Centre MLM de belgique

Le passage d’Odio de Clase au relativisme et au centrisme

Ces derniers jours, le collectif Odio de Clase a produit un document annonçant la fin d’une étape et le début d’une nouvelle. En effet, dans ce document, le collectif Odio de Clase tente d’arriver à sortir de la contradiction terrible où il s’est mis.

Le collectif Odio de Clase gère avant tout un blog qui a joué un rôle international pour des organisations maoïstes différentes afin de se connecter, et parmi cela à opposer un front contre le prachandisme et le centrisme.

Mais le collectif Odio de Clase a sa propre identité, profondément enracinée dans la culture communiste espagnole, marquée par l’expérience antifasciste des années 1930 et la dictature du franquisme.

Odio de Clase-2Et en Espagne, le maoïsme n’a jamais été capable d’exister en tant que tel, l’approche « marxiste-léniniste », mélangeant hoxhaisme, guévarisme, syndicalisme dur (avec en particulier une culture « rock prolétarien », « redskins »), a toujours eu l’hégémonie.

Il est significatif que ces dernières années l’organisation « Reconstruccion Comunista » hoxhaiste-redskins ait réussi à fortement se construire.

La contradiction entre le maoïsme et la tradition « ML » « espagnole » ne pouvait que croître ; ces dernières semaines, c’est devenu insupportable pour Odio de Clase.

Le premier acte afin de sortir de cela a été la publication élogieuse de la déclaration sur Chavez du Parti Communiste Maoïste d’Italie - un suicide politique ouvert étant donné que ce parti avait été tout le temps dénoncé auparavant comme centriste.

 Le collectif Odio de Clase quitte le domaine de la polémique internationale

Dans son document, le collectif Odio de Clase explique d’une manière franche que :

« A ODC, qui n’est qu’un tout petit groupe (nous n’avons jamais prétendu quoi que ce soit d’autre), nous avons été très activement impliqués dans la guerre idéologique ouverte qui se développe entre les organisations MLM au niveau international afin d’imposer une ligne politique particulière ou un regroupement particulier des forces MLM.

Aujourd’hui, nous avons décidé d’abandonner cette guerre et de continuer sur notre propre chemin. »

Ce n’est rien de plus qu’une capitulation dans la lutte ouverte contre le prachandisme et le centrisme. Et cela est impossible : les questions de la polémique internationale ne sont pas « abstraites », mais pleines d’utilité pour le travail national.

 La perception d’Odio de Clase des débats au sein du MCI

Pour éclaircir sa décision, le collectif Odio de Clase donne son point de vue sur les polémiques actuelles.

Il estime qu’il « a donné beaucoup d’énergie et d’efforts dans cette bataille idéologique qui nous a finalement assez brûlés », alors que de l’autre côté il y avait beaucoup trop peu de résultats, et le pire, selon le collectif Odio de Clase, « les organisations qui partagent certaines positions [avec Odio de Clase] n’ont pas été de notre côté alors que d’autres ont monté une campagne de harcèlement et de démolition contre nous ».

Ceci est bien sûr une allusion directe à la critique acerbe et les attaques du Parti Communiste d’Équateur - Comité de reconstruction contre le collectif Odio de Clase.

Mais la réponse à cette question devrait être une plus grande défense du maoïsme, et non pas une capitulation. Soit la critique est fausse ou erronée, et alors le temps le montre, parce que les faits deviennent clairs. Ou la critique est correcte et alors il y a une rectification ou une auto-critique.

Odio de Clase montre ici son manque d’assurance et de sang-froid, il est impossible d’être en difficulté à cause de la « critique », comme de toute façon contre la bourgeoisie, les communistes sont toujours et partout sous la « critique » de l’ennemi.

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 Le collectif Odio de Clase attaques les enseignements du PCP

Accompagnant sa position, le collectif Odio de Clase lève une attaque brutale contre les enseignements du Parti Communiste du Pérou.

Dans son document, Odio de Clase attaque ouvertement la « pensée guide », expliquant que « sans nier le rôle des chefs, nous sommes contre la louange excessive et disproportionnée de certaines personnes. Au sujet de cela, nous disons clairement que nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’on appelle les « Pensées guides » ou « Chemins ». »

Ce n’est pas une explication, c’est tout simplement absurde, vu que les maoïstes n’ont jamais fait l’éloge des « individus » ; le Parti Communiste du Pérou n’a jamais fait l’éloge de la couleur des chaussettes de Gonzalo ou de son fruit préféré ; en fait, il a toujours expliqué qu’il n’existe pas « d’individus » en général, mais une humanité dont la pensée est le reflet du mouvement de la matière.

