voir que le social-impérialisme soviétique est devenu le plus grand danger pour l’Europe occidentale et le principal foyer de guerre dans le monde ; cela revenait à considérer le social-impérialisme comme un danger secondaire ;

- Ils refusaient de dire que la rivalité des deux super-puissances conduit inévitablement à la guerre, reniant ainsi l’enseignement de Lénine qui a montré que tant qu’il y aurait l’impérialisme, il y aurait inévitablement des guerres impérialistes ; ainsi, ils sabotaient la volonté du Parti d’appeler les travailleurs à la vigilance devant les préparatifs de guerre et les menées agressives du social-impérialisme soviétique ;

- Ils refusaient et combattaient l’analyse du président Mao montrant la division des pays en trois mondes ; ils combattaient l’analyse appuyant l’union des pays d’Europe comme un facteur de lutte contre les super-puissances ; ils refusaient de considérer le Tiers-Monde comme le facteur principal dans la lutte contre l’hégémonie des super-puissances. Au cours de la séance du Comité Central qui a suivi la mort de Chou En-laï, un des chefs scissionnistes s’en prit avec animosité à la formulation de « Clarté – l’Exploité » qui avait écrit « Gloire à Chou En-laï » et « Le camarade Chou En-laï est immortel » puis il se livra à une grossière attaque contre la théorie des trois mondes.

Quand ils ont été chassés des rangs du Parti, les chefs scissionnistes ont prétendu qu’ils étaient victimes d’une accusation sans fondement ; ils sont même allés jusqu’à prétendre que c’était eux qui avaient fait triompher la juste ligne dans le Parti et que c’était le premier secrétaire du Comité Central qui y était opposé ; ils ont même proposé en vente les documents émanant de la Conférence Nationale du 8 novembre et dont ils n’avaient pas vendu un seul exemplaire au moment de leur expulsion.

Il ne leur a pas été possible de garder ce masque longtemps. Les quelques articles de politique étrangère qu’ils ont écrits et la pratique de la publication des extraits choisis a montré qu’ils étaient totalement en opposition avec la ligne du Parti. Cela apparaît avec éclat aujourd’hui. Les masques tombent. Les scissionnistes sont passés à l’attaque de façon ignoble contre le Parti Communiste Chinois, contre le peuple chinois, contre le Président Houa Kouo-feng et ils vont même jusqu’à piétiner la mémoire du Président Mao. Ils soutiennent la bande des quatre. En même temps, ils jouent leur partition dans la campagne réactionnaire visant à briser l’unité du Parti Communiste Chinois et du Parti du Travail d’Albanie. Il n’est pas inutile de rappeler que le pionnier en la matière a été Grippa. Qui suit le même chemin politique que lui finira inévitablement comme lui.

Le groupe scissionniste avait aussi une ligne fausse en ce qui concerne la politique en direction de la classe ouvrière. Il ne contestait pas la nécessité d’axer le travail du Parti en priorité en direction de la classe ouvrière, mais sa pratique était faite exclusivement d’économisme et de popularisme.

Il est juste d’accorder dans notre presse une large part aux entreprises, à ce qui se passe à l’intérieur des entreprises, aux luttes qui s’y déroulent, de grande ou de petite envergure, aux reniements grands et petits qui sont le fait des syndicats du régime. Mais, en fait, et on sait qu’ils prétendaient au quasi-monopole dans ce domaine, les scissionnistes se contentaient de l’exposé des faits de second ordre, le plus souvent d’anecdotes, voire de cancans parfois d’une énorme vulgarité, quand ce n’était pas purement et simplement d’informations fausses. Cela ne dépassait pas le niveau de ce que Lénine appelait le trade-unionisme, le niveau d’un simple populisme, d’une dénonciation à fleur de peau, à la remorque et non à l’avant-garde. Or de telles rubriques doivent viser à tirer la leçon de ce qui se passe pour éduquer la classe ouvrière, pour apporter la conscience de classe révolutionnaire, pour propager la ligne du Parti, pour poser les principes d’organisation.

C’était là le reflet de conceptions fausses en matière de Parti : ils voulaient un parti qui suit la classe ouvrière considérée comme spontanément révolutionnaire, un parti d’arrière-garde alors que le Parti est le parti de l’avant-garde ouvrière, dont le rôle est d’éduquer, d’organiser et de diriger la classe ouvrière.

Les scissionnistes refusaient d’ailleurs l’organisation du Parti selon les normes marxistes-léninistes, refusaient la constitution de cellules ou se contentaient de cellules-bidons, n’existant que sur le papier, refusaient la discipline prolétarienne, favorisant sous prétexte de démocratie, un anarchisme débridé, une copinerie sans principe, combattant le centralisme assimilé à l’autoritarisme, révélant à tort et à travers, y compris en dehors du Parti et même à des ennemis du Parti, le contenu (d’ailleurs souvent déformé) des réunions du Comité Central et du Bureau Politique.

Tous ces méfaits étaient d’ailleurs accompagnés d’une extraordinaire faiblesse idéologique. Ils méprisaient l’éducation idéologique et couvraient leur carence du prétexte que les ouvriers étaient incapables de lire et d’étudier les classiques du marxisme-léninisme ! Cela les rendait vulnérables à toutes sortes de pressions. Ils minimisaient le danger du révisionnisme, prétendant que celui-ci était battu dans leur région et que tous les coups devaient être dirigés vers la social-démocratie. Ils pactisaient avec les trotskystes et s’alliaient avec eux ; ils avaient peur de l’UCMLB, peur d’AMADA qui ne brillent pourtant pas par le niveau idéologique. D’ailleurs dans la lettre qu’il écrivait en date du 7 mai au Comité Central où il demandait à être relevé de ses fonctions au Comité Central et au Bureau Politique, un de leurs chefs de file admettait sa « dégradation idéologique ».

Tout cela montre une faillite totale. Quand dans sa réunion du 8 mai 1976, le comité Central a décidé de convoquer dans un proche délai le Deuxième Congrès du Parti, les chefs de file de la clique scissionniste ont été pris d’une véritable panique qu’ils n’ont même pas pu cacher au cours de cette réunion. A ce moment, ils ont été en quelque sorte acculés à précipiter les choses.

Il était nécessaire de dire nettement et clairement :

« Halte-là, messieurs, vous avez pu aller jusqu’ici mais vous n’irez pas plus loin. Vous avez abandonné le marxisme et vous propagez le révisionnisme ; vous préparez la scission ; vous intriguez et vous complotez. Les contradictions entre le Parti est vous sont devenues antagoniques, ce sont des contradictions avec l’ennemi. Le Parti vous chasse de ses rangs ».

Camarades, vous le savez, les militants du Parti le savent. Le Comité Central a informé régulièrement l’ensemble du Parti à travers les réunions de cellules et les régionales. Il a fait confiance aux camarades. Les scissionnistes ont couru à travers la Belgique pour calomnier, pour dénigrer le Bureau Politique, le Comité Central, les militants qui les avaient dénoncés et ils n’ont pu influencer personne. De leurs déplacements, de leurs fébriles va-et-vient, ils n’ont ramené personne ; leur isolement au sein du Parti a été total. Les cinq chefs de file et quelques comparses sont totalement isolés. C’est l’échec.

Mais la victoire qui a été remportée sur ce gang ne peut cacher les fautes qui ont été commises et qui ont nourri l’activité des scissionnistes. A ce sujet, le Bureau Politique et le Premier secrétaire du Comité Central portent une responsabilité.

La réunification du Parti était juste. Il était juste de la vouloir et de mettre tout en œuvre pour la réussir. Mais nous avons eu tort de croire que telle qu’elle a eu lieu, elle a été une unification bien faite.

Un processus d’unité doit être une lutte partant d’une volonté d’unité, utilisant la critique et l’autocritique pour arriver à une unité réelle, de type supérieur à la fois idéologique et politique. C’est un processus qui peut être long, qui doit être mené avec une grande fermeté idéologique, qui doit être un renforcement idéologique.

Ce n’est pas de cette façon que l’unité a été conduite avec l’« Exploité ». Nous avons proposé que les documents du Premier Congrès soient la base de la discussion. Nous aurions dû être méfiants parce que dans son journal, un de ses dirigeants disait en substance que c’était là un bien gros document à lire mais enfin puisque c’était cela la condition, eh bien, on y passerait.

Les discussions ont eu lieu entre les représentants du Parti et ceux de l’Exploité et elles n’ont pas eu lieu en profondeur. A chaque chapitre, nos vis-à-vis s’empressaient d’accepter nos positions ou bien, de temps en temps, ils faisaient une remarque secondaire, bien vite surmontée. Or, d’autres points de vue avaient été développés par eux auparavant dans leur journal et nous n’avons pas examiné si leurs changements de position relevaient d’une conviction profonde ou d’un ralliement opportuniste.

L’expérience a montré que les chefs scissionnistes étaient experts dans l’art de la dissimulation. L’histoire de la scission a prouvé que ces gens n’étaient pas d’accord avec la ligne du Premier Congrès mais ils ont fait mine de l’accepter. Ils ont en quelque sorte sauté sur l’unité pour masquer leur faillite : ils étaient divisés (d’ailleurs un certain nombre ont refusé l’unité et semblent avoir abandonné la lutte), ils avaient perdu un grand nombre de militants, ils étaient à bout de souffle. Il est évident que les camardes qui ont été chargés de la négociation se sont trop vite contentés d’un accord purement formel, n’ont pas été au fond des choses et que, ni le Bureau Politique, ni le Comité Central n’ont veillé à ce que le processus d’unification soit conduit en profondeur.

Cependant, nous ne pouvons pas jeter l’enfant avec l’eau sale. Même imparfaitement menée, la réunification du Parti a été une bonne chose ; elle a clarifié la situation ; elle a fortifié l’idée du Parti unique et porté un coup à l’esprit de fraction. De plus, nous avons trouvé chez les camarades de l’« Exploité » de bons camarades, qui ont été parmi ceux qui ont dénoncé le gang scissionniste, qui ont contribué à le débusquer, qui sont de bons militants disciplinés, consciencieux de notre Parti et qui, aujourd’hui, sont parmi les délégués à ce Congrès.

Vis-à-vis des fautes qui ont été commises par les cinq individus qui ont été des agents scissionnistes, il faut bien se dire qu’avant d’être connus pour ce qu’ils sont, il a fallu une certaine période et toute une série de méfaits. Il était donc juste de les traiter en camarades qui se trompent, qui défendent des positions incorrectes, d’user de patience à leur égard.

Mais le Bureau Politique et le Premier Secrétaire du Comité Central, sous prétexte de sauver l’unité, ont fait preuve de libéralisme à leur égard.

Quand des camardes de la base protestaient contre le contenu populiste et économiste de la plupart des articles d’entreprises, jamais le problème n’a été posé au Comité Central et on a en fait admis dans ces rubriques la pratique des attaques personnelles, des cancans sans principe et la publication d’informations inexactes.

Quand le rédacteur au marbre arrêtait des articles arrivés au dernier moment et qui essayaient d’introduire en contrebande des positions contraires à la ligne du Parti, jamais on n’a posé le problème où il devait être posé, au Comité Central.

Quand un de ces individus a été pris en flagrant délit de sabotage systématique des envois au Parti Communiste Chinois et à d’autres partis frères, il s’est trouvé une majorité au Bureau Politique pour écarter les sanctions ; ce sabotage ignoble n’a été porté que très tardivement à la connaissance du Comité Central et cet individu a pu se payer le luxe de refuser la moindre autocritique et d’être un agent actif dans la préparation de la scission.

Le Bureau Politique a toléré l’achat et la mise à l’abri d’une offset dont il était évident qu’elle avait des buts scissionnistes ; que le trésorier de Charleroi garde l’entièreté du soutien récolté sans jamais faire le moindre versement à la trésorerie nationale et alors qu’un certain responsable rentrait des notes de frais qui, à elles seules, étaient plus élevées que celles de l’ensemble des autres régionales ; il a toléré qu’à Charleroi, il existe une liste d’abonnés au journal que l’on servait directement sans passer par le service central d’abonnements. Il était clair que c’était là aussi des pratiques à des fins scissionnistes.

Plus grave encore : quand il a été acquis, parce que des témoignages concordants l’ont prouvé, que trois des principaux membres du groupe scissionniste sont allés en Albanie défendre une ligne opposée à celle du Parti et ont essayé, comme de véritable provocateurs, d’y trouver un appui contre la ligne et la direction du Parti, le Bureau Politique s’est contenté de protester contre ce procédé sans pousser son analyse, sans poser le problème devant le Comité Central, sans lui demander une condamnation énergique de ces procédés anti-parti, scissionnistes, sans lui demander d’en tirer les conclusions au niveau de la composition de la direction.

Quand l’un de ces individus s’est livré à un chantage pour obtenir la modification de la délégation des cadres en République Populaire de Chine, le Bureau Politique s’est incliné.

Le Bureau Politique a agi dans un souci d’unité à tout prix qui était une fausse conception de l’unité. Son libéralisme n’a fait qu’encourager les entreprises scissionnistes. Il n’y a pas d’unité possible avec des révisionnistes, des trotskystes, des arrivistes, des aventuriers. Il n’y a pas d’unité avec ceux qui pactisent avec l’ennemi. Il n’y a pas d’unité, s’il n’y a pas d’unité idéologique et politique.

Il est d’ailleurs remarquable que malgré ce libéralisme, les scissionnistes ont pris pour cible principale de leurs calomnies et de leurs attaques le Bureau Politique et le Premier secrétaire du Comité Central. Ils l’ont fait parce qu’ils savaient aussi que le Bureau Politique et le Premier secrétaire du Comité Central ont impulsé la ligne du Parti dans tous les domaines en prenant appui sur le Comité Central et les militants de la base. Il y a eu des succès dans le domaine de l’organisation et il y a eu des succès appréciables là où cette rectification a été prise au sérieux. La victoire de la ligne du Parti, le commencement de rectification dans le domaine de l’organisation, cela est dû aux militants de régionales, au Comité Central à l’impulsion du bureau Politique et cela a été une victoire contre la clique des scissionnistes.

Camarade,

La leçon qu’il faut tirer de cette lutte entre les deux lignes dans le Parti et des erreurs qui ont été commises à cette occasion, c’est la nécessité de combattre sans pitié, sans répit, le libéralisme. Étudions tous individuellement et collectivement ce que le Président Mao a écrit à ce sujet. C’est d’une très grande richesse.

Il faut veiller à appliquer strictement les règles d’organisation, faire preuve du plus grand sérieux dans le travail, respecter la discipline, ne pas permettre la moindre entorse dans ce domaine. Il faut pratiquer la critique et l’autocritique et nous y reviendrons. Il faut bannir les cancans qui font beaucoup de mal, la tendance à grossir les fautes des autres ; il faut bannir la copinerie, l’esprit de clan parce que cela crée des situations malsaines, des divisions et peut favoriser d’éventuels scissionnistes.

Il faut que nos militants aient une vie privée digne, rompent radicalement avec la dégénérescence morale bourgeoise, aient toujours une attitude conforme à la morale prolétarienne.

Tous autant que nous sommes, que nous soyons de tout jeunes militants, que nous soyons des militants chevronnés ou que nous soyons des vétérances ayant une longue expérience de la base au sommet, nous devons étudier les œuvres de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Tsé-toung, nous renforcer idéologiquement par l’étude et à travers l’action.

Combattons de façon égale le sectarisme et le libéralisme ; visons constamment, comme le recommande le Président Mao, à

« créer une atmosphère politique où règnent à la fois le centralisme et la démocratie, la discipline et la liberté, l’unité de volonté et, pour chacun, un état d’esprit fait de satisfaction et d’entrain ».

La lutte entre les deux lignes doit être menée sans relâche, c’est la seule façon de débusquer l’ennemi de classe. Il faut faire triompher la juste ligne prolétarienne, faire preuve à la fois d’audace et de vigilance dans son application.

Permettez-moi de citer un extrait du rapport politique que le regretté camarade Chou En-laï a présenté au Xème Congrès du Parti Communiste Chinois :

« ... Tous les camarades devront être suffisamment préparés sur le plan moral à la longue lutte à venir, pour être capables quels que soient les artifices dont puisse user l’ennemi de classe, de bien mener cette lutte en suivant ses lois propres et de la conduire à la victoire du prolétariat. Le président Mao nous enseigne : « La justesse de la ligne idéologique et politique est déterminante en tout ». Si la ligne n’est pas juste, on est voué à l’échec, même si l’on détient la direction à l’échelon de l’autorité centrale, des instances locales et dans l’armée. Si la ligne est juste on aura des soldats même si on n’en pas encore un seul, et on aura le pouvoir même si on ne le possède pas encore. Voilà ce qui ressort de l’expérience historique de notre Parti aussi bien que celle du Mouvement Communiste International depuis Marx. Lin Piao voulait « commander tout et disposer de tout ». Résultat, il n’a rien pu commander ni disposer de quoi que ce soit. Tout dépend de la ligne. C’est là une vérité incontestable ».

Dans cette lutte entre les deux lignes qui a permis de débusquer et d’éliminer le gang de scissionnistes et de faussaires, le Parti a prouvé sa santé et il s’est renforcé. Nous avons recruté de nouveaux membres à Liège, en Flandre ; nous avons réorganisé efficacement la régionale de Bruxelles où enfin on travaille avec confiance et où on organise avec succès des réunions pour les sympathisants, et surtout camarades, soulignons les mérites des camarades de Charleroi dans la vente de la presse, dans la construction de Comités de Lutte Syndicale ; ils font un effort dans l’éducation idéologique et ils ont recruté de nouveaux membres, militants ouvriers. Ils réussissent cela malgré l’ignoble campagne de calomnies déversées de concert par les scissionnistes, leurs alliés trotskystes et certains militants d’AMADA. Saluons leur courage, leur dévouement, leur esprit communiste.

L’ennemi a voulu nous frapper, mais nous avons frappé l’ennemi et nous l’avons vaincu.

III. LA SITUATION AUX PLANS NATIONAL ET INTERNATIONAL ET NOS TACHES

Camarades,

Les thèses que le Comité Central a proposées à l’étude et à la discussion de l’ensemble du Parti rappellent que l’époque actuelle est celle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. L’analyse qu’a faite Lénine de l’impérialisme est un des points capitaux de la théorie marxiste-léniniste. Il a montré que l’impérialisme, c’est le capitalisme de monopole, le stade ultime du capitalisme, portant à un degré extrême l’aggravation de toutes les contradictions du capitalisme. L’impérialisme est « le stade suprême du capitalisme », « la veille de la révolution sociale du prolétariat ».

Cependant, tous les pays n’en sont pas au même stade. Les pays du Tiers-Monde en sont à l’étape de la révolution de démocratie nouvelle, celle-ci accomplit les tâches de la révolution démocratique bourgeoise et réalise la dictature de plusieurs classes.

Dans les pays industriels avancés d’Europe, d’Océanie et d’Amérique du Nord ainsi qu’au Japon, le capitalisme est un capitalisme monopoliste, au stade de l’impérialisme. On en est au stade de la révolution prolétarienne.

En Belgique, la concentration de la production et du capital est parvenue à un développement si élevé que se sont constitués des monopoles qui dominent la vie économique. Il y a fusion du capital bancaire et du capital industriel pour former un capital financier ; la vie du pays est dominée par une oligarchie financière toute puissante. Les véritables maîtres du pays sont la Société Générale, la Compagnie Bruxelles-Lambert, la Sofina, la Kredietbank, le groupe Empain, la Cobepa, etc. et l’Etat belge est l’instrument de leur dictature. La part du capitalisme d’Etat ne cesse de croître par le jeu de l’intervention de l’Etat dans la vie économique, par ses investissements, par l’extension d’une législation au service des monopoles, par la création de holdings publics, de régies, par des nationalisations. Le capitalisme monopoliste belge pratique l’exportation des capitaux sur une vaste échelle et des capitaux venant d’autres pays impérialistes sont investis en Belgique. Les monopoles belges n’exploitent pas uniquement des travailleurs en Belgique mais en outre des millions de travailleurs sur tous les continents, non seulement dans les pays du Tiers-Monde mais encore dans les pays industriels avancés.

Il en résulte que la fraction dominante de la bourgeoisie belge est une bourgeoisie impérialiste. Elle n’est pas et ne peut être une alliée de la classe ouvrière dans son combat pour la révolution prolétarienne. Elle est la cible de la révolution en Belgique.

Par la révolution prolétarienne, les masses populaires, sous la direction de la classe ouvrière et de son Parti, s’emparent du pouvoir, détruisent l’appareil d’Etat des classes exploiteuses et n’en laissent pas pierre sur pierre.

Il faut donc que chaque communiste ait une bonne connaissance de la théorie marxiste de l’Etat, qu’il la diffuse sans relâche parmi la classe ouvrière et les couches travailleuses et qu’il dénonce sans relâche les mystifications réformistes à ce sujet. L’Etat n’est pas neutre, n’est pas au-dessus des classes. Il est l’instrument de domination d’une classe par une autre. Il ne vise pas à protéger les exploités contre les exploiteurs. Il vise au contraire à maintenir et à renforcer l’exploitation, à protéger les exploiteurs contre la lutte et la colère des exploités. Le rôle de la loi et des tribunaux, de l’enseignement, du parlement et des ministres, de la justice, des prisons, des gendarmes et des policiers, est de maintenir le régime d’exploitation de l’homme par l’homme, d’empêcher, de paralyser la lutte de la classe ouvrière et des masses populaires. L’Etat belge est l’organe de la dictature de la bourgeoisie, particulièrement de sa fraction dominante, la bourgeoisie monopoliste.

Certes, la dictature d’une classe peut revêtir diverses formes. La dictature de la bourgeoisie peut être de forme monarchique ou républicaine ; il peut s’agir d’une démocratie parlementaire, d’un régime autocratique, du terrorisme fasciste ou du terrorisme social-fasciste. Mais essentiellement, il s’agit d’une dictature, c’est-à-dire du pouvoir absolu de la bourgeoisie et, à l’époque actuelle qui est celle de l’impérialisme, de la dictature de la bourgeoisie monopoliste. Cela ne veut pas dire que les communistes soient indifférents devant la forme de l’Etat ; ils se sont toujours levés pour la défense des libertés démocratiques bourgeoises contre le fascisme et le social-fascisme. Mais on ne peut se faire aucune illusion : tout Etat de dictature de la bourgeoisie, quelle que soit sa forme, est l’instrument de domination du capital sur le prolétariat.

Il résulte de cela que le concept révisionniste de la marche pacifique vers le socialisme, que la conquête du pouvoir par la voie parlementaire et électorale doivent être démasqués comme des poisons mortels pour la classe ouvrière. Il est vain d’espérer que les institutions de l’État bourgeois puissent être employées pour l’émancipation de la classe ouvrière et des diverses couches populaires alors que leur but est précisément d’empêcher cette émancipation. Déjà Marx et Engels, puis plus tard Lénine nous ont montré qu’en régime capitaliste le suffrage universel est un instrument de la dictature de la bourgeoisie, que le parlement n’est que la chambre d’enregistrement des décisions prises dans les conseils d’administration du grand capital.

Certes, il n’est pas interdit, au contraire, il est nécessaire de se servir dans le combat prolétarien de toutes les possibilités légales, de se servir de la moindre latitude qu’offre la dictature bourgeoisie, surtout sous sa forme de démocratie parlementaire. Mais, dire qu’il est possible de se servir des organes de la dictature bourgeoise, d’y introduire des réformes de structures qui suffiraient à les transformer en leur contraire, c’est leurrer les exploités. Car comment s’imaginer que la bourgeoisie serait assez naïve pour permettre à la classe ouvrière et aux masses populaires d’utiliser les organes de la dictature bourgeoise pour détruire la dictature bourgeoise ? En Belgique même, il ne se passe pas une grève un peu dure et étendue sans qu’elle donne lieu à un massacre de travailleurs. Depuis quelque cent trente ans, le pavé de nos régions industrielles est rouge du sang des grévistes assassinés par les forces de répression de l’Etat belge. Qui pourrait croire que devant une imminence de prise de pouvoir par la classe ouvrière, la bourgeoisie monopoliste belge qui n’a pas hésité à déclencher à maintes reprises des massacres de la population de l’ex-Congo belge, hésiterait à déclencher des massacres de travailleurs de Belgique ?

Il n’est pas dans le monde un seul exemple de prise de pouvoir pacifique par la classe ouvrière. Au contraire, alors même qu’il ne s’agissait pas de prise de pouvoir mais de mouvements populaires anti-fascistes et anti-impérialistes, ce qui s’est passé notamment en Grèce, en Indonésie, au Chili prouve que les illusions légalistes sont mortelles pour la classe ouvrière.

L’analyse marxiste montre, et c’est une ligne de démarcation absolue entre marxisme-léninisme et révisionnisme, que la seule voie vers le socialisme c’est l’exercice de la violence révolutionnaire, c’est la voie de la révolution violente. Il n’y a pas de socialisme sans dictature du prolétariat. La dictature du prolétariat, c’est, sous la direction du Parti marxiste-léniniste, l’exercice de la dictature la plus implacable contre les anciens exploiteurs, en tant que classe : c’est aussi la plus large démocratie pour les masses.

Lénine avait déjà montré qu’il ne pouvait être question de liquider la dictature du prolétariat mais qu’il importait de la renforcer pour mettre hors d’état de nuire non seulement les résidus des anciennes classes exploiteuses mais encore les couches privilégiées qui se créent à la faveur des inégalités subsistant dans un régime socialiste. Le Président Mao, tirant leçon de la dégénérescence de la dictature du prolétariat en URSS et de sa transformation en une dictature social-fasciste aussi féroce que le fascisme hitlérien, comme organe de la dictature d’un puissant capitalisme monopoliste d’Etat, a considérablement enrichi la théorie de la dictature du prolétariat. Il a énoncé des lois de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, de la révolution culturelle, de la mobilisation permanente des masses pour combattre les inégalités qui subsistent en régime socialiste, pour restreindre le droit bourgeois, pour critiquer les dirigeants qui prennent la voie capitaliste et, s’ils persévèrent dans cette voie et trahissent, pour les dénoncer, les débusquer, les éliminer. Et ce combat gigantesque, ininterrompu aux aspects multiples est efficace parce qu’il se déroule sous l’impulsion et sous la conduite du Parti Communiste.

Aussi devant la clarté et l’efficacité d’une telle analyse, nous ne pouvons que souligner la nécessité de combattre sans faiblesse les théories qu’avance AMADA. Bien que se réclamant du marxisme-léninisme, ce groupe s’enfonce dans les marais de l’opportunisme de droite. Il s’escrime à coller une analyse exacte pour le Tiers-Monde à un pays impérialiste développé ; il veut à tout prix reprendre un schéma pour des pays où il faut réaliser encore les tâches de la révolution démocratique bourgeoise à un pays où la révolution bourgeoise s’est réalisée de façon qu’on pourrait dire exemplaire de 1789 à 1830. Et alors que l’analyse marxiste montre que la Belgique est au stade de l’impérialisme, à la veille de la révolution prolétarienne, qu’il ne peut y avoir aucune étape intermédiaire, que le capitalisme monopoliste et son Etat sont la cible de la révolution, AMADA prône une curieuse démocratie populaire, établie sans révolution mais par le mouvement et la pression des masses et qui soit l’organe de la dictature de plusieurs classes, notamment la classe ouvrière mais aussi notamment certaines fractions « patriotiques » de la bourgeoisie monopoliste. C’est là une conception étrangère au marxisme, qui renoue avec un certain nombre d’errements révisionnistes qui ont prévalu dans les années 1945-1946 quand certains définissaient la démocratie populaire comme une voie de transition pacifique du capitalisme au socialisme permettant de se passer de la dictature du prolétariat. Cette théorie est proche aussi, qu’AMADA le veuille ou non, de la conception de la démocratie anti-monopoliste présentée par Van Geyt également comme une étape vers le socialisme, en larguant par-dessus bord le concept de dictature du prolétariat.

Nous devons polémiquer contre tout ce qui encourage les mystifications, qui contribue à tromper la classe ouvrière et les masses populaires. La théorie de la voie pacifique des révisionnistes, reprenant les vieilles illusions réformistes du PSB et de la démocratie populaire, défendue par AMADA, doit être dénoncée sans ménagement, parce que sous le couvert d’un verbiage pseudo-marxiste-léniniste, elle n’en est qu’une variante. Une position juste ne peut être défendue que par l’analyse marxiste de l’impérialisme, par la théorie marxiste de l’Etat. Faute de la maîtriser, on en arrive à se fourvoyer lamentablement.

De même, ainsi armé, on peut combattre efficacement, la théorie fumeuse des réformes de structure.

Lénine montre que le développement de l’impérialisme conduit inévitablement le capitalisme monopoliste à se transformer en capitalisme monopoliste d’Etat. Les crises économiques, particulièrement les plus grandes, celle des années 30 et la présente crise, ont accéléré le processus. La pratique des subsides, des détaxations, d’une législation favorisant les exportations et freinant les importations, l’intervention pour limiter la production, pour agir de façon autoritaire sur les prix, la politique des grands travaux, la politique de réarmement ont provoqué l’intervention toujours croissante de l’Etat dans la vie économique. En outre, l’Etat s’est maintes fois transformé en « capitaliste collectif » par le jeu des régies, des holdings publics, des nationalisations.

Les sociaux-démocrates et les révisionnistes présentent cela comme du socialisme. Est-ce que cela est vrai ? Nullement, c’est le contraire qui est vrai. Quel est l’Etat qui intervient dans la vie économique, jusqu’à devenir un entrepreneur capitaliste ? C’est l’Etat bourgeois, c’est l’Etat de dictature des monopoles capitalistes. Peut-on imaginer un seul instant que cet Etat puisse intervenir contre les monopoles ? Au contraire, toutes ces réformes renforcent l’organe de la dictature des monopoles, accélèrent le processus décrit par Lénine de marche au capitalisme d’Etat.

Certes, des secteurs de la bourgeoisie monopoliste peuvent s’opposer à des interventions de l’Etat qui ne servent pas directement leurs intérêts, s’opposer à la nationalisation d’entreprises, c’est-à-dire à la remise au « capitaliste collectif » d’entreprises qui sont de leur domaine propre. Mais l’expérience prouve que les mises en régie, les prises en charge par des holdings publics, les nationalisations se font dans deux cas : ou bien quand il s’agit d’entreprises d’une telle envergure qu’elles ne pourraient dépendre aisément d’un seul groupe et qu’il est de l’intérêt de chacun qu’elles fonctionnent sous la tutelle de l’Etat, capitaliste collectif (c’est le cas de la Banque Nationale, des routes, des chemins de fer, des postes, des télégraphes et téléphones, des canaux) ou bien quand il s’agit d’entreprises en déconfiture renflouées en puisant dans la poche des contribuables, soit parce que les capitalistes en ont besoin (cas de la SNCB ou des PTT), soit parce que les fermetures entraîneraient une vive réplique des travailleurs (Val St Lambert, Fabelta). Tout cela n’a rien à voir avec le socialisme. Pas plus que n’a à voir avec le socialisme, le holding public cher à Debunne et aux révisionnistes. Qui peut ignorer que les deux pays où les holdings publics ont atteint la plus grande dimension sont l’Italie où il s’agit d’une initiative de Mussolini, lequel a nationalisé aussi l’énergie, et l’Espagne où il s’agit d’une création de Franco, lequel par ailleurs a nationalisé les charbonnages ? Alors, s’agit-il là de socialisme ?

Dans leur rage de répandre des illusions sur le capitalisme monopoliste d’Etat, les révisionnistes ont employé des arguments mensongers. Ils ont dit que les réformes de structure étaient un moyen efficace de maintenir l’emploi. Qu’a-t-on vu ? La nationalisation du Val Saint-Lambert n’a certes pas empêché des centaines de licenciements et la réduction de cette entreprise au stade artisanal ; la prise en contrôle par un holding public d’une série d’entreprises du secteur de la construction mécanique s’est accompagnée du licenciement d’un tiers des travailleurs ; la mise en régie de Fabelta n’a pas mis fin à son hémorragie et on évitera difficilement la fermeture.

Une autre variété de révisionnistes a avancé un autre argument. La clique des scissionnistes que le Parti a chassée de ses rangs a voulu que nous préconisions la nationalisation sous le signe de l’indépendance nationale. Evidemment, cette clique idéologiquement arriérée ne voyait pas que l’Etat belge est l’organe de dictature des monopoles capitalistes, que nous en sommes au stade de l’impérialisme donc de l’exportation toujours renforcée des capitaux, que s’il y a investissements de capitaux étrangers en Belgique, il y a investissements de capitaux belges à l’étranger (y compris dans les pays industriellement les plus développés). On ne voit pas les monopoles capitalistes porter eux-mêmes atteinte au système qui les fortifie, toute atteinte à un monopole étranger en Belgique entraînant inévitablement des mesures de rétorsion.

Tout cela montre que les réformes de structure sont un leurre réformiste et révisionniste, au service du renforcement du capitalisme monopoliste d’Etat. Aussi devons-nous dénoncer particulièrement la dernière trouvaille d’AMADA. Dans le numéro 74 de l’édition française de son journal et dans le numéro 179 de l’édition néerlandaise, il se rallie aux réformes de structure, dans la mesure où l’Etat nationaliserait sans indemnités toutes les grandes banques, les holdings et les grandes entreprises. Il paraît que cela permettrait de supprimer la fraude, la spéculation et de développer l’emploi. Une fois de plus, AMADA prouve qu’il chavire totalement en ce qui concerne la théorie marxiste de l’Etat. Son ralliement aux réformes de structure, fût-ce sans indemnité, est un pas de plus dans la voie opportuniste qui conduit au marais du révisionnisme. La question n’est pas de savoir si des indemnités sont ou ne sont pas versées aux capitalistes dont les entreprises sont nationalisées : le gouvernement chinois par exemple a, dans certains cas, versé de telles indemnités. Ce qui est décisif, c’est la nature de l’Etat. Or, en Belgique, l’Etat est l’organe de la dictature de la bourgeoisie, essentiellement de sa fraction dominante, la bourgeoisie monopoliste. Toute nationalisation, avec ou sans indemnités, ne fait que renforcer le capitalisme monopoliste d’Etat. C’est donc tout le contraire du socialisme dans lequel la nationalisation des moyens de production et de distribution est faite par un Etat de dictature du prolétariat. C’est fondamentalement différent. Il est regrettable de voir AMADA apposer un cachet prétendument marxiste-léniniste sur les pires mystifications révisionnistes.

Actuellement, les pays industriels avancés subissent une des crises les plus importantes, si pas la plus importante, de l’histoire du capitalisme. Le marxisme seul a pu présenter une analyse scientifique des crises, montrant qu’elles résultent d’une contradiction fondamentale existant en régime capitaliste : d’une part, dans la recherche haletante du profit, les capitalistes visent à produire toujours plus de marchandises et d’autre part, les possibilités de consommation des larges masses populaires sont limitées. C’est ce qui entraîne les crises de surproduction. Le marxisme seul a étudié en profondeur la succession des cycles de prospérité et des cycles de dépression et il a montré que la crise économique est le produit inévitable du système capitaliste, que tant qu’il y aura un régime capitaliste, il y aura inévitablement des crises économiques. De fait, les économistes bourgeois ont prétendu maintes fois et plus encore au cours des dernières années, que les crises économiques étaient à tout jamais éliminées, qu’ils avaient trouvé le moyen de les juguler. Mais la réalité a balayé les chimères : la crise économique est inséparable du règne du profit.

Le développement de l’impérialisme a avivé les contradictions du régime capitaliste à tel point que l’on peut parler d’une crise multiforme du régime, d’une crise générale du capitalisme.

Non seulement la crise économique frappe de plein fouet les économies des pays capitalistes développés mais elle se double d’une crise monétaire d’une rare intensité. Il va sans dire que si les prix grimpent de façon accélérée, ce n’est pas parce que les marchandises augmentent de valeur, c’est parce que les monnaies ne cessent de se dégrader. Cela a commencé lors de la première guerre mondiale quand, partout, on a émis de la monnaie en quantité supérieure aux besoins de la circulation des marchandises. Une stabilité fragile a été ainsi irrémédiablement détruite. Depuis soixante ans, l’inflation a régné. Dévaluations, déflations, stabilisations ne sont succédé et le mal n’a pas cessé de s’aggraver. Aucun remède n’a pu le résorber. Aujourd’hui, la crise monétaire a pris une ampleur formidable et toutes les monnaies des pays capitalistes développés sont atteintes. Toutes, sans exception, ne cessent de perdre de la valeur, même celles qui sont considérées comme des monnaies fortes : celles-ci ne sont dites fortes que parce qu’elles se dégradent moins rapidement que celles qui sont dites faibles.

Cette crise économique et cette crise monétaire sont d’une grande intensité parce que la bourgeoisie des pays concernés ne peut plus, comme jadis, transférer massivement la crise sur d’autres classes ou sur d’autres peuples. C’en est fini le temps où la crise était résolue au prix d’une exploitation accrue des peuples du Tiers-Monde. Ceux-ci ont presque partout conquis leur indépendance pour conquérir et renforcer leur indépendance économique. Dans ces conditions, la bourgeoisie monopoliste des pays capitalistes développés exporte de plus en plus difficilement sa crise.

De même, la bourgeoisie monopoliste, en dépit de la collaboration des directions syndicales, parvient de moins en moins à rejeter le poids de la crise sur la classe ouvrière et sur les masses populaires. Beaucoup de plans anti-crise, de programmations sociales sont mis sur pied mais ils sont en grande partie mis en échec par le combat classe contre classe. Les grèves sont nombreuses en Italie, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et la riposte ouvrière et populaire fait échec bien souvent aux plans de la réaction, en dépit des trahisons social-démocrates et révisionnistes.

Les contradictions insurmontables qui assaillent la bourgeoisie au pouvoir entraînent partout une grave crise politique. L’instabilité gouvernementale est la règle, les partis bourgeois se divisent, se disloquent, sont frappés d’impuissance. En même temps, sévit une crise de civilisation. La corruption au plus haut niveau s’étale partout : voyons le Watergate frappant le Président des États-Unis ; les pots de vins de Lockheed éclaboussant la famille royale des Pays-Bas, d’anciens premiers ministres au Japon et en Italie et combien de chefs de file de partis bourgeois ; le scandale Dassault et l’affaire de Broglie en France couvrant de boue les piliers de la Cinquième République ; voyons en Belgique les ministres Perin, Gol, Knoops sabotant leur propre parti en se vendant au plus offrant, voyons les scandales boueux engloutissant des ministres et anciens ministres : affaire Van Mechelen, affaire de la R.T.T. et bien d’autres souvent étouffées. En même temps, on voit la gangstérisme proliférer comme un chancre, c’est le défilé des vols, des attaques à main armée, des viols, des assassinats ; c’est l’essor incroyable de la prostitution, de la toxicomanie, de la pornographie. La culture bourgeoise n’est plus qu’un magma de jeux d’esthètes décadents, de prophète du désespoir et de la mort. La civilisation bourgeoise est à l’image de la classe régnante, à bout de souffle, impuissante, ignoble et criminelle, déjà largement atteinte par la putréfaction cadavérique.

