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La capitulation du Collectif Odio de Clase, qui abandonne le maoïsme

Staline-Mao-ChineDans son dernier article, le collectif Odio de Clase d’Espagne a fait tomber son masque. Il défend le marxisme-léninisme et plus le maoïsme. C’est un saut dans la capitulation devant la tradition espagnole du « marxisme-léninisme » comme mélange d’hoxhaisme et de révisionnisme, de culture « redskins » économiste et de culte des années 1930, d’« anti-impérialisme » sous la forme de l’anti-américanisme.

C’est un saut qui, de fait, n’est pas une surprise pour ceux déçu par ce collectif (voir Le passage d’Odio de Clase au relativisme et au centrisme).

Par le passé, il a beaucoup informé sur les organisations maoïstes de par le monde. Il a joué un rôle très positif, servant d’intermédiaire entre les structures maoïstes.

La situation s’est néanmoins retournée en son contraire, parce que le collectif a été incapable d’analyser son propre pays d’une manière matérialiste dialectique. Ainsi, les images de Staline ont remplacé le contenu, l’anti-impérialisme est devenu la stratégie et une identité.

En fait, plus la crise économique s’est approfondie en Espagne, moins le collectif était en mesure de faire face à cela. Alors, il a capitulé, et le prétexte a été la mort de Chavez, que le collectif a refusé de rejeter comme un dirigeant réactionnaire (voir La question de Chavez dans le MCI).

 La question du semi-colonialisme et du semi-féodalisme

Selon le maoïsme, le monde est divisé en pays impérialistes et en pays semi-coloniaux. Dans ces pays semi-coloniaux, le capitalisme est bureaucratique, le gouvernement est dirigé par la bourgeoisie bureaucratique et par les grands propriétaires terriens.

Cette ligne ne permet pas un « anti-impérialisme », où l’impérialisme serait un système mondial, où les « États nationaux » joueraient un rôle positif, où les luttes armées révisionnistes joueraient un rôle révolutionnaire.

C’est pourquoi le collectif Odio de Clase, qui a abandonné l’Espagne et s’est tourné vers un simple « anti-impérialisme », a abandonné la si importante thèse du semi-colonialisme et du semi-féodalisme. C’était le prix à payer pour célébrer les talibans ou l’État syrien comme forces « anti-impérialistes ».

Comprenant qu’une telle ligne était inacceptable pour les maoïstes authentiques, le collectif Odio de Clase a commencé à rejeter le « dogmatisme » et est tombé dans les bras des centristes, conduit par le Parti Communiste Maoïste d’Italie (avec le blog « Maoist Road »).

Anti-relativisme-1

Cela a un aspect très drôle : alors qu’auparavant le collectif Odio de Clase était rejeté par les centristes comme « virtuel », « gauchiste », etc., les centristes ont très bien accueilli le changement de ligne.

 Odio de Clase et les traditionnelles attaques hoxhaistes contre Mao Zedong

Le collectif Odio de Clase, dans son dernier article, rejette le maoïsme au nom de différentes raisons : le fait que Mao considérait comme ennemi principal l’URSS révisionniste et social-impérialiste, la diplomatie avec les pays impérialistes européens contre l’URSS, la tolérance avec le régime de Franco en Espagne, etc.

Ces exemples n’ont rien de nouveau ; ce sont les arguments anti-maoïstes traditionnels diffusés à la fois par le révisionnisme et le hoxhaisme.

Les révisionnistes et les hoxhaistes utilisent l’influence des révisionnistes chinois conduit par Deng Xiaoping pour attaquer Mao Zedong, ils diffusent le confusion entre politique et diplomatie officielle, etc.

Mais en fait, c’est plus profond. Le problème théorique principal est que les « marxistes-léninistes » rejettent le principe de la « contradiction principale ».

Dans De la contradiction, Mao Zedong nous enseigne la chose suivante :

« Nous avons déjà dit plus haut qu’il ne faut pas traiter toutes les contradictions dans un processus comme si elles étaient égales, qu’il est nécessaire d’y distinguer la contradiction principale des contradictions secondaires et d’être particulièrement attentif à saisir la contradiction principale.

Mais dans les différentes contradictions, qu’il s’agisse de la contradiction principale ou des contradictions secondaires, peut-on aborder les deux aspects contradictoires en les considérant comme égaux ?

Non, pas davantage. Dans toute contradiction, les aspects contradictoires se développent d’une manière inégale. Il semble qu’il y ait parfois équilibre entre eux, mais ce n’est là qu’un état passager et relatif ; la situation fondamentale, c’est le développement inégal.

Des deux aspects contradictoires, l’un est nécessairement principal, l’autre secondaire. Le principal, c’est celui qui joue le rôle dominant dans la contradiction.

Le caractère des choses et des phénomènes est surtout déterminé par cet aspect principal de la contradiction, lequel occupe la position dominante. Mais cette situation n’est pas statique ; l’aspect principal et l’aspect secondaire de la contradiction se convertissent l’un en l’autre et le caractère des phénomènes change en conséquence.

