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La vie, la matière, l’Univers - 6e partie : la cosmologie de Mao Zedong dans la GRCP - l’Univers comme oignons

Dans notre dernier article (La vie, la matière, l’Univers - 5ème partie : l’importance historique de l’expérience Miller-Urey et le « monde de l’ARN »), nous sommes arrivés au point de comprendre la cellule et les bactéries. Avant d’aller ici de l’avant, nous allons voir comment Mao Zedong a expliqué et compris cela et, avant tout, de quelle manière.

Mao Zedong a présenté la question comme ceci :

« Nous devons étudier les origines de cellules. La cellule dispose de son noyau, une masse de protoplasme, et une membrane. La cellule est organique, il doit donc y avoir eu des formes non cellulaires avant qu’il y ait la cellule.

Qu’y avait-il avant que la cellule ait été formée ? Comment était la forme non cellulaire changée en cellule ? Il y a une femme scientifique en Union soviétique qui a étudié ce problème, mais aucun résultat n’a été rapporté. »
(Discussions sur l’article de Sakata, 24 août 1964)

Mao Zedong

La femme est bien sûr Olga Lepeshinskaya (voir La vie, la matière, l’univers - 2ème partie : la vie comme matière en mouvement) et nous allons voir comment les adeptes de cette perspective nous aident à comprendre cela, avec le rôle des bactéries.

Mais, avant cela, il faut bien saisir comment cela est à comprendre et comment Mao Zedong a compris cela, comment il l’a promu au cours de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.

Mao Zedong était un vrai disciple de Marx, Engels, Lénine et Staline. Pour cette raison, il a arboré le matérialisme dialectique contre le révisionnisme. Voici ce qu’il a dit dans son discours lors de la conférence des représentants des partis communistes et ouvriers du monde, qui s’est tenue à Moscou, le 18 Novembre 1957 :

« Vous voyez, c’est plein de contradictions à l’intérieur de l’unité de atome. Il y a une unité de deux oppositions : le noyau et l’électron. A l’intérieur du noyau, il y a unité d’opposition du proton et du neutron. A l’intérieur du proton, il y a le proton et l’antiproton, et à l’intérieur du neutron il y a le neutron et l’antineutron.

En somme, l’unité des oppositions est universelle. Nous avons besoin de propager largement l’idée de l’unité des oppositions et la dialectique. »

Cet appel, dans la lutte contre le révisionnisme soviétique, montre le caractère véritablement révolutionnaire de Mao Zedong. Et la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne (la GCRP) sera le grand moment de propagation du matérialisme dialectique.

Nous devons, dans ce contexte, voir comment un document a attiré l’attention de Mao Zedong. C’était en 1963, un article du physicien japonais Shoichi Sakata, de l’Université de Nagoya, a été publié en Chine dans le Bulletin des études de la dialectique de la nature.

A cette époque, la Chine rouge faisait face à une forte ligne opportuniste de droite, qui mettait en avant l’union des contraires. Une importante figure théorique de cela était Yang Xianzhen ; le mouvement lancé à cette époque a permis à la GRCP de naître et à la conception révisionniste de Yang Xianzhen d’être critiquée (par exemple dans le grand document de 1971 : « Deux fusionnent en un », philosophie réactionnaire de la restauration capitaliste.

Mao Zedong a tenu une réunion interne à la mi-août 1964 pour faire face aux positions de Yang Xianzhen, à Beidaihe près de la mer de Bohai. Puis, le 23 août, il a rencontré Shoichi Sakata, à Pékin où se tenait un colloque scientifique. Impossible de ne pas voir que les deux événements sont idéologiquement liés.

Shoichi-Sakata

Preuve en est que cela a conduit à une autre édition du document de Sakata, dans une meilleure traduction (c’est-à-dire venant directement du japonais et non pas d’une version russe).

Tout d’abord, il a été publié à nouveau, sous le titre Un dialogue sur de nouvelles vues des particules élémentaires, dans le Hongqi (« Drapeau rouge »), puis de nouveau dans le Renmin Ribao (« Quotidien du Peuple ») et le Guangming Ribao (« Guangming quotidien »). Dans la version du Hongqi, il allait avec une présentation mettant l’accent sur la valeur du document, tandis qu’à la fin de celui-ci on trouvait deux articles l’expliquant pour les gens n’ayant pas l’habitude des concepts scientifiques.

Trois mois plus tard vint une autre série de 6 articles sur Les sciences naturelles et le matérialisme dialectique : L’examen de la faillite de l’idéalisme et de la métaphysique du point de vue du développement de la physique moderne (par Zhu Hongyuan), Quelques vues sur l’application du matérialisme dialectique dans la recherche de la théorie de la structure moléculaire (par Xu Guang Xuan), Le matérialisme dialectique est l’arme pour explorer la nature (par Ai Siqi), Étudier les pensées de Mao Zedong, améliorer les méthodes de la recherche scientifique (par Yu Guangyuan) et Sur la divisibilité de la matière (par le Gong Yuzhi).