Les facteurs de la révolution s’accroissent. Mais il faut combattre la déviation économiste qui répand l’idée que l’aggravation de la crise conduit inévitablement à la révolution. La crise augmente et aiguise les contradictions qui assaillent le régime mais la bourgeoisie peut fort bien, l’expérience l’a prouvé, prolonger sa dictature par le recours au fascisme (et de nos jours au social-fascisme) et à la guerre.

La révolution ne se produit que si les masses le veulent. Si les masses ne sont pas convaincues de la nécessité de la révolution, si elles ne se préparent pas, ne se mobilisent pas et ne s’organisent pas, aucune révolution ne peut triompher. Et cela n’est possible que si elles sont conduites par le parti révolutionnaire prolétarien.

Il appartient donc aux communistes d’éduquer les masses, de les entraîner dans la lutte. Ils ne pourront le faire efficacement que si quotidiennement, ils montrent leur capacité à servir le peuple, à conduire les luttes du peuple. C’est pourquoi les communistes ne mésestiment pas la lutte pour les revendications immédiates, pour la défense de l’emploi et les salaires, pour certaines réformes. A travers la lutte, ils développent et ils renforcent la conscience de classe de la classe ouvrière, ils prouvent que seule la lutte est payante, ils dénoncent les contradictions du régime et montrent qu’aucune solution décisive n’est possible sous la dictature du capital. Pour mettre fin à l’exploitation capitaliste et émanciper la classe ouvrière, pour libérer le peuple, il n’est d’autre chemin que l’instauration de la dictature du prolétariat qui conduit à la société sans classe, au communisme.

Pour renforcer ce combat et le mener à bonne fin, les communistes veillent à renforcer l’unité de la classe ouvrière ; ils visent à unir dans un front, la classe ouvrière et ses alliés naturels : la paysannerie travailleuse, les employés de rang modeste, la petite bourgeoisie appauvrie et oppressée par les monopoles capitalistes, les intellectuels progressistes. Ils visent aussi à ce que le prolétariat et ses alliés profitent au maximum des contradictions qui apparaissent et se développent dans les rangs de la bourgeoisie, y compris dans les rangs de la bourgeoisie monopoliste.

Camarades,

A l’heure actuelle, la situation internationale est caractérisée par de grands bouleversements dans le monde, bouleversements qui d’ailleurs s’accentuent chaque jour et qui renforcent toujours plus les contradictions qui minent les pays du monde capitaliste et dont nous venons de parler. Ces bouleversements nous n’avons pas à les craindre, au contraire nous devons nous en réjouir. Ils ont plongé l’ennemi dans le chaos et provoqué une division dans ses rangs ; en même temps, ils ont éveillé les peuples et les ont aguerris, ils ont provoqué de vastes regroupements. La situation internationale évolue dans un sens favorable aux peuples et défavorable à l’impérialisme, au social-impérialisme, au révisionnisme moderne et à toute la réaction.

Le Président Mao a fait une analyse de la situation internationale qui constitue une boussole sûre pour résoudre la question primordiale pour la révolution : « Quels sont nos ennemis et quels sont nos amis ? ». En énonçant le concept des trois mondes, il a développé la théorie marxiste-léniniste ; il a indiqué aux prolétaires et aux peuples du monde entier quels sont les ennemis et quels sont les alliés dans le domaine de la lutte de classe sur le plan international.

Les Etats-Unis et l’Union Soviétique forment le premier monde ; les pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et des autres régions, le Tiers-Monde ; les pays développés se trouvant entre les deux, le second monde.

Les Etats-Unis et l’Union Soviétique constituent les plus grands oppresseurs et exploiteurs internationaux. L’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique multiplient les intrigues et les manœuvres agressives en vue de s’assurer l’hégémonie mondiale. Ils visent à contrôler les pays du Tiers-Monde, à englober dans leur sphère d’influence les pays du second monde. Les Etats-Unis déploient des efforts pour préserver leurs intérêts dans le monde ; l’Union Soviétique, moins bien nantie, veut s’emparer d’une part plus grande. Cela les amène à se lancer dans une course effrénée aux armements, à faire stationner des bases militaires hors de leurs frontières, à intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays. Les deux super-puissances se livrent, au détriment des autres pays et nations, au pillage économique et à la spoliation de leurs richesses. Elles rivalisent sur tous les plans. Voilà pourquoi « la détente » clamée à tous vents par les révisionnistes est un leurre. Lorsque les deux super-puissances collaborent, c’est toujours contre les peuples mais cette collaboration aboutit inévitablement à une rivalité encore plus acharnée. La rivalité est absolue et de longue durée, tandis que la collusion est de faible durée. Analysant l’impérialisme, Lénine a montré qu’il conduit à des guerres impérialistes. La rivalité acharnée entre les deux super-puissances aboutira inévitablement à une guerre mondiale et nous devons y être préparés.

Les deux super-puissances sont des brigands impérialistes de la même espèce. Mais le social-impérialisme soviétique est le plus dangereux. Lénine a dégagé la loi du développement inégal du capitalisme. Il est dans la nature des puissances impérialistes de s’affronter pour s’emparer de la proie la plus grande et à ce sujet, il n’y a pas de différence de nature entre l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique. Mais l’impérialisme américain est un impérialisme en déclin, se débattant dans des difficultés économiques inextricables, ayant subi de lourdes défaites militaires tout récemment du fait des peuples d’Indochine. Par contre le social-impérialisme soviétique est un impérialisme montant, voulant imposer un nouveau partage du monde et s’étant dans ce but, constitué un potentiel militaire agressif comme il n’en a jamais existé dans l’histoire. La base du social-impérialisme soviétique est un capitalisme monopoliste d’Etat arrivé à un degré de perfection comme il n’existe nulle part. Aux Etats-Unis, le capitalisme d’Etat a beaucoup progressé surtout à travers la grande crise des années ’30 et de la grande crise actuelle mais le processus n’est pas achevé et il existe des contradictions entre monopoles capitalistes ; en URSS une économie socialiste entre les mains d’un Etat de dictature du prolétariat s’est transformée en une économie capitaliste entre les mains d’un Etat social-fasciste fortement centralisé, monolithique, tout entier braqué sur sa politique d’expansion. L’URSS vise partout à bousculer son rival, à lui enlever sa proie, n’hésitant pas à déployer le drapeau rouge et à se présenter comme championne de la cause de la libération des peuples, elle étend partout ses tentacules, provoque des divisions entre mouvements de libération, entretient des fantoches à son service. Le social-impérialisme soviétique est aujourd’hui le principal foyer de guerre dans le monde.

Si les deux super-puissances s’affrontent sur tous les continents, semant la zizanie partout dans le monde, c’est en Europe qu’elles se font face. C’est là que leur rivalité est portée au plus haut degré. L’Europe possède un potentiel économique d’une puissance extraordinaire et celui qui parviendrait à s’en emparer bénéficierait d’une supériorité marquante sur son rival. Le point-clef de la rivalité entre les deux super-puissances, c’est l’Europe.

Les nombreux pays du Tiers-Monde ont été longtemps victimes de l’exploitation impérialiste et colonialiste. Un grand nombre ont conquis leur indépendant politique ; un certain nombre sont en lutte pour la conquérir. La plupart ont encore à lutter pour conquérir leur indépendance économique. Ces pays s’étendent sur de vastes territoires aux populations nombreuses, aux richesses naturelles extraordinaires. Dans leur lutte pour leur complète libération, ils disposent d’une force prodigieuse. En dépit de quelques échecs temporaires essuyés en certains endroits, leur lute s’est développée ; leurs peuples ont gagné en conscience anti-impérialiste et anti-colonialiste. Leur unité se resserre. Certes, il serait faux de ne pas voir que la situation est complexe du fait des immixtions et des intrigues des deux super-puissances. Mais les peuples du Tiers-Monde, par leur propre expérience, distinguant de mieux en mieux quels sont leurs amis et quels sont leurs ennemis, plus particulièrement ils dévoilent le jeu de la super-puissance social-impérialiste et voient ce que cachent ses belles paroles. Ils apprennent à compter sur leurs propres forces, à pratiquer la lutte armée, à renforcer leur unité. Ils s’inspirent de l’exemple glorieux de la grande Chine socialiste en voie d’impétueux développement et qui est partie intégrante du Tiers-Monde. Les pays du Tiers-Monde constituent aujourd’hui la force principale dans la lutte contre l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique.

Les pays développés situés entre les super-puissances et les pays en voie de développement constituent le second monde. En fait ce second monde est très complexe puisque les pays au stade de l’impérialisme visent à maintenir les pays du Tiers-Monde dans des liens de dépendance colonialiste et néo-colonialiste. En même temps, ces pays souffrent tous, à des degrés divers, de la mainmise, des intrigues et des vexations de l’une ou l’autre des super-puissances. De plus, en Europe de l’Est, bon nombre de pays se trouvent sous la dépendance et l’asservissement du social-impérialisme soviétique. La tendance principale dans les pays du second monde, c’est l’aspiration à s’affranchir des influences, de l’asservissement, du contrôle des super-puissances, c’est la volonté d’indépendance nationale. C’est pourquoi il est de l’intérêt des peuples du second monde de lutter pour l’union de leurs pays entre eux et avec les pays du Tiers-Monde.

C’est en s’appuyant sur la magistrale analyse du Président Mao que notre Parti a développé et enrichi sa ligne en matière de politique internationale. A ce sujet, la Conférence Nationale du 8 novembre 1975 a été une grande victoire contre les droitiers qui allaient se transformer en une petite clique scissionniste anti-parti. Ils défendaient une ligne qui visait à nier le danger du social-impérialisme soviétique ou en tout cas à le minimiser ; leur position était une position de capitulation et de complicité à l’égard du social-impérialisme soviétique.

La Conférence Nationale du 8 novembre 1975 a souligné que la rivalité des deux super-puissances conduit à une troisième guerre mondiale et que celle-ci est inévitable ; le point-clé de la rivalité des deux super-puissances, c’est l’Europe ; le social-impérialisme russe est actuellement le danger principal. Elle concluait à la nécessité de viser à mettre sur pied le front uni pour l’indépendance nationale. Notre lutte est une lutte politique à la tête des masses populaires pour un front uni contre l’hégémonisme des deux super-puissances :

- pour l’indépendance totale de la Belgique ;

- pour une Belgique non-alignée, débarrassée de toute influence ou immixtion étrangère ;

- pour l’union plus large, y compris dans le domaine de la défense, des pays d’Europe indépendants, non alignés, égaux en droit ;

- pour l’union de la Belgique et des pays d’Europe avec le Tiers-Monde.

Camarades,

Les communistes doivent s’inspirer de tout ce qui est glorieux dans l’histoire féconde de l’Internationale Communiste. Lorsque le fascisme hitlérien a triomphé en Allemagne, elle a clairement désigné le danger principal : l’impérialisme allemand qui avait pour alliés les impérialismes italien et japonais. Il s’agissait de l’impérialisme montant. Celui-ci n’est pas nécessairement celui qui a la plus forte production économique, ni celui qui investit le plus de capitaux à l’étranger ; c’est celui qui est en pleine expansion, qui revendique un nouveau partage du monde, qui lui soit plus favorable et qui appuie ses exigences d’un réarmement colossal, qui utilise les cinquièmes colonnes.

L’Internationale Communiste a alerté les plus larges masses. Partout, elle a montré que « le fascisme, c’est la guerre ». Elle a montré qu’en fonction de la grande crise qui frappait alors le monde capitaliste, des contradictions impérialistes, on courait à la deuxième guerre mondiale. Elle a appelé à la constitution du front uni le plus large contre le danger principal : l’impérialisme allemand hitlérien et ses alliés.

La social-démocratie mondiale n’a pas, de façon générale, répondu à cet appel, et quand dans certains pays, sous la formidable pression des masses, elle a fait mine d’entrer dans un front, ça a été pour le saper de l’intérieur. Elle a minimisé le danger, elle a saboté l’union et la mobilisation des peuples contre le fascisme. Au nom de la révolution immédiate, totale et intégrale, les contre-révolutionnaires trotskystes ont mis sur le même pied le danger principal et les dangers secondaires ; ils ont saboté le front uni, attaqué la défense nationale, fait le jeu des hitlériens dont ils se sont révélés de très efficaces alliés.

Dans la marche à une troisième guerre mondiale, les communistes doivent s’inspirer des leçons du passé. S’inspirant du rapport historique de Dimitrov au VIIe Congrès de l’Internationale Communiste, ils n’hésitent pas à dénoncer ceux qui conduisent à une troisième guerre mondiale, les deux super-puissances. Ils montrent que dans le monde, le principal foyer de guerre est le social-impérialisme soviétique. Celui-ci dresse contre l’Europe occidentale un potentiel de guerre trois fois supérieur à celui de l’OTAN ; ses armes nucléaires sont braquées sur les villes d’Europe occidentale ; ses navires de guerre et ses sous-marins sillonnent la Méditerranée, l’Océan Atlantique, la Mer du Nord, la Mer de Norvège ; sa cinquième colonne est partout à l’action. Hitler aujourd’hui, c’est Brejnev.

Dans les années qui ont précédé la seconde guerre mondiale, les communistes ont dénoncé et stigmatisé l’esprit d’apaisement et de capitulation devant le fascisme. Quand les puissances occidentales ont capitulé devant Hitler à Munich, ils se sont partout dressés et ont clamé :

« Munich n’a pas sauvé la paix, Munich c’est la guerre ».

Ils ont prouvé leur lucidité et leur courage en allant à contre-courant.

Aujourd’hui, nous devons dénoncer la conférence d’Helsinki dite de sécurité européenne qu’a concoctée le social-impérialisme soviétique. Cette conférence vise à endormir l’Europe occidentale, à la diviser, à la désagréger, à la vaincre partie après partie pour s’en emparer finalement. C’est une conférence d’insécurité européenne, une conférence munichoise ; elle n’a pas sauvé la paix, elle fait intégralement partie des préparatifs de guerre du social-impérialisme soviétique. Celui-ci est le plus grand escroc de paix de notre temps.

Aussi cynique que soient les manœuvres agressives du social-impérialisme soviétique, quelque colossal que soit son armement, il faut tenir bon, ne lui céder en rien car céder devant l’agresseur, c’est renforcer son esprit agressif. Il faut combattre l’esprit de Munich. Le social-impérialisme soviétique est très vulnérable. Ses difficultés économiques sont innombrables. Les luttes de classe et les luttes nationales s’exacerbent en URSS et le terrorisme social-fasciste est combattu par le peuple soviétique qui n’est pas notre ennemi et auquel nous exprimons notre solidarité et notre amitié. Les peuples qui sont sous la botte du social-impérialisme soviétique se dressent et résistent. A ce sujet nous devons dire notre profonde admiration devant le combat et l’héroïsme du prolétariat et du peuple polonais, dont l’exemple inspire la résistance des autres peuples victimes de la tyrannie et de l’occupation russes. Également, les peuples aux prises avec ses exactions apprennent à connaître le social-impérialisme russe et le combattent. Quel que soit le mal qu’il puisse commettre, son destin est déjà inscrit dans l’histoire : ce sera l’anéantissement.

Dans l’application de notre juste politique en matière internationale, nous devons combattre les erreurs dogmatiques, sectaires, opportunistes de « gauche » et les erreurs opportunistes de droite.

La politique de front uni s’étend à des secteurs de la bourgeoisie qui, bien sûr, sont des ennemis de la révolution mais qui s’opposent aux deux super-puissances, même si leur opposition ne va pas sans hésitation ni retours en arrière.

Il faut bannir le sectarisme, les déclamations ultra-gauche, qui s’inscrivent contre la lutte pour l’indépendance nationale, qui sont une caractéristique de la « porte close » et favorisent les visées des deux super-puissances et particulièrement celles du social-impérialisme russe.

Il faut combattre l’objection de conscience et l’anti-militarisme diffusé par les révisionnistes et les trotskystes ; ils visent à saboter la défense nationale au profit de l’agression social-impérialiste soviétique.

Il faut dénoncer l’opposition ouverte ou camouflée à la lutte pour l’indépendance nationale, particulièrement l’affirmation de type trotskyste qu’il n’est pas d’indépendance nationale en dehors de la révolution prolétarienne. Cette position vise à empêcher la large union et à favoriser les manœuvres de l’agresseur.

Certes, nous savons bien que nous sommes encore un petit Parti et que la réalisation du Front Uni ne vient pas spontanément. Les édifices ne peuvent se construire que pierre après pierre. Le Front Uni doit se construire patiemment. Il exige éducation et propagande ; il exige le soutien à toutes les initiatives qui visent à se distancer des deux super-puissances et à les combattre, à faire face à l’agression du social-impérialisme soviétique. Il faut franchement, avec audace et confiance, en de petites tâches comme dans les plus grandes, créer une atmosphère de front, viser à créer le front.

Il faut aussi dans l’application de notre politique traquer l’opportunisme de droite. Les communistes se donnent pour tâche de conduire le peuple à la révolution. Toute leur lutte va dans ce sens. C’est là notre tâche fondamentale et nous ne le dissimulons pas. Si nous luttons pour l’indépendance nationale, c’est parce qu’elle est absolument nécessaire pour la victoire de la dictature du prolétariat, c’est parce que les deux super-puissances, surtout le social-impérialisme soviétique, constituent sur le plan mondial le plus grand obstacle à la révolution. Quelles que soient la stratégie que nous développons, la tactique que nous employons, elles visent toujours à l’instauration du socialisme et du communisme. Le nom de notre Parti, son programme général, notre idéologie marxiste-léniniste, ne permettent aucun doute à ce sujet.

Il faut donc combattre la politique « tout pour le front uni » qui fait abandonner l’autonomie du Parti au profit du front. Il ne peut être question à l’intérieur du front de freiner la lutte de classe. Il n’y a pas d’union sans la lutte.

Dans la situation internationale actuelle, il peut y avoir dans un domaine particulier mais essentiel (l’indépendance nationale) une concordance d’intérêts entre le prolétariat et des fractions de la bourgeoisie belge. Cela va pour le prolétariat et son parti révolutionnaire jusqu’à soutenir activement une véritable défense nationale. Mais il s’agit d’une concordance momentanée qui ne met pas fin à la lutte de classe. La classe ouvrière continue évidemment à se battre contre l’exploitation capitaliste dont elle est l’objet, contre « la paix sociale », contre l’utilisation de l’armée et de la gendarmerie pour réprimer ses luttes, contre la fascisation du régime, contre les manigances néo-colonialistes de la bourgeoisie belge à l’égard des pays du Tiers-Monde, contre l’appareil d’État de la bourgeoisie, pour la révolution prolétarienne. La classe ouvrière et son Parti n’ont aucune raison d’être solidaires des capitalistes, de cesser le combat classe contre classe. Dans le rapport qu’il a présenté au Xème Congrès du Parti Communiste chinois, Chou En-laï indique la nécessité de combattre les tendances erronées

« qui consistent à oublier la lutte qu’il est nécessaire de mener contre la bourgeoisie lorsqu’on établit une union avec elle ou à oublier qu’il est encore possible, dans des conditions données de réaliser l’union avec la bourgeoisie après avoir rompu avec elle ».

Camarades,

Toute conception qui surestime la force des deux super-puissances et en particulier du social-impérialisme soviétique et sous-estime la force des peuples est un point de vue faux marqué de l’esprit de capitulation, une marche à la défaite et nous devons le combattre. Ce n’est pas une ou deux super-puissances qui sont invincibles ; ce sont les peuples de partout qui, en s’unissant et en osant livrer combat, sont vraiment puissants.

Le Président Mao nous enseignent :

« Un pays faible est à même de vaincre un pays fort, et un petit pays de vaincre un grand pays. Le peuple d’un petit pays triomphera à coup sûr de l’agression d’un grand pays, s’il ose se dresser pour la lutte, recourir aux armes et prendre en main le destin de son pays. C’est là une loi de l’histoire ».

Durant la deuxième guerre mondiale, sous la direction du Parti Communiste, parti révolutionnaire de la classe ouvrière, notre peuple a pu prendre les armes pour la révolution prolétarienne et l’indépendance nationale, il les reprendra. Le Président Mao, dans une de ses œuvres principales, « De la juste solution des contradictions au sein du peuple » (1957) a indiqué :

« Il est certain que si les impérialistes s’obstinent à déclencher une troisième guerre mondiale, des centaines de millions d’hommes passeront du côté du socialisme et seul un territoire peu étendu demeurera aux mains des impérialistes ; il est même possible que le système impérialiste s’effondre complètement ».

La situation est excellente, favorable aux peuples. Quelles que soient les vicissitudes, l’avenir nous appartient.

IV. LA CONSTRUCTION ET L’ÉDIFICATION DU PARTI

Camarades,

L’histoire du mouvement ouvrier international montre qu’aucune victoire révolutionnaire n’est possible sans l’existence d’un parti révolutionnaire prolétarien.

A ce sujet certains principes essentiels doivent être rappelés.

1. La notion de parti prolétarien

Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste est un parti prolétarien. Sa composition sociale est satisfaisante. Ce sont les ouvriers qui sont les plus nombreux dans nos rangs ; puis viennent les employés de rang modeste et enfin des intellectuels et étudiants révolutionnaires.

Mais on sait que Lénine a montré que le caractère prolétarien d’un parti ne tient pas au nombre d’ouvriers qu’il groupe parmi ses adhérents car à ce compte, le P.S.B. en Wallonie et le C.V.P. (PSC) en Flandre seraient de grands partis prolétariens. Or pour tout marxiste, il s’agit bien là de deux partis bourgeois.

Concernant la notion de parti prolétarien nous avons dû combattre deux conceptions fausses.

Celle d’AMADA qui conçoit le parti marxiste-léniniste comme un parti d’intellectuels petit-bourgeois apportant la lumière à la classe ouvrière (le mot rédemption a même été employé) et celle-ci est appelée à suivre, à être en quelques sorte une masse de manœuvre.

Celle de la clique scissionniste faisant du Parti un parti suiviste de la classe ouvrière, considérée comme étant spontanément révolutionnaire et dotée de l’idéologie révolutionnaire. Il s’en dégageait une conception ouvriériste, d’autant plus paradoxale que si on s’en tient aux faits et non aux bruyantes paroles et aux fanfaronnades, on s’aperçoit que cette clique et ceux qui les suivent sont à majorité petite-bourgeoise.

Le caractère prolétarien du Parti tient essentiellement en ce qu’il représente de façon concentrée les intérêts fondamentaux et la volonté de classe du prolétariat, en ce qu’il est fondé sur la théorie marxiste-léniniste. C’est cela qui est essentiel. C’est le Parti qui apporte la conscience de classe à la classe ouvrière et qui la conduit dans son combat d’émancipation. Le Parti est l’avant-garde de la classe ouvrière. Suivre la classe ouvrière considérée comme spontanément révolutionnaire, c’est renouveler les erreurs économistes, c’est sombrer dans le révisionnisme car c’est oublier que dans un pays capitaliste développé comme le nôtre, le poids de l’idéologie bourgeoise sur la classe ouvrière est énorme ; c’est oublier toute l’analyse par Lénine de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier comme fruit de l’impérialisme.

2. L’éducation idéologique

Ce qui doit nous guider dans l’appréciation de nos dirigeants et de nos cadres, c’est leur assimilation de l’idéologie prolétarienne, leur capacité de lier la théorie à la pratique, leur capacité de se lier aux masses, leur capacité de pratiquer la critique et l’auto-critique.

Tous les militants du Parti doivent faire un grand effort pour assimiler la théorie marxiste-léniniste. C’est cela qu’il importe de souligner pour faire pièce aux dogmatiques qui, si le Parti les avait suivis, se seraient livrés dans notre Parti à une véritable chasse aux sorcières. Si on les avait écoutés, ni Guillissen, ni Lejour, ni Bastien, ni Blieck, ni Lagneau, ni de Bemels, et tant d’autres, héros glorieux morts à l’ennemi, n’auraient mérité le nom de communistes parce qu’intellectuels. Et à ce compte, Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, Hodja, y ont-ils droit ?

Il est certain que nous avons raison de nous préoccuper de l’origine sociale de ceux qui adhèrent au Parti, que nous devons être plus difficiles pour l’admission d’éléments d’origine non prolétarienne, mais dans nos rangs les camarades ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, ils font partie de l’avant-garde du prolétariat. C’est tous ensemble que nous devons lutter pour la victoire de la révolution prolétarienne et combattre l’influence de l’idéologie bourgeoise dans nos rangs.

Il est clair que nous devons veiller à ce que les ouvriers soient toujours plus nombreux dans nos rangs ; nous devons avoir sans cesse à l’esprit la recommandation de Lénine : faire en sorte qu’il y ait toujours plus de cadres et de dirigeants ouvriers. Car les ouvriers, dont l’instinct de classe est vif et dont toute la condition entraîne la participation quotidienne au combat de classe, ont au plus haut degré l’esprit de révolte contre l’oppression et lorsqu’ils ont assimilé la théorie marxiste-léniniste, ils sont les mieux à même de se lier aux masses et de les conduire.

Le Parti doit veiller au haut niveau idéologique de ses membres, sans quoi il lui sera impossible de combattre l’idéologie bourgeoise et de faire pénétrer l’idéologie marxiste-léniniste dans la classe ouvrière. Le Président Mao a dit :

« Prendre en main l’éducation idéologique, voilà la tâche centrale si on veut unir tout le Parti en vue de ses grandes luttes politiques. Faute de quoi, le Parti ne pourra accomplir aucune de ses tâches ».

Il est certain que si le révisionnisme a pu triompher dans l’ancien Parti Communiste de Belgique, si des arrivistes bourgeois ont pu s’emparer de la direction du Parti et le détruire, c’est notamment grâce à l’extrême faiblesse idéologique du Parti après la seconde guerre mondiale – faiblesse qu’ils ont d’ailleurs organisée. Les camarades qui ont connu le P.C.B., qui y ont milité savent les sarcasmes qu’essuyaient ceux qui voulaient organiser l’étude des classiques du marxisme-léninisme ; ils recevaient vite l’étiquette d’« intellectuels bourgeois ». Cela n’a rien d’extraordinaire. Empêcher ou entraver l’étude du marxisme-léninisme, idéologie du prolétariat, c’est livrer la classe ouvrière et son Parti à l’idéologie de la bourgeoisie, au réformisme et au révisionnisme.

Chacun de nous connaît le mépris de la clique scissionniste pour la formation idéologique ; elle allait pour cela jusqu’à utiliser des citations tronquées de l’œuvre de Mao Tsé-toung « Contre le culte du livre ». Rarement, on a vu mépris aussi cynique de la théorie.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Les incroyables théorisations d’AMADA sur l’Etat, la démocratie populaire comme dictature conjointe de plusieurs classes dans un pays au stade de l’impérialisme, le ralliement aux réformes de structure si elles se font sans indemnisation, les déviations électoralistes jusqu’à l’appel, là où AMADA n’a pas de candidat, à voter pour des candidats social-démocrates, tout cela est le fruit d’une grande faiblesse idéologique.

Si les militants de notre Parti n’assimilent pas les principes du marxisme-léninisme à travers la pratique et l’étude, s’ils n’ont pas souci, de la base au sommet, de se renforcer constamment dans la connaissance du marxisme-léninisme, il ne sera pas possible d’édifier le Parti, de constituer le front, de construire une armée, de conduire la classe ouvrière et les larges masses populaires à la victoire.

Sans un constat et profond effort idéologique, il est impossible de vaincre la bourgeoisie et ce qui constitue son idéologie la plus achevée dans les rangs du mouvement ouvrier, le révisionnisme.

3. La lutte contre le révisionniste

Pratiquer la lutte de classe le plus décidée dans le domaine idéologique, c’est lutter sans relâche contre le révisionnisme, arme la plus mortelle de la réaction au sein du mouvement ouvrier et révolutionnaire.

Nous devons avoir claire conscience que le révisionnisme est ce qu’il y a de plus nocif pour le combat prolétarien. Les chefs de file de la clique scissionniste ont prétendu que ce combat était inutile, que le parti révisionniste n’avait plus aucune importance. Mais ils ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez. C’est vrai qu’en Belgique, le parti révisionniste est très faible et que ce parti, qui ne veut voir d’autre voie au socialisme que parlementaire, ne cesse pas d’essuyer des échecs électoraux. Mais s’en tenir à cela et du coup prétendre à l’inutilité du combat contre le révisionnisme, c’est faire preuve d’une coupable myopie politique, si ce n’est de complicité pure et simple.

Qui ne peut voir l’importance que la bourgeoisie accorde à ce miteux parti révisionniste, lui donnant large accès à la radio et à la télévision, accordant des subsides d’Etat à sa presse ? Cela prouve que la bourgeoisie le place en réserve. Pour le moment, le parti socialiste et la démocratie chrétienne suffisent bien comme détachements bourgeois en secteur ouvrier. Mais si c’est nécessaire, l’ennemi de classe saura renforcer le parti révisionniste et s’en servir.

Qui ne peut voir le travail de noyautage auquel se livrent les révisionnistes dans les organisations syndicales ? Ils se font les suivistes des dirigeants, freinent les luttes et pour cela, parés du titre de « communistes », ils font une basse besogne que les dirigeants syndicaux connus comme socialistes ou chrétiens n’osent pas faire (par exemple, c’est eux qui ont le plus efficacement secondé le chef syndicaliste liégeois Lambion à briser la grève de Cockerill et à sanctionner les délégués qui avaient opté pour la fidélité à la grève). Ainsi ils s’introduisent dans quelques secteurs essentiels, notamment aux ACEC, chez Cockerill, à la F.N., aux docks, dans l’enseignement…

Qui ne peut voir que ce travail de noyautage, ils le portent systématiquement en direction de la RTB et de la BRT (radio et télévision), en direction de l’université bourgeoise (surtout l’Université de Bruxelles), en direction de l’armée ?

Qui ne peut voir que leur abandon de toute la philosophie matérialiste leur a permis des alliances sans principe avec des secteurs de l’Eglise catholique, qu’aujourd’hui des prélats se font leurs complices à tel point que l’un deux, le Chanoine Goor, a reçu un prix dit de Lénine des maîtres révisionnistes de Moscou ou bien encore que des prêtres et des permanents d’organisations catholiques ont reçu de la hiérarchie l’autorisation de figurer sur des listes révisionnistes aux élections ?

Qui ne peut voir que la FGTB, liégeoise reprend tous les thèmes révisionnistes et que les thèses du social-impérialisme soviétique inspirent les rubriques de politique étrangère du quotidien « La Wallonie » et de l’hebdomadaire « Combat », édités au détriment des caisses syndicales ?

Enfin, il importe de considérer que le parti révisionniste de Belgique, après quelques hésitations aujourd’hui surmontées, est essentiellement un parti suiviste des dirigeants du Kremlin. Vis-à-vis des pires crimes du social-fascisme soviétique comme vis-à-vis des pires actes d’agression, les dirigeants révisionnistes se contentent de réserves très nuancées quand il ne s’agit pas d’un appui sans réserve. Ils se font les hérauts de la politique de la détente, les camelots de la conférence d’Helsinki de l’insécurité européenne ; ils sont les saboteurs de l’unité européenne, ils diffusent l’idéologie munichoise de capitulation devant l’agresseur social-impérialiste. Nul doute qu’en cas d’occupation soviétique de la Belgique, on trouverait dans ses rangs les chefs de file de la collaboration.

Nous devons sans relâche dénoncer le parti révisionniste et ses complices comme un ennemi féroce de la classe ouvrière et de notre peuple. L’expérience prouve que ceux qui refusent de combattre le révisionnisme sont eux-mêmes sur le point de verser totalement dans le révisionnisme. C’est le mérite de notre Parti de n’avoir jamais transigé là-dessus et d’avoir contré énergiquement ceux qui voulaient transiger.

Enfin, camarades, il faut avoir bien à l’esprit que l’ennemi de classe ne renonce jamais à pénétrer le Parti marxiste-léniniste, sachant bien que les forteresses les plus solides se prennent le plus facilement de l’intérieur. Le danger révisionniste est toujours présent dans chaque Parti marxiste-léniniste et s’il n’est pas combattu constamment, sans le moindre répit, il finit par être une gangrène tuant toute vie. La tâche idéologique la plus importante pour un Parti Communiste est de combattre le révisionnisme.

4. Le centralisme démocratique

Le centralisme démocratique est le principe d’organisation du Parti. Il est d’une grande importance pour garantir l’unité du Parti, renforcer sa direction unique et collective, augmenter sa combativité.

Le centralisme démocratique représente l’unité des contraires : ces deux termes, centralisation et démocratie sont contraires et unis à la fois.

Centralisation :

- Les organes dirigeants du Parti doivent être élus après délibération démocratique des membres.

- Toutes les décisions sont le fruit d’une large et permanente consultation des membres.

- Les organes dirigeants étant élus, ils représentent l’ensemble des membres, ils règlent toutes les affaires du Parti.

- La plus stricte discipline doit être respectée : l’individu se soumet à l’organisation, la minorité à la majorité, les échelons inférieurs aux échelons supérieurs et tout le Parti au Comité Central.

- Celui qui n’est pas d’accord avec une décision prise doit se rallier à la majorité mais il lui et toujours permis de réserver son opinion, de rouvrir la discussion au cours d’une réunion suivante et de faire part de ses observations et de ses positions aux échelons supérieurs.

Démocratie :

- Les organes dirigeants du Parti doivent périodiquement faire des rapports sur leur travail devant les assemblées générales ou devant les Congrès ;

- Ils doivent recueillir constamment les opinions des membres du Parti et des non-membres du Parti.

- Les membres du Parti ont le droit de faire des critiques et il est absolument interdit d’empêcher la critique ou d’user de représailles à l’égard de ceux qui émettent des critiques.

- Dans les assemblées du Parti, chacun a le droit et le devoir de parler et de donner son opinion ; tout ce qui vise à empêcher l’expression d’un avis doit être condamné.

Certes, le centralisme démocratique comme principe d’organisation est conditionné par l’existence d’une ligne juste. La meilleure organisation au service d’une ligne fausse ne pourrait aboutir qu’à l’échec. Mais une juste organisation est nécessaire pour appliquer une ligne juste et le principe de base de l’organisation c’est le centrisme démocratique.

La discussion la plus libre, la discussion constante, l’abondance de propositions, la confrontation des avis renforcent le sens des responsabilités des membres, enrichissent chacune des connaissances de tous, mettent en œuvre pleinement l’esprit d’initiative, permettent de mieux diriger la lutte, permettent de déceler les erreurs et de les corriger.

C’est sur cette démocratie que doit s’appuyer la discipline du Parti. Lénine a montré

« qu’une centralisation absolue et la plus rigoureuse discipline du prolétariat sont les conditions essentielles pour vaincre la bourgeoisie. »

Le Parti ne peut être un club de discussion ne débouchant jamais sur l’action pas plus qu’il ne peut être une « auberge espagnole » où chacun apporte ce qu’il veut selon son bon plaisir. Il doit être centralisé ; ses rangs doivent avoir une volonté unifiée, il doit faire preuve de la plus rigoureuse vigilance, être un bataillon d’acier sans la moindre faille, appliquant strictement sa ligne prolétarienne, avec à sa tête une direction élue qui a prouvé son expérience et qui jouit de la confiance de l’ensemble des membres.

L’expérience du Mouvement Communiste International montre que tous les ennemis de classe qui ont voulu imposer une ligne révisionniste de droite ou de « gauche » s’en sont toujours pris au centrisme démocratique parce que celui-ci, à la fois démocratie prolétarienne la plus large et centralisation la plus ferme, rend tout camouflage impossible et permet à coup sûr de les débusquer. Voilà pourquoi l’application du centralisme démocratique n’est pas simplement une question de méthode de travail mais une condition indispensable pour une juste application de la ligne révolutionnaire, pour une juste direction du Parti, pour la liaison avec les masses et pour l’édification du Parti.

5. La critique et l’autocritique comme arme dans la lutte entre les deux lignes

Le Président Mao dans un de ses ouvrages les plus importants, « De la contradiction » (1937) enseigne que

« l’opposition de la lutte entre les conceptions différentes apparaissent constamment au sein du Parti ; c’est le reflet dans le Parti, des contradictions de classes et des contradictions entre l’ancien et le nouveau existant dans la société. S’il n’y avait pas dans le Parti de contradictions, et de luttes idéologiques pour les résoudre, la vie du Parti prendrait fin ».

La lutte entre les deux lignes dans le Parti est inévitable et nier cette lutte au nom d’une unité monolithique est une vue métaphysique des choses. C’est la lutte au sein du Parti qui fait sa vitalité car l’absence de lutte, c’est la mort.

La reconnaissance de l’existence de deux lignes dans le Parti ne veut pas dire éclectisme à cet égard car la ligne prolétarienne et la ligne bourgeoise sont antagoniques. Il ne peut être question de tolérer des fractions, de reconnaître le droit de tendance. La lutte doit être menée à fond pour que la ligne prolétarienne l’emporte sur la ligne bourgeoise. Mais toute victoire de la ligne prolétarienne est sans cesse remise en cause par la bourgeoisie ; la victoire n’est jamais acquise une fois pour toutes. Il faut sans cesse traquer la ligne bourgeoise car si on relâche la vigilance et le combat, la ligne bourgeoise finit par l’emporter.

Dans ce combat, la critique est tout à fait indispensable, comme nous venons de le dire. Il faut admettre et favoriser la critique venant de l’extérieur, l’accueillir avec modestie même si elle peut paraître excessive et injuste. Dans la plupart des cas, si elle émane des travailleurs, elle sera fondée et en tenir compte pleinement permettra au Parti de progresser. Si les masses nous critiquent cela prouve qu’elles exigent beaucoup des communistes et elles ont raison puisque les communistes doivent les conduire au combat. Chaque communiste doit être attentif à ce que disent les masses, être persuadé que si les masses critiquent son comportement, c’est que celui-ci le coupe des masses et il faut en tenir compte.

Si la critique au sein du Parti doit être libre et ne peut jamais être entravée, il faut noter que toute critique doit être saine, doit se faire dans le Parti ; elle doit se faire à temps, être marquée par l’esprit fraternel, ne pas viser à abattre, à détruire mais à corriger et à améliorer.

L’autocritique est la marque d’un parti sérieux. Savoir reconnaître franchement ses erreurs, en analyser les causes, les circonstances qui les ont amenées et chercher le moyen de s’en corriger, ce sont là les caractéristiques de l’autocritique. Comme il n’est pas d’exemple d’un parti qui n’ait jamais fait d’erreur, l’autocritique et tout à fait indispensable. Une autocritique en profondeur permet de progresser.

Ce qui est vrai pour le Parti et vrai pour chaque militant. Un militant qui fait une bonne autocritique n’est pas amoindri aux yeux des autres. Au contraire, il prouve qu’il veut surmonter ses erreurs et progresser. Celui qui refuse l’autocritique, qui croit être parfait et ne jamais se tromper est un vaniteux et un orgueilleux ; il n’est pas un communiste. Tout militant communiste doit être modeste, c’est une qualité essentielle.

Il importe de ne jamais confondre l’ami qui se trompe avec l’ennemi. A l’égard de l’ennemi, il faut être intransigeant et lorsqu’il est débusqué au sein du Parti, il faut le chasser, le dénoncer et le traquer sans faiblesse. A l’égard de l’ami qui se trompe, il faut user de patience, viser à le convaincre, discuter fraternellement et toujours appliquer le principe énoncé par le Président Mao :

« tirer les leçons des erreurs du passé pour en éviter le retour et guérir la maladie pour sauver l’homme, afin d’atteindre le double but d’éclaircir les idées et d’unir les camarades ».

