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La connaissance authentique ne provient que de la pratique sociale − 1974

Critique du sophisme confucéen de la « connaissance innée » et de la théorie réactionnaire du « génie inné » de Lin Piao, par Chao Pu­yù

[L’auteur est ouvrier - paysan - soldat de l’Ecole de Médecine de Kirin]

La connaissance se forme-telle a priori ou a posteriori ? Qui fait l’histoire, les héros ou les esclaves ?

La réponse du prolétariat à ces questions est diamétralement opposée à celle de la bourgeoisie. Le président Mao nous enseigne que « les idées justes ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale : la lutte pour la production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique. »

Mais Liou Chao­-chi, Lin Piao et autres escrocs claironnèrent frénétiquement l’apriorisme idéaliste, radotant que la connaissance était un don de la nature et que la science ou l’ignorance de l’homme était déterminée par sa « qualité intrinsèque ».

Cette bêtise, loin d’être neuve, n’était rien d’autre que le fatras défraîchi de Confucius, leur maître en apriorisme idéaliste.

Il y a déjà plus de deux mille ans, Confucius avait répandu de toutes ses forces l’apriorisme idéaliste réactionnaire, s’attachant au sophisme selon lequel connaissance et capacités étaient un bien de naissance, les esclavagistes et les aristocrates étaient « nés savants » et étaient naturellement « intelligents », tandis que les esclaves ne pouvaient être que sots, et que cette « science » ou cette « ignorance » étaient à jamais immuables. Il prétendait que « seuls les nobles, qui sont intelligents, et les humbles, qui sont sots, ne peuvent changer. »

Mais en réalité, ces sophismes réactionnaires se sont depuis longtemps révélés de pures bêtises. J’ai été élevé à la campagne, et je suis allé à l’école irrégulièrement pendant seulement quatre ans.

J’ai travaillé la terre jusqu’à mon engagement en 1966 dans l’Armée populaire de libération, où je suis devenu simple soldat dans un régiment d’éclaireurs.

J’ai ensuite été transféré au dispensaire d’un hôpital militaire comme infirmier en physiothérapie.

La connaissance que nous avons acquise par la pratique dans l’exploration de la « zone interdite » des sourds-­muets constitue la critique la plus accablante de la théorie confucéenne de la « connaissance innée » et de l’apriorisme idéaliste de Liou Chao-­chi, Lin Piao et autres escrocs.

Au début du traitement des écoliers sourds-­muets par l’acupuncture, nous n’appliquions les aiguilles qu’aux points indiqués par les manuels d’acupuncture, mais nous obtenions peu de résultats.

Alors nous avons mis en pratique l’enseignement du président Mao selon lequel « si l’on veut connaître le goût d’une poire, il faut la transformer : en la goûtant » et nous avons décidé de nous appliquer les aiguilles à nous-mêmes, afin de trouver une meilleure solution et de localiser les points adéquats pour la guérison des sourds-muets. Au péril de notre vie, nous prîmes le risque d’introduire l’aiguille au point ya men, dans l’intention d’ouvrir des pistes partout où nos prédécesseurs voyaient des « zones interdites ».

D’après le manuel d’acupuncture, il ne faut pas enfoncer l’aiguille au point ya men de plus de trois à cinq fen [Le mot fen sert à mesurer la profondeur à laquelle on enfonce l’aiguille d’acupuncture. Sa longueur varie en fonction de la taille du patient. Quand le patient forme un cercle en joignant son médium et son pouce, la distance interne entre la deuxième et la troisième phalange du médium représente dix fen, ou un tsun], sinon la vie du patient serait en danger.

Cependant lorsque nous avons appliqué les aiguilles de cette façon, nous n’avons obtenu aucun résultat.

Après avoir consulté mes camarades, je décidai de courir le risque d’introduire l’aiguille encore plus loin au point ya men de mon propre corps.

Mon esprit était hanté à ce moment-là par le désir de rendre l’ouïe et la parole à mes frères de classe sourds-muets ; même si je devais perdre la vie, ça valait la peine de mourir. Je commençai donc l’expérience avec une aiguille en argent. A cinq fen, aucune sensation ne se produisit ; à dix fen, une sensation se manifesta ; et lorsque j’enfonçai l’aiguille encore plus loin, il en résulta une très forte sensation.

