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L’URSS socialiste - 10e partie : une nouvelle citoyenneté

L’industrialisation et le développement d’une armée de cadres permit au Parti bolchevik de former une société socialiste, au grand dam des bourgeoisies des pays impérialistes, qui n’auront de cesse de critiquer la « dictature » et par la suite le « totalitarisme ».

L’URSS signifiait en effet alors une nouvelle citoyenneté, avec des individus s’assumant comme membres de la société. Dans le domaine des arts et des lettres, le réalisme socialiste s’imposait comme la forme la plus élevée de civilisation, l’URSS produisant toute une série d’artistes assumant l’héritage, suivant le réalisme et ancrés dans le peuple.

Sur tous les plans, la société de l’URSS progressait à pas de géant ; les masses se mobilisaient pour le socialisme, les plans étaient régulièrement finis en avance, comme par exemple le deuxième plan quinquennal de l’industrie réalisé en avril 1937, avec neuf mois d’avance.

L’une des expressions spectaculaires fut bien entendu également le stakhanovisme, du nom d’Alexéï Stakhanov qui travaillait dans un bassin minier du Donez et avait lors d’un poste en août 1935 amené 102 tonnes de charbon, soit 14 fois plus que la norme courante.

Ce genre d’initiatives volontaires se généralisa, donnant ce qui fut appelé le « stakhanovisme », avec des gens comme Boussyguine dans l’industrie automobile, Smétanine dans la chaussure, Krivonos dans les transports, Moussinski dans l’industrie forestière, Evdokia et Maria Vinogradova dans le textile, Maria Demtchenko, Marina Gnatenko, P. Anguélina, Pola-goutine, Kolessov, Kovardak, Borine dans l’agriculture.

En novembre 1935 se tint même une première Conférence des stakhanovistes de l’U.R.S.S, où Staline analysa la signification historique de cette initiative des masses par rapport au communisme :

« Le mouvement stakhanoviste exprime un nouvel essor de l’émulation socialiste, une étape nouvelle, supérieure, de l’émulation socialiste…

Précédemment, il y a quelque trois ans, pendant la première étape de l’émulation socialiste, celle-ci n’était pas nécessairement liée à la technique nouvelle. D’ailleurs, à ce moment, nous n’avions presque pas, à proprement parler, de technique nouvelle.

Tandis que l’étape actuelle de l’émulation socialiste, le mouvement stakhanoviste est, au contraire, nécessairement liée à la technique moderne. Le mouvement stakhanoviste ne serait pas concevable sans la technique nouvelle, supérieure.

Voici devant vous des gens tels que les camarades Stakhanov, Boussyguine, Smétanine, Krivonos, Pronine, les Vinogradova et beaucoup d’autres, des gens nouveaux, ouvriers et ouvrières, qui se sont rendus entièrement maîtres de la technique de leur métier, qui l’ont domptée et poussée en avant.

Ces gens-là, nous n’en avions pas ou presque pas, il y a quelque trois ans… (...)

Observez de plus près les camarades stakhanovistes.

Que sont ces gens ? Ce sont surtout des ouvriers et des ouvrières, jeunes ou d’âge moyen, des gens développés, ferrés sur la technique, qui donnent l’exemple de la précision et de l’attention au travail, qui savent apprécier le facteur temps dans le travail et qui ont appris à compter non seulement par minutes, mais par secondes.

La plupart d’entre eux ont passé ce qu’on appelle le minimum technique [niveau d’études pour travailler dans les entreprises] et continuent de compléter leur instruction technique.

Ils sont exempts du conservatisme et de la routine de certains ingénieurs, techniciens et dirigeants d’entreprises ; ils vont hardiment de l’avant, renversent les normes techniques vieillies et en créent de nouvelles plus élevées ; ils apportent des rectifications aux capacités de rendement prévues et aux plans économiques établis par les dirigeants de notre industrie ; ils complètent et corrigent constamment les ingénieurs et techniciens ; souvent ils leur en remontrent et les poussent en avant, car ce sont des hommes qui se sont rendus pleinement maîtres de la technique de leur métier et qui savent tirer de la technique le maximum de ce qu’on en peut tirer.

Les stakhanovistes sont encore peu nombreux aujourd’hui, mais qui peut douter que demain leur nombre ne soit décuplé ?

N’est-il pas clair que les stakhanovistes sont des novateurs dans notre industrie ; que le mouvement stakhanoviste représente l’avenir de notre industrie ; qu’il contient en germe le futur essor technique et culturel de la classe ouvrière ; qu’il ouvre devant nous la voie qui seule nous permettra d’obtenir les indices plus élevés de la productivité du travail, indices nécessaires pour passer du socialisme au communisme et supprimer l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ? »

Par conséquent, l’URSS procéda à la formation d’une nouvelle Constitution, affirmant que l’URSS était désormais socialiste, qu’il n’y avait plus d’antagonisme de classe. Le Projet de Constitution, en 1936, explique ainsi que :

« A la différence des constitutions bourgeoises, le projet de la nouvelle Constitution de l’U.R.S.S. Part du fait que dans la société il n’existe plus de classes antagonistes ; que la société est composé de deux classes amies, d’ouvriers et de paysans ; que ce sont justement ces classes laborieuses qui sont au pouvoir ; que la direction politique de la société (dictature) appartient à la classe ouvrière, en tant que classe avancée de la société ; que la Constitution est nécessaire pour fixer l’ordre social au gré et à l’avantage des travailleurs. »

En URSS, de par la socialisation de la production, il n’y a plus d’exploitation d’êtres humains entre eux. Il reste des classes sociales, mais elles sont « amies ». La paysannerie, en effet, exerce son activité « sur le travail collectif et la technique moderne », ses intérêts sont les mêmes que la classe ouvrière.

Il y a, ensuite, « des intellectuels, des ingénieurs et techniciens, des travailleurs du front culturel, des employés en général » ; cependant, ceux-ci sont organiquement liés à la classe ouvrière et aux masses paysannes.

C’est pour cela qu’aux élections qui furent menées, sur 94 millions d’électeurs, plus de 91 millions, soit 96,8% prirent part aux élections, 98,6% votèrent pour le « bloc des communistes et des sans-parti », 632.000 personnes seulement votant contre.

Pour autant, il existait une répression visant les contre-révolutionnaires, comment était-elle expliquée ? Le Précis d’histoire du PCUS (b), en 1938, donne le point de vue suivant :

« Les problèmes de direction politique et idéologique occupaient une place importante dans le rapport [au 17e congrès, en 1934] du camarade Staline.

Il avertissait le Parti que, bien que les ennemis du Parti — les opportunistes de toutes nuances, les fauteurs des déviations nationalistes de toute sorte — aient été battus, les vestiges de leur idéologie subsistent dans le cerveau de certains membres du Parti et se font sentir en mainte occasion.

Les survivances du capitalisme dans l’économie et, surtout, dans la conscience des hommes, offrent un terrain propice pour faire renaître l’idéologie des groupes antiléninistes battus.

Le développement de la conscience des hommes retarde sur leur situation économique. C’est pourquoi les survivances des conceptions bourgeoises restent et resteront encore un certain temps dans le cerveau des hommes, bien que le capitalisme soit liquidé dans l’économie.

Au surplus, il faut tenir compte que les États capitalistes qui encerclent l’U.R.S.S. et contre lesquels nous devons garder notre poudre sèche, s’appliquent à ranimer et à soutenir ces survivances. »

Cette vision de la contre-révolution était suffisante ? Pour cela, il faut voir comment le régime a, de manière juste, réprimé celle-ci.