Si un camarade a commis des erreurs, s’il les reconnaît et ne persiste pas dans ses erreurs, il ne faut à aucun prix que les critiques qu’on lui adresse aboutissent à le paralyser et à le tuer politiquement. Il faut absolument bannir les critiques subjectivistes, arbitraires ou celles qui sont des attaques personnelles : tout cela n’est qu’une manifestation de l’individualisme petit-bourgeois. Il faut permettre au camarade qui a commis des erreurs et qui les reconnaît de servir le peuple, la classe ouvrière et le Parti. Si on refuse des responsabilités à un camarade qui a commis des erreurs et qui les reconnaît sincèrement, on fait du tort non seulement à ce camarade mais à l’ensemble du Parti.

Camarades,

Pour faire la révolution, il faut qu’il y ait un Parti révolutionnaire, armé de la théorie marxiste-léniniste. Sans l’existence d’un tel Parti, il est impossible de conduire la classe ouvrière et les masses populaires à la victoire. Tel est l’enseignement fondamental des grands auteurs marxistes-léninistes. Voilà pourquoi la tâche fondamentale des communistes de notre pays, lorsqu’ils ont été conscients que l’ancien Parti avait été transformé en formation révisionniste et vidé de tout contenu révolutionnaire par une direction de trahison, a été de reconstituer le Parti. Il a été fort à la mode dans certains cénacles de la petite-bourgeoisie radicalisée de rechercher les conditions à remplir pour reconstituer le Parti et cela ressemblait le plus souvent aux discussions byzantines sur le sexe des anges.

Dans un pays où la moitié de la population est ouvrière, où il existe en outre d’importantes couches semi-prolétariennes, où il existe de glorieuses traditions d’un combat ouvrier que Lénine déjà citait en exemple, où un Parti Communiste, même petit, a su pendant quatre années cruciales de notre histoire, celles de l’occupation hitlériennes, par sa juste ligne, se poser en force dirigeante du peuple, édifier le Front de l’Indépendance, construire une armée populaire, l’Armée Belges des Partisans, mettre sur pied une organisation syndicale révolutionnaire (C.L.S.), il est évident que toutes les conditions sont réunies pour la construction et l’édification du parti révolutionnaire prolétarien.

Ce Parti, nous nous sommes mis à la tâche de le reconstruire voici treize ans. Nous avons su affronter la bataille entre les deux lignes. C’est nous et personne d’autre qui avons vaincu Grippa et sa clique. Nous avons, à travers une âpre bataille de classe, écrasé ceux qui portaient les pires tendances droitières tout en nous gardant des conceptions gauchistes, sectaires et dogmatiques. C’est ainsi que s’est dégagée et que s’est développée la juste ligne prolétarienne ; et celle-ci récemment mise à l’épreuve des complots contre-révolutionnaires de la clique scissionniste anti-parti a été victorieuse.

Bien que petit encore, notre Parti est solide et il a de l’avenir. Ce que notre Parti a fait est dans l’ensemble positif ; le présent Deuxième Congrès est une étape importante dans notre marche en avant. La tâche que nous avons à accomplir est de renforcer la construction, l’édification du Parti. Nous avons avancé dans cette voie et nous n’accepterons jamais de remettre en cause ce combat.

Cependant d’aucuns qui sont révolutionnaires ont pris un autre chemin. Nous devons créer les conditions pour qu’ils nous rejoignent.

Pour notre part, nous avons toujours considéré que l’expression « mouvement marxiste-léniniste » est incorrecte. Pourquoi ? Parce qu’elle semble admettre qu’il existe en Belgique divers groupes marxistes-léninistes ayant des vues suffisamment communes pour former un « mouvement ». Or, ce n’est pas le cas.

Elle semble admettre également l’existence de plusieurs centres autonomes, or le marxisme enseigne que l’existence de plusieurs centres équivaut à l’absence de centre.

Cependant, il serait faux de nier la réalité. Elle n’est d’ailleurs pas propre à la Belgique. Dans de nombreux pays, il n’existe pas de Parti révolutionnaire prolétarien unique. Comment analysons-nous cette situation pour ce qui concerne notre pays ?

1. Il faut avant tout considérer cet émiettement comme la conséquence de la trahison révisionniste. Celle-ci a été tellement hideuse, cynique, répugnante qu’elle a amené un certain nombre de révolutionnaires, le plus souvent jeunes, audacieux, ardents mais manquant d’expérience, à tout remettre en cause, non seulement ce qui est faux, mais aussi les principes les plus justes. Il ne faut pas en faire un monde parce que les principes justes finissent toujours par triompher ; les révolutionnaires honnêtes, par la pratique et par l’étude, finissent par discerner ce qui est juste et ce qui est faux. Par exemple, il y a moins de dix ans, nous avons dû lutter contre une foule de groupes qui répétaient qu’à l’époque actuelle, il ne fallait plus de Parti, que les masses allaient à la révolution sans Parti. Cette idée qui a été très à la mode n’est plus guère reprise aujourd’hui car elle est connue pour ce qu’elle est : non une idée nouvelle mais une vieille lune de l’anarchisme le plus éculé.

2. Une des conséquences de la crise générale du capitalisme au stade de l’impérialisme est la radicalisation de nombreuses couches petites-bourgeoises, surtout des jeunes et des intellectuels. C’est une bonne chose dans la mesure où cela grossit les rangs de la révolution et où cela affaiblit l’ennemi. Mais ces couches ne perdent pas pour autant les caractéristiques propres à la petite-bourgeoisie : l’orgueil et la suffisance, l’individualisme, le goût des discussions sans fin et stériles, l’esprit de clan, l’instabilité, la propension à la scission.

3. Il est évident que l’ennemi de classe se réjouit de l’absence de Parti unique et qu’il est renforcé de cet émiettement qui crée de la confusion, du découragement et du scepticisme parmi la classe ouvrière et les masses populaires. Il est donc certain que le bourgeoisie belge et ses organes spécialisés (police, sûreté, gendarmerie), les agents de l’impérialisme américain, ceux du social-impérialisme soviétique, la C.I.A., le K.G.B., les services sionistes, d’autres forces réactionnaires agissent, utilisent des fonds considérables, se servent d’aventuriers et d’agents de désagrégation pour nuire à la construction du Parti.

4. Il faut clairement dire que cet émiettement a trouvé aussi un ferment dans des erreurs opportunistes et sectaires que notre Parti et certains de ses militants ont commises et qui ont fait que notre Parti n’a pas toujours montré un visage attirant pour les jeunes révolutionnaires.

Au fil des années et parce que la pratique de classe est un juge impitoyable, bien des groupes se sont effondrés, si bien qu’aujourd’hui, il n’existe en dehors du Parti qu’un très petit nombre d’organisations qui se réclament du marxisme-léninisme. Il faut tout faire pour les gagner au parti révolutionnaire prolétarien unique.

Notre Parti a remporté des succès dans ce domaine puisqu’il a mené à bien un processus d’unité avec le Mouvement Communiste Borain, avec les marxistes-léninistes militant dans l’organisation Arbeiders Unie, avec l’organisation liégeoise Garde Rouge, avec les camarades groupés autour de l’Exploité.

Il est évident que pour en venir à l’unité organisationnelle, il faut réaliser l’unité idéologique et politique. Voilà pourquoi l’unité dans la construction du parti révolutionnaire prolétarien passe par la lutte idéologique et la pratique de l’unité d’action.

Nous voudrions dire quelques mots de l’effondrement relativement récent du groupe « Unité Rouge » (U.C.M.L.B.) Il s’agit d’un groupe petit-bourgeois issu de l’anarchie (U.U.U) et caractérisé dès sa naissance par une haine viscérale pour notre Parti. Dès son apparition, les dirigeants de ce groupe ont désigné notre Parti comme l’ennemi à abattre et ils ne lui ont épargné aucune calomnie. Notre Parti ne s’est pas trompé à ce sujet et il s’honore d’avoir tracé une claire ligne de démarcation : feu l’U.C.M.L.B. était un mélange d’opportunisme et de sectarisme, de trotskysme et de fascisme, une sorte de secte messianique menée par deux aventuriers sans scrupules. Avec de tels gens, nulle conciliation n’est possible parce qu’il s’agit de l’ennemi. Nous l’avons dit nettement sans la moindre faiblesse. Dès sa naissance, le groupe de l’Unité Rouge – U.C.M.L.B. portait la mort dans ses flancs. Aujourd’hui, après des épisodes incroyables et notamment de véritables règlements de compte ente cheffaillons rivaux, l’U.C.M.L.B. s’est atomisée, effondrée, et il ne reste plus de cette secte qu’une leçon par la négative dont il est souhaitable qu’elle apprenne beaucoup à ceux qui ont accepté naguère d’être ses alliés.

En dehors de notre Parti, il subsiste deux organisations se réclamant du marxisme-léninisme : AMADA et la Lutte Communiste (marxiste-léniniste).

Au cours de ce rapport et dans le projet de thèse pour ce Congrès, nous avons polémiqué durement avec Amada parce que ce groupe charrie un nombre considérable de conceptions fausses dont il importe de se démarquer :

1) Dans ses statuts, AMADA calomnie notre Parti qu’il identifie à l’ennemi et annonce sa volonté de le détruire. Il est clair que cela n’est pas de nature à faciliter l’unité. Nous croyons qu’il ne s’agit pas là d’une position originale d’AMADA mais d’une conception calquée sur l’U.C.M.L.B. Le destin de ce groupe devrait être médité par les militants d’AMADA.

2) AMADA se croit infaillible, n’accepte pas la critique et il ne sait pas pratiquer l’autocritique. Maintes fois, il a changé de position et d’appréciation sans apporter la moindre lumière sur les raisons de son évolution. Ainsi jusqu’en novembre 1965, AMADA a développé une ligne fausse en matière de politique étrangère, défendant des positions ultra-gauche proches du trotskysme, n’hésitant pas à considérer la bourgeoisie belge comme le principal fauteur de guerre actuel !

A la mi-novembre 1975, AMADA a fait un brusque virage à 180° sans la moindre explication et a fortiori, sans la moindre autocritique. Ce n’est pas là une marque de sérieux politique.

3) Pour notre part, nous avons considéré le changement de position d’AMADA comme un pas en avant. Malgré pas mal d’illusions opportunistes, AMADA a le mérite de dénoncer les deux super-puissances comme l’ennemi principal et parmi elles, le social-impérialisme soviétique comme l’ennemi le plus dangereux. Mais AMADA a tiré de sa nouvelle position une série de conclusions erronées parce qu’il refuse de considérer le combat pour l’indépendance nationale comme partie intégrante du combat pour la révolution prolétarienne. Cela a amené ses positions opportunistes que nous avons énoncées sur la démocratie populaire, sur les réformes de structure, une sorte de délire électoraliste avec comme couronnement l’appel à voter pour des candidats du PSB.

Tout cela éloigne AMADA du marxisme-léninisme. Où ira-t-il ? S’arrêtera-t-il sur le chemin qui mène au révisionnisme ? La majorité des militants d’AMADA veulent sincèrement la révolution, nous en sommes convaincus. Souhaitons qu’ils aient la force de mener une lutte de principe. Souhaitons que cette lutte aboutisse à une sérieuse autocritique, à la victoire des conceptions justes et à une rectification en profondeur.

Quoi qu’il en soit, nous répétons ce que nous avons dit. Malgré les grandes divergences qui existent entre AMADA et le Parti et qui portent sur des points fondamentaux, nous sommes toujours prêts à discuter et nous recommandons à nos militants de discuter avec les militants d’AMADA fraternellement et fermement.

A l’occasion de la préparation des élections communales d’octobre 1975, une délégation de notre Comité Central a eu une entrevue durant le mois d’août avec une délégation d’AMADA. Nous avons considéré cela comme un important pas en avant d’abord parce que jusqu’ici la direction d’AMADA a toujours refusé de discuter avec le Parti (ne se propose-t-il pas de le détruire ?), ensuite parce que la lettre envoyée par AMADA annonçait que sa direction allait, le 16 août, mettre au point une résolution qui devait conduire à des pourparlers entre les deux organisations.

AMADA nous demandait de faire figurer nos militants comme appoints sur les listes qu’il présentait aux élections ; nous avons développé la claire position de notre Parti de dénonciation des illusions électoralistes et de non-participation dans les conditions actuelles. Cela ne pouvait empêcher une rencontre ultérieure. Mais la résolution qu’on nous avait annoncée pour le 16 août 1976 n’est jamais venue ; AMADA s’est fait beaucoup d’illusions sur le mal que les scissionnistes pouvaient faire au Parti. L’expérience s’est sans doute chargée de déjouer ses illusions. Nous le souhaitons. Pour notre part, nous n’avons pas varié de position.

La nature de nos relations avec Lutte Communiste (marxiste-léniniste) est d’un tout autre ordre. Même quand nous avons eu les uns et les autres des positions divergentes, que nous avons polémiqué avec la plus grande fermeté, d’un côté comme de l’autre, la correction et la loyauté ont été la règle. Lutte Communiste (m.-l.) n’a jamais traité le Parti en ennemi et la réciprocité a été vraie. Nous sommes des camarades.

Nous avons à maintes reprises pratiqué l’unité d’action et en 1974, nous avons même célébré le Premier Mai ensemble. Des discussions ont eu lieu entre les délégations des deux organisations ; elles n’ont pas abouti.

Mais depuis l’été, les pourparlers ont repris et le processus d’unification a beaucoup progressé. Lutte Communiste (m.-l.) a tenu sa troisième Conférence Nationale et celle-ci, comme fruit d’une lutte entre les deux lignes, a abouti à l’adoption de documents importants. Ceux-ci ont été discutés entre les délégations du Comité Directeur de Lutte Communiste (m.-l.) et du Comité Central de notre Parti. En même temps, nous avons demandé aux organisations de base du Parti de les étudier, de les discuter, de les critiquer ; nous avons encouragé, là où les deux organisations existent, la pratique de l’unité d’action.

Il apparaît bien que les positions de Lutte Communiste (m.-l.) sont fort proches de celles du Parti. Certes, il reste des divergences mais celles-ci sont peu nombreuses en regard de ce qui nous est commun. L’unité est en bonne voie. A l’issue de ce Deuxième Congrès, nos documents seront joints à la discussion. Nous sommes certains que les camarades de Lutte Communiste, de la base au sommet, les passeront au crible, les analyseront, les critiqueront. Nous amplifierons l’unité d’action.

Ici la situation est excellente et le Congrès voudra certainement marquer sa satisfaction à ce sujet. Dans le processus d’unification avec Lutte Communiste (m.-l.), nous tiendrons compte des erreurs du passé, notamment dans le processus d’unification avec l’Exploité, pour avancer à coup sûr. Il ne s’agit pas d’aller vite, il s’agit d’aller en profondeur. Il ne faut pas esquiver les contradictions qui existent ; il s’agit d’avoir la volonté de les surmonter et de les surmonter. Il faut, par la négociation et la lutte, par la pratique de l’unité d’action à tous les niveaux, aller à l’unité idéologique et à l’unité politique, conditions de l’unité organisationnelle. Nous pouvons et nous devons réussir. Avec audace et fermeté, nous mettrons tout en œuvre pour remporter cette victoire dans la construction et l’édification du Parti marxiste-léniniste unique. C’est l’affaire de tout le Parti.

V. L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN

Camarades,

Les communistes veulent servir le peuple, sauvegarder et développer l’indépendance nationale. Ils sont des patriotes. Et c’est parce qu’ils aiment leur peuple et leur patrie qu’ils aiment les peuples des autres pays, qu’ils appuient leur combat, qu’ils en sont solidaires. Notre analyse de la situation internationale montre que nous sommes les amis sincères des autres peuples, y compris du grand peuple américain, y compris du grand peuple soviétique.

Lorsque s’est réuni le Premier congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique, les trois peuples d’Indochine étaient en lutte pour leur libération et nous avons exprimé non seulement notre solidarité mais aussi notre reconnaissance pour leur combat qui était une aide inestimable pour tous les peuples du monde. Nous disions :

« En persévérant dans une guerre populaire de longue durée, les peuples d’Indochine vont à la victoire et déjà, ils infligent à l’ennemi des défaites cinglantes. Il en résulte pour ce dernier des difficultés inextricables sur le plan économique, y compris des contradictions aiguës avec son propre peuple. Jamais les révolutionnaires du monde entier ne diront assez ce qu’ils doivent aux combattants indochinois, qui ont osé lutter contre l’impérialisme le plus puissant et qui le vainquent ».

L’année 1975 a été décisive. Aujourd’hui, le Vietnam, le Laos, le Kampuchéa sont victorieux et leurs peuples édifient leur patrie indépendante, libre, non-alignée. Nous saluons nos camarades héroïques du Parti Communiste du Vietnam, du Parti populaire démocratique du Laos, de l’Organisation Révolutionnaire du Kampuchéa.

L’ennemi se résigne difficilement à sa défaite ; les intrigues et les complots n’ont pas manqué contre ces trois peuples glorieux. Particulièrement, une haineuse campagne a été menée contre le Kampuchéa Démocratique et nous avons eu à cœur de nous trouver au premier rang des défenseurs de ce petit peuple si grand par son héroïsme qui, après avoir chassé le loup par la porte de devant ne permet pas au tigre de se faufiler par la porte de derrière. Nous saluons comme un acte positif, s’inscrivant dans la lutte contre l’hégémonisme des deux super-puissances, l’acte du gouvernement belge brisant l’odieuse campagne anti-cambodgienne et établissant des relations diplomatiques avec le Kampuchéa Démocratique.

Nous disons notre solidarité avec le peuple coréen dont la victoire dans les années 1950 contre l’envahisseur a été la première victoire d’un petit peuple contre l’orgueilleux impérialisme américain. Nous saluons le Parti du Travail de Corée ayant à sa tête le camarade Kim II Sung et nous soutenons ses positions sur la réunification de la patrie coréenne.

Il est en Europe un pays petit par la superficie mais glorieux, un peuple peu nombreux mais intrépide, une citadelle du socialisme, une amie très chère : la République Populaire Socialiste d’Albanie. Nous sommes fiers de notre parti frère, le Parti du Travail d’Albanie. Ayant à sa tête l’éminent marxiste-léniniste, le camarade Enver Hodja, il a acquis d’immenses mérites dans la lutte contre le révisionnisme sous toutes ses formes et à ce sujet, il nous faut dire l’importance que revêt la publication en langue française sous le titre « La grande divergence » des documents concernant la lutte contre le révisionnisme khrouchtchévien. Ce livre est une arme acérée dans notre combat contre l’idéologie la plus nocive pour le mouvement ouvrier, le révisionnisme, contre l’ennemi le plus dangereux, le plus grand centre de guerre dans le monde : le social impérialisme soviétique. Nous saluons la lutte du peuple albanais contre les deux super-puissances, sa farouche volonté d’indépendance nationale. Nous saluons les succès qu’il remporte dans la construction socialiste, l’édification d’une industrie avancée, le développement d’une agriculture moderne.

Gloire au peuple albanais héroïque ! Gloire au parti marxiste-léniniste d’acier, le Parti du Travail d’Albanie ! Gloire au camarade Enver Hodja !

Camarades,

Nous avons commencé ce Congrès par un hommage au Président Mao. Il est évident qu’en évoquant la vie et l’œuvre du Président Mo à la tête du peuple et du Parti Communiste Chinois, c’est à ce Parti également que nous rendons hommage. Il est inutile de répéter ce qui a déjà été dit.

L’année 1976 a été pour le peuple et le Parti Communiste chinois une année à la fois très dure et très glorieuse. Elle a été l’année de la mort du regretté camarade Chou En-laï, elle a été l’année de la mort du glorieux camarade Chu Teh, elle a été surtout été celle de la mort du plus grand marxiste-léniniste de notre époque, le Président Mao Tsé-toung. Or, dans les mois qui ont précédé, deux grands dirigeants expérimentés étaient disparus : Tong Pi-wou et Kang Cheng. Voilà qui déjà posait de multiples problèmes de direction. L’année 1976 a été celle où la Chine a subi un des plus grands et des plus meurtriers tremblements de terre de l’histoire ainsi qu’une série d’autres calamités naturelles. Elle a été celle où a soufflé âprement le vent déviationniste de droite et surtout, après la mort du Président Mao, celle qui a vu se déchaîner la bande des quatre, ces gangsters anti-parti contre-révolutionnaires qui ont fait énormément de mal au peuple chinois et à l’édification socialiste de la Chine. Ils ont tenté de changer la ligne du Parti Communiste Chinois ; ils ont voulu saper le centralisme démocratique, détruire l’unité du parti, diviser la classe ouvrière et le peuple, déformer les rapports entre la révolution et la production, nuire au développement d’une culture socialiste, saboter l’édification socialiste. Ils ont formé une fraction, comploté pour s’emparer du pouvoir. Le Parti et le peuple leur ont brisé les reins.

Le Parti Communiste Chinois est conduit par son Comité Central. Et à la tête du Comité Central se trouve le Président Houa Kouo-feng. Il y a été porté sur proposition du Président Mao. La façon dont il a conduit le Parti et le peuple dans les moments difficiles et dramatiques, qu’il s’agisse du grand tremblement de terre de l’été, de la mort du Président Mao, des menés subversives de la bande des quatre, la façon dont il mène le combat des masses contre les séquelles de la bande des quatre, pour le renforcement idéologique du Parti ; la façon dont il trace les perspectives du développement de la République Populaire de Chine montre que la confiance du Président Mao et du Comité Central du Parti Communiste Chinois a été bien placée.

Sous la direction du Parti Communiste Chinois ayant à sa tête le Président Houa Kouo-feng, prenant la lutte de classe pour axe, persévérant dans la voie de la révolution sous la dictature du prolétariat, luttant pour restreindre le droit bourgeois, s’en tenant fermement à la ligne prolétarienne du Président Mao, le peuple chinois remportera des victoires plus éclatantes encore et ces victoires seront nos victoires, celles de tous les peuples du monde.

Camarades,

Je ne voudrais pas terminer ce chapitre sans parler des autres partis du Mouvement Communiste International. La plupart de ces partis sont des Partis qu’il a fallu reconstruire quand la subversion révisionniste a détruit les anciens Partis. Certains déjà sont devenus des Partis importants, étroitement liés aux masses, conduisant la lutte armée. D’autres sont encore de petits Partis, progressant à travers les écueils. Tous nous sont également chers.

Tous les Partis, grands et petits, sont égaux en droits. Chaque Parti établit sa ligne, en toute indépendance, en appliquant aux conditions particulières de son pays et du moment, les enseignements universels du marxisme, du léninisme, de la pensée maoTsé-toung. Toute tentative d’établir une hiérarchie parmi les partis marxistes-léninistes ou de s’immiscer dans les affaires d’un autre parti marxiste-léniniste est par essence contre-révolutionnaire.

Nous estimons que les liens entre partis et organisations marxistes-léninistes, les échanges d’expériences contribuent à renforcer chaque Parti ou organisation. Dans l’espace entre le Premier et le Deuxième Congrès, nous avons eu de nombreux contacts avec des Partis et organisations frères, notamment avec le Parti Communiste Chinois et le Parti du Travail d’Albanie. Signalons d’ailleurs qu’outre les entretiens de délégations au niveau du Comité Central, le Parti Communiste Chinois et le parti du Travail d’Albanie ont invité des délégations de cadres de notre Parti – aide précieuse entre toutes.

Nous veillerons à l’avenir à renforcer les liens et les rencontres entre Partis et organisations marxistes-léninistes des différents pays, sous le signe de l’internationalisme prolétarien.

Camarades,

Chaque régionale a préparé avec soin ce Deuxième Congrès, a discuté le projet de thèse de nouveaux statuts, le programme général. Des propositions d’amendements ont été introduites. Les candidatures au Comité Central ont été présentées.

Nous allons discuter de tout cela et du présent rapport. L’ennemi a voulu nous abattre. Ni de l’extérieur ni de l’intérieur, il n’a réussi. Au contraire, le Parti, s’il est encore petit est bien vivant et il a progressé. Les épreuves l’ont fortifié et ont renforcé son unité.

Camarades, avec sérieux, avec audace, avec enthousiasme nous avançons sur un chemin escarpé. La pente est raide. Autour de nous, les difficultés sont nombreuses. Il y a les éboulements, il y a les précipices. Il y a ceux qui trébuchent en cours de route et ceux qui abandonnent. Il y a les chausse-trappes et les attaques de l’ennemi. Il nous arrive de faire un pas en avant et reculer de deux. Pourtant, nous tenons bon, nous avançons. Rien ne peut nous rebuter. Et lorsque nous regardons vers le sommet que nous devons atteindre, nous voyons poindre les premières lueurs. Camarades, nous allons vers le soleil levant, le soleil rouge de la révolution. L’avenir est radieux.

Gloire à la classe ouvrière de Belgique, classe dirigeante de la révolution, classe porteuse de la libération de notre peuple !

Vive le peuple belge !

Gloire au marxisme, au léninisme, à la pensée-maotsétoung !

VIVE LE PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE !

VIVE LE MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL !


 THÈSES DU DEUXIÈME CONGRES DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE

CHAPITRE I

L’IMPÉRIALISME ET LA CRISE ÉCONOMIQUE

Dans le rapport politique qu’il a présenté au Dixième Congrès du Parti Communiste Chinois, Chou En-laï a rappelé l’enseignement du Président Mao :

« Nous sommes toujours dans l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne ».

Il a rappelé que

« se fondant sur les principes fondamentaux du marxisme, Lénine a soumis l’impérialisme à une analyse scientifique ; il estimait que l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme ».

1. LES CARACTÈRES DE L’IMPÉRIALISME

Dans son œuvre « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », Lénine a analysé de façon scientifique la notion d’impérialisme. Dans une première approche, il disait :

« Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme ».

Cependant, Lénine poussant plus loin son analyse vient à mettre en évidence les caractéristiques essentielles. Il écrit :

« Mais les définitions les plus courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si l’on veut dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous devons définir. Aussi sans oublier, ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général, qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons-nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants :

1. Concentration de la production et du capital parvenue à un degré de perfectionnement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique ;

2. Fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce « capital financier » d’une oligarchie financière ;

3. L’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière ;

4. Formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde ;

5. Achèvement du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.

L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. »

Au cours de notre Premier Congrès, notre analyse a montré que la Belgique, pays industriel avancé, capitaliste, est au stade de l’impérialisme :

« En Belgique, la concentration de la production et du capital est parvenue à un développement si élevé que se sont constitués des monopoles qui dominent la vie économique. Il y a fusion du capital bancaire et du capital industriel pour former un capital financier ; la vie du pays est dominée par une oligarchie toute puissante. Le capitalisme belge pratique sur une grande échelle l’exportation des capitaux qui prend de plus en plus d’importance par rapport à l’exportation des marchandises. Il participe à des unions internationales capitalistes monopolistes, pour le partage du monde ; les monopoles belges n’exploitent plus uniquement les travailleurs de Belgique, mais en outre des millions de travailleurs sur tous les continents, non seulement dans les pays du Tiers-Monde, mais encore dans les pays industriels avancés. »

A de nombreuses reprises, dans notre presse et dans nos documents, nous avons étayé cette analyse. Nous avons montré que de grands groupes financiers dominent la vie du pays. Ils sont partis tantôt du capital bancaire (Société Générale, Groupe Bruxelles-Lambert…), tantôt du capital industriel (Solvay, Coppée, Empain) mais réalisent la fusion du capital bancaire et du capital industriel.

L’Etat belge est, dans tous ses rouages, l’expression de leur dictature. Par exemple, maints ministres d’un passé récent ou lointain comme d’aujourd’hui sont liés de toutes leurs fibres au capital financier. Citons les cas d’Eyskens, père et fils, de Duvieusart, père et fils, de Théo Lefebvre, de Vlérick, d’Henrion, de Ray, de Spaak, de Simonet et bien d’autres. Même ceux qui ne sont pas directement liés au capital financier n’en sont pas moins ses serviteurs.

En outre, les monopoles belges pratiquent de façon massive l’exportation des capitaux. Par exemple, la Société Générale et ses diverses filiales, la Pétrofina, Solvay, Empain, Beckaert, etc. investissent des capitaux considérables non seulement dans les pays du Tiers-Monde mais également dans des pays industriels développés. Il y a même aujourd’hui un accroissement très marqué des investissements belges aux Etats-Unis.

Nous concluons que la contradiction fondamentale en Belgique est celle qui oppose la classe ouvrière et la bourgeoisie. La grande bourgeoisie belge, bourgeoisie monopoliste, est une bourgeoisie impérialiste. Elle n’est pas et elle ne peut être une alliée pour la classe ouvrière de notre pays. Elle est une ennemie ; elle est la cible de la révolution en Belgique.

Contre toutes les déviations opportunistes et révisionnistes, soulignons que dans le rapport politique au Xe Congrès du Parti communiste Chinois, Chou En-laï a rappelé quelques-uns des apports essentiels de l’analyse de Lénine. Notamment Lénine

« a indiqué que l’impérialisme est le capitalisme monopoliste, le capitalisme parasitaire ou pourrissant, le capitalisme agonisant, et que l’impérialisme porte à l’extrême l’aggravation de toutes les contradictions. Par voie de conséquence, il soutenait que l’impérialisme est « la veille de la révolution sociale du prolétariat », et a formulé la théorie et les tactiques concernant la révolution prolétarienne à l’époque de l’impérialisme ».

2. ANALYSE DE LA CRISE

Aujourd’hui, les pays capitalistes les plus avancés sont frappés par une crise économique d’une ampleur exceptionnelle.

Voici quelque soixante ans, le capitalisme et entré dans sa crise générale qui touche tous les aspects de la société bourgeoise, sa structure et sa superstructure ; il s’y enfonce de plus en plus. Cette crise a son origine dans les rapports de production capitalistes et surtout dans la contradiction fondamentale du capitalisme : le caractère social de la production et l’appropriation privée de ses résultats.

Dans le cadre de sa crise générale, le capitalisme est continuellement rongé par les crises économiques de surproduction, les crises financières et monétaires, les crises agraires, etc. qui aggravent encore ses contradictions d’une colossale ampleur. En touchant les principaux pays capitalistes, à tel point qu’il en résulte ce qu’on appelle parfois une « crise de civilisation » d’une colossale ampleur. En touchant les principaux pays capitalistes, les crises se sont étendues à tout le système capitaliste mondial.

Le déroulement du cycle économique et des crises peut se résumer dans le schéma suivant :

Tout d’abord, la crise succède à une période de prospérité, qui à un moment donné, devient plus apparente que réelle. En effet, la production a déjà dépassé les besoins réels mais comme le crédit est abondant et la spéculation intense, les besoins réels continuent à tourner à plein rendement. Les stocks ne cessent de grandir et la mévente s’accentue. Soudain, le mal atteint son point le plus grave. Dès que la surproduction dans une branche apparaît, l’écoulement devient difficile ; très vite, elle gagne d’autres branches. Et toute l’économie est frappée.

La dépression est caractérisée surtout par la stagnation des activités industrielles et commerciales, la multiplication des faillites ; à ce moment, c’est la crise proprement dite.

La troisième étape est celle de la reprise, avec ses restructurations d’entreprises, ses rationalisations.

Enfin, quatrième et dernière étape, c’est à nouveau l’expansion :

« Progressivement, l’allure s’accélère, passe au trot ; le trot industriel devient galop, et ce galop s’accélère de nouveau, jusqu’au ventre à terre d’un steeple-chase général de l’industrie, du commerce, du crédit, de la spéculation pour finir avec les sauts les plus périlleux, par se retrouver … dans le fossé du krach. Et toujours la même répétition ». (Fr. Engels, L’Anti-Dutring)

Tel est le schéma général du déroulement des crises. Cela a empiré à l’époque actuelle au point de rendre la marche vers la reprise de plus en plus difficile. Les pays capitalistes les plus développés et les plus puissants ayant depuis de nombreuses années exporté en même temps que leurs capitaux, leurs contradictions fondamentales dans les pays du Tiers-Monde et les autres États capitalistes moins développés, ils peuvent de moins en moins compter sur une technique d’exportation de la crise afin de la résoudre chez eux, d’autant que leurs manigances se heurtent à la résistance accrue des peuples.

Une des caractéristiques de la crise actuelle qu’il faut particulièrement souligner c’est qu’elle se double d’une crise monétaire. Les monnaies capitalistes n’ont pas cessé de se dégrader depuis la fin de la première guerre mondiale ; le phénomène s’est terriblement amplifié à partir de la seconde guerre mondiale et a pris un aspect aigu au cours des dernières années. Cette crise monétaire n’est pas une cause de la crise actuelle mais est une conséquence de la crise générale du capitalisme avec ses différents volets, les crises économiques, monétaires, agricoles, politiques, etc.

Par exemple, la crise actuelle du système financier capitaliste qui a comme centre le dollar américain est l’expression directe du développement cyclique de l’économie capitaliste. Un trait caractéristique de l’économie américaine actuelle est le ralentissement de son taux de croissance qui est inférieur au taux de croissance moyen après la seconde guerre mondiale. Aux USA, au cours des sept dernières années, le rythme d’accroissement de la production industrielle a diminué quatre fois par rapport à la période 1961-1966, alors que dans une série de branches importantes de l’industrie comme l’industrie lourde, l’industrie aéronautique et l’automobile, la production a diminué respectivement de 7 %, de 22.3 % et de 8 %.

Les autres pays capitalistes subissent également une situation économique et financière extrêmement difficile. La Grande-Bretagne se trouve depuis des années dans un état de complète stagnation économique. Les treize dernières années ont vu la diminution du rôle de la Grande-Bretagne dans l’économie capitaliste mondiale. En ce qui concerne le revenu national par tête d’habitant, elle occupe la huitième place parmi les pays capitalistes alors qu’elle était en troisième position au début des années ’60.

Après une période d’accroissement élevé, l’Allemagne fédérale connaît à partir de 1966-1967, un ralentissement du développement économique. Durant ces cinq dernières années plusieurs branches de l’économie ouest-allemande dont l’industrie métallurgique, chimique et automobile ont connu une stagnation.

En Belgique, l’industrie traditionnelle a un équipement vieilli, inadapté qui entraîne les pires difficultés. L’industrie textile, la sidérurgie, les fabrications métalliques sont au plus bas. Le rythme de la production ne cesse de ralentir ; les fermetures d’usines se multiplient ; le chômage atteint des chiffres jamais approchés auparavant ; les prix ne cessent de croître. Le franc a perdu 92 % de sa valeur en dix ans, dont 61 % en cinq ans.

Des exemples du même ordre pourraient être cités pour tous les pays capitalistes développés.

Lorsque nous, marxistes, nous analysons la crise, nous essayons d’en trouver les caractéristiques à partir des lois régissant la production en régime capitaliste. Nous avons déjà dit que la raison fondamentale de l’existence des crises en régime capitaliste est la contradiction existant entre le caractère privé de la propriété des moyens de production et le caractère social, collectif de cette production. Cette contradiction revêt un caractère antagonique, c’est-à-dire qu’on ne peut la résoudre en dehors d’un bouleversement révolutionnaire de toute la société. Même si la bourgeoisie veut résoudre la crise en essayant d’en faire porter le poids essentiel par la classe ouvrière ou de l’exporter vers les pays du Tiers-Monde, elle n’est pas capable d’y mettre fin à tout jamais : la crise est inévitable en régime capitaliste marqué par cette contradiction antagonique.

Cette contradiction a même une tendance naturelle à s’aiguiser dans la mesure où les deux termes la composant sont eux-mêmes de plus en plus antagoniques. En effet le capital se concentre en un petit nombre de groupes monopolistes qui va sans cesse en se réduisant et renforce ainsi le caractère privé (même dans le cas du capitalisme d’Etat) de la propriété des moyens de production alors que le caractère social de la production s’accentue également. Pour résoudre cette contradiction il faut que le caractère de la propriété devienne collectif, c’est-à-dire que le pouvoir de décision, le pouvoir économique et politique appartienne à la classe ouvrière.

Nous avons dit également que les crises économiques étaient des crises de surproduction, se caractérisant par des baisses de la production. Cette surproduction est-elle absolue ou bien relative ? Pour nous elle est relative. Lors des diverses crises qui se sont écoulées depuis que le capitalisme existe, la bourgeoisie a toujours prétendu qu’il y aurait trop de marchandises de tel ou tel type, que l’on ne parvenait pas à écouler les stocks. On en arrive à ces situations absurdes de destruction de stocks alimentaires alors que de nombreuses personnes dans le monde meurent de faim ; des sociétés de construction font faillite et ne parviennent plus à vendre leurs immeubles et leurs appartements alors que la majorité du peuple est mal logée ; on a vu des mineurs manquer de charbon pour se chauffer alors qu’il restait des stocks énormes sur le carreau de mines. Certains économistes bourgeois ont vu dans ce phénomène de la surproduction relative une simple sous-consommation de la part du peuple travailleur. Ils proposaient de développer le crédit aux travailleurs afin de sortir de la crise. Ce genre de raisonnement est spécieux car le gonflement artificiel du crédit n’a pas résolu la contradiction fondamentale du capitalisme et n’a jamais fait qu’accentuer les facteurs de la crise financière.

Il faut également accorder beaucoup d’attention au problème des prix. Dans les crises classiques, les prix s’effondrent, comme conséquence du jeu de l’offre et de la demande. Or dans la crise actuelle, nous assistons au contraire à un phénomène inflationniste continu. Ce phénomène apparaît pour la première fois, faisant à bien des égards de cette crise une crise plus grave encore pour le régime que la crise des années ’30.

Actuellement, les capitalistes s’en prennent aux salaires dont le coût élevé serait cause de tous les maux. La liaison des salaires à l’index, qu’ils avaient jadis instaurée comme un moyen de freiner les revendications salariales, est devenue gênante pour eux. Ils voudraient tout simplement qu’il n’y ait plus aucune hausse des salaires, ils veulent augmenter les impôts, mais que les prix eux continuent à grimper.

Or si les prix ne s’effondrent pas malgré la surproduction, c’est signe d’une crise monétaire incroyablement dure ; elle prouve la dégradation rapide et, pour certaines, l’effondrement total des monnaies capitalistes.

La vérité, c’est que la bourgeoisie avait cru trouver dans l’inflation un remède excitant la consommation et conjurant la crise. Elle continue dans cet esprit à y voir un facteur de relance. L’argent coûtant moins cher les subventions sont extrêmement intéressantes pour les entreprises capitalistes car le crédit offert par les banques est limité en période inflationniste ; or les subventions, d’où proviennent-elles ?

Des impôts. Et les impôts ? Principalement de la poche des travailleurs. Ainsi la bourgeoisie réussit un coup triple : ne pas mettre les banques en danger de faillite ni les entreprises en dépendant, arriver à restructurer l’industrie sur le dos des travailleurs et accentuer le développement vers le capitalisme monopoliste d’Etat par l’interventionnisme croissant.

Mais en fait la bourgeoisie fait un trou pour en combler un autre, et à chaque crise le trou est plus grand et la base économique sur laquelle repose le régime est de plus en plus fragile. Cependant, il serait schématique de développer une théorie selon laquelle les crises économiques mènent inévitablement à la révolution. L’expérience montre qu’elles peuvent tout aussi bien mener au fascisme et à la guerre.