Je glissai alors l’aiguille encore plus loin. Quand elle fut à vingt cinq fen sous la peau, j’éprouvai soudain dans tout mon corps comme une décharge électrique ; la sensation était si forte que j’en fus presque engourdi des pieds à la tête, ma gorge elle-même s’échauffa.

Je racontai alors mon expérience à mes camarades qui essayèrent de la même façon sur eux-mêmes et obtinrent la même sensation que moi.

Le lendemain je pratiquai l’acupuncture de cette façon sur une écolière sourde-muette du nom de Wang Ya­chin.

Au bout de trois jours de ce traitement, Wang Ya­chin put enfin crier : « Vive le président Mao ! » pour la première fois de sa vie.

Grâce à la sollicitude rencontrée aux échelons élevés du comité du Parti ainsi qu’au soutien chaleureux des larges masses, nous avons, pendant les cinq dernières années, traité plus de dix mille sourds-muets, avec un taux de guérison d’environ 30 % et un taux d’amélioration de 80 %.

Sur la base de la pratique, nous avons en outre récapitulé les résultats de notre expérience : « traiter la surdité avant le mutisme, guérir les deux en même temps et associer le traitement à l’entraînement. » Nous avons également écrit des livres pour propager cette expérience.

Que des « rustres » comme nous aient acquis par la pratique une véritable connaissance dans la guérison des sourds-muets, démontre avec éloquence qu’aucune connaissance n’est donnée avant la naissance, pas plus qu’elle n’est octroyée par Dieu. Elle est acquise a posteriori, par la pratique. Sans la pratique, personne ne peut acquérir de connaissance.

La prétention à la « connaissance innée » n’est que pure bêtise ! Grâce à la pratique du traitement des sourds-muets, j’ai fini par comprendre que, puisqu’il y a des milliers de symptômes différents et que la cause de la maladie peut être confuse ou complexe, il doit être impossible de guérir une maladie sans la connaître vraiment par la pratique et l’étude.

A la fin de 1972, un ancien combattant de l’Armée Rouge, âgé de plus de soixante-deux ans, qui était devenu sourd à la suite d’une blessure reçue plus de dix ans auparavant, vint me trouver depuis Chengtu.

Je l’examinai complètement et le traitai par l’acupuncture de la même façon que les autres sourds. Au bout d’une semaine de stimulation échelonnée, il n’y avait aucun résultat. Pour quelle raison ? Je remâchai la question et m’aperçus que le patient, bien que dur d’oreille, n’était pas muet ; l’introduction de l’aiguille aux points ting hui etyifen non seulement ne réussissait pas à lui rendre l’ouïe, mais au contraire augmentait le tintement dans ses oreilles.

Quand j’appliquai l’aiguille au point yi ming, le tintement cessa mais l’ouïe ne lui était toujours pas rendue.

Je fis alors un essai sur mon propre corps et découvris que lorsqu’on massait ie point chiao suns une sensation se développait autour de la zone de l’oreille et tendait à s’étendre au-­delà.

Néanmoins il n’était pas possible d’obtenir un bon résultat avant d’avoir localisé exactement le point d’acupuncture. Je n’ai donc pas repris le traitement de ce patient avant d’avoir localisé le point précis ni trouvé l’angle et la profondeur d’insertion adéquate de l’aiguille, à la suite d’une série d’essais. Quand l’aiguille lui fut de nouveau introduite, le patient entendit quelque chose bourdonner dans son oreille et ressentit une pointe de fraîcheur.

Cette nuit-­là il fut réveillé par les ronflements de ses voisins de chambre. Il nous le raconta le lendemain avec délices.

Nous rendant compte que les effets du traitement se faisaient sentir, nous continuâmes de le soigner pendant un mois et nous lui rendîmes enfin l’ouïe.

Je me suis rendu compte par la pratique que la connaissance semble être un flot infini et qu’on ne peut jamais s’imaginer tenir la panacée de toutes les maladies.

