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L’ambulant Vassili Perov, titan du réalisme - 2e partie

La première œuvre de Vassili Perov montrait un commissaire en action, c’est une œuvre qui eut un très grand succès alors. On y retrouve un élément très important chez Vassili Perov : la petite touche en plus pour renforcer un aspect pathétique, social. C’est une insuffisance, car cela amène à penser que le réalisme ne suffit pas, mais il faut bien voir qu’on est ici au début du mouvement des ambulants.

Cela n’empêche nullement un formidable talent, et une attention portée directement sur le peuple. En tant qu’ambulant, Vassili Perov a osé dresser le portrait du peuple. Voici Un errant.

Vassili Perov a tenté de fournir une critique sociale marquée au sein même du réalisme. Cette dimension pratiquement satirique nuit au réalisme, mais elle souligne un engagement, comme ici avec la représentation peu conventionnelle des popes orthodoxes. L’œuvre est ironiquement appelée Un repas monastique ; on peut y voir un pope tentant de charmer une femme des couches sociales supérieures, alors qu’une autre, pauvre quant à elle, demande l’aumône.

On trouve une même approche critique, de manière plus sérieuse, dans cette autre œuvre de jeunesse (qui a déjà été mentionné plus haut) montrant une procession à l’occasion de Pâques. Le décalage entre la dimension religieuse et la situation sociale misérable a particulièrement frappé.

Voici une œuvre religieuse de Vassili Perov, où comme dans l’art flamand, on voit que c’est le réalisme qui compte et que la religion n’est qu’un prétexte pour représenter une femme et son enfant.

Il reste à étudier ici comment le théâtre a joué un grand rôle dans l’affirmation du portrait. Quand on voit ici Une gouvernante arrivant à la maison d’un marchand, on est frappé par la dimension à la fois réaliste, mais également par l’aspect théâtral, relativement forcé, avec une pointe de critique sociale.

Il y a ici un aspect nettement théâtral dans ce concierge faisant face à deux femmes, hurlant en étant débraillé.

Dans la même logique, de qui est intéressant, c’est comment Vassili Perov a réussi à conserver parfois une certaine dimension joviale dans la représentation, c’est-à-dire comment il est resté fidèle à la bonhommie populaire. C’est ici frappant dans Sur la voie ferrée.

On a la même chose dans Les chasseurs se reposent, une œuvre très connue en Russie, dans une veine davantage réaliste, où la bonhommie des personnages tranche avec l’activité prétendument virile qu’ils ont mené. Il y a ici un vrai décalage.

De la même manière, dans L’oiseleur, on constate plus un rapport entre l’adulte et l’enfant que l’activité destructrice pour les animaux.

Concluons sur trois œuvres très intéressantes, la dernière montrant notamment une scène parisienne.



Si les œuvres de Vassili Perov ne sont pas toutes des chefs d’œuvre, elles sont une contribution historique d’une signification majeure. Cela éclaire également beaucoup sur la tentative des ambulants de souligner la détresse individuelle, dans toute sa dignité, mais en la reliant toujours au peuple, et donc de manière démocratique, réaliste. Même si le niveau synthétique complet n’est pas atteint en raison de la dimension forcée de certains éléments, il y a là toutefois une réflexion intéressante pour le réalisme socialiste non seulement en peinture, mais également pour le théâtre, dans la mesure où on retrouve le souci de capter l’attention de manière vivante.