3. LA CRISE ÉCONOMIQUE ACCÉLÈRE LA COURSE A LA GUERRE

Au cours de la grande crise des années ’30, la bourgeoisie a tout fait pour conjurer le sort. Elle a pratiqué la destruction des stocks et la diminution de la production par tous les moyens y compris, alors qu’il y avait une misère infinie dans le monde, la destruction systématique des récoltes, du bétail, de l’outillage. Remarquons que dans l’espoir de conjurer le sort, d’éviter une crise, on a, même en période de prospérité, dénaturé le blé, le beurre ; on a donné des primes pour diminuer le bétail, pour abattre des arbres fruitiers, pour restreindre les cultures, etc.

Un autre moyen employé pour réactiver artificiellement l’économie a été de développer de façon vertigineuse une politique de réarmement. Cette politique, la bourgeoisie n’a pas attendu une nouvelle grande crise pour la pratiquer. C’était là aussi un des moyens magiques avec lequel elle espérait conjurer dorénavant les crises.

Mais il faut souligner ceci. En 1929, c’est l’année du boom économique. Jamais la production des USA et des autres puissances capitalistes n’a atteint un tel niveau. Bientôt, c’est l’effondrement radical. Il y a un nouveau départ vers 1935 mais en 38-39, la crise menace à nouveau très sérieusement et en septembre 1939, c’est la deuxième guerre mondiale. Celle-ci provoque le retour à la prospérité économique car jamais les USA, l’Allemagne, la Grande-Bretagne n’ont atteint de tels niveaux de production.

La paix revient et aux USA, des difficultés de reconversion vers une économie de paix sont grandes ; la crise s’annonce, la production baisse. Et voici la guerre de Corée et 1950 bat à nouveau les records des années 1941-1943. Puis c’est la chute et voici la guerre du Vietnam et de nouveaux records.

Cela veut dire que la bourgeoisie utilise la guerre comme un moyen de conjurer les crises et de susciter une reprise économique.

L’URSS également fait face à une crise économique qui, bien qu’elle ne prenne pas tout à fait les mêmes formes qu’en Occident n’en est pas moins violente. Cette crise est due d’une part à la politique social-impérialiste d’agression et de course aux armements que poursuit la clique Brejnev pour disputer l’hégémonie à l’impérialisme américain et d’autre part, à un retour total à un capitalisme dans tous les secteurs de l’économie nationale. Le résultat, c’est une anarchie croissante de la production, des déficits énormes dans certains secteurs de la production industrielle, l’augmentation des taxes et des impôts, l’accroissement de la dette extérieure.

Il nous appartient donc plus que jamais de dénoncer les supercheries sur la détente, sur la sécurité européenne, etc. Les deux super-puissances impérialistes, l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique, sont comme des bêtes de proie qui s’affrontent et nous devons être conscients qu’une troisième guerre mondiale menace et que l’existence d’une très grande crise économique et les difficultés qui en résultent rapprochent encore ce danger.

CHAPITRE II

ANALYSE DE LA SITUATION INTERNATIONALE

1. LA THÉORIE DES TROIS MONDES, THÉORIE DE BASE

L’analyse de la situation internationale est extrêmement importante. Cette situation et en continuelle évolution et la ligne des communistes doit être constamment approfondie en fonction des changements intervenus. Le Président Mao a émis la théorie des trois mondes sur laquelle il est indispensable de s’appuyer pour faire l’analyse de la situation internationale.

Sur la base de cette théorie, nous constatons deux faits essentiels :

- D’une part, il n’y a plus de camp socialiste. Le camp socialiste qui s’était constitué après la seconde guerre mondiale, et qui rassemblait l’URSS, la Chine, les pays de démocratie populaire d’Europe et d’Asie, a cessé d’exister avec l’apparition du social-impérialisme.

- D’autre part, la loi du développement inégal du capitalisme ayant joué, le bloc impérialiste occidental s’est également désagrégé.

Si bien qu’aujourd’hui, nous pouvons observer l’existence de trois mondes qui sont à la fois liés et contradictoires entre eux. Les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique forment le premier monde ; les pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine et des autres régions forment le Tiers-Monde et les pays situés entre les deux, le second monde.

Le premier monde est constitué par les deux super-puissances qui sont les plus grands exploiteurs et oppresseurs internationaux de notre époque. Elles tendent l’une et l’autre à l’hégémonie mondiale, elles essayent de placer sous leur contrôle aussi bien les vastes régions du Tiers-Monde que les pays développés du second monde. Partout, elles recourent à l’exploitation des autres peuples, à l’intervention et à l’agression ; elles constituent le foyer d’une nouvelle guerre mondiale. Elles sont donc nos ennemies et il n’y a pas de compromis possible avec ce premier monde.

Mais dans ce premier monde, il y a le peuple, il y a la classe ouvrière qui luttent, et qui inévitablement renforceront leur lutte. Le peuple américain comme le peuple soviétique ne sont pas nos ennemis, ils sont nos alliés.

Les pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et des autres régions qui représentent l’écrasante majorité de la population mondiale forment le Tiers-Monde.

Ce sont des pays et des peuples qui ont été longtemps victimes du colonialisme et du pillage impérialiste. Beaucoup d’entre eux sont encore victimes du colonialisme et du néo-colonialisme, d’une ou de plusieurs puissances impérialistes. Presque tous ont conquis l’indépendance politique, mais leur progression dans l’étape de la révolution de démocratie nouvelle est variable. Certains pays comme la République Populaire de Chine l’ont achevée et son entrés dans l’étape du socialisme. D’autres s’emploient à consolider leur indépendance politique, à développer leur économie dans le sens de l’indépendance, à promouvoir une culture nationale nouvelle, et par là même s’opposent à l’hégémonisme des deux super-puissances.

Dans bien des cas, c’est la bourgeoisie nationale qui domine et dirige le front des classes anti-impérialistes. Aussi, la situation est-elle complexe car en raison de sa nature contradictoire l’attitude de la bourgeoisie nationale peut changer et elle peut même parfois se jeter dans les bras de l’impérialisme. Le cas de la bourgeoisie indienne qui fait de l’Inde une semi-colonie du social-impérialisme soviétique et significatif. Dans certains pays du Tiers-Monde dominent des féodaux, des bourgeoisies compradores qui sont des classes réactionnaires qui, à des degrés divers, exploitent le peuple. La bourgeoisie nationale est également une classe exploiteuse. Il y a donc dans le Tiers-Monde des luttes de classe très dures.

Cependant, en dépit de ces contradictions, l’aspect principal qui se dégage de ce Tiers-Monde, c’est que les pays et peuples qui le constituent s’opposent à des degrés divers et sous diverses formes à l’hégémonisme en renforçant constamment leur cohésion et leur unité. Ils sont la force principale dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. En luttant contre l’impérialisme, ils deviennent des alliés des révolutionnaires prolétariens. Reprenant et approfondissant l’analyse faite par Staline, le Président Mao observait déjà en 1940 :

« Peu importe, chez les peuples opprimés, quelles classes, quels partis ou individus participent à la révolution et peu importe qu’ils soient conscients ou non de ce que nous venons d’exposer, qu’ils comprennent ou non, il suffit qu’ils s’opposent à l’impérialisme pour que leur révolution devienne une partie de la révolution mondiale socialiste prolétarienne et qu’ils en soient les alliés » (Démocratie nouvelle).

Partie intégrante du Tiers-Monde, la République Populaire de Chine, qui s’est définitivement libérée au cours d’une lutte héroïque sous la direction du Parti Communiste Chinois et édifie le socialisme, offre une brillante perspective qui stimule un nombre toujours plus grand de peuples qui se sont engagés dans la voie de la lutte armée (Birmanie, Thaïlande, Philippines, Brésil, Malaisie, etc.). Les peuples d’Indochine ont prouvé qu’un petit pays peut vaincre un grand pays et que des Etats faibles peuvent vaincre des Etats Puissants. La lutte victorieuse des peuples africains pour la libération nationale, la lutte du peuple palestinien et des peuples arabes contre l’agression sioniste et les deux super-puissances renforcent la confiance du Tiers-Monde dans sa résistance à l’hégémonisme des deux super-puissances. L’exemple de l’Albanie est également exaltant tant pour les peuples du second monde que pour les peuples du Tiers-Monde. Située en Europe, elle était avant 1944 un pays extrêmement arriéré. Par les armes, elle a conquis son indépendance nationale et elle est devenue un pays socialiste édifiant une agriculture et une industrie modernes.

Le second monde, qui regroupe les pays développés situés entre le premier monde et le Tiers-Monde, présente un double aspect et par conséquent des cas complexes. Il comprend des pays capitalistes et même impérialistes qui maintiennent encore de rapports colonialistes sous diverses formes, souvent sous la forme du néo-colonialisme. C’est essentiellement la lutte libératrice des peuples du Tiers-Monde alliée à celle du prolétariat du second monde qui mettra fin à cet état de choses une fois pour toutes.

Mais en même temps, les pays du second monde souffrent tous à des degrés divers de la mainmise, de la menace, de la pression et même de la subversion de la part des deux super-puissances. Ils veulent donc eux aussi s’affranchir, et la tendance principale qui s’y manifeste, c’est la lutte pour la sauvegarde et le renforcement de l’indépendance nationale. Dans la mesure où ils s’opposent réellement au premier monde, ils sont amenés à traiter d’égal à égal avec le Tiers-Monde, à nouer des liens d’alliance avec lui. Il est de l’intérêt des pays et des peuples du second monde de nouer des liens étroits avec les pays et peuples du Tiers-Monde, sur une base d’égalité, de non-intervention et d’avantages réciproques contre l’hégémonisme des deux super-puissances.

N’oublions pas, cependant, que dans chacun des trois mondes, il y a des luttes de classe et partout les communistes doivent être à la tête de ces luttes. Ils ne visent pas à les éteindre ou à les freiner. Au contraire, ils visent partout à ce qu’elles aboutissent à la prise du pouvoir par le prolétariat.

2. LA RIVALITÉ SOVIETO-AMERICAINE EST ABSOLUE ET DE LONGUE DURÉE, LEUR COLLABORATION EST RELATIVE ET TEMPORAIRE

Lors du Premier Congrès de notre Parti, nous soulignions la collaboration et la collusion entre les USA et l’URSS pour montrer que leur nature était identique. Mais déjà, à ce moment, nous discernions dans cette collaboration une rivalité qui depuis n’a jamais cessé de s’intensifier. Cela ne pouvait surprendre que ceux qui n’ont jamais rien compris au matérialisme dialectique, en particulier à la loi de l’unité des contraires. Celle-ci montre qu’à la longue, il ne peut jamais y avoir d’équilibre dans la lutte entre les super-puissances impérialistes. De ce fait, la collusion qui a caractérisé leurs rapports durant les années ’60 et qui alors constituait l’aspect principal (rappelons-nous les compromis honteux de Khrouchtchev avec l’impérialisme américain au moment où ce dernier était le plus agressif), a fait place aujourd’hui à une rivalité sans cesse plus acharnée. Cela fait penser à la dispute de deux bandits qui, pour s’emparer d’un butin, se sont d’abord associés avant de se battre pour bénéficier du meilleur morceau.

Certains accords sur la « limitation des armements stratégiques », n’ont servi que de couverture pour une rivalité plus grande et plus acharnée. En juin 1973, la seconde phase des conversations entre les dirigeants soviétiques et américains fut suivie d’une guerre au Moyen-Orient au cours de laquelle les deux super-puissances furent à deux doigts d’une confrontation directe. Deux semaines après la troisième phase de ces entretiens en juin et juillet 1974, c’était la crise chypriote qui éclatait, c’était de nouveau un reflet de leur intense rivalité. Au début de l’année 1975, alors que les chefs de file des deux super-puissances se rencontraient à Vladivostok, Israël se préparait à déclencher une nouvelle agression contre les peuples arabes. Et puis, l’acte final d’Helsinki dont les dirigeants soviétiques se sont servis pour développer des menées agressives redoublées contre l’Europe occidentale, n’a pas amené le moindre signe de détente. Bien au contraire, l’activité d’infiltration, de subversion des sociaux-impérialistes soviétiques en vue d’établir leur domination sur tout le continent européen n’a pas cessé de s’amplifier.

Ils ont mis l’Angola sous leur emprise et contrôlent ainsi une position-clé sur la route du ravitaillement en pétrole de l’Europe ; ils ont suscité, en rivalité avec l’autre super-puissance, le conflit libanais dont ils se sont servis pour comploter contre le peuple palestinien, abattre sa résistance, et surtout opposer les Arabes aux Arabes, pour leurs intérêts impérialistes.

Tous les accords conclus entre les deux super-puissances ainsi que tous leurs slogans rassurants sur la « détente », la « génération de paix », « le processus irréversible vers la paix », ne sont qu’apparents, superficiels, relatifs. En réalité, ils sont constamment remis en question et ils préparent toujours une rivalité plus grande qui, elle, est absolue et constante.

3. LA RIVALITÉ SOVIETO-AMERICAINE CONDUIT A UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE

Puisque c’est cette rivalité exacerbée et non la détente entre les deux super-puissances qui prédomine dans le monde, puisque leurs contradictions sont inconciliables, puisque leur équilibre n’est que provisoire et superficiel et ne peut maintenir la paix, la guerre mondiale est d’ores et déjà devenue inévitable. Les marxistes-léninistes ont pour devoir impérieux de balayer toutes les illusions à ce sujet.

Lénine a montré avec une rigueur scientifique qu’à l’époque de l’impérialisme, la guerre était inévitable. Cela est indépendant de la volonté de l’homme. « L’essence même de l’impérialisme », disait Lénine, « c’est la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie ».

L’impérialisme actuel n’est pas composé uniquement des USA et de l’URSS. D’autres pays impérialistes aussi le représentent. Toutes les puissances impérialistes sont dangereuses et constituent un lourd fardeau que le prolétariat et les peuples ne peuvent supporter. Mais à notre époque, ce sont l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique qui, en rivalité permanente, représentent les deux plus grandes puissances impérialistes appliquant une politique agressive. Si, aujourd’hui, des puissances impérialistes autres que les USA et l’URSS tendent par nature à l’hégémonie, aucune d’elles n’a la force de l’imposer et comme le camp impérialiste situé sous la houlette des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale s’est désagrégé, ce ne sont pas quatre, cinq ou six puissances impérialistes qui rivalisent de fait pour l’hégémonie mondiale, mais bien deux super-puissances : les USA et l’Union soviétique.

C’est parce que ces deux super-puissances sont poussées par leur nature impérialiste qu’elles se livrent à une dispute dans tous les domaines. Ce n’est pas parce que les USA et l’URSS sont malveillants ou méchants qu’ils se feront la guerre, c’est parce que leur système social est impérialiste, c’est parce que le capitalisme monopoliste d’Etat a atteint dans ces deux pays un niveau tel que leur monopole intérieur conduit inévitablement au monopole extérieur.

Et comme leur système amène les deux super-puissances à poursuivre une politique de domination mondiale, elles seront inévitablement engagées dans la voie de l’aventure de la guerre.

Bien entendu, lorsque nous disons cela, nous ne voulons pas dire que dans les circonstances actuelles, une guerre mondiale éclatera tout de suite, mais nous voulons attirer l’attention sur le fait que le danger de guerre, loin de diminuer, s’accroît réellement et qu’il serait très dangereux de se bercer d’illusions sur la paix. N’oublions jamais, c’est une loi de l’histoire, que quand les impérialistes préparent une guerre, ils crient invariablement à la paix et à l’amitié. Rappelons-nous que c’est dans l’atmosphère d’une telle amitié que les troupes soviétiques et du Pacte de Varsovie occupèrent soudainement la Tchécoslovaquie en 1968, adoptant la tactique d’attaque-éclair utilisée en 1939 par Hitler contre la Pologne.

4. CONTRE LE SCHÉMATISME DANS LA QUESTION DE LA GUERRE ET DE LA RÉVOLUTION

Que la rivalité entre les deux super-puissances conduise à une troisième guerre mondiale, c’est une certitude, et ceux qui veulent « sauver la paix » au lieu de se préparer en prévision de la guerre diffusent des illusions frappées du plus pur opportunisme, quand ce n’est pas de la complicité à l’égard des agresseurs.

Certains sont prêts à dire tous les maux du capitalisme et qu’on ne peut s’en libérer que par la révolution. Mais quand on leur parle de l’hégémonisme des deux super-puissances et de l’inévitabilité de la guerre, ils balayent la question en récitant : « ou bien c’est la guerre qui provoque la révolution, ou bien c’est la révolution qui conjurera la guerre ». Cela est vrai. Mais peut-on vraiment penser que la révolution dans un pays ou dans un groupe de pays européens triomphant, le danger de guerre serait écarté pour autant ? Cela serait d’une naïveté enfantine. Au contraire, les peuples de ces pays faisant la révolution auraient non seulement à lutter contre leur propre bourgeoisie et à la vaincre, mais ils se trouveraient bien vite sous le feu croisé de deux super-puissances, particulièrement sous celui du social-impérialisme russe qui ne pourrait absolument pas tolérer que la classe ouvrière prenne le pouvoir et instaure la dictature du prolétariat dans ces pays. Cependant il est certain que le pays ou les pays qui auraient fait la révolution se défendraient d’autant mieux contre une agression que l’armement ne se trouverait plus exclusivement dans les mains de la bourgeoisie mais dans les mains du prolétariat et des forces populaires. Mais la révolution conjurant la guerre, ce serait la révolution simultanée aux USA et en URSS, ce qui est pour le moins une vision assez idéaliste des choses, et même de nature trotskyste.

Ce qui est plus conforme à la réalité, et c’est ce que prouve l’expérience historique, c’est que toute guerre impérialiste provoquera certainement des révolutions. La rivalité des deux super-puissances provoquant une troisième guerre mondiale entraînerait inévitablement dans le monde entier une révolution d’une ampleur considérable, qui accélérerait la chute complète de l’impérialisme.

Examinons encore ce que cette « révolution conjurant la guerre » signifie exactement dans les conditions actuelles pour notre pays et pour l’Europe occidentale.

Chou En-laï affirme dans le rapport politique au Xe Congrès du Parti Communiste Chinois :

« On parle partout de détente et de paix sur la planète ; cela prouve justement qu’il n’y a pas de détente en ce monde, et qu’il ne saurait encore moins être question de paix durable. A PRÉSENT, LES FACTEURS DE LA RÉVOLUTION, DE MÊME QUE CEUX DE LA GUERRE VONT GRANDISSANT ».

Les facteurs de la révolution augmentent dans le Tiers-Monde, dont l’unité et la cohésion se renforcent. Cela est certain. Mais en ce qui nous concerne concrètement, qu’en est-il exactement pour nous qui vivons dans le second monde ?

Nous avons déjà indiqué précédemment que la crise renforce les facteurs de la révolution, mais encore les facteurs de la guerre. En effet, quand il y a crise, la paupérisation de la classe ouvrière provoque une exacerbation chaque jour plus aiguë des contradictions de classe entre la bourgeoisie et le prolétariat, les mouvements ouvriers et populaires prennent de l’ampleur ; des vagues de grèves se succèdent.

Mais la crise aiguise les luttes et les contradictions entre pays impérialistes. Ceux-ci rivalisent sur les marchés commerciaux et les marchés d’investissement. Et le social-impérialisme soviétique, pour se débarrasser de ses difficultés économiques, utilise la crise capitaliste. Il est un impérialisme montant sans cesse plus exigeant, il intrigue, provoque, ce qui a pour effet de renforcer ses contradictions avec l’impérialisme américain. La crise renforce donc la lutte hégémonique entre les deux super-puissances pour la domination mondiale, donc elle augmente la menace de guerre.

Nous devons tenir compte des leçons de l’histoire. La grande crise des années ’30 n’a pas apporté la révolution mais au contraire une vague fasciste : la victoire d’Hitler, la victoire de Franco, une offensive du fascisme dans de nombreux pays. La grande crise des années ’30, si elle a augmenté les facteurs de la révolution, car il est vrai qu’un essor révolutionnaire s’est amorcé, a accentué davantage encore les facteurs de guerre, à tel point qu’ils ont mené à la seconde guerre mondiale.

Bien sûr, l’évolution de la situation ne progresse jamais de façon linéaire. Il peut y avoir des bonds en avant dans la prise de conscience révolutionnaire. C’est au Parti de tirer profit de tels bons lorsqu’ils se produisent pour diriger la classe ouvrière dans la voie de la révolution. Il peut aussi se produire des retours en arrière : le Parti alors analyse les causes de ceux-ci, limite les dégâts, fait le bilan des expériences négatives afin de surmonter les difficultés pour aller de l’avant et transformer les échecs en succès.

En réalité, les révolutions mûrissent par elles-mêmes ; elles découlent des crises et des tournants objectifs de l’histoire, indépendamment de la volonté des partis et des classes. Donc, la révolution se fera. Si nous affirmions le contraire, nous ne serions pas communistes. Mais le marxisme-léninisme nous enseigne aussi que toute situation révolutionnaire ne conduit pas à la révolution. Celle-ci ne peut triompher que s’il existe le parti révolutionnaire prolétarien, lié aux masses, éduquant les masses.

La révolution est l’œuvre des masses. Sans les convaincre, les préparer, les mobiliser et les organiser, nous ne pourrons pas faire triompher la révolution. C’est le Parti marxiste-léniniste qui porte la conscience et l’organisation révolutionnaires des masses à un niveau élevé et qui les rend aptes à entreprendre de puissantes actions révolutionnaires, assez puissantes pour renverser l’ancien pouvoir qui jamais, même dans une période de crise, ne tombera si on ne le renverse pas.

Il est donc nécessaire de construire et d’édifier le Parti marxiste-léniniste. Aux pseudo-théories qui prétendent que la question de l’indépendance nationale n’est pas à l’ordre du jour, que la révolution, comme un talisman miraculeux, nous préserve d’une agression par l’une ou l’autre des super-puissances, nous opposons le mot d’ordre de préparation du peuple à faire face à une guerre d’agression, le mot d’ordre de lutte pour préserver l’indépendance nationale et la souveraineté des pays du second monde face aux super-puissances.

5. LE DÉVELOPPEMENT INÉGAL DE L’IMPÉRIALISME, LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN ET L’OFFENSIVE DU SOCIAL-IMPERIALISME SOVIÉTIQUE

Une des lois de l’impérialisme mise en relief par Lénine, c’est la loi du développement inégal.

L’impérialisme américain est sorti de la seconde guerre mondiale renforcé et en pleine ascension. Il a imposé son diktat sur la majeure partie du monde et durant les années ’50 et ’60, par ses guerres d’agression contre la Corée, le Vietnam, le Laos, le Kampuchéa ainsi que par ses interventions dans de multiples pays, il a bien mérité le titre de pire ennemi des peuples. Mais cet impérialisme alors même qu’il était à son apogée, commençait déjà à sentir le sol s’écrouler sous ses pieds. Ce fut d’abord la défaite de Tchang Kaï-chek en Chine qu’il soutint et arma, ce fut sa défaite en Corée puis ce furent les défaites mémorables qu’il essuya dans toute l’Indochine. Ne l’oublions pas, si cet impérialisme s’est affaibli aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il a perdu sa nature agressive mais c’est sous les coups de la lutte des peuples, en particulier des peuples du Tiers-Monde.

A ce déclin militaire de l’impérialisme américain sont venues s’ajouter des difficultés économiques insurmontables doublées à l’heure actuelle d’une crise économique aiguë. Le dollar n’est devenu qu’une minable reconnaissance de dette après avoir été un bien si envié. L’impérialisme américain est donc une puissance déclinante, descendante face au social-impérialisme montant, revendiquant un nouveau partage du monde.

Certains qui ne comprennent pas bien cette notion léniniste d’impérialisme déclinant et d’impérialisme montant ne manqueront pas de nous signaler que l’impérialisme US investit encore beaucoup plus dans le monde que le social-impérialisme soviétique et ils s’appuieront sur cette constatation pour faire de l’impérialisme américain la principale cible de la révolution ou pour assurer que le social-impérialisme soviétique décline également. A l’heure actuelle, c’est vrai que les investissements américains bien que fortement ralentis, sont encore énormes et de loin supérieurs à ceux des Soviétiques. Mais cela ne doit pas étonner si malgré cela nous nous en tenons à l’idée du déclin US et de l’impérialisme montant soviétique. Si l’on se réfère aux statistiques de la période qui a précédé la seconde guerre mondiale, et que l’on additionne les investissements allemands, italiens et japonais, nous verrons qu’ils étaient de loin supérieurs à ceux des Anglais, des Américains et des Français. Et pourtant, c’était bien l’impérialisme allemand hitlérien qui était l’impérialisme montant le plus agressif. De plus, la tendance à la diminution des investissements américains dans le monde et en Europe est bien réelle alors que ce sont les investissements étrangers qui progressent aux Etats-Unis.

Le fait que nous constatons que l’impérialisme américain est en déclin ne signifie pas que nous cessons de le considérer comme dangereux. Malgré son déclin, il est capable des plus cyniques interventions, des plus criminelles agressions.

6. LE SOCIAL-IMPERIALISME SOVIÉTIQUE EST DEVENU AUJOURD’HUI LE PRINCIPAL DANGER EN EUROPE, IL EST LE PRINCIPAL FOYER DE GUERRE DANS LE MONDE

Aujourd’hui, certaines caractéristiques du système social-impérialiste soviétique font de lui l’impérialisme le plus rapace, le plus féroce dans son agression et dans son expansion. Lénine a montré que le capitalisme monopoliste conduit inévitablement au capitalisme d’État. A travers la première grande crise mondiale, cela est apparu aux États-Unis. La seconde grande crise a évidemment encore renforcé davantage ce processus. L’État n’a pas cessé de venir en aide aux entreprises, sous forme de subsides et de crédit à bon marché, de pratiquer une politique de grands travaux, d’instaurer des tarifs préférentiels, etc. Donc même si aux USA il y a une initiative privée considérable, cela n’a rien de contradictoire avec la tendance principale qui fait que le capitalisme de monopole conduit au capitalisme d’État. Cependant aux USA, ce processus n’est pas terminé.

En URSS, par contre, le social-impérialisme n’a pas été créé dans les mêmes conditions. Il n’a pas été créé dans le cadre du système impérialiste ni sur la base du capitalisme classique, mais il s’est créé à la suite du rétablissement du capitalisme dans les conditions de la dégénérescence bourgeoise monopoliste du Parti et de l’Etat prolétariens. Donc en Union Soviétique, le capitalisme monopoliste d’Etat exerce une mainmise exclusive et un contrôle d’Etat plus étroit ; il est porté à un degré de concentration encore plus élevé qu’aux USA. Il y a est encore plus monolithique.

Cet État est l’organe de la dictature d’une bourgeoisie bureaucratique et monopoliste qui s’approprie les richesses produites par la classe ouvrière et le peuple soviétiques. Étant une bourgeoisie parvenue, elle se montre encore plus ambitieuse et agressive.

C’est une des raisons essentielles qui fait de l’URSS le principal foyer de guerre dans le monde.

Alors que les États-Unis sont une démocratie bourgeoise, mais n’hésitant pas à employer les moyens de répression les plus barbares contre la classe ouvrière et les masses populaires, le système politique du social-impérialisme est en essence une barbare dictature fasciste. Rappelons la définition que donnait de ce régime le Président Mao en 1964 :

« Le révisionnisme au pouvoir, c’est la bourgeoisie au pouvoir »,

et

« en Union Soviétique, à l’heure actuelle, c’est la dictature de la bourgeoisie, celle de la grande bourgeoisie, une dictature de type fasciste allemand, une dictature de type hitlérien ».

Quand le Président Mao dit cela, c’est le fruit d’une analyse profonde. Cela se traduit concrètement par une féroce répression des travailleurs et des diverses nationalités à l’intérieur, un accroissement des organes de dictature bourgeoise (armée, police, services de renseignements) ; ceux-ci persécutent les masses, qui sont jetées en prison, dans les asiles psychiatriques et les camps de concentration ; sur le plan extérieur, c’est la recherche à tout prix de l’hégémonie. En vue de tirer des profits maxima, la bourgeoisie bureaucratique qui a un contrôle exclusif de l’Etat a intensifié son agression à l’étranger, annexé de nouveaux territoires et élargi ses sphères d’influence, fait main basse sur les matières premières acquises à bas prix, pratiqué le « dumping » pour vendre ses produis et exporté ses capitaux.

7. CHANGEMENT DANS LE RAPPORT DE FORCE

En raison du développement inégal et déséquilibré de l’impérialisme, des changements sont intervenus ces dernières années dans le rapport de force des deux super-puissances. Avec la croissance de sa force militaire, le social-impérialisme soviétique est devenu plus rapace dans son ambition de parvenir à l’hégémonie mondiale par la guerre, et l’histoire moderne a prouvé que les guerres déclenchées par les puissances impérialistes pour la domination mondiale sont étroitement liées au déséquilibre de leur développement. Comme nous l’avons constaté, l’impérialisme américain a quitté son apogée et va chaque jour en déclinant, alors que le nouveau venu, le social-impérialisme russe, revendique un nouveau partage du monde et cherche à prendre la place de son rival et à devenir le grand maître incontesté. L’économie soviétique est devenue une économie de guerre. Les révisionnistes soviétiques ont mobilisé plus de main-d’œuvre, de matériaux et d’argent, et ils n’ont pas cessé d’accentuer la militarisation de l’économie nationale.

Aujourd’hui, en ce qui concerne les dépenses militaires, l’Union Soviétique dépasse non seulement l’Allemagne hitlérienne à la veille de la seconde guerre mondiale, mais dépasse même l’impérialisme américain lors des guerres d’agression contre la Corée et le Vietnam. En 1974, le pourcentage des dépenses militaires par rapport au revenu national avait dépassé les 20 %. Et selon les statistiques officielles soviétiques, ses dépenses militaires réelles sont de 20 % supérieures à celles des USA. En 1974, les dépenses militaires réelles de l’URSS ont représenté 35 % de son budget ; 60 % de ses entreprises industrielles travaillent à des fins militaires. Les sociaux-impérialistes ont aussi, depuis de nombreuses années, affecté plus de 85 % des investissements industriels, à la fabrication des moyens de production, principalement dans les secteurs liés à la production d’armements alors que moins de 15 % sont destinés à la production de biens de consommation. Du fait de ce développement déséquilibré de l’industrie des armements, les autres secteurs industriels et l’agriculture restent en retard. Le marché souffre d’une pénurie de marchandises ; les prix sont en hausse et le niveau de vie des travailleurs se dégrade.

Les forces militaires du social-impérialisme russe ont rapidement grossi. Le nombre total des hommes d’active incorporés dans l’armée soviétique est passé d’environ 3.000.000 au cours des années ’60 à 4.200.000 aujourd’hui et en plus, les dirigeants révisionnistes élargissent constamment les forces de réserve en établissant un système de mobilisation pour temps de guerre. Selon les statistiques de l’Institut National d’Étude Stratégique de Londres, les officiers et soldats de réserve totalisent 25.000.000 d’hommes dont plus de 6.000.000 ont servi dans l’armée ces cinq dernières années.

Du point de vue militaire, les forces nucléaires des deux super-puissances sont à peu près à égalité. Le tonnage total de la marine de guerre soviétique est toujours inférieur à celui des USA, mais le nombre de bâtiments de guerre soviétiques a déjà dépassé celui des États-Unis, notamment pour les sous-marins. L’Union Soviétique dispose de moins de bombardiers à long rayon d’action, mais davantage d’avions de combat. L’armée de terre soviétique l’emporte sur l’armée américaine en ce qui concerne l’équipement. Le nombre de ses tanks est quatre fois plus grand que celui des USA et l’effectif des troupes soviétiques est à peu près le double.

Dans le domaine de l’économie, l’Union Soviétique est distancée par les USA. Mais le taux d’accroissement de certains secteurs de l’industrie lourde soviétique liés à la production des armements et aux préparatifs de guerre ainsi que la quantité absolue de leur produit ont rattrapé et dépassé ceux des USA.

Et une des choses les plus scandaleuses, c’est la ruse à laquelle ont recours les dirigeants soviétiques pour utiliser toujours plus les richesses matérielles des pays occidentaux en vue d’intensifier leur expansion. Depuis 1965, la clique de Brejnev a obtenu des pays occidentaux des produits s’élevant à plusieurs dizaines de milliards de dollars américains et a importé une grande quantité d’équipements industriels de haute technologie ainsi que quelque cent millions de tonnes de céréales.

Donc, militairement et économiquement, le social-impérialisme est en passe de devenir la puissance numéro un dans le monde. Ce que nous devons retenir principalement des rapports entre lui et son rival américain, c’est que nous avons devant nous ce phénomène d’impérialisme montant qui revendique, qui se réarme au-delà de toute mesure et qui exige par la force un partage du monde plus favorable qui lui permette en fin de compte d’assurer son hégémonie sur le monde entier. Et ce social-impérialisme soviétique est d’autant plus dangereux qu’il se présente avec un drapeau rouge en main et qu’il peut donc encore faire illusion.

8. L’EUROPE : POINT-CLÉ DE LA RIVALITÉ DES DEUX SUPER-PUISSANCES

Depuis plusieurs années, le social-impérialisme russe tout en se livrant à l’occupation militaire et à l’exploitation économique à l’égard des pays du COMECON, essaie de s’introduire dans la sphère d’influence de l’impérialisme américain. L’Europe a été le principal centre d’attaque lors des deux dernières guerres mondiales. Aujourd’hui également, elle constitue le point-clé de la rivalité soviéto-américaine. Cela s’explique par le fait qu’elle est devenue le plus grand ensemble industriel du monde avec un potentiel économique considérable, qui rivalise avec celui des USA et est supérieur à celui de l’URSS.

L’Europe, c’est le plus vaste marché d’Occident pour l’écoulement des marchandises, qui atteint la première place dans la production d’acier, qui compte une classe ouvrière très nombreuse, experte et très qualifiée. C’est la région du globe qui a le commerce extérieur le plus étendu. C’est donc une proie extrêmement alléchante pour les deux super-puissances, d’autant plus que celle qui s’en emparerait aurait une supériorité momentanée sur l’autre. En particulier, le social-impérialisme russe en est d’autant plus conscient que dans son offensive, il sait pertinemment bien que l’hégémonie en Europe constituerait pour lui une condition préalable à la domination mondiale. Aussi y met-il les bouchées doubles. Il procède sans frein à l’infiltration, à l’expansion et à la subversion.

Fait significatif : c’est le monopole russe Nafta B, première société pétrolière installée en Belgique, qui fournit l’armée belge en carburant.

Les chars « Léopard » et les camions lourds des forces armées belges stationnées en Allemagne fédérale roulent avec du carburant soviétique. Le social-impérialisme russe a donc les possibilités de priver l’armée belge de carburant. Cette société possède en outre de grands parcs de pétrole et un bassin de réception au port d’Anvers et va y étendre encore considérablement ses installations. De gros contrats ont également été signés pour la fourniture de gaz naturel soviétique. Et une chose encore plus scandaleuse qui a soigneusement été cachée jusqu’ici, ce sont les importants contrats à long terme qui ont été signés pour l’achat à l’URSS de services dans l’enrichissement de l’uranium, ce qui est évidemment un nouveau pas dans la dépendance énergétique de notre pays à l’égard du social-impérialisme soviétique. Enfin, des liaisons étroites se nouent entre les monopoles d‘Etat soviétiques et des monopoles belges parmi les plus importants.

Après avoir contrôlé l’Europe de l’Est, le social-impérialisme soviétique tente d’annexer l’Europe de l’Ouest. Il déploie les trois-quarts de ses troupes en Europe. Un total de plus de 500.000 soldats soviétiques stationne actuellement en Allemagne de l’Est, en Hongrie, en Tchécoslovaquie et en Pologne. Il se montre de plus en plus arrogant en intensifiant son déploiement militaire sur les flancs sud et nord de l’Europe pour se préparer à la prendre en tenaille. Et en même temps, il utilise la détente pour camoufler sa préparation à la guerre, pour intensifier son expansion politique et son infiltration économique vers l’Europe occidentale, pour chercher à la diviser, à la désagréger et à la couper des États-Unis.

9. LES CINQUIÈMES COLONNES DU SOCIAL-IMPERIALISME

Impérialisme visant à l’hégémonie, le social-impérialisme soviétique entretient évidemment ses cinquièmes colonnes en tous pays. L’action du KGB et du GRU (services secrets de l’armée) est de mieux en mieux connue.

Il est évident que ce qui est le plus visé sous cette appellation, ce sont les partis révisionnistes. Mais notre analyse dans ce domaine a-t-elle toujours comporté les nuances suffisantes ? Nous ne le croyons pas.

Du temps où l’URSS était un Etat de dictature du prolétariat, où les partis communistes et ouvriers défendaient, pour l’essentiel, une ligne marxiste-léniniste, il y avait une grande unité de pensée et d’action dans le Mouvement Communiste International, et une volonté farouche de défendre l’URSS et les pays du camp socialiste.

Beaucoup parmi les anciens partis ont dégénéré, sont devenus des partis révisionnistes donc bourgeois, en tête desquels le PCUS ; l’URSS est devenue social-impérialiste, social-fasciste ; le camp socialiste s’est désagrégé et n’existe plus.

Dans un premier temps, surtout sous Khrouchtchev, il y a eu un monolithisme des partis révisionnistes derrière l’URSS puis, comme un signe de désagrégation idéologique et politique, des tendances centrifuges sont apparues de plus en plus. Alors que certains partis révisionnistes marchent encore à la baguette du chef d’orchestre du Kremlin (en Amérique latine, par exemple), d’autres se complaisent dans une autonomie plus ou moins grande et, comme cela s’est produit surtout en Europe occidentale, la bourgeoisie a parlé d’« euro-communisme ». Mais en cette partie du monde aussi, toutes les positions sont loin d’être identiques. Les tendances autonomistes les plus marquées ont été le fait des partis italien, français, espagnol, néerlandais, britannique… D’autres partis sont restés des inconditionnels des maîtres de l’URSS (Allemagne occidentale, Portugal, Luxembourg). D’autres encore ont des positions intermédiaires. Le parti révisionniste belge, après une sorte de valse-hésitation, semble en être revenu à une obédience de bon aloi.

Un fait paraît certain, c’est que même les partis de « l’euro-communisme » n’ont pas de divergence fondamentale avec le social-impérialisme soviétique sur l’essentiel de sa politique hégémonique. Ils ont été les hérauts de la « détente », et ils ont appuyé toutes les actions de l’URSS qui visaient à couvrir les pires agressions du drapeau de la libération nationale (Pakistan oriental, Angola, notamment). Ils ont appuyé les manœuvres soviétiques au Portugal (y compris la tentative de putsch du 25 novembre 1975) ; ils approuvent la politique de réarmement intensif sous prétexte de défense du « camp socialiste ». Et à ce titre, quelles que soient leurs paroles, ils restent des nids où éclosent des cinquièmes colonnes particulièrement dangereuses.

Un des éléments de la dépendance est d’ailleurs constitué par la multiplication dans chacun des pays de sociétés commerciales mixtes où le capital soviétique domine mais en liaison étroite avec les technocrates des partis révisionnistes locaux. Cela limite évidemment considérablement la liberté d’action de ces derniers.

