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Ier congrès de l’Internationale Communiste - 2e partie : une conférence se focalisant sur l’Allemagne

Pour Lénine, dès lors que les spartakistes partaient à l’assaut du ciel, alors la IIIe Internationale existe déjà concrètement. Or, les communistes allemands considéraient quant à eux qu’il était prématuré de fonder l’Internationale Communiste. Le premier congrès de l’Internationale Communiste allait donc trouver une voie.

Concrètement, celui-ci s’est déroulé du 2 au 19 mars 1919, à Moscou ; ce n’est que le troisième jour qu’il fut rendu public, afin de faciliter son organisation exigeant souvent des voyages clandestins pour les délégués présents.

Le premier congrès de l'Internationale Communiste

Son objectif, c’était donc sa propre fondation. Il s’agit en effet d’un congrès constitutif et par conséquent ce qui comptait avant tout, c’est l’assentiment du Parti Communiste d’Allemagne au projet. Preuve des difficultés, le délégué allemand insista, avec succès, pour que le congrès s’ouvre simplement comme « conférence communiste ».

Le premier rapport prononcé fut d’ailleurs celui du délégué du Parti Communiste d’Allemagne, qui présenta la situation après l’échec de l’insurrection de janvier et parla d’une grande actualité révolutionnaire, avec une économie allemande prête à s’effondrer alors qu’il y a de larges mouvements de masse.

Auparavant, Lénine, qui avait ouvert le congrès, avait également demandé en premier lieu aux personnes présentes de se lever en l’honneur des « meilleurs représentants de la IIIe Internationale, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg », assassinés lors de l’échec de la révolution allemande.

Dans le discours de clôture, Lénine souligna pareillement le rapport entre les bolcheviks russes et les spartakistes allemands :

« Que la bourgeoisie du monde entier continue à sévir, qu’elle pourchasse, emprisonne et même assassine spartakistes et bolcheviks, cela ne lui servira de rien. Cela ne pourra qu’éclairer les masses et les déterminer à s’affranchir de leurs vieux préjugés bourgeois démocratiques et à se retremper dans la lutte.

La victoire de la révolution prolétarienne est assurée dans le monde entier : la constitution de la République Soviétique Internationale est en marche. »

La question allemande est donc présente à tous les niveaux ; la question de la révolution mondiale était celle de la révolution allemande. C’était Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg qui avaient porté le flambeau de l’élargissement de la vague révolutionnaire commencée en Russie et tout reposait désormais sur la capacité des communistes d’Allemagne.

Signe de l’hégémonie de cette question, lorsque le délégué français, Jacques Sadoul, prend la parole, la première chose qu’il fait est de s’excuser… pour ne parler ni allemand, « la langue du socialisme international », ni russe, « qui sera demain déjà la langue du communisme international », ne parlant que le français, « qu’on doit qualifier de langue de la révolution d’autrefois ».