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La guerre en Syrie : un simple prétexte pour les massacres du 13 novembre

« On intervient au nom de Daech, on fait ça pour tout ce que vous faites en Syrie et en Irak. »
« Vous bombardez la Syrie, vous allez comprendre. »

Voilà des propos rapportés par des personnes ayant échappé au massacre dans la salle de concert du Bataclan.

Faut-il prendre au sérieux ces informations ? Absolument pas. Ce serait comme croire Mohammed Merah qui a expliqué qu’il tuait des enfants à la sortie d’une école juive au nom des enfants de Palestine.

Ce n’est qu’un prétexte, un justificatif pour la barbarie. C’est le nihilisme qui s’engouffre dans ce qu’il peut afin de s’exprimer librement, dans toute sa dimension meurtrière.

On arguera : oui, mais les attentats du 13 novembre à Paris ne suivent-ils pas les interventions françaises en Syrie, contre l’État Islamique ?

Tout à fait, seulement : quel est le programme de l’État Islamique ? Est-ce de vaincre là-bas, ou bien de vaincre partout dans le monde ? C’est justement de vaincre partout dans le monde. L’État Islamique est pour l’abolition des nations, il ne reconnaît pas le phénomène national, même pas arabe ou palestinien.

Les attentats auraient eu lieu d’une manière ou d’une autre, car le projet du fondamentalisme islamique est international, ou plus précisément a-national, pour ne pas dire carrément cosmopolite.

Les attentats du 11 septembre 2001 étaient-il une réponse à l’impérialisme américain ? Dans les mots d’Al Qaeda, tout à fait. Dans les faits, c’était une offensive du fondamentalisme islamique. D’ailleurs, il suffit de voir les meurtriers attentats contre des trains de banlieues à Madrid, le 11 mars 2004, faisant 191 morts et 1858 personnes blessées.

On a une logique qui a son autonomie, sa propre dynamique. C’est quelque chose qu’il faut bien comprendre.

Du point de vue matérialiste, le terreau de l’État Islamique est féodal, et donc bien construit par les pays impérialistes, qui ont brisé les campagnes des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, afin de former des grands propriétaires terriens bloquant l’accumulation capitaliste et l’émergence d’une bourgeoisie authentique.

Cependant, sur cette infrastructure s’est développée une superstructure, qui est elle devenue ici autonome justement avec le fondamentalisme islamique. Cette superstructure agit en retour. Rappelons ici notre principe scientifique à ce sujet :

« Ce qui fait la force et la vitalité du marxisme-léninisme, c’est qu’il s’appuie dans son activité pratique précisément sur les besoins du développement de la vie matérielle de la société, sans se détacher jamais de la vie réelle de la société.

De ce qu’a dit Marx, il ne suit pas, cependant, que les idées et les théories sociales, les opinions et les institutions politiques n’aient pas d’importance dans la vie sociale ; qu’elles n’exercent pas une action en retour sur l’existence sociale, sur le développement des conditions matérielles de la vie sociale.

Nous n’avons parlé jusqu’ici que de l’origine des idées et des théories sociales, des opinions et des institutions politiques, de leur apparition ; nous avons dit que la vie spirituelle de la société est un reflet des conditions de sa vie matérielle.

Mais pour ce qui est de l’importance de ces idées et théories sociales, de ces opinions et institutions politiques, de leur rôle dans l’histoire, le matérialisme historique, loin de les nier, souligne au contraire leur rôle et leur importance considérable dans la vie sociale, dans l’histoire de la société. »
(Staline, Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique)

La nature du fondamentalisme islamique est donc d’être le produit du féodalisme organisé par l’impérialisme, mais aussi de s’en extraire idéologiquement et même matériellement. Il faut distinguer, au moyen du matérialisme dialectique, l’infrastructure de la superstructure.

Sans cela, on se perd totalement. Ce qui est frappant sur ce plan, après le 13 novembre, c’est de voir que les bourgeois - qui vivent dans « leur monde » - considèrent que tout cela relève de la folie. Ils ont une mentalité tellement bornée qu’ils ne peuvent pas saisir une autre logique que la leur.

De la même manière qu’à leurs yeux personne ne peut raisonnablement devenir communiste, l’islamisme est pour eux une simple folie.

Quant aux bourgeois de gauche alliée à la petite-bourgeoisie de gauche « radicale », ils expliquent le fondamentalisme islamique par une sorte d’anti-impérialisme plus ou moins dévoyé. Anarchistes et trotskystes (et leurs appendices que sont les faux « maoïstes ») ont même utilisé le slogan « Leurs guerres / Nos morts » pour exprimer cela.

Ils attribuent aux guerres impérialistes l’émergence du fondamentalisme islamique. Ils reprennent au pied de la lettre la propagande du fondamentalisme islamique, qui se veut « révolutionnaire », alors qu’il est un romantisme anticapitaliste issu des couches féodales.

Anarchistes et trostkystes tiennent le même raisonnement ignoble qu’au moment des crimes de Mohamed Merah, et cela continue chez eux, car ils ne regardent pas les choses de manière matérialiste.

Le fondamentalisme islamique ne doit, de fait, nullement être considéré comme porté par des individus « dégénérés », comme étant vide intellectuellement et culturellement. Au contraire, c’est une idéologie immensément riche, avec de très nombreuses réflexions, théories, des débats extrêmement vivants, le tout étant massivement diffusés… malheureusement.

Que cela ait été aidé par différentes forces impérialistes – comme l’impérialisme américain contre le social-impérialisme soviétique en Afghanistan – c’est évident. Mais faire d’Oussama Ben Laden, d’Al Qaeda hier et de l’État Islamique aujourd’hui, ou encore du Qatar et de l’Arabie Saoudite, la simple expression d’un « plan impérialiste », c’est totalement absurde.

Le plus ironique d’ailleurs est que le slogan « Leurs guerres / Nos morts » part du Nouveau Parti Anticapitaliste, qui a mené campagne pendant des mois pour que les États impérialistes soutiennent militairement la pseudo « révolution syrienne » ! Quelle confusion, quel refus de l’esprit démocratique, quelle absence de matérialisme !

Cela rappelle le sens de la bataille pour que les masses se saisissent du matérialisme dialectique, du maoïsme. Sans cela, on ne comprend pas la nature semi-féodale semi-coloniale des pays non capitalistes-impérialistes, et les conséquences qui en découlent.

lundi 16 novembre 2015


International