Par contre, dans plusieurs pays d’Europe occidentale, tout au moins en Italie et en France, peut-être en Espagne, ces partis sont candidats au pouvoir. Comme ce pouvoir, c’est évidemment à l’intérieur du régime qu’ils veulent y atteindre, ils doivent se présenter à la bourgeoisie monopoliste comme une solution de rechange possible devant l’incurie des partis bourgeois traditionnels, ou tout au moins comme des collaborateurs acceptables. Pour cela, ils doivent donner des gages, se distancer ou au moins faire mine de se distancer de ce qu’il y a de plus répugnant dans le social fascisme russe (les camps de concentration, les asiles psychiatriques, la torture, etc.). C’est de cette façon qu’ils espèrent pénétrer dans l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, et à ce moment, il ne fait pas de doute que bon nombre d’entre leurs dirigeants et cadres agiront en agents de la cinquième colonne du social-impérialisme soviétique. Il n’est donc pas exclu que le distancement de certains partis révisionnistes à l’égard du Kremlin soit une tactique mise au point avec l’accord au moins de certains dirigeants révisionnistes russes. Cependant, cette tactique libérale ne peut être étendue partout, surtout pas dans les pays dépendants de l’Europe de l’Est, où toute tentative de distancement est immédiatement mise au pas et réprimée.

Il faut tenir compte d’un autre élément qui est appelé à revêtir un aspect de plus en plus marqué. Les partis révisionnistes sont des partis bourgeois, et la généralisation du libéralisme et du distancement à l’égard de Moscou (même s’il s’est agi au début d’une simple tactique, acceptée ou inspirée par les dirigeants du Kremlin) a encouragé les tendances centrifuges. Il se constitue dans les partis révisionnistes, des courants plus ou moins importants qui, au lieu d’être les serviteurs du social-impérialisme soviétique, sont liés à leur propre bourgeoisie ou sont l’expression d’une nouvelle bourgeoisie qui prend corps dès à présent dans les partis révisionnistes, les syndicats, les coopératives, etc… à partir de couches de bureaucrates privilégiés. Ces courants peuvent avoir des tendances à l’autonomie véritable et non feinte, à jouer leur propre carte, et à s’opposer aux intérêts de la nouvelle bourgeoisie au pouvoir à Moscou.

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En Belgique, il serait faux de négliger le P.C. révisionniste sous prétexte de son insignifiance électorale car il pratique une tactique de noyautage dans les syndicats, l’université bourgeoise, la RTB, l’armée...

En ce qui concerne l’obédience à l’égard des dirigeants soviétiques, il est traversé, à ce sujet comme à beaucoup d’autres, par des courants contradictoires ; il est bien connu que Van Geyt et son bureau politique parviennent difficilement à « tenir l’église au milieu du village ». Mais les courants les plus pro-soviétiques sont situés dans la région liégeoise et ils l’emportent actuellement dans l’ensemble du Parti.

Il est d’autres courants pro-soviétiques qui apparaissent en dehors du P.C.B. Par exemple, le courant dominant du syndicalisme liégeois, tel qu’il s’exprime dans la « Wallonie », quotidien de la fédération des métallurgistes FGTB et dans l’hebdomadaire « Combat », soutient à fond les thèses de politique étrangère du social-impérialisme soviétique. Ces thèses sont défendues au sein du quotidien officiel du P.S.B. « Le Peuple », par l’ancien ministre Larock, qui fut tout un temps un chantre et un serviteur de l’impérialisme américain, et par Falony, chef de la rubrique de politique étrangère et qui fut, durant une période de sa vie, dirigeant trotskyste.

Dans le milieu catholique, des tendances soutiennent ouvertement les thèses soviétiques, particulièrement au sein du M.O.C. et surtout du Mouvement Chrétien pour la Paix. Les chefs de file de cette tendance sont deux prélats, Houtart et Goor. Ce dernier a même reçu un prix… Lénine de la clique Brejnev !

La propagande des révisionnistes et de leurs complices diffusant et entretenant parmi la classe ouvrière et les couches populaires un pacifisme aveugle et l’anti-militarisme, ou encore leurs propos visant à renvoyer dos à dos le parti révisionniste soviétique et le Parti Communiste Chinois, allant jusqu’à annoncer la proche réconciliation des deux partis, sont autant de poisons visant à favoriser les desseins du social-impérialisme soviétique et à entraver la vigilance populaire.

Enfin, les différentes sectes trotskystes, qui ont traîné dans la boue l’URSS de Lénine et de Staline, qui l’ont calomniée et ont organisé des complots contre elle, sont aujourd’hui, en y mettant tactiquement certaines nuances, de farouches défenseurs de l’URSS social-fasciste et social-impérialiste. Comme on a pu à juste titre parler naguère d’hitléro-trotskysme, on peut parler aujourd’hui de brejnevo-trotskysme.

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Telle est l’analyse de la cinquième colonne actuelle du social-impérialisme soviétique en Europe occidentale et en Belgique.

10. LA POLITIQUE DES COMMUNISTES VIS-A-VIS DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE LA C.E.E.

Les États-Unis qui sortirent renforcés de la seconde guerre mondiale s’imposèrent sous prétexte d’aider à la reconstruction de l’Europe. Ils attirèrent à eux d’importants secteurs de l’industrie européenne et contrôlèrent l’approvisionnement en matières premières importantes, comme le pétrole, les céréales, etc. Cette position de force leur permit de consolider leur diktat sur l’Europe de l’ouest et d’y exercer leur chantage. Les pays européens durent approuver la politique américaine même lorsque cette politique allait à l’encontre de leurs intérêts.

Comme nous l’avons indiqué, selon la loi du développement inégal de l’impérialisme, le déclin des USA, qui se sont enfoncés dans une crise toujours plus profonde et qui ont subi des défaites successives en Indochine, a provoqué de grands bouleversements. La lutte des peuples du Tiers-Monde a de plus en plus isolé les USA. Le relèvement des pays européens et leur renforcement relatif face aux USA ont accru leur opposition et les poussent à se dégager de plus en plus de l’impérialisme américain, opposition qui n’a fait que se renforcer lorsque celui-ci a voulu reporter sa crise sur eux.

Au cours de ces dernières années, les pays ouest-européens ont pris dans le cadre de la C.E.E. certaines mesures pour assurer leurs intérêts.

- Le renforcement de la collaboration économique pour assurer l’indépendance économique de l’Europe.

- La suppression réciproque par les pays européens des barrières douanières et un régime douanier commun à l’égard de l’extérieur.

- La liaison des monnaies européennes entre elles (avec le « serpent monétaire » et la perspective d’une monnaie européenne).

- L’aide mutuelle (prêt de la R.F.A. à l’Italie, etc.).

- Une position commune sur des questions politiques et économiques évoluant vers l’égalité de droit avec les pays du Tiers-Monde (Convention de Lomé, échange d’ambassadeurs avec la République Populaire de Chine).

- Dans la mesure où l’Europe devient une force, elle aspire aussi à l’indépendance militaire ; cela conduit un certain nombre de pays face à la menace extérieure à repenser leur stratégie militaire.

- La décision des chefs d’Etat et des gouvernements des neuf pays de la C.E.E. de se rencontrer trois fois par an.

- La conclusion d’un accord sur la répartition des sièges entre les neuf au sein du futur Parlement européen dont les membres seront élus au suffrage universel.

- L’adoption d’une déclaration d’intention en vue de l’instauration de zones de pêche communautaires à 200 miles marins afin de protéger les intérêts des pêcheurs de la Communauté.

Le Marché Commun s’est constitué de plus en plus en une force économique considérable et dans la mesure où celle-ci est maintenant supérieure à celle de l’URSS et au moins égale à celle des USA, il constitue une force face aux deux super-puissances.

Nous devons utiliser au maximum les contradictions qui existent entre les bourgeoisies monopolistes d’Europe occidentale et les deux super-puissances en poussant tout ce qui va dans le sens de la résistance à leur hégémonie. Tout ce qui dans le processus d’unification européenne permet de lutter contre les deux super-puissances doit être soutenu.

Dans le contexte des préparatifs de guerre des deux super-puissances, surtout de l’URSS qui évidemment préférerait avaler l’Europe occidentale bouchée par bouchée plutôt que de devoir affronter 360 millions d’Européens unis et solidaires, le processus d’intégration sur les plans politique, économique et militaire se développe contre les deux super-puissances. C’est donc une bonne chose du point de vue de l’intérêt du prolétariat et des autres forces populaires. Cela contribue à résister aux manigances des super-puissances.

Dans le processus d’intégration européenne, nous devons lutter contre tout ce qui va à l’encontre de la lutte révolutionnaire du prolétariat car il est bien évident que la C.E.E., c’est l’Europe des monopoles capitalistes qui, s’ils vont vers une unité, ont également leurs contradictions. N’oublions surtout pas que leur unité vise aussi à renforcer la dictature des monopoles et la recherche du profit et que cet aspect du marché Commun doit être combattu car il est néfaste pour la classe ouvrière et tous les travailleurs.

De même si la C.E.E. est amenée, pour se développer, à renforcer ses liens avec le Tiers-Monde, ce que nous souhaitons et ce que nous appuyons, nous ne devons pas oublier que par sa nature, tout impérialisme vise à l’exploitation coloniale ou néo-coloniale, à mettre d’autres pays et d’autres peuples sous sa dépendance. C’est pourquoi, en appuyant franchement tout ce qui concourt à l’union des pays et peuples d’Europe occidentale avec les pays et peuples du Tiers-Monde, nous devons également appuyer franchement ces derniers pour que cette union se fasse sur une base d’égalité, de non-ingérence et d’avantages réciproques.

11. LE FRONT UNI POUR L’INDÉPENDANCE NATIONALE EN BELGIQUE

La Belgique est un pays impérialiste. Cela signifie que le capitalisme en Belgique atteint sa suprême et dernière étape. Il s’ensuit que l’étape de la révolution dans notre pays est celle de la révolution socialiste et que la bourgeoisie monopoliste, à cette étape, n’est nullement une alliée possible mais bien au contraire la cible de la révolution. Nous nous opposons énergiquement aux thèses révisionnistes, quelles que soient leurs variantes, qui préconisent une étape transitoire entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. La « démocratie populaire », définie comme une étape qui constituerait une marche au socialisme où le capital serait toujours présent et où la question de la dictature du prolétariat serait purement esquivée puisque rejetée à un avenir loin et vague, n’est qu’une variante de la prétendue étape démocratique anti-monopolise préparant le socialisme imaginée par Van Geyt et consorts.

Cependant, dit le Président Mao, la révolution

« dans sa marche... peut parcourir plusieurs stades intermédiaires, en raison des changements intervenus dans le camp de l’ennemi comme dans les rangs de ses propres alliés, mais son caractère fondamental reste inchangé ».

Actuellement, du fait de la rivalité de l’impérialisme américain et du social-impérialisme soviétique, nous en sommes à un stade où la lutte pour l’indépendance nationale est quelque chose d’essentiel, mais elle ne met en rien en veilleuse la lutte pour la révolution socialiste ; elle en est partie intégrante.

Aussi, le contenu actuel du front pour la révolution socialiste et celui pour l’indépendance nationale, bien que différents, ne s’excluent pas mais se complètent.

Pour la révolution prolétarienne, nous ne pourrons jamais nous allier avec aucune fraction de la bourgeoisie monopoliste. A son sujet notre Parti lors de son Premier Congrès a indiqué qu’elle n’est pas et elle ne peut être une alliée pour le prolétariat. Elle est notre ennemie et il faut la traiter comme telle. Elle est la cible de la révolution en Belgique.

C’est pourquoi la politique d’union que réalisent la classe ouvrière et son parti prolétarien s’adresse en premier lieu aux autres couches travailleuses, principalement les paysans travailleurs, les employés de rang modeste, la petite-bourgeoisie appauvrie, pour frapper la cible, la bourgeoisie monopoliste. Dans ce combat, nous pourrons toutefois conclure des alliances plus ou moins durables avec d’autres couches aux prises avec la voracité monopoliste.

Mais dans cette lutte contre les deux super-puissances, pour l’indépendance nationale, nous pouvons nous allier avec certains secteurs de la bourgeoisie même monopoliste, qui auraient dans ce domaine une concordance d’intérêts momentanée avec l’ensemble du peuple belge. Il est donc possible d’étendre le front uni pour l’indépendance nationale à des ennemis de la révolution qui s’opposent à l’ennemi principal actuel que sont les deux super-puissances.

Il est certain qu’il existe aujourd’hui en Belgique et en Europe occidentale des tendances de plus en plus marquées de secteurs importants de la bourgeoisie, même monopoliste, de se distancer de l’impérialisme américain tout en restant vigilants à l’égard du social-impérialisme soviétique. Ce sont des tendances qu’ont exprimé par exemple Tindemans sur le plan européen ou Knoops dans le domaine énergétique. Nous devons les soutenir.

Mais nous ne pouvons jamais oublier que, même en un tel domaine, la bourgeoisie monopoliste ne vise que la sauvegarde de ses intérêts, le maintien du système d’exploitation et d’oppression des masses travailleuses, le profit. Nous, communistes, nous combattons l’hégémonisme pour sauvegarder et renforcer l’indépendance nationale, pour établir le socialisme, la dictature du prolétariat. C’est pourquoi nous ne pouvons abandonner aucunement tant le soutien aux luttes de classe du prolétariat et des masses travailleuses que la préparation idéologique du Parti et des masses à la révolution prolétarienne. Il s’ensuit donc que le combat pour l’indépendance nationale ne relègue pas la lutte de classes, la lutte révolutionnaire du deuxième plan. Il ne s’agit pas de subordonner la lutte révolutionnaire à la lutte pour l’indépendance nationale ; il faut les lier car loin de s’exclure, elles sont complémentaires.

Si nous agissions autrement, si nous nous opposions aux luttes de classe contre l’exploitation et l’oppression capitalistes et que nous négligions l’éducation du prolétariat et des masses dans l’esprit de la révolution socialiste, si nous négligions la construction et l’édification du parti révolutionnaire prolétarien, non seulement nous serions incapables, le moment venu, de diriger les masses pour la prise du pouvoir mais nous serions même incapables d’assurer la défense de l’indépendance nationale car nous perdrions notre autonomie au sein du front uni, nous nous mettrions à la remorque de la bourgeoisie qui ne manquera jamais de faire tout pour encourager une telle attitude, son objectif étant de limiter l’autonomie du Parti à ce qui correspond à ses intérêts de classe réactionnaire, de détruire le Parti. Cela il n’est pas permis de l’oublier.

12. L’INDÉPENDANCE ET L’OTAN

L’OTAN est un instrument de l’impérialisme américain, pratiquant une politique d’intervention anti-populaire. L’appartenance de la Belgique à l’OTAN favorise-t-elle l’indépendance nationale ? Absolument pas. Bien au contraire, elle en est un obstacle important et l’une des perspectives des communistes dans la lutte pour l’indépendance nationale est de se débarrasser de cette tutelle.

Cela veut-il cependant dire que l’indépendance nationale de la Belgique n’existe plus, est entièrement à reconquérir ; cela veut-il dire qu’aucune lutte pour l’indépendance nationale ne peut être menée tant que la Belgique est intégrée à ce bloc ? Non, le peuple belge possède ses traditions d’attachement à l’indépendance nationale et les camarades chinois, à l’occasion de la visite de Léo Tindemans en Chine en avril 1975, ont chaleureusement salué ces traditions. Le camarade Ki Teng-kouei, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste Chinois et vice-premier ministre, a déclaré lors de la réception :

« Le peuple chinois, instruit par sa propre expérience, connaît pertinemment bien la valeur que représente l’indépendance nationale. C’est pourquoi il éprouve de l’admiration à l’égard des efforts déployés par le peuple belge pour maintenir l’indépendance nationale et la souveraineté d’État ».

Aujourd’hui, l’Europe occidentale ne dispose pas de forces de défense nécessaires ; cela est dû au fait que la super-puissance américaine n’a jamais permis le développement d’une force de défense européenne autonome et qu’elle a toujours limité sa politique de défense à celle des USA, laissant par là même l’Europe occidentale extrêmement vulnérable.

Les peuples doivent compter sur leurs propres forces et ne dépendre de personne pour leur défense, c’est là un principe essentiel du marxisme-léninisme. Mais la réalité de la situation en Europe de l’ouest fait que ses propres forces armées sont très faibles et, à bref délai, aucun pays européen de l’ouest n’est à même de résister efficacement à une agression soviétique. Même si les pays d’Europe s’unifiaient, leurs forces collectives ne leur permettraient pas dans l’immédiat de résister à une attaque soviétique. D’ailleurs les révisionnistes le savent bien, qui spéculent sur l’attachement à l’indépendance nationale du peuple belge pour diffuser le slogan « Quittons l’OTAN » qui était juste à l’époque où l’impérialisme américain était dominant et où l’URSS était un Etat socialiste, mais qui favorise aujourd’hui les plans d’agression du social-impérialisme soviétique. Ou bien encore, s’inspirant de la Déclaration de Bucarest des représentants des pays du Pacte de Varsovie d’août 1966 qui demandait de « procéder à la dissolution simultanée des alliances militaires qui seraient remplacées par un système de sécurité collective », ils diffusent le mot d’ordre « suppression de l’OTAN et du Pacte de Varsovie ». Ce slogan, plus hypocritement, dans les conditions actuelles, vise au même but : créer un vide en Europe occidentale, cependant que les troupes de l’impérialisme le plus agressif, le social-impérialisme soviétique, seraient à quelques centaines de kilomètres de nos frontières, avec un armement d’une écrasante supériorité.

Tout cela, ce sont des mots d’ordre qui font le jeu des social-impérialistes soviétiques et que nous avons dû combattre avec vigueur au sein de notre Parti quand ceux qui s’opposaient à sa juste ligne en matière d’indépendance nationale et de lutte contre les super-puissances et allaient devenir des chefs de file scissionnistes, proposaient de créer un « front belge contre l’OTAN », ou d’organiser des manifestations contre les bases américaines. Quelle aubaine cela aurait-il été pour les révisionnistes et le social-impérialisme soviétique que cette caution « marxiste-léniniste » à leurs visées expansionnistes !

Dans la résolution de la Conférence Nationale du 8 novembre 1975, nous nous sommes prononcés clairement

« pour l’union la plus large, y compris dans le domaine de la défense, des pays d’Europe indépendants, non alignés, égaux en droit ».

Nous devons soutenir tout ce qui renforce la défense autonome des pays d’Europe occidentale contre le social-impérialisme soviétique, principal foyer de guerre dans le monde. Ce n’est que dans la mesure où cette défense autonome sera réalisée de la façon la plus totale et la plus solide que les peuples d’Europe occidentale auront créé les conditions d’une indépendance nationale et d’un non-alignement véritables. Ainsi, ils mettront fin à toute tutelle étrangère américaine ou autre ; ainsi, ils pourront faire appel à tout repli précipité que ne manqueraient sans doute pas de faire les forces américaines en Europe devant une agression soviétique.

Dans l’appréciation de la situation militaire, nous ne devons jamais oublier que le social-impérialisme soviétique maintient sous sa domination la moitié de l’Europe et menace l’autre moitié d’une agression de type hitlérien. Ce n’est pas pour un avenir lointain qu’il faut songer à une défense autonome, après le départ de l’OTAN. C’est dès maintenant qu’il faut la construire.

13. LA DÉFENSE NATIONALE

Il découle de notre analyse que nous devons soutenir la défense nationale, appeler à son renforcement. Nous devons tenir compte du double aspect de la défense nationale dans un régime capitaliste. D’une part, elle est organisée pour affronter d’autres bourgeoisies rivales. Dans la situation actuelle d’inévitabilité d’une troisième guerre mondiale et d’une agression du social-impérialisme soviétique, nous devons stigmatiser tout ce qui va à l’encontre de la défense nationale ou qui vise à la saboter. Avant la deuxième guerre mondiale, c’était la cinquième colonne d’Hitler qui sabotait la défense nationale ; c’étaient les contre-révolutionnaires trotskystes qui propageaient l’anti-militarisme et le refus de la défense nationale. Ils étaient les hitléro-trotskystes : avec des paroles ultra-gauches, ils faisaient le jeu d’Hitler.

D’autre part, l’armée est un instrument de la dictature bourgeoise dirigée contre la classe ouvrière et contre le peuple. C’est pourquoi la réaction vise à la fascination accélérée de cette armée, à créer une armée de métier coupée du peuple, toujours prête à servir ses propres intérêts, voire, si nécessaire, à réaliser un putsch anti-populaire. Voilà pourquoi les fractions les plus réactionnaires du capital monopoliste sont prêtes à supprimer le service militaire ou en tout cas le réduisent à presque rien, font de l’instruction militaire une caricature, une époque où le jeune s’ennuie, multiplient les cas de dispense, acceptent et favorisent l’objection de conscience et le remplacement du service militaire par des stages au titre d’experts dans le Tiers-Monde (en fait comme agents du néo-colonialisme belge).

L’anti-militarisme, l’objection de conscience et autres attitudes similaires favorisent les desseins du social-impérialisme et de ceux qui veulent instaurer une armée de métier. Nous devons défendre l’existence d’une armée de miliciens recevant une instruction sérieuse et complète (y compris dans le domaine des techniques de la guérilla). Nous voulons une armée capable de résister à l’agression. Nous défendons une extension de la formation militaire aux femmes, des rappels périodiques. Nous voulons l’extension des droits démocratiques dans l’armée, notamment les libertés bourgeoises fondamentales, liberté de presse, liberté de parole, liberté de réunion, etc., le service dans sa région, les vacances professionnelles, le droit au même salaire que dans la vie civile, etc.

Certes, nous devons être conscients qu’une telle armée reste une armée bourgeoise et nous ne pouvons nous faire aucune illusion à ce sujet. C’est pourquoi nous basons toute notre politique de défense nationale sur la mobilisation la plus large, l’éducation et l’enthousiasme révolutionnaires du peuple, sur toute forme de lutte populaire armée et non armée pour l’indépendance nationale contre les deux super-puissances. Cela ne peut être mené à bien que par l’existence du Parti marxiste-léniniste, solidement organisé, doté d’une discipline de fer, basé sur un centralisme sans faille, combinant le travail légal et le travail illégal. C’est lui seul qui, de cette façon, le moment venu et dans les formes adéquates, pourra diriger l’édification d’une armée révolutionnaire et populaire.

14. L’AVENIR APPARTIENT AUX PEUPLES ET NON AUX SUPER-PUISSANCES

Face à la politique agressive des deux super-puissances, en particulier l’URSS, ce ne sont pas la crainte ni la peur qui doivent animer les peuples mais la certitude de leur victoire finale. Tactiquement, ils doivent en tenir sérieusement compte, stratégiquement ils doivent la mépriser. Tout agresseur finit mal car il possède en lui les germes de sa défaite. Les deux super-puissances rencontrent de nombreuses difficultés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; elles sont confrontées à de multiples crises et ce ne sont pas les obstacles qu’elles dressent contre le courant de la révolution qui pourront les sauver de leur défaite inéluctable. Elles sont un colosse aux pieds d’argile, donc très vulnérables et faibles en essence. Ce ne sont pas elles qui déterminent l’avenir de l’humanité mais ce sont les peuples qui, en s’unissant dans la lutte, prennent de plus en plus conscience de leur force et de leur avenir radieux.

CHAPITRE III

DÉFENDONS LA THÉORIE MARXISTE DE L’ÉTAT CONTRE LES FALSIFICATIONS RÉFORMISTES ET RÉVISIONNISTES

1. LA DICTATURE DE LA BOURGEOISIE ET LA FASCISATION

Du point de vue des communistes, il s’agit, quand on parle de dictature de la bourgeoisie, de ne pas confondre un régime qui est celui de la dictature de la bourgeoisie et les diverses formes que ce régime peut revêtir. Tant que la bourgeoisie est au pouvoir, elle exerce sa dictature sur les autres classes ou couches de la population, mais cette dictature peut s’exercer de différentes façons, sous diverses formes : la monarchie, la république présidentielle, la république parlementaire, l’Etat fasciste, etc… Lorsque l’on est dans un régime comme le nôtre de démocratie bourgeoise, cela ne veut pas dire que la bourgeoisie n’exerce plus sa dictature : bien au contraire, elle l’exerce toujours mais de façon plus souple, en cachant à la classe ouvrière et aux autres couches populaires la véritable nature du régime, avec, pour effectuer cette tâche, le concours permanent de tout l’appareil d’Etat. Mais dès qu’elle se sent débordée, la bourgeoisie met en œuvre des moyens plus directement répressifs.

Cela ne veut pas dire que nous nous désintéressons de la question de la forme du régime. Ainsi, nous communistes, nous défendrons toujours une démocratie bourgeoise contre un danger fasciste : il est évident qu’une démocratie bourgeoise est préférable parce qu’elle permet une activité politique de la classe ouvrière dans des conditions plus favorables qu’une dictature fasciste.

Alors, cette démocratie bourgeoise, pour qui est-elle démocratique ? Lorsque les marxistes-léninistes utilisent des termes tels que démocratie, dictature, ils y mettent toujours un contenu de classe. Or cette belle démocratie bourgeoise est-elle démocratique pour la classe ouvrière ? Absolument pas. Quelle est cette démocratie qui permet au patron de licencier ses ouvriers, mais ne leur permet pas de faire grève, ne leur reconnaît pas le droit de grève, le droit de se défendre, comme cela a été explicitement dit dans le jugement du tribunal de Nivelles lors de l’affaire du « Parisien libéré », le tribunal parlant du droit de grève comme un usage imposé par les faits ?

Pour nous communistes, une véritable démocratie est celle notamment qui donne du travail à tous les ouvriers et ne permet pas que l’un ou l’autre soit réduit au chômage. En est-il ainsi dans la démocratie bourgeoise ? Non, et comme le faisait remarquer Pulinckx, administrateur-délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique : « aucun Etat démocratique ne peut réaliser à tout moment et partout le plein emploi ».

Or, dans cette démocratie, si les ouvriers n’ont pas droit au plein emploi, les patrons quant à eux, et surtout la fraction monopoliste de la bourgeoisie, ont toujours le droit de vivre en parasites sur le dos de la classe ouvrière et des couches populaires. Ce système politique n’est donc en rien démocratique pour la classe ouvrière, il l’est seulement pour la bourgeoisie. C’est une démocratie de classe bourgeoise, en fait la forme la plus souple et aussi la plus trompeuse de la dictature de la bourgeoisie.

La démocratie bourgeoise, c’est la démocratie pour la bourgeoisie : c’est la dictature s’exerçant sur les larges masses, sur la classe ouvrière et les couches populaires ; la classe qui subit l’exploitation, qui subit le plus cette dictature, qui n’a rien à perdre d’un changement de régime et tout à gagner de la révolution socialiste et de l’écrasement de la dictature bourgeoise, c’est la classe ouvrière, seule classe révolutionnaire jusqu’au bout.

D’une manière ou d’une autre, les révisionnistes nient généralement l’existence d’une dictature de la bourgeoisie.

Ils prétendent qu’il est possible d’améliorer le régime, de l’amender, de le réformer. Or nous constatons que la fameuse démocratie dans laquelle nous vivons est surtout marquée par son caractère de classe, elle est une démocratie bourgeoise.

« Il y a un contenu de classe à la démocratie. Ou bien la démocratie est bourgeoise, ou bien elle est prolétarienne. Si elle est bourgeoise, elle joue d’une façon ou d’une autre contre le prolétariat. Et, camarade, jamais la bourgeoisie n’hésite à violer sa propre légalité quand elle se sent prise à la gorge ». (Vive la dictature du prolétariat, Cahier Rouge, n° 3)

Dans cet extrait de la conférence que le Premier secrétaire du Comité Central de notre Parti a tenue à l’Université de Bruxelles, est souligné un problème important, toujours caché par les révisionnistes de tous genres, le problème de la légalité bourgeoise.

Que la bourgeoise viole sa propre légalité nous paraît normal à nous communistes, et ne nous semble point extraordinaire ; mais il est de notre devoir d’en informer les masses car le révisionnisme dissimule cet aspect de la dictature de la bourgeoisie. Que déclarent-ils donc ? Tout simplement, que la pression des masses populaires doit obliger la bourgeoisie à respecter sa propre légalité, pour permette à la classe ouvrière de prendre le pouvoir. Or la bourgeoisie n’a aucun intérêt à ne pas modifier sa propre légalité à partir du moment où on lui administre ne serait-ce que des chiquenaudes. C’est la bourgeoisie elle-même qui a établi les lois de l’Etat bourgeois garantissant la dictature de la bourgeoisie ; le droit dans ce cas ne peut être que bourgeois et la garantie pour la bourgeoisie de la stabilité de son pouvoir.

Nous n’hésitons pas à dire qu’il faut utiliser les libertés et droits énoncés par la démocratie bourgeoise, mais c’est une mystification honteuse que de vouloir s’appuyer sur le droit et la légalité de l’Etat bourgeois pour prendre le pouvoir. Lénine nous enseigne qu’il faut briser l’appareil d’Etat bourgeois, le détruire complètement. Le pouvoir pris dans le respect des règles de la démocratie bourgeoise, en jouant le jeu de sa légalité, serait fictif. Bien sûr, la classe ouvrière et les autres travailleurs doivent employer tous les moyens de lutte légaux, ne laisser de côté aucune possibilité légale. Mais ce n’est qu’un des aspects de leurs moyens d’action, ceux que la bourgeoisie tolère strictement au minimum. Dès qu’elle se sent menacée, celle-ci, répétons-le, n’hésite pas à violer sa propre légalité. Il n’y a pas besoin de courir au Chili ou en Espagne pour le prouver. En Belgique même, il ne s’est jamais produit une grève d’une certaine ampleur, d’une certaine dureté, sans qu’elle ne débouche sur l’assassinat de grévistes.

Il n’est donc pas question pour la classe ouvrière de se laisser berner par les illusions légalistes défendues par des gens qui se disent ses défenseurs mais sont ses ennemis.

Même lorsque la bourgeoisie ne viole pas sa propre légalité, l’Etat de dictature bourgeoise est un Etat anti-ouvrier. Il n’a pas fallu, comme le prétendent les révisionnistes et les sociaux-démocrates, que Tindemans remplace un gouvernement PSC-PSB-PLP par une coalition PSC-PLP-RW dite « de droite et anti-ouvrière » pour que l’Etat devienne subitement un Etat anti-ouvrier réactionnaire ; l’Etat l’était tout autant lorsque Cools ou Leburton étaient ministres, et il le serait encore si Van Geyt était propulsé dans le gouvernement, ce dont il ne cesse de rêver.

Ce ne sont pas les déclarations et prises de position de quelques partis politiques dont les ficelles sont tirées par la bourgeoisie monopoliste, qui changeront quoi que ce soit à la nature de l’Etat, de ses lois, de sa justice. Cette justice et ces lois ne sont pas, comme le prétendent certains hommes « de gauche », appliqués de façon défavorable à la classe ouvrière parce qu’il existerait une méchante volonté de la part de certains milieux de la magistrature ; c’est la fonction de la justice et du droit dans le régime capitaliste d’être défavorables à la classe ouvrière. Il est logique pour le juge capitaliste de condamner des ouvriers en grève, mais ce n’est pas une raison pour nous croiser les bras en adoptant une attitude fataliste ; nous devons, sachant cela, et étant au courant de cette logique capitaliste, impulser les luttes et considérer ces gens non comme des partenaires que nous devons raisonner à propos d’« une saine application du droit et la justice », mais comme des ennemis que nous devons combattre et abattre par la lutte de classe violente du prolétariat et de ses alliés. Il est donc nécessaire pour notre pratique politique d’avoir une vue claire sur la justice, le droit et l’Etat de dictature bourgeoise.

Il n’y a pas de justice en soi, de bonne ni de mauvaise justice, de bons ni de mauvais sentiments. D’une façon générale, les lois sont faites pour protéger la propriété et l’exploitation capitalistes. Et les tribunaux, comme les flics, comme les gendarmes, comme les prisons, comme les curés, visent à défendre l’ordre social. C’est ce qu’a reconnu explicitement le tribunal correctionnel de Nivelles puis la Cour d’Appel de Bruxelles dans l’affaire du « Parisien libéré ». Chacun sait que l’ordre social existant, c’est le régime capitaliste.

Mais cette position du Parti sur la justice et le droit ne signifie pas que nous ne puissions pas remporter des victoires partielles dans le cadre du régime capitaliste, contre les tribunaux bourgeois, et arracher par la mobilisation des masses, la justesse de nos arguments et une tactique juste de front vis-à-vis des démocrates bourgeois, alliés temporaires dans ce cas, des acquittements aux tribunaux bourgeois et même à des tribunaux fascistes.

Il ne s’agit pas de tomber dans les erreurs graves du gauchisme, et de pousser les ouvriers impliqués dans des procès pour faits de grève et autres, de se présenter devant le tribunal en ayant délibérément en vue de provoquer une condamnation pour s’en faire une auréole de martyr. C’est là sombrer dans l’aventurisme et ne pas faire la part des choses. C’est là faire preuve de l’esprit de « pas de compromis » justement stigmatisé par Lénine dans « Le Gauchisme, maladie infantile du Communisme ». Cette attitude de manque de souplesse vis-à-vis de l’ennemi, de sectarisme dans la construction du front uni pour la défense des droits démocratiques bourgeois, cette façon d’élargir la cible au maximum, ont été le fait du groupe trotskyste et contre-révolutionnaire de l’UCMLB, du groupe AMADA en Flandre, et l’on pourrait citer également le cas de la « Cause du Peuple » en France qui, malgré le soutien qu’elle a pu avoir un certain temps, n’a pu gagner un seul de ses procès par son aventurisme et son gauchisme. En Belgique, ni AMADA, ni l’UCMLB ne sont arrivés à des résultats valables au cours de leurs nombreux procès, le plus souvent provoqués délibérément.

Dans les « Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine », le Président Mao Tsé-toung indique que même peu nombreuse, une armée révolutionnaire peut, en s’appuyant sur les masses, en ayant une pratique de front dirigé par le Parti, et en appliquant de justes principes, gagner la guerre contre un adversaire plus nombreux. Il indique que même à dix contre cent, l’on peut être vainqueur si on prend ses adversaires un par un. Si l’on peut gagner une partie de ses adversaires sur certains problèmes contre d’autres, si l’on parvient à semer le trouble chez l’ennemi, à le faire douter de la justesse de sa position, si en même temps on parvient à rallier à soi sur des problèmes spécifiques une partie des ennemis, on a déjà ouvert une brèche dans le camp de la bourgeoisie.

Cette tactique appliquée à une stratégie de la guerre révolutionnaire est également valable en ce qui concerne les principes dans la lutte de classe, dans le combat quotidien et entre autres domaines, à celui de la lutte contre les tribunaux bourgeois. Lorsqu’on élargit la cible et que l’on essaie de tirer sur plusieurs ennemis à la fois, on est sûr et certain de n’en avoir aucun ; bien au contraire, en rétrécissant la cible, c’est-à-dire en précisant l’objectif, on est certain de gagner et d’avoir tous ses ennemis un par un.

Il faut savoir jouer de manière très fine sur les contradictions existant au sein de la bourgeoisie, nous devons voir en quoi nos ennemis sont nos ennemis. Comme pour les autres situations, il n’y a d’ennemis que par rapport à une situation donnée.

Dans le domaine de la justice, nous citerons un procès-type car il représente une victoire et une juste tactique appliquée. Il s’agit du procès de Georges Dimitrov, secrétaire de la IIIème Internationale, devant le tribunal fasciste hitlérien. Ce procès fut brillamment gagné, à un point tel que le tribunal dut acquitter Georges Dimitrov. Ce procès est véritablement l’exemple dont il faut nous inspirer lorsque nous nous trouvons confrontés d’une manière ou d’une autre à la justice bourgeoise.

Par certains de ses aspects, le procès Hanrez présente également des éléments positifs, mais on ne peut pas dire qu’il soit l’exemple-type dont nous devons nous inspirer, car notre Parti y a commis des erreurs opportunistes graves.

Quand un ouvrier, même d’opinion réactionnaire (en l’occurrence trotskyste) est victime de la répression patronale, il est juste de le défendre. Quand des incidents se produisent au piquet de grève, et que des membres de ce piquet sont poursuivis par la justice bourgeoise, il est juste de participer à la défense de ces derniers, de constituer un comité de défense. Cela, les militants de notre Parti dans la région de Charleroi l’ont compris. Ils se sont trouvés au comité de défense qui a été très large et a pu exploiter les contradictions au sein de la bourgeoisie (on a même vu des avocats et des journaux bourgeois s’élever contre l’attitude d’un juge réactionnaire) et finalement arracher l’acquittement.

Mais ce comité, ceux qui étaient les responsables du Parti dans la région de Charleroi à ce moment n’ont pas agi en avant-garde du mouvement de masse mais en arrière-garde. Dans un tel combat, le Parti doit prendre ses responsabilités, se placer délibérément à la tête de la lutte, conduire le front, être son élément dynamique. Or, à cette occasion, on a vu les militants de notre Parti se trouver à la traîne des trotskystes du P.O.R.T. (au point, en contrebande, d’introduire la littérature trotskyste dans notre journal), à la traîne d’Amada, diffuser des tracts qui reprenaient les arguments gauchistes, et non les positions de notre Parti. C’est là partir d’une position juste (la défense des militants poursuivis par la justice bourgeoise, même s’ils ne sont pas d’accord avec nous et nous combattent), pour aboutir à une position fausse (se placer à la remorque des trotskystes). Et c’est pourquoi, le comité de défense constitué à cette occasion n’a pas pu être maintenu en vie après le succès obtenu, et que des jeunes qui y avaient participé avec enthousiasme se sont éloignés du combat révolutionnaire.

Cette pratique opportuniste provenait des liaisons suspectes d’éléments qui préparaient déjà la scission du Parti et qui étaient liés d’amitié avec des éléments trotskystes. C’est une pratique ultra-droitière du front qui n’existait pas au début de l’action, mais qui a triomphé au fur et à mesure que ceux qui allaient devenir des chefs scissionnistes entamaient leur lutte sourde contre le Parti, sa ligne et sa direction, et renforçaient leurs liens de complicité avec les trotskystes.

***
Nous nous sommes étendus sur la nature de la démocratie bourgeoise en analysant plus spécialement le rôle de la justice de classe parce qu’au cours des dernières années de nombreux procès ont été plaidés à propos de l’exercice des libertés officiellement reconnues par la démocratie bourgeoise : droit de grève et droit de constituer le piquet de grève, liberté d’affichage, liberté de distribution de tracts, etc. Mais nous pourrions analyser de la même façon le contenu de classe de chacun des droits et libertés bourgeois.

Beaucoup de groupes pseudo-révolutionnaires ont délibérément considéré la démocratie bourgeoise comme fasciste ou pré-fasciste en s’appuyant sur quelques exemples de matraquages ou autre types plus ou moins graves de violence réactionnaire. Il va de soi que l’Etat n’est pas fasciste parce qu’il réprime violemment les manifestations populaires et même s’il tue ou massacre des ouvriers. La violence réactionnaire est dans la nature même de l’Etat bourgeois, même s’il est de forme démocratique. Le groupe de U.C.M.L.B. a utilisé fréquemment ce type d’arguments et est même parvenu à dénaturer le terme de fascisation en proclamant plus ou moins à qui voulait l’entendre que le processus de fascisation, c’était déjà le fascisme. A propos du problème de la fascisation, ce groupe a jeté beaucoup de confusion qui a amené des révolutionnaires honnêtes à ne pas comprendre ou à refuser cette notion.

