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Le second congrès de l’Internationale Communiste - 11e partie : les messages du Comité Exécutif après le congrès

Le Comité Exécutif de l’Internationale Communiste fit plusieurs appels après le deuxième congrès.

Il fit ainsi vers le milieu du mois d’août un appel aux ouvriers de France et de Grande-Bretagne, appelant à leur mobilisation contre les chargements de munitions pour la Pologne, qui menait alors des offensives anti-soviétiques.

Il y avait déjà eu des grèves à ce sujet en Grande-Bretagne et le conseil central d’action à Londres avait menacé le premier ministre d’un mouvement plus dur en cas de soutien à la Pologne ou à l’armée blanche de Wrangel.

L’appel de l’Internationale Communiste souligne l’importance de la question :

« La guerre entre la Pologne blanche et la Russie soviétique est une guerre entre la bourgeoisie et le prolétariat du monde entier. Cela est devenu évident pour tout travailleur conscient. L’issue de cette guerre dépend avant tout des actions des travailleurs de Grande-Bretagne et de France. »

Un peu plus tard encore dans le mois, un appel fut fait aux syndicats pour la mise en place d’une Internationale Syndicale Rouge. L’appel dit notamment :

« Travailleurs, membres des syndicats de tous les pays !
Le travailleur le plus arriéré, l’organisation de travailleurs la plus arriérée, doit maintenant reconnaître que le monde bourgeois tombe en ruines. »

À la toute fin du mois, le Comité Exécutif de l’Internationale Communiste écrivit aux socialistes italiens, reprochant une démarche trop indécise, irrésolue dans la résolution des problèmes posés par la droite dans le Parti. Ce message fut suivi d’une lettre ouverte au prolétariat italien, le 22 septembre 1920.

Il y eut également le même mois un document pour expliquer les accords de paix faits avec la Pologne, un appel aux ouvriers de France à l’occasion du 15e congrès de la CGT qui se tint du 27 septembre au 2 octobre 1920, une lettre ouverte aux membres de l’USPD allemande à l’occasion de son congrès qui se tint du 12 au 17 octobre.

Zinoviev participa d’ailleurs à ce congrès, faisant un discours de quatre heures. Le congrès accepta par 236 voix contre 156 l’adhésion à l’Internationale et 300 000 membres de l’USPD rejoignirent de ce fait le KPD (qui avait lui 50 000 membres alors). La majorité des 55 quotidiens et des 81 députés au Reichstag restèrent cependant dans une USPD maintenue qui rejoignit les socialistes en septembre 1922.

Le Comité Exécutif de l’Internationale Communiste fit ensuite une lettre en octobre 1920 à l’occasion du congrès du KPD.

En novembre 1920, il fit un appel aux membres du Parti Socialiste italien et des syndicats en Italie ; on y lit notamment :

« La révolution prolétarienne frappe à votre porte. Vous êtes plus proches de la victoire que les travailleurs de tout autre pays. Il y a en Italie pratiquement à portée de main les prérequis pour une révolution prolétarienne victorieuse.

Les prérequis sont pratiquement tous là, excepté un en particulier : c’est le niveau d’organisation dans vos rangs. Nous ne disons pas que vous n’êtes pas organisés. La classe ouvrière italienne est organisée.

Mais vos organisations ne sont pas homogènes. Des réformistes y ont trouvé place. »

Une lettre fut envoyée encore en novembre 1920 en Allemagne à l’occasion du congrès du KPD, puis le même mois une autre, signée également par l’Internationale Syndicale Rouge, à la Fédération syndicale internationale (fondée en 1919 et regroupant les syndicats rejetant la révolution russe).

Cette lettre consiste en fait en une lettre ouverte, contenant des dénonciations de la Fédération syndicale internationale comme regroupant des syndicats jaunes.

À la toute fin du mois, il y eut une résolution acceptant le KAPD allemand comme parti sympathisant de l’Internationale Communiste. Ce choix fut fait après deux sessions du Comité Exécutif abordant cette question, avec une opposition très forte des directions du KPD et de l’USPD avant que ces organisation ne soient réunies. Le KPD unifié envoya par la suite en janvier 1921 une lettre de protestation, le Comité Exécutif refaisant un vote pour valider cette résolution.

En décembre 1920, le Comité Exécutif envoya une lettre à la SFIO à l’occasion du congrès de Tours, Clara Zetkine y étant la représentante de l’Internationale Communiste. Il y avait 285 délégués avec 4574 mandats ; 3028 voix se portèrent sur l’adhésion à l’Internationale Communiste, contre 1022.

En janvier 1921, le Comité Exécutif envoya une lettre aux Parti Socialiste italien, qui tenait son congrès à Livourne, Khristo Kabakchiev et Karl Radek y étant les représentants de l’Internationale Communiste.

La résolution d’Amadeo Bordiga en faveur des 21 conditions reçut 59 000 voix, celle d’une acceptation sous conditions formulée par Giacinto Menotti Serrati en reçut 98 000, celle de Filippo Turati appelant au rejet en reçut 15 000. L’aile gauche sortit fonder le Parti Communiste et le Parti Socialiste italien fut exclu de l’Internationale Communiste.

Le même mois, le Comité Exécutif fit une résolution au sujet de la conférence de Vienne des partis socialistes, qui se tint du 22 au 27 février avec 80 délégués de 13 pays. Cela donna naissance à l’Internationale dite de Vienne, qualifiée d’Internationale « deux et demi » par l’Internationale Communiste. En décembre 1922, la seconde Internationale l’Internationale dite de Vienne la rejoignit et cela donna naissance à l’Internationale ouvrière socialiste.

En février 1921, le Comité Exécutif fit une résolution sur la démission de cinq membres du Comité Central du KPD, ces membres de la direction de la section allemande reprochant à l’Internationale Communiste de trop pousser vers l’avant, notamment en Italie.

Une résolution eut lieu en mars 1921 au sujet de la révolte anti-soviétique de Kronstadt, puis une autre au sujet du soulèvement de mars en Allemagne. La résolution salue le soulèvement et affirme qu’il s’agit d’une expérience sur le chemin de la victoire.

Cet épisode provoqua beaucoup de remous dans le KPD, qui perdit la moitié de ses membres, et en avril 1921 le Comité Exécutif fit une résolution sur l’expulsion des rangs du KPD de son ancien dirigeant Paul Levi.

En mai 1921, le Comité Exécutif fit une résolution au sujet des réparations que devait alors payer l’Allemagne à la suite de la guerre mondiale, expliquant qu’accepter ces exigences aboutirait au suicide économique de 60 millions de personnes.

Puis vint l’appel pour le troisième congrès de l’Internationale Communiste.