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La peinture flamande - 4ème partie : Saint Luc dessinant la Vierge, La Vierge du chancelier Rolin

Saint Luc dessinant la Vierge est un tableau peint vers 1435–1440 par Rogier van der Weyden (1399/1400-1464). C’est une œuvre importante de la peinture flamande, car elle reflète une tendance très importante de la période.

On y voit en effet Saint Luc ; or, celui-ci est le saint patron des arts. Le tableau a d’ailleurs été fait pour la guilde de Saint Luc de la ville de Bruxelles, qui était la guilde des artistes.

Sur le tableau, Saint Luc est lui-même en train de dessiner, ce qui signifie qu’il est possible de représenter le divin de manière fidèle.

En apparence, c’est ainsi une œuvre simplement religieuse. Une sculpture de la chute d’Adam et Eve se situe notamment sur l’accoudoir ; on voit aussi la Vierge accroupie sur les marches du trône par esprit d’humilité.

A cela s’ajoute le jardin fermé en arrière-plan, un hortus conclusus, qui est un symbole de la pureté de la vierge. On a même, caché, un bœuf allongé dans la pièce de droite (il symbolise Saint Luc).

Ce qu’on voit est d’ailleurs très proche d’une autre grande œuvre : La Vierge du chancelier Rolin, peint vers 1435 par Jan van Eyck (1390-1441).

On a la même dimension religieuse, cependant en réalité, ces deux œuvres sont pourtant des affirmations réalistes. Ce qu’on voit à l’arrière-plan, en effet, c’est la ville. A chaque fois, deux personnages regardent d’ailleurs vers la ville, depuis le hortus conclusus.

On a donc la reconnaissance de la ville et de la représentation fidèle, réaliste – on a l’affirmation de la bourgeoisie.

Car ce qui compte notamment dans le tableau Saint Luc dessinant la Vierge, c’est la valorisation de la représentation. On considère même d’ailleurs que le visage de Saint Luc a les traits de Rogier van der Weyden.

Cela signifie que l’art peut représenter des choses importantes, alors qu’auparavant l’art était soumis à des représentations de ce qui était religieux. C’est une rupture très importante, historique ; c’est l’affirmation du réalisme, car c’est la méthode qui prime, et non plus ce qui est représenté.

C’était l’ouverture de toute une époque. Et de fait, la représentation est réaliste, et la Vierge Marie donnant le sein est tout à fait réaliste, elle n’a rien de mystique, de transcendant. Les détails des habits et de la pièce témoignent également du réalisme.

On voit donc comment la thématique religieuse est absorbée par le réalisme, comme courant. La bourgeoisie affirme le lien avec la prise sur le réel.