Aujourd’hui atomisé et sombré dans le ridicule, ce groupe fondamentalement trotskyste n’a plus aucune influence. Mais les conceptions erronées qu’il a diffusées, souvent de mèche avec Amada, ne sont pas complètement éliminées.

Que mettait-il donc dans le concept de fascisation ? Par exemple, le matraquage d’un de ses militants distribuant des tracts, ou le fait qu’après une provocation par eux mise sur pied à Anvers, certains de leurs militants ont été arrêtés. Voilà l’éminent contenu théorique de la fascisation de l’U.C.M.L.B. Pour un marxiste, la fascisation est liée à la crise générale du capitalisme, c’est donc tout autre chose. La fascisation possède une base économique et est liée à une surexploitation de la classe ouvrière avec en prime le renforcement parallèle de l’appareil répressif de l’Etat.

La question de la fascisation du régime a bien été abordée lors de notre Premier Congrès, notamment dans les documents de la « Conférence Nationale de réunification » (février 1974) et les conclusions tirées nous semblent toujours valables.

La fascisation se manifeste actuellement par la mise en place d’un corporatisme d’Etat organisant la collaboration du grand capital et des syndicats comme rouage de base de la dictature des monopoles, collaboration qui s’accompagne d’une mise hors-la-loi du droit de grève et de juridictions spéciales du travail.

Dans les documents de la Conférence Nationale de réunification, nous avons analysé ce processus et nous avons dit notamment :

« Nous avons en Belgique une organisation patronale, le F.E.B., disposant d’un monopole de fait. Trois organisations syndicales se partagent le monopole de la reconnaissance de l’Etat. Le syndicat libéral n’a qu’une importance dérisoire. La C.S.C. et la F.G.T.B. tendent à fusionner : elles sont en tout cas coordonnées dans le Front Commun Syndical. L’organisation patronale officielle, les trois syndicats reconnus par l’Etat sont seuls autorisés à conclure les conventions collectives. L’affiliation syndicale est théoriquement facultative mais pratiquement elle est obligatoire. Dans beaucoup d’entreprises, le patron retient sur le salaire la cotisation syndicale ou, si l’ouvrier n’est pas syndiqué, un versement à une caisse de solidarité. Les conventions collectives ont force de loi.

La grève n’est pas officiellement interdite, mais les dispositions de paix sociale des conventions sociales reviennent à l’interdire ; en cas de non-respect de ces dispositions, il y a l’intervention d’une magistrature spéciale, les tribunaux du travail où les magistrats sont désignés par l’Etat, par l’organisation patronale et par les syndicats.

A cela, il faut ajouter que les syndicats sont intégrés dans les rouages de l’Etat (Banque Nationale, Société de Crédit à l’Industrie, Société Nationale d’Investissement, Caisse d’Épargne, etc.).

Le tableau est éloquent. Nous sommes en plein corporatisme d’Etat. »

2. LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT ET LA RESTRICTION DU DROIT BOURGEOIS SOUS LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT

Dans sa lutte contre la bourgeoisie, le prolétariat est attentif à une question extrêmement importante que nous avons déjà rencontrée et évoquée dans ces thèses, à propos de chaque question posée, de chaque problème, et que nous aborderons encore par la suite, c’est la question de l’Etat. Tous les grands théoriciens du marxisme-léninisme se sont intéressés à l’Etat, et en particulier Lénine qui en a fait une question de base concernant la politique du Parti révolutionnaire.

« Une question à ce point essentielle, à ce point capitale de toute la politique que vous vous y heurtez toujours quotidiennement dans tout journal, à propos de tout problème économique ou politique, non seulement à une époque orageuse et révolutionnaire comme la nôtre, mais aussi aux époques les plus calmes. Qu’est-ce que l’Etat ? Quelle est sa nature ? Quel est son rôle, quelle est l’attitude de notre Parti, du parti qui lutte pour renverser le capitalisme, du Parti Communiste à l’égard de l’Etat » (Lénine, De l’Etat)

L’Etat n’est pas quelque chose en soi qui existerait et planerait au-dessus des classes, l’Etat a un caractère de classe marqué. En Belgique, l’Etat est celui des monopoles et de la grande bourgeoisie ; l’Etat est intégralement bourgeois et l’une des premières tâches du prolétariat dans la lutte pour son émancipation et celle des autres couches travailleuses de la société est de briser l’appareil d’Etat bourgeois, de détruire l’Etat bourgeois et de le remplacer par une autre forme d’Etat moderne adaptée à la lutte du prolétariat.

« Les socialistes veulent utiliser l’État moderne et ses institutions dans la lutte pour la libération de la classe ouvrière : ils affirment également la nécessité d’utiliser l’État sous une forme de transition particulière correspondant au passage du Capitalisme au Socialisme. Cette forme de transition qui est aussi un Etat, c’est la dictature du prolétariat ». (Lénine, Œuvres, tome 13, p. 182).

Il ne s’agit donc pas comme le voudraient certains courants, anarchistes entre autres, de remplacer l’État bourgeois par une simple administration des choses ; il est fermement question d’instaurer un Etat de transition qui va réprimer les anciennes classes dominantes, écraser les tentatives de restauration du capitalisme, et qui est l’Etat de dictature du prolétariat, dictature exercée par la classe ouvrière, seule classe révolutionnaire totalement de par sa position dans le procès de production.

Les marxistes-léninistes ont toujours dit que la dictature du prolétariat était exercée par la classe ouvrière en alliance avec les autres couches travailleuses. Mais ils savent aussi et c’est une notion sur laquelle Marx et Engels insistent dès le « Manifeste du Parti Communiste » que le prolétariat est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout : il ne pourra s’affranchir définitivement sans émanciper toute l’humanité. Même la paysannerie travailleuse qui lui est proche est porteuse de par sa situation de classe d’aspirations petites-bourgeoises. Il en est de même des artisans. Les couches d’employés du privé et du public ont encore plus des aspirations petites-bourgeoises et bourgeoises. Le prolétariat conduit par son parti marxiste-léniniste est révolutionnaire totalement et la classe dirigeante de la révolution socialiste.

Ce régime que le prolétariat avec à sa tête le Parti Communiste Marxiste-Léniniste instaurera par la révolution violente et armée, la dictature du prolétariat, n’est donc pas comme le prétendent les chefs révisionnistes une formule vieillie pour exprimer l’exercice normal du pouvoir d’Etat par la classe ouvrière, c’est une dictature qu’il faut imposer aux classes réactionnaires ; c’est la démocratie la plus large pour les masses travailleuses, pour la classe ouvrière et ses alliés. Cette dictature exercée par le prolétariat est nécessaire pour passer du capitalisme au communisme. Elle ne peut être remplacée par aucune forme de transition, car l’Etat en Belgique aujourd’hui, est l’instrument de la dictature de la bourgeoisie au stade ultime du capitalisme, au stade de l’impérialisme.

Dans notre lutte pour l’indépendance nationale, nous devons viser à la constitution d’un front uni avec des fractions de la bourgeoisie. Mais quand, à travers les luttes, nous l’aurions réalisée, nous serions toujours en régime de la dictature de la bourgeoisie, et il ne peut pas exister de démocratie populaire, dans le sens où l’entend AMADA. Pour ce groupe, il s’agit d’une notion hybride, au cours de laquelle se forment « les germes de la dictature du prolétariat » ; il s’agit de « l’instauration d’une dictature démocratique révolutionnaire », de plusieurs classes, y compris des fractions patriotiques du capital monopoliste ! AMADA ne tient pas compte du fait que notre pays n’est pas un pays du Tiers-Monde, mais un pays capitaliste avancé au stade de l’impérialisme, dont Lénine observait qu’il est

« la veille de la révolution sociale du prolétariat ».

Le soutien ou l’opposition à la notion de dictature du prolétariat est véritablement la pierre de touche, la ligne de démarcation entre les révisionnistes et les communistes, et il ne suffit pas de soutenir la dictature du prolétariat en paroles pour la démolir et la dénaturer dans les actes et les faits, il faut également la soutenir dans sa pratique politique.

Le renforcement de la dictature du prolétariat en régime socialiste signifie la mise au pas de tous les réactionnaires, de toutes les classes exploiteuses, de tous ceux qui auraient des tendances à restaurer le capitalisme ; tant qu’existeront les classes même en régime socialiste, il faut maintenir et renforcer la dictature du prolétariat, car inévitablement si on ne le faisait pas, une autre classe prendrait le pouvoir à la place du prolétariat et instaurerait sa dictature : c’est ce qui s’est passé en URSS où la nouvelle bourgeoisie d’origine bureaucratique a imposé sa dictature social-fasciste.

Le renforcement de la dictature du prolétariat pour combattre les racines du révisionnisme ne peut se faire que par la mobilisation des masses, le constant approfondissement idéologique, la lutte permanente, impitoyable, contre la bourgeoisie et l’idéologie bourgeoise.

Il va donc de soi que sans la dictature du prolétariat exercée de manière vigilante vis-à-vis des classes et éléments réactionnaires, l’on ne saurait maintenir le socialisme et encore moins aboutir au communisme. Tant que les classes n’auront pas été abolies, il ne peut être question d’abandonner la dictature du prolétariat ; au contraire, il doit être sans cesse question de la renforcer.

Le prolétariat doit donc s’installer comme classe hégémonique, anéantir les classes réactionnaires et être vigilant vis-à-vis des éléments bourgeois infiltrés dans ses rangs et dans ceux du Parti, car un danger extrêmement grave en régime socialiste est celui du danger de dégénérescence révisionniste et de la prise du pouvoir par les réactionnaires du type Trotsky, Khrouchtchev ou Brejnev, du type de Liou Chao-chi, Lin Piao, bande des Quatre ou d’individus de la même espèce. Il s’agit donc pour les masses d’être très attentives à ces phénomènes, de bien étudier l’essence de la dictature du prolétariat, de savoir pourquoi il faut la renforcer et limiter les droits bourgeois qui existent pendant toute la période historique de transition de la dictature du prolétariat.

Il ne faut pas oublier qu’en régime de dictature du prolétariat, la bourgeoisie ne se montre pas à visage découvert, qu’elle se dissimule, qu’elle essaie de pénétrer dans le Parti. Et cette bourgeoisie peut s’emparer en tout ou en partie de la direction du Parti. Les camarades albanais emploient une formule pittoresque, mais très imagée : « Le poisson pourrit par la tête ». La bourgeoisie essaie de s’installer à la tête du Parti. La restauration du capitalisme, l’exemple de l’URSS l’a prouvé, commence nécessairement par la prise de pouvoir de direction, par l’altération de la ligne et de l’action du Parti.

Il est donc fort important de restreindre le droit bourgeois en régime socialiste, le restreindre car il est impossible de le supprimer totalement tant que les masses existent.

En effet, en régime socialiste, de nombreuses inégalités subsistent. Inégalités entre la ville et la campagne, entre le travail intellectuel et le travail manuel, entre l’industrie et l’agriculture, entre secteurs avancés et secteurs arriérés, etc. Il y a des inégalités de salaire. La monnaie reste nécessaire et par conséquent existe la tendance bourgeoise à l’accumuler. Il y a l’influence de l’idéologie bourgeoise, particulièrement dans l’enseignement, dans l’éducation, dans les arts, etc. En conséquence, il y a des privilèges, et chez ceux qui en bénéficient la tendance bourgeoise à les maintenir, à les développer et à en faire bénéficier leurs enfants, etc. Il apparaît une bureaucratie qui ne cesse de vouloir se renforcer. Par conséquent, le danger de restauration d’une classe bourgeoise est très réel. Et c’est évidemment là que se trouve la base du révisionnisme.

Nous constatons donc que voici une raison de plus de renforcer la dictature du prolétariat en régime socialiste. Mais qui va renforcer la dictature ? Sera-ce le Parti seul qui par des mesures administratives va supprimer les avantages et couper les mauvaises têtes, fusiller les mauvais éléments ? Absolument pas, car alors on s’attaquerait aux phénomènes sans en comprendre la cause, sans en éliminer les racines. Le rôle du Parti Communiste dans la lutte pour le renforcement de la dictature du prolétariat, est de mettre les masses en mouvement. Ce sont les masses elles-mêmes qui renforcent la dictature du prolétariat et restreignent le droit bourgeois. Elles le font sous la direction politique du Parti marxiste-léniniste, ce parti qui est l’avant-garde de la lutte de masses et non une remorque.

3. LA THEORIE REVISIONNISTE D’AMADA SUR LA DICTATURE DEMOCRATIQUE POPULAIRE

Le bureau national de l’organisation AMADA a publié au mois de mai 1976 un fascicule intitulé « Programme pour la paix, l’indépendance nationale, la démocratie populaire et le socialisme », dans lequel elle développe ses thèses et en particulier celle sur le passage au socialisme qui nous intéresse particulièrement ici. A la page 87 de ce fascicule, nous trouvons l’embryon de la théorie d’AMADA sur la démocratie populaire. Cette analyse n’a manifestement pas encore été poussée très loin par AMADA, qui au lieu d’affirmer sa position, aligne des textes de Dimitrov écrits dans des circonstances très diverses. L’un d’eux qui clôture le chapitre dit :

« L’Etat démocratique populaire représente le pouvoir au nom de travailleurs, de la grande majorité du peuple, sous le rôle dirigeant de la classe ouvrière. Cela signifie premièrement que le pouvoir des capitalistes et des gros propriétaires fonciers est renversé et que le pouvoir des travailleurs des villes et des campagnes est établi sous la direction de la classe ouvrière ».

« L’Etat démocratique populaire apparaît comme un Etat de la période transitoire, appelé à assurer le développement du pays dans la voie du socialisme ».

On peut s’étonner que sur sa lancée, AMADA n’ait pas cité le texte du même Dimitrov datant de la même époque (novembre 1946) :

« La démocratie populaire n’est ni socialiste, ni soviétique. Elle est le passage de la démocratie au socialisme. Elle crée les conditions favorables au développement du socialisme par un processus de luttes et de travail. Chaque pays passera au socialisme par sa propre voie. L’avantage de la démocratie populaire, c’est que ce passage est rendu possible sans dictature du prolétariat. Un tel résultat est dû à l’exemple de l’Union Soviétique et aux leçons de toutes les luttes menées dans le monde par le prolétariat ».

Evidemment, cette conception que le P.C.F. et le P.C.B. popularisent dans les premiers mois de 1947 était opportuniste, et il est difficile à AMADA de la répéter mot à mot. Il est clair qu’à l’époque, il y a eu un vent de droite qui a soufflé sur les partis communistes d’Europe. Dimitrov, qui était un grand marxiste-léniniste, a reconnu ses erreurs, mais cela AMADA veut l’ignorer. Au Cinquième Congrès du Parti Communiste Bulgare, Dimitrov fait l’autocritique de ces conclusions fausses. Dans son rapport politique, le 19 décembre 1948, il déclare :

« ... Il est prouvé que notre Parti n’avait pas une vue suffisamment claire des perspectives et du rythme de notre évolution vers le socialisme. Lors du tournant du 9 septembre 1944, il n’était pas armé de l’analyse marxiste logique, des possibilités qu’il avait créées et ne réussissait pas à discerner à temps les différents étapes de son développement ».

Quelques jours plus tard, comme fruit des discussions de ce Congrès, Dimitrov précise nettement la position juste dans son discours de clôture :

« Selon la position marxiste-léniniste, le régime soviétique et le régime de démocratie populaire ne sont que deux formes d’un seul et même pouvoir : celui de la classe ouvrière alliée aux travailleurs des villes et des campagnes et combattant à leur tête. Ce sont deux formes de la dictature du prolétariat (Applaudissements prolongés). La forme particulière du passage du capitalisme au socialisme n’infirme en rien et ne saurait infirmer les lois fondamentales valables pour tous les pays, qui régissent la période transitoire marquant ce passage. Le passage au socialisme ne peut s’effectuer en dehors de la dictature du prolétariat agissant contre les éléments capitalistes et pour l’organisation de l’économie socialiste ».

Si les dirigeants d’AMADA s’accrochent à une position fausse de Dimitrov en laissant leurs militants et sympathisants dans l’ignorance de l’autocritique et de la rectification qui ont suivi, c’est parce qu’ils défendent une position révisionniste et extrêmement dangereuse pour le prolétariat. Il faut l’analyser et la réfuter point par point.

AMADA écrit :

« C’est la bourgeoisie monopoliste qui empêche que les masses populaires soient pleinement préparées à une guerre d’agression tant que sur le plan politique, militaire et idéologique que sur le plan économique, médical, sanitaire, etc… C’est la bourgeoisie monopoliste qui empêche l’armement général du peuple et la préparation militaire intense des ouvriers et des travailleurs. »

Une des premières erreurs d’AMADA dans ce paragraphe, est de ne pas voir qu’il existe différentes fractions au sein de la bourgeoise, que certaines de ces fractions encore minoritaires actuellement, mais qui sont les plus marquantes, sont favorables à l’indépendance nationale, qu’il existe des fractions pro-soviétiques prêtes à se vendre au social-impérialisme russe (représentées entre autres par certaines fractions dites de « gauche » du PSB) et des fractions pro-américaines de plus en plus déclinantes.

La caractéristique actuelle de la fraction favorable à l’indépendance nationale est d’être pour la construction d’une Europe politique unie et forte, ce que nous devons appuyer, nous l’avons montré. AMADA, qui n’en est pas à une contradiction près, donne l’impression de croire qu’une indépendance nationale est impossible sous la dictature de la bourgeoisie. Cette idée erronée de type gauchiste a été émise par la clique scissionniste qui a sévi dans notre Parti, comme par l’U.C.M.L.B. Les uns et les autres, fortement marqués par les conceptions trotskystes, prétendaient qu’il était impossible de renforcer une véritable indépendance nationale sous la dictature de la bourgeoisie, et que seule la révolution prolétarienne est à même de la renforcer.

Mais après cette appréciation de « gauche » en apparence, AMADA en vient à défendre des conceptions droitières :

« ... C’est pourquoi, la classe ouvrière lutte pour un gouvernement et un appareil d’Etat totalement différents. Elle lutte pour un appareil d’Etat démocratique, qui exprime la volonté de toutes les classes qui veulent mener la lutte révolutionnaire contre l’agression et la domination des deux super-puissances, et principalement de l’Union Soviétique. Un appareil d’Etat qui s’appuie sur la classe ouvrière, la plus révolutionnaire et la plus ferme dans la lutte pour l’indépendance nationale et la démocratie ».

Dans ce passage, nous commençons à voir plus clair dans le jeu d’AMADA, qui après avoir lâché quelques généralités sur l’indépendance nationale en vient au fait. Lorsque AMADA parle d’un appareil d’Etat démocratique, nous pouvons nous demander quelle démocratie est visée par là, car pour les marxistes, la démocratie pure, en dehors des classes, cela n’existe pas. AMADA ajoute : « qui expriment la volonté de toutes les classes », mais quelles sont ces classes ? Pourquoi ne pas les désigner, du moins en ce qui concerne les principaux partenaires ?

AMADA est plus clair encore dans le paragraphe suivant :

« ... Un gouvernement démocratique d’indépendance nationale, dirigé par la classe ouvrière et basé sur l’alliance ouvriers-travailleurs, doit garantir les libertés démocratiques du peuple travailleur, améliorer la situation économique des travailleurs, prendre toutes les mesures pour armer le peuple entier et l’engager dans la résistance armée ».

Ici, nous pouvons donc nous poser la question : qu’est-ce donc que ce régime qui est un gouvernement démocratique dirigé par la classe ouvrière ? Est-ce la dictature du prolétariat ? Non, c’est un régime hybride, un gouvernement démocratique populaire, une transition vers la dictature du prolétariat. Quel est donc ce régime, cet Etat qui n’est ni la dictature de la bourgeoisie, ni celle du prolétariat ? C’est une invention toute nouvelle qui ressemble fort à une élucubration, mais qui est surtout la marque d’un opportunisme de droite. Car voici le passage-clé tout à fait éclairant :

« La formation d’un gouvernement de démocratie populaire et la formation d’un appareil d’Etat de démocratie populaire ne peut être que le résultat de grandes actions révolutionnaires des masses populaires. Ceci peut être réalisé dans une situation où la classe ouvrière et les classes laborieuses ne sont pas encore mûres pour l’instauration de la dictature du prolétariat, mais où les masses populaires exigent des mesures révolutionnaires radicales pour garantir l’indépendance nationale, pour protéger les droits démocratiques et économiques ».

AMADA semble confondre ici plusieurs problèmes, mais nous pouvons surtout remarquer qu’il semble refuser de toucher à la bourgeoisie, qu’il refuse de réprimer celle-ci, bien que « de grandes actions révolutionnaires des masses » auraient eu lieu. AMADA veut donc profiter d’un mouvement révolutionnaire pour proposer une solution de rechange à la bourgeoisie ! Certains points du programme de démocratie populaire d’AMADA semblent calqués sur la « Démocratie nouvelle » du président Mao. Or la tâche des communistes est d’appliquer les enseignements universels du marxisme-léninisme aux conditions concrètes de leur pays. C’est que nous sommes non pas, comme la Chine de 1940, pays semi-féodal, semi-colonial, à la veille de la révolution démocratique bourgeoise. Nous sommes en Belgique, pays impérialiste et démocratie bourgeoise, à la veille de la révolution socialiste et de l’instauration de la dictature du prolétariat.

En fait, AMADA confond la politique de front uni avec des fractions de la bourgeoisie favorables à l’indépendance nationale, avec l’instauration du socialisme. La politique d’AMADA ne vise ni plus ni moins, au nom de la lutte pour l’indépendance nationale, que la remise aux calendes grecques de la dictature du prolétariat et de la révolution socialiste.

AMADA fait preuve d’une myopie extrêmement grave et confond les époques, les endroits et les circonstances politiques. Pour nous, communistes, la lutte pour l’indépendance nationale ne remet pas à plus tard la lutte contre nos propres exploiteurs, pour AMADA oui. Ce groupe défend des thèses révisionnistes sur l’instauration du pouvoir ouvrier en Belgique et ses divagations dans son programme militaire sont du même style. AMADA ne réclame-t-il pas l’élection des officiers, le contrôle démocratique des états-majors, allant chercher certains de ses slogans, une fois encore hors du temps, dans un écrit de Lénine rédigé dans une période de bouillonnement révolutionnaire.

AMADA croit-il sincèrement que ce genre de choses est possible sous la dictature de la bourgeoisie ? Assurément pas. Exiger de telles choses, c’est vouloir que la bourgeoisie soit autre chose que ce qu’elle est et nous ne devons pas oublier et toujours nous remémorer ces vérités : le front uni avec la bourgeoisie sur la question de l’indépendance nationale n’est que temporaire et les bourgeois qui s’allient avec nous et qui luttent pour l’indépendance nationale le font exclusivement en fonction de leurs intérêts et non mus par un quelconque sentiment patriotique durable.

Que nous puissions nous entendre avec des fractions de la bourgeoisie sur la question de l’indépendance nationale n’implique pas la formation d’un gouvernement de démocratie populaire, car il n’y a pas d’entente possible en ce qui concerne la lutte des classes au niveau national entre la bourgeoisie et le prolétariat ; il s’agit d’une lutte à mort qui doit se terminer par la disparition de la bourgeoisie comme classe. La bourgeoisie ne se laissera d’ailleurs pas rayer de la scène de l’histoire sans réagir, c’est pourquoi l’instauration de la dictature du prolétariat implique la guerre civile révolutionnaire, certes autrement plus violente que ces mouvements révolutionnaires entraînant une prétendue démocratie populaire, ce qui dans l’esprit d’AMADA permettrait probablement d’épargner une révolution violente. Cette « démocratie populaire » a de fâcheux relents de voie pacifique vers le socialisme. Face à la position droitière d’AMADA qui transforme le marxisme-léninisme en une doctrine inconsistante et révisionniste, nous devons affirmer le véritable marxisme-léninisme, doctrine révolutionnaire de la lutte des classes pour l’instauration en Belgique de la dictature du prolétariat et du socialisme, et non d’une pseudo-démocratie populaire, régime bourgeois aux apparences populaires pour mieux tromper la classe ouvrière.

4. LES NATIONALISATIONS

Il s’agit d’un point fort controversé, car bien souvent les nationalisations sont présentées par les révisionnistes et certains dirigeants des syndicats et du P.S.B. comme une voie vers le socialisme, une voie douce qui constituerait une alternative à la dictature du prolétariat et à la prise du pouvoir violente par le prolétariat. Cette voie serait un moyen d’arriver au socialisme par la mise en place d’un appareil économique nationalisé prenant petit à petit la place du secteur privé. Nous devons tenir compte de ce que cette idée peut être, surtout en moment de crise, assez populaire dans la classe ouvrière et parmi les autres couches travailleuses et créer ainsi beaucoup d’illusions. Pour les marxistes-léninistes, la création d’un secteur industriel public, avec holding public à la clé pour le contrôler, ne représente en fait que l’évolution vers le capitalisme monopoliste d’Etat.

Dans cette question des nationalisations, nous nous heurtons de nouveau au problème de l’Etat. Un des gros arguments de ceux qui défendent les nationalisations est que l’industrie appartient dès lors à l’Etat, qu’ils considèrent évidemment comme étant au-dessus des classes.

Or cet Etat n’est pas neutre, loin s’en faut. Il est l’organe de la dictature de la bourgeoisie, particulièrement de sa fraction dominante, les monopoles capitalistes. Face à la crise et devant les luttes sans cesse grandissantes du prolétariat qui remettent en cause directement la dictature de la bourgeoisie, les syndicats révisionnistes et divers sociaux-démocrates tentent de sauver l’Etat bourgeois par ce qui n’est pas autre chose qu’une duperie monumentale : les réformes de structure et le rôle accru de l’Etat.

Or, à la faveur de la crise, le capital précisément vise à amplifier ce rôle. L’Etat distribue des subsides, multiplie les crédits à bon marché, acquiert des participations, investit, nationalise (Val Saint-Lambert, Akzo et peut-être demain d’autres entreprises), institue des holdings publics. Mais quel est cet Etat ? C’est l’Etat bourgeois, le capitalisme collectif, réalisant ainsi la concentration financière poussée au maximum, devant une forme sans cesse plus perfectionnée, plus raffinée de la dictature des monopoles.

De cette façon, non seulement les directions des syndicats du régime édifient le corporatisme d’Etat, brisent les grèves, soutiennent les patrons dans la plupart des cas, mais encore elles apportent, avec l’appui des révisionnistes et des trotskystes, leur soutien actif au renforcement du capitalisme d’Etat. Tout cela est d’ailleurs étroitement lié.

Un des arguments les plus souvent employés par ceux qui défendent les nationalisations et la mise en régie, est qu’elles seraient un remède contre le chômage. Or qu’enseigne la pratique ? C’est le Val Saint-Lambert nationalisé qui a licencié des centaines de travailleurs et a ravalé cette entreprise autrefois glorieuse au stade artisanal.

C’est la R.T.T. réduisant les emplois par la fermeture anticipée de ses bureaux au public. Il a fallu que les cheminots menacent le gouvernement d’une dure grève pour empêcher la suppression de 1.500 emplois et ce plan n’est que différé. Les entreprises nationalisées ne garantissent pas plus l’emploi que les entreprises privées.

Il faut prêter aussi une o particulière à une autre thèse révisionniste qu’a voulu introduire en contrebande la clique des cinq scissionnistes qui a sévi dans le Parti, a essayé de le saper et de le faire dévier de sa ligne prolétarienne. Il s’agissait de dire que la nationalisation pouvait être utilisée comme un moyen de lutte pour l’indépendance nationale ! A l’instar d’AMADA, la clique scissionniste refuse de voir que nous sommes au stade de l’impérialisme, du capitalisme de monopole et non dans un pays du Tiers-Monde.

Pour eux, nationaliser les ACEC c’était se placer dans le sens de la lutte pour l’indépendance nationale. La reprise des ACEC ou de toute autre entreprise par l’Etat, ce serait la reprise par l’Etat de dictature des monopoles capitalistes de Belgique, c’est-à-dire y compris les monopoles à prépondérance étrangère. Une des caractéristiques de l’impérialisme, c’est précisément la part croissante de l’exportation des capitaux. Peut-on imaginer l’impérialisme belge s’en prenant aux capitaux étrangers dans notre pays sans déclencher immédiatement des représailles du même ordre de la part de l’impérialisme ou des impérialismes touchés en Belgique ?

La vérité, c’est que les révisionnistes du P.C.B. veulent faire admettre les nationalisations sous prétexte de lutte contre le chômage et les chefs de file scissionnistes, sous prétexte d’indépendance nationale. Mais les uns et les autres se livrent à la même besogne : habiller de belles couleurs trompeuses la croissance du capitalisme d’Etat.

Ces semeurs d’illusions ont reçu récemment un renfort de choix : AMADA aussi s’est rallié aux réformes de structure et aux nationalisations à condition que cela se fasse « sans aucun franc d’indemnisation ». Ce ralliement se fait au nom de la lutte contre la fraude et la spéculation et de la lutte pour l’emploi (voir « Tout le pouvoir aux travailleurs », n° 74 et suivants). C’est le ralliement aux sornettes des révisionnistes et des trotskystes et il n’est pas étonnant qu’il ait été accueilli avec joie par « La Gauche ».

AMADA semble attacher un prix particulier au fait que ces « réformes de structure » aient lieu sans indemnité. Ce qui importe, c’est la nature de l’Etat. L’Etat belge est l’Etat de la dictature de la bourgeoisie au stade monopoliste. Les nationalisations et autres réformes de structure renforcent le capital monopoliste d’Etat. C’est cela qui est essentiel et non la question des indemnités aux capitalistes. En Chine, par exemple, dans certains cas, on a accordé de telles indemnités mais là, l’Etat est un Etat de dictature du prolétariat.

En fait, ce nouveau retournement confirme qu’AMADA n’entend rien à la théorie marxiste de l’Etat.

Concrètement, l’extension du capitalisme d’Etat signifie une intégration plus poussée des syndicats au sein de l’appareil d’Etat, une mise hors la loi systématique du droit de grève et une menace accrue contre l’indépendance nationale. Car l’introduction de membres des appareils syndicaux dans les rouages de l’Etat permettra l’introduction de révisionnistes, dont au moins un certain nombre agiront comme une cinquième colonne du social-impérialisme soviétique.

De plus, cet Etat-patron des industries nationalisées peut-il être un patron d’un autre type que le patron privé ? Pas du tout. L’Etat-patron, c’est un patron comme les autres. Dans les secteurs qu’il gère, les rapports de production sont inchangés. Les nationalisations, ce n’est pas du socialisme parce que l’Etat reste l’Etat de la bourgeoisie et particulièrement l’Etat des monopoles capitalistes. C’est le renforcement du capitalisme d’Etat.

Cette évolution vers le capitalisme d’Etat est accentuée par la crise économique. Déjà dans les années ’30 la crise avait favorisé cette évolution. Pour cela il faut voir quel est le rôle que peut jouer la crise. Pendant une crise économique, pas mal d’entreprises sont en « difficulté », c’est-à-dire que les capitalistes voient leurs profits diminuer. En conséquence, ils exigent diverses aides de la part du gouvernement qui fait du secteur d’Etat un outil de relance du secteur privé, mais le secteur étatisé grandit néanmoins en valeur absolue et relative.

D’ailleurs, il est toujours bon en de tels problèmes de voir l’attitude que prennent les plus intelligents et les plus expérimentés de nos ennemis de classe. Qu’au fil des mois Agnelli, le PDG de la FIAT, Krupp, Dassault et Julien Charlier, le tout nouveau directeur général de Cockerill, en viennent à accepter l’idée de nationalisation, montre que celle-ci, bien loin de les gêner, renforce leurs entreprises. Que les pays et les régimes qui ont les premiers instauré et développé le holding public soient précisément l’Italie de Mussolini et l’Espagne de franco (un tiers de l’économie espagnole est contrôlée par un holding d’Etat) montre que les réformes de structure, loin de combattre la toute-puissance des capitalistes, constituent des pas en avant vers ce qui est leur aboutissement naturel, le capitalisme d’Etat.

En Belgique, en fait, les slogans de nationalisations, de régie, de holding public, non seulement constituent une duperie visant à dévier le combat de la classe ouvrière, mais ils sont franchement les slogans contre-révolutionnaires, que nous devons dénoncer et combattre avec énergie. Ils n’ont rien à voir avec le juste mot d’ordre de nationalisations dans les pays du Tiers-Monde accédant à l’indépendance politique et soustrayant ainsi des parties importantes de leur économie à la mainmise d’impérialismes étrangers et particulièrement à l’hégémonisme des deux super-puissances.

CHAPITRE IV

LE PARTI ET LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE

1. LE PARTI

Pour faire la révolution, le prolétariat doit disposer d’un parti révolutionnaire. Le prolétariat, pour reprendre les termes de Staline (classe des prolétaires, parti des prolétaires), représente dans la guerre contre la bourgeoisie l’armée des prolétaires et toute armée a besoin pour vaincre d’un Etat-Major unifié et centralisé. Pour l’armée des prolétaires, cet Etat-Major est représenté par le parti révolutionnaire. Mais la comparaison militaire réutilisée par Staline, largement éclairante en ce qui concerne les buts du Parti, n’est pas suffisante pour rendre compte de tous les principes divers qui régissent la vie du Parti ; elle est néanmoins assez riche que pour en couvrir une bonne partie.

« Ce qui précède montre suffisamment que le Parti des Prolétaires en tant que groupe de combat de dirigeants, doit en premier lieu être numériquement beaucoup plus restreint que la classe des prolétaires ; en second lieu se trouver pas sa conscience et son expérience à un niveau plus élevé que la classe des prolétaires, en troisième lieu constituer une organisation bien cohérente centralisée, afin que son activité puisse être régie par un plan unique ». (Staline, Œuvres, t. I, p. 64)

Cette citation de Staline a gardé une grande jeunesse. Elle est un acte d’accusation contre la clique scissionniste ayant sévi dans le Parti au même titre que la citation suivante :

« Donc, pour être un membre du Parti, il faut en appliquer le programme, la tactique et les principes d’organisation ; pour appliquer les principes du Parti, il faut lutter en leur faveur ; pour lutter en leur faveur, il faut travailler dans une organisation du Parti, travailler en commun avec le Parti. Il est clair que pour être membre du Parti il faut adhérer à l’une de ses organisations. Ce n’est qu’en adhérant à une organisation du Parti et en identifiant ainsi ses intérêts personnels avec ceux du Parti, que nous pouvons devenir membres du Parti en même temps que de véritables dirigeants de l’armée des prolétaires. Si notre Parti n’est pas un conglomérat d’isolées et de bavards, s’il est une organisation de dirigeants qui par l’entreprise du Comité Central conduit dignement en avant l’armée des prolétaires, tout ce qui précède va de soi.

Il faut encore ajouter quelque chose.

Jusqu’à ce jour notre Parti était semblable à une famille patriarcale hospitalière, prête à accueillir tous les sympathisants, mais maintenant il est devenu une organisation centralisée, il a dépouillé son caractère patriarcal et s’est totalement identifié à une forteresse dont les portes ne s’ouvrent que devant ceux qui en sont dignes ». (Staline, Œuvres, t. I, p. 67)

Nous pouvons y ajouter encore la critique de la position organisationnelle de Martov :

« Et en effet, pour Martov comme le montre sa formule, le Parti n’est pas une forteresse mais un banquet dont l’entrée est libre pour tous les sympathisants. Un peu de connaissances, autant de sympathie, un léger concours matériel et l’affaire est dans le sac ».

Il importe de souligner pourquoi nous, communistes, nous tenons tant à l’idée de Parti, pourquoi nous faisons de l’idée d’un Parti fort, une question de principe. Ce Parti n’est point simplement une organisation, et si le texte de Staline aborde surtout les aspects organisationnels, que nous pourrions appeler en quelque sorte techniques, il y a les aspects politiques dont les aspects organisationnels sont surtout des conséquences.

Il est clair que si le prolétariat doit construire son propre parti et l’édifier, c’est pour renverser complètement la bourgeoisie et les autres classes exploiteuses, c’est pour réaliser l’émancipation totale non seulement du prolétariat mais de toute l’humanité.

Déjà dans le « Manifeste du Parti Communiste », Marx et Engels déclaraient que le prolétariat ne saurait vraiment se libérer sans libérer toutes les autres classes exploitées, toute l’humanité. Ce parti n’est donc pas un parti de type corporatif qui lutterait uniquement pour l’amélioration du sort de la classe ouvrière, mais c’est le parti du prolétariat, parti révolutionnaire qui, par la révolution violente, veut réaliser l’instauration de la dictature du prolétariat, l’extinction de la bourgeoisie comme classe, et la suppression ultérieure de toutes les classes. Ainsi, il libérera non seulement le prolétariat mais aussi l’humanité tout entière. La défense ou non du caractère du Parti est donc importante, car ceux qui veulent transformer le Parti en son contraire, ceux qui nient un aspect ou un autre, un principe ou un autre de la conception communiste du Parti, ont déjà sombré dans la dégénérescence révisionniste.

Il est donc nécessaire de veiller à ce que les membres du Parti aient des positions justes et sachent exactement ce qu’il représente et ce qu’il est.

Le Parti est un organisme ; chaque membre en est une partie responsable de l’ensemble. Plus l’esprit du Parti sera fort chez le militant et plus sa conscience de la lutte de classe et de ce qu’est la ligne juste sera élevée.

Pour renforcer son esprit de Parti, le militant du Parti doit sans cesse renforcer son niveau idéologique, lire et étudier avec assiduité les œuvres des classiques du marxisme-léninisme et des grands auteurs marxistes ainsi que les documents de congrès et les brochures éditées par le Parti. Il doit s’efforcer de saisir la position prolétarienne, distinguer entre ce qui est juste et ce qui est faux, savoir reconnaître, par la pratique et l’enquête, la déviation et l’infiltration révisionnistes dans nos rangs.

Ce qui est fondamental, c’est le caractère prolétarien du Parti. Cela veut-il dire que le Parti doit être uniquement composé d’ouvriers, qu’un ouvrier parce qu’il est ouvrier est automatiquement révolutionnaire ? Lénine a défini au IIème Congrès de l’Internationale Communiste ce que devait être un parti prolétarien :

« Cela ne dépend pas seulement de la question de savoir s’il est composé d’ouvriers, mais également quels sont ceux qui le dirigent et quel est le caractère de son action et de sa tactique politique. Seuls ces derniers éléments nous permettent de juger si nous sommes en présence d’un véritable parti politique du prolétariat ». (Lénine, Œuvres, t. XXXI, p. 267)

Ce qui est essentiel, c’est la ligne politique suivie. Mao Tsé-toung a enseigné :

« La justesse de la ligne politique et idéologique est déterminante en tout ».