Si, dans un processus déterminé ou à une étape déterminée du développement de la contradiction, l’aspect principal est A et l’aspect secondaire B, à une autre étape ou dans un autre processus du développement, les rôles sont renversés ; ce changement est fonction du degré de croissance ou de décroissance atteint par la force de chaque aspect dans sa lutte contre l’autre au cours du développement du phénomène. »

Cela est rejeté à la fois par les révisionnistes modernes et par les hoxhaistes. Bien entendu, le collectif Odio de Clase rejette cela également.

 Odio de Clase suit la ligne pragmatique-machiavélique

Dans son article, Odio de Clase explique d’une manière très correcte que sa position se situe dans la même perspective que le Parti Communiste des Philippines, le Parti Communiste d’Inde (Maoïste) et le Parti Communiste de Turquie / Marxiste-Léniniste (TKP/ML).

De fait, cela est correct : à la fin des années 1990, ces partis ont même produit une revue en commun, Vanguard, ouvertement opposée au Mouvement Révolutionnaire Internationaliste et au Parti Communiste du Pérou.

Ils ont soutenu une ligne pragmatique-machiavélique, et ils le font encore. C’est le courant traditionnel anti-« dogmatique », fondamentalement opposé aux enseignements de Gonzalo et du Parti Communiste du Pérou.

Et il est facile de voir où va ce courant : à la négation du matérialisme dialectique comme loi de la matière éternelle en transformation, à la réduction du maoïsme à de la « politique », à l’idéologie petite-bourgeoise parlant d’une « oligarchie » dans son propre pays et voyant l’impérialisme américain comme une sorte de monstre plein de complots et de manigances.

Pensée-guide-4

 La bataille pour la pensée guide dans chaque pays

Le matérialisme dialectique consiste en beaucoup d’enseignements, depuis la loi de la contradiction jusqu’au réalisme socialiste, depuis le semi-colonialisme jusqu’à la démocratie populaire. Tout cela est en même temps très facile et très compliqué.

Et lorsque nous voyons que cela doit également être compris par des gens produits par la lutte de classe dans un pays donné - car eux seulement peuvent comprendre correctement l’aspect révolutionnaire du matérialisme dialectique comme science - cela rend les choses plus difficiles.

Mais ce n’est pas tout : ces gens doivent produire une pensée guide, formulée par un camarade comprenant l’histoire de son propre pays, avec toutes ses contradictions. Alors seulement, la stratégie révolutionnaire – la guerre populaire – peut être victorieuse !

C’est ce que le collectif Odio de Clase a décidé d’éviter en Espagne – c’est la tâche que nous avons accepté en France. Nous produisons des études approfondies sur l’histoire de notre pays, sur la culture et la lutte des classes. Nous défendons le matérialisme dialectique. Et avec une telle base, nous produirons les nouveaux camarades, pour la tempête qui s’annonce dans notre pays !

Pour archives, la position d’Odio de Clase :

« ODC actualmente ya no se reivindica maoísta, sino marxista-leninista. A raíz de la muerte de Hugo Chavez somos objeto de una campaña de ataques de fuerzas "maoístas" por defender que consideramos a Chavez anti-imperialista y progresista. Para ODC algo no marcha bien cuando fuerzas que se reivindican "maoístas" califican a Chavez - tambien a Allende- de fascista y se alegran por su muerte. Esta polémica en torno a Chavez lleva a ODC a entrar en un periodo de reflexión, profundización del estudio y debate interno.

Fruto del estudio, lectura y reflexión de algunos documentos, ODC descubre errores cometidos por Mao, sobre todo en la política internacional, que consideramos bastante graves. Sin renegar ni renunciar a los aportes positivos de Mao, sin caer en el anti-maoismo, consideramos que fueron errores muy graves, entre otros, el considerar a la revisionista y socialimperialista URSS como mayor enemigo que EE.UU y fruto de ello el acercamiento a EEUU y la Unión Europea para "frenar" y contrarrestar a la socialimperialista URSS.

Esto fue un error muy grave que llevo a aberraciones injustificables como no condenar a la Junta Militar de Chile encabezada por sanguinario Pinochet, a la tolerancia con el regimen criminal de Franco o a apoyar a España en su incorporación a la entonces llamada Comunidad Económica Europea, como integrante del “bloque occidental”. Los comunistas debemos ser honestos y autocríticos, no podemos cerrar los ojos ante tamanos errores y debemos extraer enseñanzas de los mismos. Como conclusión decimos que ODC es marxista-leninista y no maoísta, que ODC no es anti-maoísta, que ODC toma en cuenta los oportes positivos de Mao, y que ODC además en muchos temas coincidimos con las posiciones del PCI (Maoísta), el Partido Comunista de Filipinas o el Partido Comunista de Turquia / Marxista-Leninista TKPML TIKKO, los cuales protagonizan guerras populares que apoyamos y vamos a seguir apoyando. »

vendredi 18 avril 2014


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