Ce n’est pas tout. Fut fondé un groupe de particule élémentaire de Pékin, avec 39 scientifiques, étudiant le travail de Sakata et proposant, en 1966, sa propre version (appelé straton) du modèle de physique des particules – la même année que la théorie opposée, celle du quark, qui a été développée dans les pays impérialistes.

Comme on le voit, la Chine rouge s’est directement opposée à l’École de Copenhague de physique quantique. Le projet a même été considéré comme un zhan lui – « une grande bataille » –. Pourquoi cela ? Comment est-ce à comprendre ?

C’est facile : Mao Zedong a compris que si la dialectique est universelle, alors il est correct de comprendre le macro-monde et le micro-monde eux-mêmes comme des processus dialectiques... Alors l’origine de la vie, exactement comme la structure des particules élémentaires, doit être comprise aussi comme processus dialectique....

Et ainsi, il n’y a rien qui ne soit indivisible... Chaque fois, les scientifiques parviennent à une autre couche, comme si l’univers était un oignon infini.

Le point de vue de Mao est ainsi parvenu à une compréhension matérialiste dialectique de l’univers lui-même comme processus dialectique. Cela était déjà présent chez Marx, Engels, Lénine et Staline mais il n’y a jamais eu cette compréhension lumineuse. Cela nécessitait d’être défendu contre la conception bourgeoise en physique et il était nécessaire d’approfondir cette compréhension.

Mao eut ainsi des conversations avec les scientifiques sino-américains Chen Ning Yang et Tsung-Dao Lee, Prix Nobel de Physique en 1957.

Sheldon Glashow Lee, un Américain qui a remporté le prix Nobel de physique en 1979 (et qui est marié à une sœur de Lynn Margulis !), proposa lors de la 7ème conférence thématique d’Hawaï sur la physique des particules, en 1977, que

« les hypothétiques blocs de construction de toute la matière soient appelés “MAONS”, afin d’honorer l’ancien Président Mao qui a insisté sur l’unité sous-jacente de la nature ».

Et, logiquement, c’est le terrain pour la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne. Dans tous les domaines, la GRCP est fondée sur cette base : rien n’est indivisible.

Comme il est dit dans le Journal de la dialectique de la nature, qui a existé pour 10 numéros (100 000 exemplaires chacun) lors des années 1973-1975, dans l’article L’univers est l’unité du fini et de l’infini :

« La fin de toute chose concrète, le soleil, la Terre et l’humanité n’est pas la fin de l’univers. La fin de la Terre apportera un corps cosmique nouveau et plus sophistiqué.

À ce moment-là, les gens tiendront des réunions et célébreront la victoire de la dialectique et souhaiteront la bienvenue à la naissance de nouvelles planètes.

La fin de l’humanité se traduira également par de nouvelles espèces qui hériteront de toutes nos réalisations. En ce sens... la mort de l’ancien est la condition de la naissance du nouveau. »

Cette compréhension générale dialectique de l’univers est la base réelle de la GRCP ; toutes les conceptions de la GRCP ont, en tant que noyaux, cette compréhension de la dialectique. Un devient deux, rien n’est indivisible.

Suivant ce principe, deux bases se souciaient des questions spécifiques de l’astrophysique. Une a été fondée en 1968 en tant que Groupe de critique des points de vue contre-révolutionnaires bourgeois dans les sciences naturelles et d’étude de pensée Mao Zedong.

Elle a notamment produit en juillet 1968 Sur le principe de la vitesse de la lumière, fondation de la théorie de la relativité, et en août 1969 Critique sur la théorie de la relativité.

Et en juillet 1969, à la prestigieuse Université Fudan de Shanghai, fut également fondée, par Zhang Chunqiao et Yao Wenyuan, le groupe de critique révolutionnaire des sciences naturelles, qui signait ses documents Li Ke (pour jouer sur l’homophonie des deux caractères chinois signifiant « sciences naturelles »).

Nous reconnaissons ici les noms de Zhang Chunqiao et Yao Wenyuan, proches collaborateurs de Mao Zedong et condamnés comme membres de la « bande des quatre » par les révisionnistes après la mort de Mao. Ils montrent l’importance de la cosmologie de Mao dans la GRCP.

Li Ke a produit en particulier un document intitulé Introduction aux principales écoles et pensées des sciences naturelles occidentales modernes, en deux parties (1. La physique des particules élémentaires ; 2. Cosmologie).

Par conséquent, la cosmologie de Mao n’était un simple point de vue sur l’astrophysique. Elle a été considérée comme une étape nouvelle et énorme, une nouvelle compréhension de la science qui devait être effectuée et réalisée comme résultat de la GRCP.

Newton a été dépassé par Einstein, et Einstein a été dépassé par les nouvelles leçons portées par les masses dans la GRCP.

En effet, le rejet de l’école de Copenhague de type statistique ne signifie pas que les conceptions d’Einstein – opposées à l’école de Copenhague – ont été simplement acceptées, au contraire, elles ont été considérées comme insuffisantes et non-dialectiques.