Il faut pour les militants du Parti pouvoir comprendre les phénomènes de la lutte de classe. Les chefs scissionnistes que le Parti a chassés de ses rangs ont pris appui sur la ligne pour attaquer cette même ligne ; ils ont trompé un petit nombre de militants sincères et les ont entraînés de leur côté. Ces militants ont pu être trompés parce qu’ils ne parvenaient pas à comprendre et à appliquer la ligne, parce qu’ils étaient d’une faiblesse idéologique telle qu’elle les poussait à refuser au Parti son rôle d’éducateur idéologique et politique ; ils se voyaient non comme avant-garde, mais comme suiveurs de la classe ouvrière ; ils ont sombré dans la dégénérescence idéologique et l’ouvriérisme le plus plat. Et ainsi ils en sont venus à seconder les traîtres au Parti.

Le Président Mao nous a appris que pour un révolutionnaire prolétarien, d’une mauvaise chose peut en naître une bonne. La récente lutte de ligne dans notre Parti a été un test favorable pour la cohésion politique, idéologique et organisationnelle du Parti. Les scissionnistes se sont trouvés isolés et n’ont pu rallier à eux qu’une partie de la régionale qu’ils contrôlaient lorsqu’ils étaient dans le Parti. Ils se sont démasqués comme des anti-communistes, ayant des liens suivis avec des trotskystes, se livrant à une activité contre-révolutionnaire. C’est pourquoi, au recueil de documents du 2ème Congrès, est jointe la résolution du Comité Central du 14 août 1976, approuvant l’analyse et les conclusions du Bureau Politique élargi du 24 juillet 1976.

Cette lutte est globalement positive car elle nous permet de faire un pas en avant dans le renforcement de notre Parti. Que malgré leur roublardise des éléments traîtres au marxisme-léninisme aient été dénoncés et démasqués de façon compréhensible pour la plupart des militants est un signe que notre Parti a gagné en maturité et que son niveau idéologique s’est renforcé. Nous sommes sortis de cette lutte en gagnant en cohésion et en dynamisme.

Cette lute nous a fait mieux comprendre les principes d’organisation léniniste du Parti.

Qu’enseignent les maîtres du marxisme-léninisme à ce sujet ? Tout d’abord que le Parti est plus restreint que la classe, qu’il doit se trouver à un niveau plus élevé que la classe et qu’il doit constituer un tout bien cohérent. Or ce raisonnement qui paraît évident aux marxistes-léninistes a été beaucoup critiqué par bien des générations d’opportunistes qui n’ont jamais fait, sous une forme ou sous une autre, que répéter les âneries proférées déjà par Martov voici près de trois-quarts de siècle. Les ultra-démocratistes qui récemment dans notre Parti prétendaient soumettre une organisation clandestine du Parti au « contrôle de la base » ne faisaient en réalité rien d’autre, à longue échéance, que de dissoudre le Parti et sa structure clandestine dans la classe elle-même ; ce sont les mêmes qui niaient la nécessité d’une organisation bien cohérente qui prétendaient avoir le droit de défendre une ligne différente de celle du Parti sous prétexte de démocratie. Or ces éléments anti-Parti faisaient semblant de s’appuyer sur la ligne pour l’attaquer, et leurs attaques ont surtout été vives au niveau de l’organisation car, sous peine d’être immédiatement démasqués, ils n’osaient pas attaquer la ligne de front. Nous les avons vu refuser la ligne organisationnelle, ne pas s’organiser en cellules, ou bien organiser des cellules dans lesquelles les participants ne savaient pas s’ils étaient sympathisants ou militants ! Une des « théories » de ce groupe anti-Parti était l’ouvriérisme et le refus des principes d’organisation. Or l’ouvriérisme est une erreur grave, très grave même, car elle suppose une classe ouvrière idéalisée, imperméable aux influences de la bourgeoisie et de son idéologie alors que Marx a bien fait remarquer que dans une société quelconque « l’idéologie dominante est toujours celle de la classe dominante ». L’ouvriérisme est indirectement stigmatisé par Staline lorsqu’il écrit :

« ... tant qu’existera le régime capitaliste avec ses corollaires la misère et l’état arriéré des masses populaires, le prolétariat ne pourra dans sa totalité s’élever au niveau de conscience désirable ». (Extrait cité).

Le Parti a donc un rôle d’éducateur, de formateur. Le Parti doit élever le niveau de conscience de la classe ouvrière et le Parti doit aussi élever le niveau idéologique dans ses propres rangs afin d’éviter de telles tendances déviationnistes.

La lutte contre les déviationnistes droitiers qui se sont transformés en une petite clique de scissionnistes anti-Parti a souligné aussi combien Staline a raison quand il stigmatise ceux pour qui « …le Parti n’est pas une forteresse mais un banquet dont l’entrée est libre pour tous les sympathisants ».

Cette position défendue par Martov au début du siècle, défendue par des générations d’opportunistes et qui a triomphé aujourd’hui dans le P.C.B. révisionniste a été défendue par les chefs de file scissionnistes qui permettaient à n’importe qui de venir à leurs réunions, pour autant qu’il soit aimable, sympathique, agréable ou parce qu’il savait boire un bon coup. C’était, comme disaient l’un d’eux, un parti de « joyeux lurons ».

On a vu où cela les a conduits.

Un Parti Communiste ne peut pas tolérer de tels éléments dans ses rangs. Il doit pourchasser ce genre d’attitudes et si les éléments en question ne comprennent pas, après que tout ait été tenté, il faut les chasser du Parti, car lorsqu’un militant refuse pour des raisons d’opportunité personnelle de changer son mode de vie, ses relations et son comportement ultra-démocratique vis-à-vis du Parti et de ses structures, c’est qu’il y a anguille sous roche et qu’il est prêt à attaquer la ligne, c’est dès lors qu’il glisse vers les marais de l’opportunisme, du révisionnisme et du trotskysme.

2. LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE

Notre Parti est organisé en cellules, sous la direction du Comité Central. Ce Comité Central est élu par le Congrès, émanation des cellules. La plupart de ces cellules sont organisées en un échelon intermédiaire qui est l’organisation régionale du Parti.

Au sommet de la pyramide se trouve le Comité Central. C’est lui qui dirige le Parti entre deux Congrès, selon la ligne définie par le Congrès. Entre deux réunions du Comité Central, le Bureau Politique élu par le Comité Central remplit ses fonctions.

Il y a un secrétariat du Comité Central. Celui-ci est l’exécutif du Comité Central et du Bureau Politique et il leur est subordonné. Le Premier secrétaire du Comité Central n’a pas une simple tâche administrative, il est le premier dirigeant du Parti, son secrétaire politique, son porte-parole autorisé en Belgique et à l’étranger.

Lorsqu’une question importante se pose, le Comité Central peut convoquer une conférence Nationale qui est une ample consultation précédée d’une étude et d’une enquête en profondeur à laquelle est associé l’ensemble des organisations du Parti. Ses conclusions éclairent le Comité Central sur la décision à prendre.

Le courant ultra-démocratique vise à saper la discipline du Parti. Il veut réduite les rôles du Premier secrétaire et du Bureau Politique à de simples rôles figuratifs quand il ne veut pas purement et simplement les supprimer ; il veut un Comité Central qui soit soumis à une « base » spontanéiste et non organisée. En fait il vise à transformer le Parti, organisation basée sur le centralisme démocratique, fortement disciplinée, en son contraire, une sorte de magma anarchiste, ultra-démocratique, où chacun agit selon son bon plaisir.

Le centralisme démocratique est un mode d’organisation, un moyen d’unification du Parti. Ceux qui veulent saboter le Parti tentent toujours de s’attaquer au principe de la centralisation du Parti.

Dans l’attaque des scissionnistes, comme ils n’osaient s’en prendre ni à la ligne ni au principe du centralisme démocratique, ils s’en sont pris de manière particulièrement répugnante au Premier secrétaire, puis au Bureau politique, les accusant l’un et l’autre d’exercer une dictature bonapartiste sur le Parti. S’ils avaient réussi dans leur tentative, ils s’en seraient certainement pris par après plus directement au principe du centralisme démocratique, c’est-à-dire de la direction centralisée du Parti.

Le Président Mao a toujours enseigné que l’histoire de la lutte entre les deux lignes au sein du Parti se ramène à la question de savoir si on consolide et renforce la direction du Parti ou si au contraire on l’affaiblit ou on la sabote.

La question du centralisme démocratique est donc des plus importantes pour nous, mais il ne suffit pas d’affirmer que le centralisme démocratique régit tout le Parti des organes de base aux organes supérieurs, des cellules au Bureau Politique et au Premier secrétaire, il faut également l’appliquer correctement. Il ne doit pas se transformer en centralisme bureaucratique, car cela nuit au bon fonctionnement du Parti, les décisions n’étant pas comprises. Le centralisme bureaucratique est caractéristique des partis sombrant dans le révisionnisme. Il ne doit pas se transformer non plus en « démocratie centralisée » car en fait il s’agit d’ultra-démocratisme. L’on en vient vite à un Parti non centralisé mais soi-disant démocratique et c’est la chute libre vers l’auto-destruction du Parti.

L’existence d’un parti fortement centralisé et discipliné est d’autant plus nécessaire que nous devons être à même de combiner le travail légal et le travail illégal, de déjouer les pièges de l’ennemi de classe et de passer sans dommage, si c’est nécessaire, à une forme d’organisation capable de faire face au terrorisme fasciste ou social-fasciste.

Comme l’enseigne Lénine :

« ... Un parti communiste ne saurait faire son devoir que s’il est organisé de la manière la plus centralisée, s’il y règne une discipline de fer confinant à la discipline militaire, et si son organisme central est puissant, nanti de pouvoirs étendus et jouissant d’une autorité morale et de la confiance unanime de ses membres ». (Lénine, tome 31, p. 214)

Contrairement à ce que pensent les anarchistes et ceux qui restent fondamentalement des anarchistes même en se disant communistes, le Parti n’est pas un creuset de démocratie petite-bourgeoise, le Parti est l’instrument qui permettra la victoire du prolétariat sur ses ennemis et qui après cette victoire dirigera l’Etat de dictature du prolétariat. Le Parti est une machine de guerre et non un cénacle de discussions stériles. Le Parti est l’avant-garde de la classe ouvrière.

3. LA LIGNE DE MASSE ET LE FRONT

Le rôle du Parti est de diriger la classe ouvrière. Lénine dit que le Parti ne peut être un parti véritable s’il se borne à enregistrer ce qu’éprouve et pense la masse de la classe ouvrière, s’il se traîne à la remorque du mouvement spontané, s’il ne sait pas surmonter la routine et l’indifférence politique du mouvement spontané, s’il ne peut s’élever au-dessus des intérêts momentanés du prolétariat, s’il ne sait pas élever les masses au niveau de la compréhension des intérêts de classe du prolétariat.

Le spontanéisme est un des pires ennemis du combat du parti de la classe ouvrière. Dans le spontanéisme, le Parti suit. Or, ce n’est pas suivre qu’il faut faire, c’est diriger. La lutte des classes est une guerre, une guerre quotidienne qui a des moments d’accalmie apparente, mais aussi et surtout des moments de lutte vive et dure et des moments sanglants. Et pour conduire une guerre, il faut un état-major ; le parti est l’état-major de la classe ouvrière.

En même temps que le Parti dirige la classe ouvrière, il est une partie de la classe. Il se rattache à la classe. Donc le Parti est à la fois distinct et identique. Il est distinct en ce sens qu’il dirige la classe et qu’il n’est pas tout à fait comme le reste de la classe puisqu’il la dirige, qu’il voit mieux les choses que la classe et en même temps, il est identique parce qu’il est dans la classe. Si c’est une guerre que nous faisons, le Parti doit être un détachement organisé, discipliné et c’est toute la question du centralisme démocratique qui est, nous l’avons montré, un principe essentiel, sans lequel il n’y a pas de victoire possible.

Pour la survie et l’édification de notre Parti, il est nécessaire qu’il soit dans les masses. Le Président Mao enseigne que les communistes doivent être dans les masses comme un poisson dans l’eau.

Il ne suffit donc pas que notre Parti soit fortement organisé, discipliné, selon les principes du centralisme démocratique pour que sa fonction de parti révolutionnaire soit remplie. Notre Parti ne peut faire la révolution tout seul, car ce sont les masses qui font la révolution.

Le Président Mao a souligné :

« Si nous tenions à passer à l’offensive alors que les masses n’ont pas encore pris conscience, ce serait de l’aventurisme. Si nous voulions à toute force amener les masses à faire quelque chose contre leur gré, nous échouerions à coup sûr ».

Et le camarade Enver Hodja a affirmé nettement :

« La révolution est l’œuvre des masses. Si les masses ne sont pas convaincues de la nécessité de la révolution, si elles ne se préparent pas, ne se mobilisent pas, et ne s’organisent pas, aucune révolution ne peut triompher ».

Se lier aux masses signifie concrètement pour nos militants être proches des masses dans leur mode de vie, de pensée, s’habituer à penser et réfléchir avec les masses, mais aussi en même temps jouer le rôle d’éducateurs politiques et idéologiques de la classe ouvrière et des masses populaires. La liaison avec les masses implique donc d’être à l’écoute de toutes les aspirations des masses, mais aussi de faire don aux masses par le travail de propagande et d’éducation de toute l’expérience du mouvement communiste et d’être animé de l’esprit d’oser lutter pour combattre les tendances fausses et les idées fausses répandues par l’idéologie bourgeoise au sein de la classe ouvrière et des masses populaires.

Le Président Mao a souligné cela lors du VIIème Congrès du Parti Communiste Chinois (avril 1945) :

« Notre Congrès doit appeler le Parti à redoubler de vigilance, à veiller à ce que pas un seul camarade, à quelque poste que ce soit, ne se coupe des masses. Il faut apprendre à chaque camarade à aimer ardemment les masses populaires, à prêter une oreille attentive à leur voix, à s’intégrer aux masses où qu’il aille, à se confondre avec elles et non se placer au-dessus d’elles : à les éveiller ou à élever leur conscience politique en tenant compte de leur niveau ; et, selon le principe du libre consentement, à aider les masses à s’organiser progressivement et à développer graduellement toutes les luttes nécessaires que permettent les conditions internes et externes du lieu et du moment donné ».

Dans notre pays où la classe ouvrière représente la moitié de la population, à laquelle il faut encore ajouter des couches sociales semi-prolétariennes très proches de la classe ouvrière, de ses conditions de vie, se lier aux masses signifie prioritairement se lier à la classe ouvrière.

A côté du Parti qui est l’organisation dirigeante, il y a d’autres organisations de la classe ouvrière. Les syndicats, ce sont eux que nous rencontrons le plus souvent ; le taux de syndicalisation et exceptionnellement élevé en Belgique et même si c’est le résultat d’une syndicalisation devenue presque obligatoire, nous devons en tenir compte et nous trouver là où sont les masses, donc y compris dans les syndicats réactionnaires. Les masses ouvrières et travailleuses, nous pouvons les retrouver dans des organisations de défense de quartiers, de régions, dans des organisations culturelles, sportives, de loisir… Toutes ces organisations sont nécessaires parce qu’elles remplissent un rôle dans la vie des travailleurs.

Le Parti doit être présent dans les organisations de masse. Pourquoi ? Parce que c’est là que l’on entend parler les ouvriers, que l’on entend parler les masses, que l’on sait comment elles vivent, qu’on connaît leurs aspirations, leur façon d’agir, qu’on ramène les idées des masses, et c’est le rôle du Parti de synthétiser ces idées de masses.

C’est le rôle du Parti, une fois qu’il a synthétiser les idées des masses, qu’il en a tiré une ligne, une stratégie, une tactique, de retourner dans les masses pour faire passer les idées du Parti.

Le Parti doit être le dirigeant des organisations de masse. Mais voilà un principe dont l’application ne tombe pas du ciel. Même lorsque nous serons au pouvoir, il y aura des organisations de masse dans lesquelles nous n’aurons pas la direction, où nous devrons lutter contre la bourgeoisie pour lui arracher la direction. Par exemple en URSS, lorsque le pouvoir était pris, les bolcheviks ont dû lutter durement dans certains syndicats pour arracher le pouvoir aux mencheviks.

Diriger l’organisation de masse, c’est quelque chose qui revient au Parti mais pas de droit divin. C’est quelque chose qui résulte de la justesse de sa ligne, de l’aptitude de ses militants, de leur façon de servir le peuple.

Il y a une règle que Lénine et Mao Tsé-toung, ont toujours mise en avant : la confiance de la classe ouvrière ne s’acquiert pas par la violence : au contraire, si on veut forcer la main aux masses, à la classe ouvrière, on détruit la confiance de celles-ci. La confiance de la classe ouvrière ne s’acquiert qu’en convainquant, qu’en discutant, et donc qu’en étant fort théoriquement, qu’en étant dévoué au Parti. La direction, dit Lénine, c’est l’aptitude à convaincre. Ce n’est pas facile, cela demande avant tout une solide formation idéologique.

Il ne s’agit pas seulement pour les communistes d’instruire les masses. Les communistes instruisent les masses, c’est évident, puisqu’ils sont des communistes, puisqu’ils savent des choses que les masses ne savent pas. Mais ils s’instruisent auprès d’elles. Voilà aussi une chose sur laquelle le Président Mao insiste beaucoup. Il faut donc gagner la confiance des masses, s’éduquer auprès d’elles, car elles savent beaucoup de choses que nous ne savons pas.

4. LE FRONT OUVRIER ET LES COMITES DE LUTTE SYNDICALE

Le premier front que nous avons à constituer, celui où nous pouvons nous mettre à la tâche dès maintenant, alors même que nous sommes encore un petit parti, c’est le front de type front ouvrier et, plus particulièrement, la constitution de Comités de Lutte Syndicale.

Nous ne reprendrons plus ici une analyse que nous avons déjà faite et dont la pratique a montré l’exactitude : l’intégration de plus en plus poussée des appareils syndicaux à l’Etat capitaliste, au point qu’il se forme un véritable corporatisme d’Etat. Même au niveau des usines, les directions syndicales participent à l’exploitation et à l’oppression capitalistes par la pratique de la paix sociale ; en freinant, déviant, brisant les luttes de classes, en éliminant les délégués les plus combatifs ; en participant à la mise hors-la-loi du droit de grève.

Dans les conclusions que nous avons tirées de notre analyse, nous avons dit que nous devions nous garder du sectarisme qui se caractérise par la renonciation à militer dans les syndicats du régime, où se trouvent la majorité des ouvriers, des employés ... et nous garder de l’opportunisme qui consiste à nourrir des illusions au sujet des syndicats, de leur rôle et de la possibilité de les récupérer.

Le danger opportuniste, nous croyons pouvoir dire que nous l’avons combattu sans ménagement et que nous n’y sommes pas sombrés.

Le danger sectaire nous l’avons rencontré au sein de l’organisation Union Ouvrière–Arbeiders Unie, dont les mérites sont immenses : elle a rendu de grands services dans l’analyse du rôle du syndicalisme réactionnaire et du syndicalisme révolutionnaire en Belgique. Mais le Parti a dû conduire une longue lutte contre les tendances sectaires de cette organisation, contre le refus des principaux de ses dirigeants à militer dans les syndicats du régime. Si nous avons fait triompher la ligne juste auprès d’un certain nombre de militants d’Union Ouvrière-Arbeiders Unie, nous n’avons pas réussi complètement, loin s’en faut, puisque cette organisation a sombré dans le sectarisme le plus marqué et s’est isolée de plus en plus. A cela s’est ajoutée une conception erronée des rapports entre Parti et organisation de masse. Tous ces faits ont conduit à ce que les contradictions sont devenues antagonistes. Dans cette lutte, le Parti a rectifié des tendances gauchistes qu’il n’avait parfois pas évitées comme de laisser croire que militer dans « Union Ouvrière », pouvait dispenser de militer dans les syndicats du régime.

La ligne du syndicalisme révolutionnaire que nous avons développée antérieurement était juste. C’est pourquoi nous avons, là où c’était possible, contribué à la constitution des Comités de Lutte Syndicale qui s’inspirent de l’expérience glorieuse des C.L.S. de l’occupation hitlérienne, et dont le but est d’impulser la pratique du syndicalisme révolutionnaire, dans ou hors des syndicats du régime. Les C.L.S. existent déjà dans plusieurs entreprises, parfois dans des formes embryonnaires, parfois dans des formes plus structurées ; ils impulsent le combat de classe, sont basés sur la plus large démocratie et fonctionnent clandestinement, faute de quoi ils deviennent inévitablement la cible d’une double répression : celle des patrons, celle des directions syndicales. Les Comités de Lutte Syndicale sont une structure syndicale parallèle, révolutionnaire et clandestine.

Dans les C.L.S. on retrouve des militants du Parti, des sympathisants, des non-membres du Parti et même des ouvriers qui se présentent en adversaires du Parti dans d’autres domaines. Le C.L.S. impulse les luttes de type économique dans l’usine ; il mène le combat pour les revendications immédiates et en ce qu’il est révolutionnaire, il participe au combat politique pour renverser le capital et son Etat.

Mais il est clair que si le C.L.S. est une courroie de transmission entre le Parti et les masses, la cellule ne peut en aucun cas se confondre organisationnellement avec le C.L.S.

5. LES AUTRES ORGANISATIONS DE MASSE

Le Parti doit en toutes circonstances pratiquer la politique de Front Uni, selon les principes que le Président Mao a magistralement énoncés.

Cela signifie concrètement que nous devons en finir une bonne fois pour toutes avec la pratique des organisations de masses-bidon (quelques comparses autour de quelques membres du Parti) telles que nous les avons vues fleurir dans le Parti révisionniste ou sous la direction de Grippa. Nous avons vu la petite clique des scissionnistes remettre ces pratiques à l’honneur en divers domaines, le CILA étant même une sorte de chef-d’œuvre caricatural en la matière puisqu’il ne s’est jamais composé que d’un seul membre !

Des organisations de masse peuvent être peu nombreuses en membres mais n’être créées qu’après une enquête montrant leur nécessité et à ce moment, il faut les conduire avec audace. Déjà cela, c’est la pratique du Front Uni qui ne s’applique pas nécessairement immédiatement sur une vaste échelle que nous pouvons et devons pratiquer tous les jours de la façon la plus constante.

Il faut bien avoir à l’esprit que le Front Uni, c’est l’alliance qu’on fait avec l’ennemi contre un ennemi plus puissant, contre un ennemi qui est considéré comme la cible à un moment donné. Le Front Uni peut donc s’étendre très loin. Rappelons-nous le passage célèbre de Lénine dans la « Maladie infantile du Communisme, le gauchisme », dans lequel il est dit qu’il faut savoir biaiser, qu’il faut pouvoir s’allier avec certaines bourgeoisies contre d’autres, etc, et c’est une chose qui n’est pas facile à faire.

Il faut bien distinguer le Front et le Parti, ne pas reléguer le Parti au second plan, veiller à ce que le Parti se substitue au Front.

La pratique du Front Uni, c’est :

« Pas d’union sans la lutte, et pas de lutte sans union ».

C’est l’alliance avec des gens toujours prêts à renverser les alliances et à jouer des contradictions qui se trouvent parmi la classe ouvrière. D’où encore une fois, la nécessité de s’en tenir fermement à la ligne, d’avoir une formation idéologique solide.

Dans cette question de liaison avec les masses, de la constitution d’un front uni, nous ne devons jamais perdre de vue le double aspect des choses et nous rappeler toujours que le Parti réalise cette liaison dans le but de jeter les bases de la lutte armée et du rôle hégémonique du prolétariat. Tout en ayant en tête la réalisation du plus large front uni pour frapper l’ennemi principal, nous préparons la lutte armée du prolétariat dans le but de l’instauration de la dictature du prolétariat.

 RAPPORT SUR LES MODIFICATIONS DE STATUS PRESENTES AU DEUXIEME CONGRES DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LENINISTE DE BELGIQUE

Camarades,

J’ai été chargé par le Comité Central de présenter le rapport sur les modifications aux statuts du Parti devant le Deuxième Congrès.

Des aspects importants qui sont à la base des modifications proposées ont déjà été analysés dans le rapport politique présenté par le Premier secrétaire du Comité Central. Ces aspects ont également été traités en profondeur dans les projets de thèses, qui ont été étudiés, et au besoin amendés par tout le Parti. Je tenterai donc de ne pas répéter ce qui a déjà été dit.

Dans la lutte entre les deux lignes, la lutte de classe qui a fait rage dans le Parti, nous avons pu constater quelle était l’importance des thèses qui sont à la base de la ligne du Parti et de sa juste application ; quelle est l’importance des statuts qui sont l’application organisationnelle de la structure et de l’édification du Parti.

La ligne du Parti, c’est le plus important, car les meilleurs statuts ne peuvent d’aucune façon rendre juste une ligne fausse. Mais des statuts incomplets ou mauvais peuvent provoquer beaucoup de dégâts dans la juste application de la ligne du Parti, voire dans des circonstances données, être à l’origine de la perte de camarades et du contact du Parti avec les masses.

Dans la lutte contre la petite clique scissionniste et anti-parti, nous avons pu constater comment, pour édifier leur scission, ses chefs de file ont su habilement employer les lacunes existant dans les statuts. Mais ils savaient aussi, et ceci est important, exploiter le manque de connaissance des statuts parmi certains camarades du Parti, et ils en faisaient usage pour combattre le centralisme démocratique et la direction du Parti, pour saper la discipline.

C’est pourquoi la commission qui avait pour tâche de modifier les statuts a particulièrement porté son attention sur le centralisme démocratique.

Au chapitre 3 a été ajouté l’article 12 qui explique la démocratie ainsi que le centralisme à l’intérieur du Parti et combat le libéralisme.

Dans l’article 15 des statuts précédents, il était dit : « Dans l’application des règles du centralisme démocratique, il (le Parti) doit faire preuve d’une grande souplesse ». Nous savons tous comment la clique scissionniste anti-parti a employé ce passage pour attaquer les décisions du Bureau Politique, du Comité Central et de son Premier secrétaire, et pour les nier. Un des leurs allait même jusqu’à se revendiquer de ce passage pour déclarer ouvertement qu’au stade actuel de l’édification du Parti, le centralisme démocratique n’était pas d’application et que les membres pouvaient agir comme bon leur semble, que les décisions de la direction du Parti pouvaient être considérées comme lettre morte. C’est pourquoi ce passage a été supprimé dans l’actuel article 16.

Point n’est besoin de démontrer que le centralisme démocratique, sous toutes les conditions, reste toujours d’application, et qu’on ne peut le restreindre sous aucun prétexte au risque de détruire le Parti.

Le chapitre 7 intitulé « Le Comité Central du Parti » a été élargi de plusieurs articles qui définissent les compétences et les devoirs des différents organes dirigeants du Parti, sans que leur énumération soit restrictive. Il apparaissait nécessaire de faire cela car chez beaucoup de camarades subsiste encore une connaissance insuffisante du rôle des organes dirigeants du Parti, de leur rôle, de leurs compétences et de leurs obligations. Les scissionnistes ont pu amplement exploiter ce manque de connaissance dans leurs actions anti-parti.

En ce qui concerne la vigilance, a été ajouté l’article 27 qui prévoit la suspension et ce que cela signifie. La suspension était déjà appliquée dans le Parti, tant à la base qu’au sommet.

Dans certains cas, elle ne fut pas comprise correctement. Ainsi !es scissionnistes ont, quand ils ont été suspendus de leurs fonctions au Bureau Politique, prétendu qu’ils en avait été destitués. Ils espéraient par ces assertions mensongères faire douter les camarades des mesures justes appliquées par la direction du Parti.

L’ancien article 25, qui est devenu l’article 28, a été entièrement repris. Il est certain que la petite clique scissionniste anti-parti a abusé de la leçon du Président Mao :

« ...guérir la maladie, pour sauver l’homme... ».

La direction du Parti a agi correctement quand elle a tenté jusqu’au dernier moment de mettre cette recommandation du Président Mao en application. Dans « sur les dix grands rapports », le point VIII « Le rapport entre la révolution et la contre-révolution » et le point IX « le rapport entre ce qui est juste et ce qui est faux », le Président Mao traite largement du problème de la répression et de la lutte contre les contre-révolutionnaires ainsi que de l’aide et de l’éducation à donner aux camarades qui se sont trompés. Il écrit :

« L’homme a toujours besoin d’aide. Cela s’applique aux gens qui ne se sont pas rendus coupables d’erreurs et d’autant plus à ceux qui en ont commis. Il semble que l’homme n’est pas infaillible, il est plus ou moins sujet à l’erreur. Quand quelqu’un en a commis une, il faut lui venir en aide. Se borner à l’observer est une attitude passive ; Il convient de créer toutes sortes de conditions pour l’aider à se corriger. Une nette distinction doit absolument être établie entre ce qui est juste et ce qui est faux, car la controverse sur tout problème de principe dans le Parti est un reflet, au sein du Parti, de la lutte de classe dans la société, et elle ne souffre pas d’ambiguïté. Que nous adressions selon les cas aux camarades ayant commis des erreurs des critiques appropriées et bien fondées et engagions même une lutte nécessaire contre eux, cela est normal et a pour but de les aider à corriger leurs erreurs. Se réjouir de leur infortune au lieu de leur prêter assistance, c’est là une attitude sectaire ».

Même si certains, avec des intentions contre-révolutionnaires, pourraient abuser de cette position, nous estimons qu’elle doit être maintenue car elle reflète un point important de la morale communiste.

Dans la lutte entre les deux lignes, les positions ouvriéristes de la petite clique scissionniste se sont montrées au grand jour. Cela ne peut nous étonner. Depuis le début du mouvement ouvrier de telles positions ont toujours été avancées par les représentants de la petite-bourgeoisie. Déjà lors de la Première Internationale, Marx a dû mener une lutte acharnée contre la sections de Paris, influencée par le proudhonisme, qui, par son porte-parole Tolain, élevait la prétention que seuls des ouvriers manuels pouvaient être portés à des fonctions dirigeantes dans l’Internationale. Nous connaissons la lutte que Lénine a dû mener contre Martov qui prétendait que tout ouvrier ayant participé à une grève était automatiquement membre du Parti. Pour éviter tout malentendu sur le rôle du Parti, la commission a modifié l’article 5 en rappelant l’enseignement de Lénine que c’est le Parti qui apporte la conscience de classe à la classe ouvrière.

Lors d’un Congrès, apporter des modifications aux statuts du Parti est une chose nécessaire et bonne. C’est, d’une part, le reflet du procès de maturation du Parti. D’autre part cela crée l’obligation nécessaire pour chaque camarade d’étudier en profondeur les statuts et les modifications proposées, individuellement et en groupe, et de les discuter. Si tout le Parti, chaque camarade, connaît à fond les statuts, ceux-ci seront une arme acérée et sans merci dans la lutte de classe.

VIVE LA LUTTE DE CLASSE !

VIVE LA DICTATURE DU PROLETARIAT !

VIVE LE DEUXIEME CONGRES DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LENINISTE DE BELGIQUE !


 PROGRAMME GÉNÉRAL ET STATUTS DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE

1. PROGRAMME GENERAL DU PARTI

ARTICLE 1. − Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique est un Parti révolutionnaire prolétarien ; il constitue le détachement d’avant-garde du prolétariat.

ARTICLE 2. − 11 a pour tâche de renverser la classe des capitalistes et toutes les autres classes exploiteuses, de substituer la dictature du prolétariat à la dictature de la bourgeoisie qui, dans notre pays, revêt la forme d’une démocratie parlementaire. Ainsi pourra être réalisé le socialisme, étape vers la société communiste.

ARTICLE 3. − Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique a pour fondement théorique le marxisme, le léninisme. la pensée-maotsétoung ; il se donne pour tâche d’en appliquer les enseignements universels aux conditions concrètes de la Belgique.

ARTICLE 4. − Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique est composé d’éléments avancés de la classe ouvrière auxquels se joignent les éléments révolutionnaires animés par l’idéologie prolétarienne issus d’autres couches travailleuses.

ARTICLE 5. − L’attitude à l’égard de la classe ouvrière et son rôle dirigeant est la pierre de touche pour tous les révolutionnaires. Le Parti est la forme la plus élevée de l’organisation de la classe ouvrière ; c’est le Parti qui apporte la conscience de la classe à la classe ouvrière. La conception selon laquelle le Parti doit suivre la classe ouvrière est une conception révisionniste parce qu’elle fait du Parti une arrière-garde ; la conception que le Parti ne peut être construit qu’à partir de noyaux petits-bourgeois intellectuels et étudiants apportant la lumière à la classe ouvrière est une autre conception révisionniste parce qu’elle fait du Parti un parti petit-bourgeois oscillant constamment entre l’opportunisme et l’aventurisme. Ces deux conceptions sont étrangères au marxisme-léninisme, à la pensée-maotsétoung et doivent être combattues avec fermeté.

ARTICLE 6. −La révolution est l’œuvre des masses et elle ne se fera pas si celles-ci ne sont pas convaincues de sa nécessité. Pour conduire la révolution, le Parti doit se lier aux masses. Le travail parmi les masses, en utilisant toutes \es formes de luttes, légales et illégales, est la condition essentielle de la vie du Parti.

ARTICLE 7. − Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique est fermement attaché à l’internationalisme prolétarien. Il est indissolublement uni avec les Partis et organisations marxistes-léninistes du monde entier. Il est solidaire du prolétariat mondial, de tous les peuples et nations opprimés en lutte contre l’impérialisme, le social-impérialisme et toute la réaction.

2. LES MEMBRES DU PARTI

ARTICLE 8.− Peut être membre du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique tout ouvrier, paysan travailleur, employé, intellectuel, révolutionnaire, ou tout autre travailleur qui reconnaît le programme du Parti, en accepte les statuts, adhère à une organisation de base (cellule) et y milite activement, applique les décisions du Parti, en observe la discipline et acquitte ses cotisations.

ARTICLE 9.− Le travailleur qui demande à entrer au Parti doit suivre la procédure d’admission individuelle. La cellule s’assurera que ce candidat, par sa vie privée et professionnelle et par son esprit de solidarité, est digne d’être membre du Parti. Sa demande devra être acceptée par l’assemblée générale de la cellule.

L’admission se fait d’abord comme membre stagiaire. La période de stage est de six mois. Elle peut être prolongée par décision de la cellule. A l’issue de cette période, la cellule se prononce sur l’admission effective dans les rangs du Parti avec l’accord du Comité Central. Bien que participant aux activités du Parti et ayant plein droit de faire des propositions, de discuter et de critiquer, le stagiaire n’a pas droit de vote.

ARTICLE 10. – Tout membre du Parti a pour devoir :

a) d’étudier et d’appliquer de façon vivante le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung.

b) de lutter pour les intérêts de la classe ouvrière et de l’immense majorité des travailleurs.

c) de s’unir aux masses, notamment de militer, sous la direction du Parti, dans une organisation de masse.

d) de respecter la discipline du Parti et de préserver l’unité du Parti comme la prunelle de ses yeux.

e) de pratiquer à tout moment avec courage la critique et l’autocritique.

3. LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE

ARTICLE 11. − Le principe d’organisation du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique est le centralisme démocratique :

a) Tous les organes de direction, à tous les échelons sont élus par voie de consultation, soit au sein d’assemblées générales, soit au sein des congrès.

b) Tous les membres du Parti, quelle que soit la fonction qu’ils remplissent, doivent respecter la discipline du Parti.

Le membre doit se soumettre à l’assemblée de sa cellule de base ; la minorité à la majorité, l’échelon inférieur à l’échelon supérieur et l’ensemble du Parti au Comité Central.

c) Les organes de direction à tous les échelons doivent régulièrement rendre compte de leur activité aux congrès et aux assemblées générales, recueillir constamment l’opinion des masses là où ils travaillent, où ils vivent, où ils militent. Ils doivent assurer le contrôle des tâches.

d) Tout membre du Parti a le droit et le devoir de soumettre à l’assemblée de sa cellule et à tous les échelons du Parti des suggestions et des critiques.

e) Tout membre qui est en désaccord avec les décisions ou l’activité des organisations du Parti est autorisé à réserver son opinion, il a le droit de s’adresser directement aux échelons supérieurs.

ARTICLE 12. − La lutte entre les deux lignes au sein du Parti est une constante de la vie du Parti. Lutte entre les deux lignes ne signifie pas tolérance de la ligne bourgeoise. Celle-ci doit être définie, isolée, combattue et éliminée au sein du Parti.

Les communistes ne peuvent sous prétexte de lutte entre les deux lignes défendre des positions différentes de celle du Parti à l’extérieur de celui-ci, saboter le travail du Parti ou avoir une attitude libérale vis-à-vis de ligne erronées ou de leur représentant. Néanmoins à l’intérieur du Parti et de ses organisations les militants doivent discuter la ligne du Parti. Une fois la discussion terminée, la discipline doit être totale.

4. L’ORGANISATION DE BASE

ARTICLE 13. − La cellule est l’organisation de base du Parti. Elle est constituée de préférence sur la base de l’entreprise mais aussi des quartiers, des écoles, à l’armée.

ARTICLE 14. − La cellule se réunit régulièrement et chaque fois qu’il est nécessaire. L’assemblée de la cellule désigne un responsable politique. Si la cellule atteint un nombre de membres suffisant, elle désigne un comité. Il appartient au responsable ou au comité de proposer l’ordre du jour de la réunion ; celui-ci sera fixé définitivement par l’assemblée de la cellule au début de la séance.

ARTICLE 15. − Les cellules ont pour tâche fondamentale la réalisation de la politique du Parti, elles développent dans ce sens les actions de propagande, d’agitation et d’organisation.

Il appartient à la cellule de veiller avec un soin attentif à l’éducation politique et idéologique de ses membres en liaison avec la pratique révolutionnaire prolétarienne, de se lier étroitement aux masses, de discuter d la vie du Parti, de faire des suggestions et des critiques.

La cellule recrute de nouveaux membres et les entraîne dans la lutte du Parti.

5. LA STRUCTURE DU PARTI

ARTICLE 16. – Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique est un parti en construction. Le Comité Central veille à établir, au fur et à mesure des nécessités, les organismes indispensables, simples et efficaces qui règlent les affaires courantes du Parti. Là où le développement du Parti a atteint un niveau suffisant, il est constitué une organisation régionale. L’assemblée générale de la régionale désigne le comité régional. L’assemblée générale de la régionale se réunit au moins une fois tous les trois mois.

Le comité régional et l’assemblée générale de la régionale veillent à la constitution, au bon fonctionnement des cellules de base, à construire les organisations de masse correspondant aux conditions de la région. Ils dirigent la réalisation de la politique du Parti, les actions de propagande, d’agitation, d’organisation sur le territoire de la région.

Dans les régions où le développement du Parti n’a pas atteint un degré suffisant, les cellules sont rattachées directement au Comité Central.

6. LE CONGRES DU PARTI

ARTICLE 17. − L’organe suprême de direction est le Congrès du Parti. Il prend des décisions obligatoires pour tous les membres du Parti dans toutes les questions politiques et d’organisation. Il élit le Comité Central ainsi que les organes de contrôle qu’il juge utiles.

ARTICLE 18. − Le Congrès du Parti est convoqué tous les trois ans. Dans des cas exceptionnels, sa convocation pourra être retardée ou avancée sur décision du Comité Central.

ARTICLE 19. − Les modalités de représentation des organisations de base et des organisations régionales au Congrès du Parti sont fixées par le Comité Central.