La position du collectif Odio de Clase ici est une totale caricature de l’explication faite du principe de la pensée. La question qui existe réellement ici, c’est : est-ce que le collectif Odio de Clase reconnaît la loi de la contradiction, ou pas ?

 La question des positions au sujet de Chavez

Pour justifier sa position contre le principe de la « pensée », le collectif Odio de Clase mentionne le Parti Communiste d’Inde (maoïste) et le Parti communiste des Philippines, ainsi que le TKP / ML (Parti Communiste de Turquie / Marxiste-Léniniste) .
Le collectif Odio de Clase les présente comme une « contre-ligne » à celle du Parti Communiste du Pérou et de Gonzalo.

Est-ce logique ? Oui, ça l’est.

Le Parti Communiste des Philippines et le Parti Communiste d’Inde (maoïste) (c’est-à-dire à cette époque le MCC et le CPIML-PW), avec le TKP / ML, ont produit dans les années 1990 la revue « Vanguard », pour former une opposition au MRI, ils n’ont jamais accepté les positions du Parti Communiste du Pérou, leur approche est radicalement différente.

Le collectif Odio de Clase découvre ici quelque chose qui était déjà clair dans les années 1990 - une preuve que son interprétation des positions est correcte, mais pas sa conclusion anti-scientifique.

 Le prétexte Chavez

Soyons clairs : le collectif Odio de Clase a toujours eu une très forte ligne « anti-impérialiste » ; l’affaire Chàvez n’est qu’un prétexte pour le collectif Odio de Clase pour résoudre sa propre contradiction.

Le collectif Odio de Clase explique cela ainsi, montrant sa manière de « s’éloigner » de la possibilité d’une position franche, claire, scientifique, du maoïsme :

« Nous n’avons jamais défendu Chavez, nous avons seulement reconnu et exprimé du respect pour sa confrontation avec l’impérialisme américain, la défense de l’indépendance nationale du Venezuela et de ses politiques pour aider les pauvres. Nous ne sommes pas d’accord avec l’interprétation du « capitalisme bureaucratique » de façon mécanique et dogmatique que font de nombreux adeptes de la pensée Gonzalo. »

Et après cela, Odio de Clase note que le PCI (maoïste) a souligné rapidement l’aspect anti-impérialiste US de Chàvez, dans une déclaration, puis explique que :

« Donc, tout porte à croire que sûrement la position du Parti Communiste d’Inde (maoïste) est plus proche du Parti Communiste des Philippines sur la question de Chavez que de ceux qui le décrivent comme fasciste. Et certainement, la position du PCI (maoïste) est plus proche de nous que les seigneurs du CR PCE. »

Odio de Clase-4Qu’est-ce que cela veut dire ? Que le collectif Odio de Clase est venu sur les positions du Parti Communiste des Philippines, du Parti Communiste d’Inde (maoïste) et du TKP / ML, qui sont marquées par :

- le relativisme, le refus d’un seul centre maoïste, le refus d’un maoïsme scientifique universel ;

- l’indépendance totale des organisations et partis à chaque niveau et sa liberté de toute interprétation ;

- une ouverture aux forces anti-maoïstes au nom de l’anti-impérialisme, du front anti-impérialiste, etc. ;

- un rejet catégorique des enseignements du PCP ;

- un passage du marxisme-léninisme au marxisme-léninisme-maoïsme qui reste peu clair, fait de manière non voulue ;

- une conception de la guerre populaire comme une « technique ».

 Le collectif Odio de Clase rejette ouvertement le maoïsme en tant que science

Logiquement, après l’affirmation de la valeur de ce qui est du « relativisme » pour nous, le collectif Odio de Clase peut affirmer que le PCP est juste une position comme une autre dans le mouvement marxiste-léniniste-maoïste. Et que certains dans le mouvement marxiste-léniniste-maoïste essaient d’agir comme s’il s’agissait de la seule conception correcte, que tout le reste serait révisionniste, en particulier les guerres populaires en Inde, aux Philippines, en Turquie.

Ce ne serait pas correct étant donné que ces guerres populaires existent, tandis que « l’arrogance » des partisans du PCP serait vaine, quand certains ex-partisans du PCP sont désormais totalement réactionnaires, pour un accord de paix, etc., après avoir été arrogant de la même manière auparavant.

Il est à noter que les camarades indiens expliquent exactement la même chose et rejetent traditionnellement toute valorisation d’un individu dans l’histoire du maoïsme en Inde. L’explication de cela est que les camarades indiens ne sont jamais parvenus jamais à forger une solide ligne et les effondrements qui se sont produits ont amené beaucoup de désolation (comme la capitulation, la trahison, etc. - il est à noter également ici que la valorisation de Kishenji est donc une exception notable dans l’histoire maoïste indienne).