Il faut consacrer son temps et ses efforts à l’étude des problèmes difficiles chaque fois qu’ils se présentent ; aucune solution toute faite n’est disponible.

Et ce n’est pas par la vertu d’un cerveau d’une « intelligence extraordinaire », comme le propageait le traître Lin Piao, ni en se torturant l’esprit en vase clos, mais c’est par la pratique qu’on trouve la solution à tous les problèmes difficiles.

Durant ces années de traitement des sourds-muets, passant de l’ignorance à la connaissance et d’une connaissance insuffisante à une meilleure, je me suis appuyé principalement sur les enseignements du marxisme-léninisme et de la pensée­ maotsétoung, ainsi que sur le soutien des masses.

Sans eux, le succès aurait été impossible à obtenir dans l’exploration des « zones interdites » des sourds-muets. Toutes les classes réactionnaires de l’histoire ont invariablement prôné la conception idéaliste de l’histoire selon laquelle « les héros font l’histoire » tout en répandant l’apriorisme idéaliste de la « connaissance innée ».

Confucius s’était vanté que « sa vertu venait du ciel » et Lin Piao se considérait lui aussi comme un « génie », et disait que l’histoire humaine était la création de quelques « génies », telle que sa clique.

C’est un fieffé sophisme réactionnaire de la classe exploiteuse. Selon eux, des rustres comme nous, qui ont été opprimés et exploités dans l’ancienne société, devraient toujours se soumettre à l’esclavage de ces « génies » et ne devraient pas être capables d’acquérir des connaissances, et encore moins d’inventer et de créer.

Lorsque nous avons organisé notre petite équipe pour le traitement des sourds-muets, nous n’avions d’abord que quelques jeunes recrues d’à peu près vingt ans. Aucun de nous n’avait reçu une formation professionnelle.

Et ce sont justement ces jeunes soldats, s’appuyant sur le marxisme-léninisme et la pensée-maotsétoung, développant la conviction révolutionnaire d’aider le peuple complètement et de tout cœur et osant agir, qui ont exploré en peu de temps la « zone interdite » des sourds-muets, tournant ainsi une nouvelle page de l’histoire de la médecine.

Au cours de cette lutte, de l’infirmier inexpérimenté que j’étais, on a fait de moi un officier de médecine du peuple. Ignorant tout de l’acupuncture au début, je sais maintenant l’appliquer aux sourds-muets ainsi qu’à ceux qui souffrent d’autres maladies compliquées.

Tout ceci n’aurait pu être accompli sans le défrichage et l’éducation du Parti ni sans le soutien des masses. D’innombrables exemples témoignent que seules les masses font l’histoire.

De Confucius à Liou Chao­-chi, Lin Piao et leur clique, on ne s’est pas privé de fanfaronner à propos des sophismes réactionnaires de la « connaissance innée » et de « l’histoire faite par les héros ».

Pour quelle raison ?

Pour le dire carrément, ils ont tous essayé de préserver les intérêts de la classe réactionnaire, d’exploiter et d’opprimer les travailleurs et de faire obstacle à la roue de l’histoire.

Confucius se fit en son temps le propagandiste de ce mensonge afin de ressusciter les états esclavagistes éteints et restituer les rênes du pouvoir aux aristocrates esclavagistes.

Quant à Liou Chao­-chi et Lin Piao, ils propagèrent ce mensonge afin de rendre leur « paradis » perdu à la classe des propriétaires fonciers et des capitalistes, de revenir au capitalisme et de réaliser leur désir avide d’usurper le pouvoir suprême dans le Parti et l’Etat.

Ceux qui ont essayé de faire obstacle au progrès de l’histoire comme si une araignée voulait stopper de sa patte un attelage ont été écrasés par la roue de l’histoire, mais leur idéologie réactionnaire empeste encore.

Nous critiquerons à fond leur conception du monde réactionnaire et conduirons jusqu’au bout la révolution socialiste dans le domaine de la superstructure !

vendredi 11 janvier 2019


Les documents de 1974