ARTICLE 20. − L’ordre du jour du Congrès est proposé par le Comité Central qui désigne les rapporteurs pour les différents sujets à l’ordre du jour. Le Congrès fixe son ordre du jour définitif.

7. LE COMITE CENTRAL DU PARTI

ARTICLE 21. − Le Comité Central est l’organe dirigeant du Parti dans l’intervalle des Congrès. Il dirige le travail politique et d’organisation.

ARTICLE 22. − Nul ne pourra être élu au Comité Central s’il n’est membre effectif depuis un an au moins. L’élection est réalisée après une large discussion comprenant l’examen de l’activité, la critique et l’autocritique du camarade proposé.

La présentation d’un candidat à une fonction dans le Parti et plus encore à l’accession au Comité Central doit comporter un bilan des aspects positifs et négatifs de la pratique politique du camarade et de sa conduite dans sa vie quotidienne.

ARTICLE 23. − Le Comité Central élit dans son sein le Bureau Politique, le Premier secrétaire et le secrétariat. Il désigne les collaborateurs de la presse, des éditions, des librairies. Il fixe le montant des cotisations et est responsable de la gestion financière du Parti et de toutes ses organisations. Si le Parti utilise des militants permanents, le comité central fixe leur rémunération en prenant pour base le salaire d’un ouvrier.

ARTICLE 24. − Dans l’intervalle des sessions du Comité Central, la direction du Parti est assurée par le Bureau Politique. Celui-ci dirige le travail politique et d’organisation. Le secrétariat est l’organe quotidien d’exécution des décisions du Comité Central et du Bureau Politique.

ARTICLE 25. − Le Premier secrétaire du Comité Central est le premier dirigeant du Parti. Il est le responsable politique du Parti et est son porte-parole en Belgique et à l’étranger. Le Premier secrétaire du Comité Central a une fonction d’impulsion politique de la ligne au sein de tous les organes du Parti notamment en ce qui concerne la presse et l’édition.

ARTICLE 26. − La vigilance révolutionnaire est un devoir fondamental pour tout membre du Parti. Nul ne doit oublier qu’en maintes occasions l’ennemi ne se présente pas à visage découvert mais qu’.’il est habile à utiliser le drapeau rouge pour combattre le drapeau rouge. Il importe toutefois de ne pas confondre l’ennemi et l’ami qui se trompe.

Si un membre commet une infraction à la discipline du Parti, ou si son comportement privé nuit au Parti, l’organisation intéressée lui appliquera une des sanctions suivantes : rappel à l’ordre, blâme, destitution des fonctions au sein du Parti, exclusion des rangs du Parti.

Le membre contre lequel une sanction est proposée doit obligatoirement être convoqué afin de présenter sa défense.

Le membre qui subit une sanction a droit d’appel devant tout organe supérieur jusqu’y compris le Congrès du Parti.

Toute sanction d’exclusion, sauf si elle est prise par le Congrès, doit être ratifiée par le Comité Central.

ARTICLE 27. − Dans certains cas les organes du .Parti de la base au sommet appliquent la suspension. Celle-ci ne peut être considérée comme une sanction. Elle est et ne peut être plus qu’une mesure de vigilance. Elle n’est pas davantage une exclusion temporaire. La suspension est appliquée le temps nécessaire à une enquête, avec un délai maximum de 3 mois, éventuellement prolongé par le Comité Central dans les cas demandant un supplément d’enquête. L’enquête terminée, la suspension est levée et fait place soit à la réintégration effective dans les rangs du Parti, soit à une sanction, suivant les résultats de l’enquête.

La suspension est sélective et peut concerner tout aussi bien certaines fonctions du militant que toutes ses activités militantes.

Le militant suspendu a le droit de s’adresser au Comité Central en cas de litige.
L’enquête visée au paragraphe précédent ne peut en aucun cas être de type policier. Il s’agit d’une enquête politique menée par l’organe responsable de la suspension.

ARTICLE 28. − Il est souhaitable que des sanctions ne soient pas appliquées là où une discussion fraternelle et une autocritique sincère et en profondeur sont suffisantes. Il faut, ainsi que l’enseigne le camarade Mao Tsé-toung, « tirer les leçons des erreurs passées pour en éviter le retour et guérir la maladie pour sauver l’homme, afin d’atteindre le double but d’éclaircir les idées et d’unir les camarades ».

ARTICLE 29. − Les cas non prévus par les statuts sont réglés par le Comité Central.


 POUR L’UNITE DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL

MESSAGE AU COMITE CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS

Chers Camarades,

Réuni les 22 et 23 janvier 1977, le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique salue chaleureusement le Comité Central et l’ensemble des militants du Parti Communiste Chinois, bataillon de choc de la révolution mondiale.

Il est impossible de parler du Parti Communiste Chinois sans évoquer celui qui l’a conduit durant tant d’années, son premier dirigeant, le Président de son Comité Central, le Président Mao Tsé-toung. Celui-ci est le plus grand marxiste-léniniste de notre époque et il a enrichi la science du communisme de nouveaux apports capitaux, notamment dans la théorie de l’analyse de classe, dans l’édification du Parti prolétarien, dans la tactique du Front Uni, dans la guerre révolutionnaire, dans les domaines de la philosophie, de l’art et de la littérature, dans l’analyse des contradictions au sein du peuple, dans la lutte contre le révisionnisme et contre les racines du révisionnisme qui existent en régime socialiste, dans la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, dans la mobilisation permanente des masses et la grande révolution culturelle prolétarienne, dans la construction socialiste. Plus particulièrement, nous voulons souligner l’importance capitale de l’analyse de la situation internationale faite par le Président Mao ; sa théorie des Trois Mondes a permis de répondre à la question : dans la lutte de classe à l’échelle mondiale, qui sont nos amis et qui sont nos ennemis ? Elle a désigné le social-impérialisme soviétique et l’impérialisme américain comme les plus grands oppresseurs et exploiteurs actuels ; montré qu’il n’y a pas de détente mais rivalité exacerbée et que le point-clé de cette rivalité, c’est l’Europe ; indiqué que l’affrontement armé entre les deux super-puissances est inévitable et que le social-impérialisme soviétique est le principal foyer de guerre dans le monde ; il a également indiqué que le Tiers-Monde joue le rôle décisif dans le combat contre les deux super-puissances.

Cette analyse comme tous les autres apports sont tels qu’aujourd’hui, il faut employer la formulation le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung.

Le peuple chinois a connu au cours de l’année qui vient de s’écouler des moments qui sont parmi les plus dramatiques de son histoire :

- des dirigeants éminents se sont éteints qui avaient été des compagnons fidèles du Président Mao : déjà en 1975, Tong Pi-wou et Kang Cheng sont morts puis en 1976 Chou En-laï et Chu Teh. Surtout la disparition du Premier ministre Chou En-laï a été ressentie durement car, avec une extraordinaire modestie et une grande efficacité, il a été un grand dirigeant du Parti et un remarquable dirigeant des affaires d’Etat ;

- un vent déviationniste de droite a soufflé tout un temps ;

- des calamités naturelles ont frappé, surtout un des tremblements de terre les plus meurtriers de l’histoire ;

- le peuple chinois a eu l’infinie douleur de perdre le Président Mao ;

- enfin, la bande des quatre est passée à l’attaque pour s’emparer du pouvoir.

La tempête s’est déchaînée, les vagues ont frappé avec rage de tous côtés mais le vaisseau a tenu bon. Le peuple chinois, sous la direction du Parti Communiste, a vaincu les difficultés ; il est plus fort que jamais, plus ferme et plus uni.

Au cours de cette année qui fut si dure, sur proposition du Président Mao, le Comité Central a porté à la direction du Parti Communiste Chinois, le Président Houa Kouo-feng. A travers toutes les épreuves, celui-ci s’est révélé être le ferme continuateur du Président Mao. Il a su faire face aux pires difficultés avec sang-froid, intrépidité et détermination. Lié aux masses, s’en tenant fermement à la ligne prolétarienne du Président Mao, il a conduit le peuple au milieu des écueils et il l’a mené à la victoire. Quand la bande des quatre est passée à l’attaque, il a frappé avec décision, fort de l’appui du Parti et des masses et il a sauvé la Chine d’un très grand malheur, garantissant sa marche en avant vers un avenir radieux. Sous sa direction, en prenant la lutte de classe pour axe, persévérant dans la révolution sous la dictature du prolétariat, le Parti Communiste Chinois conduit le peuple à de nouvelles grandes victoires dans la construction socialiste, dans le combat révolutionnaire. En élisant à sa tête, sur proposition du Président Mao, le camarade Houa Kouo-feng, le Comité Central a bien choisi non seulement pour l’avenir de la révolution en Chine mais aussi pour l’avenir de la révolution dans le monde.

Vive le grand, glorieux et juste Parti Communiste Chinois !

Vive l’amitié et l’unité entre le Parti Communiste Chinois et le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique !

Vive le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung ! Vive l’internationalisme prolétarien !

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique


AU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D’ALBANIE

Chers camarades,

L’Albanie est un pays un peu plus petit encore que la Belgique et nettement moins peuplé. Pourtant, elle se dresse comme une citadelle du socialisme Europe.

Tous ceux qui, dans notre pays, veulent la révolution et le socialisme aiment l’Albanie socialiste, son peuple héroïque et son Parti du Travail.

Le peuple albanais, par son exemple, nous montre qu’un pays, aussi petit soit-il, qu’un peuple, aussi peu nombreux soit-il, est capable de vaincre un ennemi puissant s’il ose prendre les armes, lutter avec détermination pour l’indépendance nationale et la liberté. Le peuple albanais, tout au long de son histoire, a été indomptable. Nul ennemi aussi fort soit-il, aussi féroce soit-il, n’a réussi à le mettre à genoux. C’est à travers son combat intrépide contre le fascisme italien et l’hitlérisme allemand, sous la direction du Parti du Travail d’Albanie, que le peuple albanais s’est rendu maître de son pays. Il reste fermement attaché à cette tradition. Il a les armes à la main et il ne les abandonnera pas. Il mène une lutte très ferme contre les pires ennemis de l’humanité, le social-impérialisme soviétique et l’impérialisme américain. Si l’une quelconque des deux super-puissances s’en prenait à son territoire, le peuple albanais, aux côtés de tous les peuples des Balkans, aux côtés de tous les peuples d’Europe farouchement attachés à l’indépendance nationale, se battrait avec héroïsme et finirait par l’emporter.

Le Parti du Travail d’Albanie a été fondé en 1941 et il n’avait tout d’abord qu’un nombre restreint de membres. Se liant aux masses, conduisant le peuple au combat, il a grandi, a construit le Front, a édifié une armée ; il a été l’Etat-major de la révolution albanaise. Son exemple nous montre qu’un Parti peut n’être qu’un tout petit Parti, il finit par se développer et par vaincre du moment qu’il a une ligne juste.

L’histoire du Parti du Travail d’Albanie montre que la seule voie vers le socialisme, c’est celle de la révolution armée et de la dictature du prolétariat. Contre l’ennemi de classe qui de l’extérieur et de l’intérieur complote contre le pouvoir prolétarien, contre tout ce qui peut être survivances de l’ancien régime et racines du révisionnisme, il faut mobiliser les masses et renforcer la dictature du prolétariat, il faut veiller à la constante élévation du niveau idéologique, il faut combattre sans relâche le révisionnisme, cette pire gangrène. Le Parti du Travail d’Albanie a une riche expérience d lutte victorieuse contre le révisionnisme tant en Albanie que dans le Mouvement Communiste International. Jamais il n’a admis la moindre faiblesse, la moindre complaisance dans ce domaine. Ce combat est exemplaire car un Parti n’est pas marxiste-léniniste s’il ne mène pas un dur combat quotidien contre le révisionnisme.

A l’heure où les pays capitalistes les plus développés comme le nôtre sont submergés par la crise générale du capitalisme, avec un nombre record de chômeurs, des prix toujours plus élevés, la détérioration du niveau de vie des travailleurs ; à l’heure où les pays à direction révisionniste pour avoir restauré le capitalisme connaissent les pires difficultés économiques, l’Albanie offre un bon exemple de la supériorité du socialisme. Pays jadis arriéré le peuple y édifie une industrie et une agriculture modernes ; ses conditions de vie ne cessent de s’améliorer ; les prix sont stables et il n’y a pas de chômage. La construction socialiste se fait victorieuse.

Nous saluons le Parti du Travail d’Albanie, parti marxiste-léniniste d’airain, notre parti frère glorieux.

Nous saluons son grand dirigeant, le camarade Enver Hodja, éminent marxiste-léniniste dont les œuvres constituent un enrichissement de la théorie marxiste-léniniste.

Vive l’amitié et l’unité entre le Parti du Travail d’Albanie et le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique !

Vive l’internationalisme prolétarien !

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique


A TOUS LES PARTIS ET ORGANISATIONS MARXISTES-LENINISTES DU MONDE ENTIER

Chers Camarades,

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique, réuni les 22 et 23 janvier 1977, vous adresse ses salutations révolutionnaires.

Le Mouvement Communiste International est puissant et invincible. Certains Partis sont déjà d’anciens Partis glorieux, ayant mené et menant d’ardentes luttes de classe − certaines armées − à la tête des masses populaires de leur pays. Certains Partis sont des Partis nouveaux que des militants fidèles au marxisme-léninisme ont reconstruits quand la subversion révisionniste a pénétré de vieux Partis et les a détruits en tant que partis prolétariens. Mais, dans ce cas, suivant les conditions objectives et subjectives les résultats inégaux : certains partis sont déjà de grands partis, impulsant les luttes de masses, parfois ayant constitué une armée populaire ; d’autres sont encore de petits partis faibles et inexpérimentés.

Mais tous les Partis et organisations marxistes-léninistes sont égaux ; il n’y a aucune hiérarchie entre eux et ils ne tolèrent aucune immixtion quelle qu’elle soit. Ce qui est essentiel, c’est la justesse de la ligne. L’expérience du mouvement Communiste International montre que de grands Partis inévitablement s’effondrent et dégénèrent s’ils ont une ligne fausse tandis qu’inévitablement de petits Partis progresseront et remporteront la victoire s’ils ont une ligne juste. C’est dans les grandes batailles de classe, que la ligne juste se forme et triomphe par l’application aux conditions concrètes de nos pays respectifs des enseignements universels du marxisme, du léninisme, de la pensée-maotsétoung.

L’expérience de Mouvement Communiste International montre aussi qu’il n’est pas de victoire possible sans une lutte de tous les instants contre le révisionnisme, sans un renforcement idéologique constant, sans une ferme lutte entre les deux lignes menée pour que la ligne prolétarienne triomphe de la ligne bourgeoise.

Nous sommes des Partis et organisations révolutionnaires prolétariens et nous devons mener les masses à la révolution. Mais l’analyse de la situation internationale montre que les facteurs de guerre et les facteurs de la révolution croissent en même temps. Les deux super-puissances, le social-impérialisme soviétique et l’impérialisme américain rivalisent ; leur rivalité s’exacerbe et aboutira un jour ou l’autre à une nouvelle guerre mondiale. Le social-impérialisme soviétique, impérialisme montant, revendique un nouveau partage du monde et il est devenu le plus grand foyer de guerre dans le monde.

Dans cette situation, l’analyse des Trois Mondes par le Président Mao constitue un apport capital à la théorie du prolétariat révolutionnaire car elle permet de répondre correctement à la question capitale : qui sont nos amis et qui sont nos ennemis ?

Dans ce combat, le Tiers-Monde est la force décisive. Nos Partis luttent contre les deux super-puissances et pour cela, dans le Second Monde, ils visent à unir les peuples et les pays du Second Monde aux peuples et aux pays du Tiers-Monde. Ils luttent pour l’indépendance nationale parce qu’elle est nécessaire à la révolution socialiste. Notre combat pour l’indépendance nationale n’exclut pas le combat pour la révolution prolétarienne ; il en est partie intégrante.

Notre Parti est fermement attaché à l’internationalisme prolétarien. Aussi nous mettrons tout en œuvre pour renforcer les liens d’amitié et de solidarité internationalistes, pour renforcer l’unité idéologique et l’unité d’action entre Partis et organisations marxistes-léninistes de chaque pays.

Vive le marxisme, le léninisme, la pensée – maotsétoung ! Vive le Mouvement Communiste International !

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique


 DISCOURS DE CLOTURE

Camarades,

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique s’achève. Nous avons bien travaillé, avec sérieux. Nous avons fait le bilan de ces dernières années de lutte ; nous avons confirmé et précisé la ligne du Parti, nous nous sommes préparés pour de nouvelles étapes. C’est en travaillant la main dans la main, tous ensemble, à la place confiée par le Parti que nous ferons face aux exigences et que nous irons vers de nouveaux succès.

Nous nous inscrivons dans la continuité du mouvement révolutionnaire belge, qui est très ancien et qui a de très riches traditions. Déjà avant la première guerre mondiale, Lénine faisait son éloge. Le mouvement ouvrier belge a été un mouvement bien organisé, qui a mené de très grandes luttes héroïques. C’est de ce mouvement qu’est né en 1921, sous la direction de Joseph Jacquemotte, le Parti Communiste de Belgique. Ce Parti, les révisionnistes l’ont renié. C’est nous qui le continuons. Et c’est fièrement qu’à cette tribune nous avons déployé le premier drapeau des communistes de 1921, usé mais toujours magnifique, le drapeau rouge des combats révolutionnaires.

Nous avons pris la décision au cours de ce Congrès de faire des recherches, d’étudier et de publier l’histoire du Parti, celui du bataillon des 517, celui des grandes grèves de 1932 et 1936, celui si glorieux qui prit la tête de la lutte de notre peuple contre l’occupant hitlérien, édifiant le Front de l’indépendance, les Comités de Lutte Syndicale, dirigeant la lutte armée (Armée Belge des Partisans). Ce travail nous est demandé avec insistance par nos plus jeunes militants, et c’est bon signe. Nous le mènerons à bien et il sera une arme entre nos mains, contre nos ennemis.

Il importe de souligner que ce Congrès, persévérant dans un souci qui est celui de tout notre Parti, fait entrer dans les faits le principe de la triple union : union des vétérans, des militants d’âge mûr et des militants jeunes. Le plus âgé des délégués au Deuxième Congrès a 76 ans ; la plus jeune déléguée a 20 ans ! Notre Parti est très jeune ; les deux-tiers de ses membres et les deux-tiers des délégués à ce Congrès ont moins de 30 ans ; c’est excellent. Mais tous nous aimons, nous respectons, nous écoutons nos anciens qui peuvent avoir fait à certains moments des erreurs (qui donc n’en fait pas ?) mais qui, à travers les difficultés et les chemins escarpés, ont bien mené le combat révolutionnaire ; nous sommes fiers de les compter parmi nous.

Nous sommes un petit Parti, un Parti qui a subi beaucoup de vicissitude, mais ce petit Parti a lutté ; il lutte et il progresse. Il s’édifie dans la lutte entre les deux lignes. Nous avons toujours tenu bon aussi bien contre les opportunistes de droite que contre les sectaires et les dogmatiques, les opportunistes de « gauche ». Notre Parti a le mérite de faire les choses sérieusement. Nous avons rejeté ce que le Président Mao appelle le « prurit révolutionnaire », la gesticulation stérile, les démonstrations spectaculaires mais vaines. Nous avons connu cela avec Grippa, ces commandos d’agités surgissant partout où la classe ouvrière se bat ; ils se faisaient donneurs de leçons mais étaient irrémédiablement coupés des masses. Grippa a fait beaucoup de bruit et s’est effondré. Ailleurs aussi on a vu de ces groupes dont les coups d’éclat ont défrayé les chroniques des journaux, des radios et des télévisions de la bourgeoisie et il n’en reste rien aujourd’hui. Et d’autres suivront parce qu’ils ne représentent que le radicalisme petit-bourgeois, un romantisme débridé et stérile, et qui n’évite pas le piège du réformisme et de l’opportunisme. Au tournant du chemin, le découragement guette beaucoup d’entre eux et le retour dans les rangs du régime.

Un communiste est patient et ferme. Il déjoue les pièges de l’ennemi de classe. Il combat le découragement en lui et autour de lui. C’est dans les moments où les difficultés se multiplient que la trempe d’un communiste se mesure. Il résout les problèmes les uns après les autres, il avance pas après pas. Rien ne le rebute, même les tâches apparemment insurmontables. Pensons à ces petits peuples du Kampuchéa, du Vietnam, du Laos qui ont subi une dure oppression coloniale, qui ont été envahis par le puissant impérialisme américain avec son arsenal d’armes modernes, qui ont lutté parfois avec des bâtons et des flèches et qui ont ainsi tissé leur propre victoire. Ils se sont mis à la tâche patiemment, jour après jour ; ils ont persévéré dans une lutte de longue durée et ils ont su vaincre l’ennemi, aussi puissant soit-il. Ne nous laissons pas tromper. Rien n’est impossible. En voyant les choses dans leur évolution, c’est nous qui sommes forts et c’est notre ennemi qui est faible.

Voyons actuellement les contradictions qui assaillent la bourgeoisie monopoliste, notamment une crise d’une gravité et d’une complexité exceptionnelles. La bourgeoisie était persuadée qu’il n’y aurait plus de crise, que c’était l’essor continu. La science économique bourgeoise avait codifié cela. Son pape, c’était l’économiste anglo-saxon Keynes qui, assurait-il, avait découvert les moyens de conjurer à tout jamais la crise. Mais ces moyens, à l’épreuve des faits, se sont révélés dérisoires, plus légers que la fumé d’une cigarette. Dernièrement, le ministre Mark Eyskens, qui est aussi professeur d’économie, a laissé tomber, désabusé, devant le micro de la radio du régime : « On a assassiné M. Keynes ». En fait, personne n’a assassiné Keynes. C’est l’économie bourgeoise qui, une fois de plus, a révélé son impuissance. L’économie marxiste, seule, peut expliquer rigoureusement la crise.

Mais il n’y a pas que la crise économique. Nous avons énuméré cela dans nos documents. Il y a la crise monétaire, la crise politique, l’affrontement des deux super-puissances qui conduit à une troisième guerre mondiale, une profonde crise de civilisation. C’est la crise générale du système capitaliste.

La bourgeoisie belge n’en sort plus. La classe ouvrière, c’est elle qui est puissante. Certes, il y a le poids de l’idéologie bourgeoise sur la classe ouvrière. Nous vivons dans une société d’oppression bourgeoise. Voilà pourquoi, il faut le Parti pour expliquer, pour éduquer, pour organiser la classe ouvrière, pour lui apporter sa conscience révolutionnaire.

Certains, ils sont de nos ennemis, diffusent une idéologie de capitulation. La classe ouvrière s’est embourgeoisée, elle ne lutte plus. D’aucuns, qui sont de savants sociologues bourgeois, ont dit cela en termes savants, en Belgique, quelques mois avant décembre 1960 - janvier 1961, qui a vu déferler la plus grande grève de notre histoire, un mouvement d’une ampleur formidable devant lequel la bourgeoisie a été prise de panique. Voyons la situation actuelle, le nombre extraordinaire de grèves, d’occupations d’usines. Même les statistiques officielles ne peuvent les esquiver. C’est bien la preuve que la classe ouvrière est combative, que les masses travailleuses sont loin d’être passives. Seulement, le facteur subjectif est encore embryonnaire. Pour que la révolution puisse triompher, il faut que les masses veuillent la révolution. Mais les masses ne voudront la révolution que si le .Parti est plongé dans les masses et solidement organisé.

Cela se fait pas à pas, en avançant chaque jour. On mange bouchée après bouchée. La marche en avant n’est pas linéaire. Il y a des reculs, des bonds en avant En nous soudant toujours plus à la classe ouvrière, aux masses populaires, en prenant solidement la lutte des classes comme axe, nous irons de l’avant. C’est la seule façon d’édifier le Parti. La boussole pour nous y retrouver, c’est la lutte de classe.

Lors de l’hommage que notre Congrès a rendu au Président Mao, on a rappelé l’image : « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ». A nous, à la lumière du marxisme, du léninisme, de la pensée-maotsétoung, en appliquant les principes universels de la science du communisme aux conditions concrètes de notre époque, en tenant compte toujours du double aspect des choses, en pratiquant une juste politique de front, à nous de saisir le maillon, à nous de déclencher l’étincelle. Les opportunistes, les capitulards seront vaincus par les difficultés et s’en iront. Les communistes vaincront les difficultés.

Oui, camarades, c’est notre petit Parti qui est vraiment fort. Durant ces deux journées de travail, nous avons contribué à cette force. Demain, nous allons la faire rayonner. Camarades, l’avenir est radieux !

(Les délégués applaudissent longuement le bon travail qu’ils viennent d’accomplir puis ils chantent l’Internationale).


 ADDENDA :

Sur l’activité et l’élimination du groupe déviationniste et scissionniste à l’intérieur du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique

(Résolution du Comité Central du P.C.M.L.B., 14 août 1976)

Le Deuxième Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique a décidé de joindre aux documents du Congrès la résolution du Comité Central en date du 14 août 1976 « sur l’activité et l’élimination du groupe déviationniste et scissionniste à l’intérieur du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique ». Il s’agit d’un document capital concernant la lutte entre les deux lignes au sein du Parti. Ainsi que l’exprimait la résolution, le bilan de cette lutte a été approfondi de façon critique et autocritique dans le rapport politique présenté au Deuxième Congrès.

Samedi 14 août, le Comité Central du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique s’est réuni et a approuvé unanimement l’analyse et les conclusions du Bureau Politique élargi, réuni le 24 juillet 1976.

Le Comité Central, après une analyse en profondeur de la situation dans le Parti, dénonce la constitution d’une fraction scissionniste anti-Parti violant systématiquement le centralisme démocratique, visant à saper l’activité du Parti et à le conduire dans la voie révisionniste.

I

Cette activité objectivement contre-révolutionnaire a commencé lorsque le Parti a précisé sa ligne en matière de lutte contre les deux super-puissances, pour l’indépendance nationale, à savoir :

1. − l’impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique constituent à notre époque les plus grands oppresseurs et exploiteurs internationaux ;

2. − ils se disputent avec un acharnement croissant en vue de l’hégémonie mondiale ; il n’y a pas de détente dans le monde mais affrontement permanent des deux super-puissances ;

3. − le point-clef de leur rivalité, c’est l’Europe ;

4. − leur rivalité est absolue et conduit à une troisième guerre mondiale ;

5. − l’impérialisme américain est un impérialisme déclinant, le social-impérialisme soviétique est un impérialisme montant, réarmant au-delà de toute mesure, manœuvrant pour imposer un nouveau partage du monde ;

6. − le social-impérialisme soviétique constitue actuellement le plus grand danger pour l’Europe et le principal foyer de guerre dans le monde ;

7. − notre lutte est une lutte politique à la tête des masses populaires :

- pour un front uni contre l’hégémonisme des deux super-puissances ;

- pour l’indépendance totale de la Belgique ;

- pour une Belgique non-alignée, débarrassée de toute tutelle étrangère ; pour l’union la plus large, y compris dans le domaine de la défense, des pays d’Europe indépendants, non-alignés, égaux en droits ;

- pour l’union de la Belgique et des pays d’Europe avec le Tiers-Monde force motrice de l’histoire ;

8. − notre politique de front uni contre les super-puissances, pour l’indépendance nationale ne s’oppose pas au combat pour la révolution prolétarienne mais en est au contraire partie intégrante.

Cette position avait été déjà analysée et fixée pour l’essentiel par la réunion du Bureau Politique du 10 mai 1975 et surtout par la réunion du Comité Central du 7 juin 1975. Mais cela n’a pas empêché ceux qui allaient devenir des chefs de file fractionnistes de combattre cette ligne jusqu’à l’étranger, notamment en juillet et en août 1975. En septembre, ils sont passés à l’attaque ouverte au sein du Bureau Politique puis ont essayé d’arracher un renversement de la ligne lors de la réunion du Comité Central du 20 septembre 1975. A ce moment, la lutte entre les deux lignes s’est développé avec vigueur dans l’ensemble du Parti. Sauf dans la régionale que les scissionnistes contrôlaient, les séances d’étude et les discussions se sont multipliées. Elles ont conduit à la grande victoire de la ligne du Parti, telle qu’elle s’est exprimée dans le document issu de la Conférence Nationale du 8 novembre 1975.

Quand ils n’ont pu faire triompher leurs vues, qu’ils ont été isolés dans le Parti, les déviationnistes ont fait mine de se rallier à cette ligne, tout en la combattant par les procédés les plus retors.

Ils trouvent surtout insupportable la désignation du social-impérialisme soviétique comme le plus grand danger pour l’Europe et le principal foyer de guerre dans le monde ; ils se sont montrés excédés des articles de « Clarté−L’Exploité » dénonçant les manœuvres et crimes du social-impérialisme soviétique. Ils ont combattu la théorie des Trois Mondes et l’estimation du Tiers-Monde comme force motrice de l’histoire. Ils ont soutenu et répandu l’idée qu’en Belgique, le révisionnisme ne constitue pas le principal danger pour le mouvement révolutionnaire, mais bien la social-démocratie. Ils ont estimé que, dans notre journal, l’on parlait trop et de façon trop élogieuse du Président Mao et de la République Populaire de Chine.

Leur position a toujours été une position de sous-estimation du révisionnisme, du social-fascisme révisionniste et du social-impérialisme soviétique. Cette sous-estimation est en fait une complaisance et peut rapidement devenir une complicité.

II

En même temps, le groupe fractionniste là où il s’était emparé de la direction a refusé d’appliquer les règles du centralisme démocratique et pratiqué un ultra-démocratisme d’origine petite-bourgeoise doublé d’un total manque de vigilance, incompatible avec les tâches de combat du prolétariat.

Cela se manifestait notamment par :

- les locaux du Parti ouverts à tous, membres et non-membres du Parti, sans le moindre contrôle ;

- les réunions ouvertes aux non-membres du Parti ; aucune réunion réservée uniquement aux membres du Parti ;

- la consommation de grandes quantités de boissons alcoolisées pendant les réunions ;

- la divulgation sans contrôle y compris en dehors du Parti du contenu des réunions des organes de direction du Parti ;

- l’absence de cloisonnement entre régionales, certains éléments qui leur sont inféodés assistant aux réunions dans plusieurs régionales et leur servant ainsi d’informateurs ;

- l’hébergement de matériel et de littérature trotskyste dans un local du Parti, l’amitié de certains fractionnistes, principalement l’un d’eux, membre du Comité Central, avec un dirigeant trotskyste ;

- l’hébergement constant de non-membres du Parti et même d’individus douteux dans des locaux du Parti.

Ce refus du centralisme démocratique et de la vigilance révolutionnaire s’accompagnait d’un niveau politique bas, d’un refus de l’étude des classiques du marxisme-léninisme, d’un complet mépris de la formation idéologique des militants.

III

La faiblesse idéologique des scissionnistes et leur isolement les a conduits à la duplicité. Sauf en de rarissimes exceptions, ils ont tu leurs divergences, caché leurs désaccords et ils ont même proclamé leur fidélité à la ligne du Parti. Mais dans les faits, ils se sont livrés à un constant travail de sape :

- Un déviationniste, membre du Bureau Politique, a systématiquement saboté durant plusieurs mois l’envoi des journaux et documents du Parti au Parti Communiste Chinois et à d’autres partis frères ; il a en outre délaissé systématiquement le travail de liaison et d’organisation dont il était chargé entre les différentes régionales, multipliant les négligences, exécutant son travail avec une légèreté coupable, incapable de rien organiser.

- Un déviationniste, membre du Comité Central, a utilisé une organisation, le CILA (Centre d’information sur les Luttes Anti-impérialistes) pour tenter de se rendre maître des relations extérieures du Parti. Quand, devant le travail désastreux effectué par lui dans presque tous les domaines dont il s’occupait et devant l’inutilité, voire la nuisance du CILA, le Bureau Politique unanime a décidé de dissoudre le CILA, ce déviationniste n’en a pas moins ignoré la décision prise et a continué son activité.

Celle-ci a consisté en ordre principal à s’acoquiner avec des éléments douteux d’autres pays pour comploter contre notre Parti et des Partis frères.

- Deux déviationnistes, l’un membre du Bureau Politique, l’autre membre du Comité Central, ont mis sur pied, sans la moindre enquête préalable, contre l’avis du Bureau Politique, une Association Belgique-Albanie, rivale des Amis de l’Albanie Nouvelle, sous prétexte que celle-ci était tombée aux mains d’éléments anti-Parti. Il devait s’agir, selon leurs propos, d’une « grande et puissante association ».

Mais en fait, ils ont conduit cette association d’une façon déplorable, faisant montre d’une incapacité notoire, promettant un voyage en Albanie pour lequel se sont préparés une cinquantaine de travailleurs. Leur travail a été objectivement celui de saboteurs promettant beaucoup et ne réalisant rien et, finalement, ils ont rendu impossible le voyage qu’ils avaient annoncé.

IV

Outre ce travail de sape, les critiques qu’ils ne faisaient pas dans les réunions régulières, les scissionnistes les ont faites hors du Parti, et elles ont pris l’aspect d’attaques personnelles. Ils n’appliquaient pas les décisions, agissant à leur guise, ignorant la direction du Parti.

Cette façon d’agir contraire aux principes marxistes-léninistes a amené le déclin des organisations qu’ils dirigeaient (diminution du nombre de membres, baisse considérable de la diffusion de la presse).

Cela a entraîné aussi des réactions de militants à différents niveaux. Ainsi un membre du Comité Central, militant ouvrier chevronné de la régionale que les scissionnistes contrôlaient, a alerté le premier la direction sur les pratiques scandaleuses qui régnaient dans cette régionale. Même si, actuellement, il ne persiste pas dans son attitude courageuse et se laisse intimider par leurs pressions, ce militant a eu le mérite d’aider la direction à découvrir les pratiques douteuses et les manœuvres scissionnistes. Bientôt, d’autres mises en accusation courageuses sont venues d’une cellule d’entreprise et de plusieurs militants de base de diverses régionales.

Alors, l’activité des scissionnistes est devenue souvent incohérente. Un déviationniste, tout en proclamant l’excellence de la ligne du Parti, a voulu démissionner de ses fonctions au Comité Central et au Bureau Politique. Dans la lettre qu’il a envoyée au Comité Central, il reconnaît sa dégradation idéologique.

La décision du Comité Central en date du 8 mai 1976 de convoquer, pour l’automne prochain, le Deuxième Congrès du Parti, a jeté le trouble parmi les fractionnistes. Ils ont essayé de s’y opposer puis d’en reculer sensiblement la date.

Dans une cellule bruxelloise, deux d’entre eux ont déclaré que le Premier secrétaire n’en portait plus que le titre mais n’en avait plus le pouvoir ; que les décisions du Bureau Politique étaient sans effet et devaient être ignorées.

Au même moment, dans la régionale de Charleroi, trois des scissionnistes, en véritable « procès », révélaient l’existence d’un des secteurs clandestins du Parti et mettaient en accusation le Premier secrétaire devant un auditoire comprenant des non-membres du Parti et deux membres d’autres régionales qu’ils manipulent. Pour monter leur accusation, ils se sont servis d’un élément trouble, non-membre du Parti, qui s’était d’abord présenté comme sympathisant mais manifeste maintenant son hostilité au Parti et à sa ligne.

Ces faits ayant été établis et reconnus par les intéressés, le Bureau Politique a suspendu deux des chefs de file fractionnistes de leurs fonctions de membres du Bureau Politique jusqu’à la prochaine réunion du Comité Central. Ceux-ci ont refusé de s’incliner et ont répliqué par une campagne de calomnies et d’injures.

Les scissionnistes répandent en ce moment un article paru dans un Journal espagnol, attaquant notre Parti. L’auteur de cet article utilise des citations tronquées
et falsifiées. Il s’est déjà fait connaître par des attaques publiques contre le Parti Communiste Chinois, le Parti Communiste Marxiste-léniniste de France, le Parti Communiste de Suisse Marxiste-Léniniste et d’autres Partis frères. Les scissionnistes diffusent cet article dans le Parti et hors du Parti. Il a même été communiqué en tout premier lieu à la direction de « Lutte Communiste » pour porter un coup aux pourparlers d’unité qui ont commencé entre cette organisation et notre Parti.

Par le chantage à la scission du Parti, les déviationnistes ont imposé au Bureau Politique une modification dans la délégation des cadres du PCMLB en République Populaire de Chine afin d’y introduire des éléments qui leur sont inféodés.

Les déviationnistes ont perdu toute mesure et toute raison dans leur activité anti-Parti. Ils ont organisé une direction fractionnelle pour combattre le Comité Central et la ligne du Parti.

Actuellement, par une abondante littérature et oralement, ils mènent une farouche campagne de mensonges, de calomnies et d’invectives contre le Premier secrétaire, les membres du Bureau Politique et ceux qui combattent leur comportement anti-Parti. La critique a fait place au dénigrement, aux attaques personnelles, à la haine. Le groupe scissionniste, utilisant l’hypocrisie, les procédés retors et le chantage, est démasqué : il s’est transformé en une secte anti-Parti, anti-communiste, allant jusqu’à tenter de saboter et de désagréger la délégation des cadres invitée en Chine par le Département de Liaison Internationale du Comité Central du Parti Communiste Chinois !

V

Le Comité Central se rallie aux conclusions de la réunion du Bureau Politique élargi du 24 juillet 1976.

II constate que les chefs de file scissionnistes Marcel Ninnin, Marc Baton, Thierry Delforge, Arnold Hauwaert, Jean-Paul D’Haeyer, par leur activité scissionniste, leur travail de sape et leur comportement anti-communiste dégénéré se sont placés dans le camp de l’ennemi de classe et les exclut des rangs du Parti.

Le Comité Central constate que la déchéance de ces éléments ne remet pas en cause le succès important qu’a été, voici trois ans, la réconciliation du Parti. Si les chefs de file de la scission ont appartenu à la même aile du Parti (l’Exploité) et montrent par le fait même qu’ils n’ont accepté l’unité que par opportunisme, sous la pression de la base, le fait que des organisations et des militants qui ont appartenu à la même aile ont dénoncé et combattu leur comportement anti-Parti prouve que ceux qui combattu l’unité du Parti s’y sont cassé les dents.

Le Comité Central marque sa satisfaction que les scissionnistes n’ont pu égarer qu’un très petit nombre de militants. Il ne veut en aucun cas confondre avec l’ennemi le camarade qui se trompe. Il tend fraternellement la main à ceux qui se sont laissé entraîner par l’esprit de scission et qui, soit qu’ils aient été abusés, soit qu’ils comprennent leurs erreurs, veulent reprendre la juste voie révolutionnaire : ils seront accueillis avec compréhension, selon les principes du Parti.

Le Comité Central prend les décisions nécessaires pour renforcer l’efficacité de la direction du Parti et pour continuer avec succès la préparation du Deuxième Congrès du Parti.

Le Comité Central a pris acte de l’autocritique du Bureau Politique, lequel a commis la faute, sous prétexte de sauver l’unité du Parti, de pratiquer le libéralisme, ce qui, en fait, a encouragé les scissionnistes et nui l’unité. Cette autocritique sera approfondie dans le cadre de la préparation du Deuxième Congrès.

Le Comité Central du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique
14 août 1976