Cela n’est pas scientifique, c’est le maoïsme considéré comme une simple « pratique », rejetant toute l’importance centrale de la direction, des dirigeants portant le matérialisme dialectique. Ce n’est rien de plus que le syndicalisme révolutionnaire, le réformisme armé, etc.

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 Le collectif Odio de Clase rejette la lutte des deux lignes

La conclusion du collectif Odio de Clase est bien entendu qu’il ne peut y avoir aucune prétention d’être scientifique, car ce ne serait pas correct. Il dit ainsi :

« Comme nous le disons : non messieurs, sur ce sujet dans le mouvement MLM il y a des positions différentes et vous ne possédez pas la vérité absolue. Votre interprétation du MLM ne correspond pas avec les camarades qui développent la guerre populaire en Inde, aux Philippines et en Turquie.

Pourquoi dites-vous que vous possédez la vérité absolue ? Pourquoi votre MLM est-il correct et la défense des autres est-elle mauvaise ?

Pour nous, il semble au contraire que vos positions sur cette question jouent le jeu de la réaction et sans le vouloir, par son dogmatisme étroit et mécaniste, se convertissent involontairement elles-mêmes en une cinquième colonne de l’impérialisme yankee. »

Ce n’est rien d’autre que le refus de la bataille idéologique, et donc la négation de l’importance des luttes faites jusqu’à ce moment, contre le prachandisme et le centrisme !

Les prachandistes ont dit la même chose, les centristes disent la même chose !
Quant à la thèse du maoïsme comme « cinquième colonne » de l’impérialisme US, c’est ce que disent les révisionnistes depuis 1960 !

 La position intolérable du PCML de Panama avec la ridicule affaire Sandino

Après la nouvelle position du collectif Odio de Clase est venu « l’affaire Sandino », une affaire ridicule.

Ce qui s’est passé est la chose suivante : sur le site web Luminoso Futuro, qui exprime le point de vue du Parti Communiste (Marxiste-Léniniste) du Panama, a été publié un article expliquant que Staline a « défendu » Sandino au Nicaragua comme un patriote et non pas comme un « petit-bourgeois ».

Le collectif Odio de Clase a publié cet article consistant en des phrases que Staline aurait prononcées, et comme commentaire le Parti Communiste (Marxiste-Léniniste) du Panama a ajouté :

« Chavez est-il un fasciste, le chavisme est-il un mouvement fasciste ? Primo, jusqu’à présent, il n’existe pas de consensus dans le mouvement communiste international (MLM). Certains disent que oui, d’autres non. »

Une telle formulation est une attaque directe contre le maoïsme et un relativisme intolérable. C’est aussi une insulte à toute la lutte armée menée par les maoïstes dans les pays opprimés durant les années 1960-1970, suite à l’appel de Mao Zedong à lutter contre leur régime semi-colonial semi-féodal.

Il est possible - et erroné, certes, mais ce n’est pas la question ici - d’expliquer que cette thèse peut être fausse, ou que les conditions ont changé, etc., dans une sorte de post-maoïsme.

Mais le fait que la conception maoïste classique est cachée montre que tout cela n’est rien de plus qu’un mensonge. Ce n’est rien de plus qu’une attaque révisionniste afin de falsifier les enseignements de Mao.

 Les erreurs du collectif Odio de Clase

Dans sa position, le collectif Odio de Clase attaque nommément uniquement le Parti Communiste d’Équateur – Comité de Reconstruction, mais la thèse du capitalisme bureaucratique n’appartient pas à ce parti, c’est seulement du maoïsme.

En lançant une attaque contre l’idéologie du Parti Communiste d’Équateur – Comité de Reconstruction (et pas uniquement contre ce parti), le collectif Odio de Clase n’a pas agi d’une manière démocratique, étant donné que ce fut aussi une attaque contre les signataires des déclarations communes faites dans le passé avec lui, signataires ayant la même idéologie que le Parti Communiste d’Équateur - Comité de Reconstruction.

En faisant cela, le collectif Odio de Clase a agi à l’opposé des intérêts de la lutte contre le prachandisme et le centrisme.

Le collectif Odio de Clase aurait dû se soucier de la critique du Parti Communiste d’Équateur - Comité de Reconstruction d’une manière différente et non pas se tourner vers le relativisme, qui est le noyau de l’approche centriste.

dimanche 24 mars 2013


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