Dans le Journal de la dialectique de la nature, il a été expliqué, en 1974, dans l’article Le point de vue d’Einstein sur l’Univers :

« Comme les faits historiques de ces dernières décennies l’ont manifesté, les débats autour de la théorie de la relativité et la critique de celle-ci sont allées bien au-delà du champ académique.

C’est non seulement associé au développement de la science physique, mais aussi avec la lutte idéologique et politique... Nous devons continuer dans la direction de critiquer et de réformer l’ensemble du système de la théorie de la relativité. »

Dans tous les domaines de l’astrophysique, la cosmologie de Mao a été défendue et développée. Le titre de l’article sur les trous noirs parle de lui-même : Le mouvement ne peut pas être exterminé – Une critique sur « l’hypothèse » du trou noir (Journal de la dialectique de la nature, 1973).

De la même manière, la Chine rouge s’est battue contre la conception impérialiste d’un univers clos mourant de l’absence de chaleur. Ici, la seconde loi de la thermodynamique est vraiment importante, car elle montre comment l’équilibre est relatif et comment le mouvement l’emporte (voir notre article Inévitabilité du communisme et thermodynamique). Mais elle est aussi un prétexte pour la bourgeoisie d’expliquer que la chaleur se répand dans l’univers et que, finalement, une mort froide sera le résultat de ce processus.

Ainsi, en 1975 a été publié dans le Journal de la dialectique de la nature un article intitulé Sur la conservation et la non-conservation du mouvement – une critique des première et seconde lois de la thermodynamique, où la conception bourgeoise a été rejetée parce qu’elle ne comprend pas que le mouvement prévaut toujours.

Dans ce document, on peut lire :

« Le prolétariat regarde toujours dans le futur avec confiance et optimisme. Mais la bourgeoisie... voit toujours une triste perspective avec une sombre humeur. Ce pessimisme ne reflète que son destin historique. »

Dans le même sens, il y avait aussi un article sur le « décalage vers le rouge », qui est présenté dans les pays impérialistes comme une preuve que les galaxies s’éloignent dans un univers en mouvement produit par un « Big Bang » et qu’ainsi, à la fin, tout meure : Qu’implique la découverte du rayonnement micro-ondes de fond de 3K ? Une critique de l’hypothèse du « Big Bang ».

En 1975, toujours dans le Journal de la dialectique de la nature, le point de vue du physicien révisionniste Fang fut demandé, et celui-ci donna pour publication un article appelé Décalage vers le rouge des corps cosmiques au-delà de la galaxie comme connaissable. Il a été publié, avec un article de critique par Li Ke intitulé Qu’implique le « décalage vers le rouge » ? Re-critique de la théorie du « Big Bang ».

La défaite de la ligne rouge arrête ce processus de compréhension. Mais ce qui est ressorti est le maoïsme, comme une étape idéologique. La GRCP n’était pas seulement une initiative de contre-restauration. Il s’agissait d’une étape pour généraliser le matérialisme dialectique à tous les niveaux.

Et la science, prise par les masses, aurait compris qu’il n’y a pas de commencement ni de fin. Chercher de l’origine de la vie ne s’arrêterait pas quelque part à une « brique », une cellule ou quoi ce soit. Cela ne s’arrêterait tout simplement jamais, parce que chaque niveau est la production d’une étape qualitative – une étape d’une couche de notre univers, que l’on peut comparer à un oignon.

« La science actuelle a trouvé que, dans la nature, il existe deux « niveaux » qualitatifs différents : la forme du mouvement, par exemple une série de niveaux comme particules élémentaires-noyaux-atomes-molécules-masses-corps célestes-nébuleuses.

Ces niveaux forment des points nodaux variés qui restreignent les différents modes qualitatifs de l’existence de la matière en général. Et ainsi ils ne sont simplement reliés de manière directe comme décrit ci-dessus.

Les « niveaux » sont également connectés dans une direction comme molécules-colloïdes-cellules-organes-individus-sociétés. Même dans les masses semblables, il existe des « niveaux » d’états correspondant aux solides-liquides-gaz.

Dit de manière métaphorique, ces circonstances peuvent être décrites comme ayant une sorte de structure multi-dimensionnelle du type d’un filet de pêche ou, plutôt serait-il mieux de dire, qu’ils ont une structure du type des oignons, en phases successives. Ces niveaux ne sont en rien isolés mutuellement et indépendants, mais sont connectés mutuellement, dépendants et constamment « transformés » les uns en les autres.

Un atome, par exemple, est construit à partir des particules élémentaires et une molécule est construite à partir d’atomes et, inversement, peut être fait la décomposition d’une molécule en atomes, d’un atome en particules élémentaires.

Ces types de transformation arrivent constamment, avec la création d’une nouvelle qualité et la destruction des autres, dans des changements incessants. »
(Shoichi Sakata, Physiques théoriques et dialectique de la nature, juin 1947).