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Les communes populaires chinoises - 2e partie : L’objectif de la Démocratie Nouvelle


L’objectif de la Démocratie Nouvelle était déjà compris depuis longtemps par Mao Zedong. Et sa compréhension de la situation chinoise a en effet été intégrée par le Parti Communiste de Chine.

Lors de son septième congrès, du 23 avril au 11 juin 1945, 754 délégués représentant 1,2 millions de membres du parti ont soutenu le rapport de Mao Zedong intitulé « Du gouvernement de coalition ».

Mao explique dans ce rapport :

« Que préconisons-nous donc dans ces conditions ? Nous préconisons d’établir, après la défaite complète de l’envahisseur japonais, un régime d’État, que nous appellerons démocratie nouvelle et qui sera une alliance démocratique à caractère de front uni, fondée sur l’immense majorité de la population et placée sous la direction de la classe ouvrière.

Ce régime d’État répondra véritablement aux exigences de l’im­mense majorité de la population, parce qu’il pourra être approuvé, et qu’en fait il est déjà approuvé, tout d’abord par des millions d’ouvriers de l’industrie et par des dizaines de millions d’ouvriers artisanaux et de salariés agricoles, ensuite par la paysannerie, qui constitue les 80 pour cent de la population chinoise, soit 360 millions d’habitants sur 450 millions, enfin par la nombreuse petite bourgeoisie des villes, la bourgeoisie nationale, les hobereaux éclairés et les autres patriotes.(...)

La démocratie nouvelle que nous préconisons vise, sur le plan politique, à l’affranchissement du joug étranger, à la liquidation de l ’oppression intérieure, féodale et fasciste, puis, à l’instauration d’un régime politique qui sera fondé, non sur la démocratie de type ancien, mais sur le front uni de toutes les classes démocratiques.(...)

Le principe d ’organisation du pouvoir de démocratie nouvelle sera le centralisme démocratique ; les assemblées populaires détermineront les grandes lignes politiques et éliront les gouvernements aux différents échelons. Ce système sera à la fois démocratique et centralisé, c’est­-à-dire que la centralisation sera fondée sur la démocratie, et la démocratie pratiquée sous une direction centralisée. Lui seul permettra de réaliser une large démocratie en donnant aux assemblées populaires, à tous les échelons, la plénitude du pouvoir ; en même temps, il assurera la centralisation dans le règlement des affaires d’État en donnant aux gouvernements établis à tous les échelons la possibilité d’accomplir d’une manière centralisée toutes les tâches qui leur seront confiées par les assemblées populaires correspondantes tout en garantissant au peuple la liberté d’exercer les activités démocratiques indispensables.

L’armée et les autres forces armées seront une partie constitutive importante de l’appareil du pouvoir de démocratie nouvelle ; sans elles, on ne pourrait assurer la défense de l’État. Toutes les forces armées de l’État de démocratie nouvelle, comme les autres organes du pouvoir, appartiendront au peuple et assumeront la charge de le défendre. Elles se distingueront entièrement de la vieille armée, de la vieille police et des autres anciennes forces armées, qui appartiennent à une petite minorité et qui oppriment le peuple.(...)

Nous autres communistes, nous ne dissimulons jamais nos aspirations politiques. Il est certain, indubitable, que notre programme pour l’avenir, ou programme maximum, a pour but de conduire la Chine au socialisme et au communisme. Le nom même de notre Parti ainsi que notre conception marxiste du monde indiquent clairement cet idéal suprême que nous voulons réaliser dans l’avenir, idéal infiniment beau et radieux.

Tout communiste, en entrant au Parti, a en vue deux objectifs bien définis : révolution de démocratie nouvelle dans le présent, socialisme et communisme dans l’avenir ; il luttera pour leur réalisation en dépit de l’hostilité, des calomnies, des injures ou des railleries d’adversaires stupides et abjects du communisme. A celles-ci nous nous opposerons résolument. Quant aux sceptiques qui n’ont pas d’intentions malveillantes, nous ne devons pas les attaquer, mais leur donner avec patience et bienveillance les éclaircissements nécessaires. Tout cela est parfaitement clair, établi, sans équivoque possible.

Mais, en Chine, tout communiste, tout sympathisant du communisme doit lutter d’abord pour les objectifs de l’étape présente : combattre l’oppression étrangère et briser le joug féodal, soustraire notre peuple au sort tragique d’un pays colonial, semi-colonial et semi­-féodal, édifier une Chine de démocratie nouvelle dirigée par le prolétariat et ayant pour tâche principale l’affranchissement de la paysannerie, c’est-à-dire une Chine des trois principes du peuple révolutionnaires du Dr Sun Yat-sen, une Chine indépendante, libre, démocratique, unifiée, forte et prospère.

Et c’est ce que nous faisons ; depuis vingt-quatre ans, nous, les communistes, nous menons, avec la grande masse du peuple chinois, une lutte héroïque pour atteindre ce but.

Si un communiste ou un sympathisant ne lutte pas pour ces objectifs.mais se contente de disserter du socialisme et du communisme, s’il dédaigne la révolution démocratique bourgeoise et relâche ou ralentit tant soit peu ses efforts, si, pour cette cause, il manque si peu que ce soit de dévouement et de zèle, s’il répugne à verser son sang ou à sacrifier sa vie pour elle, c’est donc qu’il commet, consciemment ou inconsciem­ment, des actes de trahison plus ou moins graves envers le socialisme et le communisme et qu’il n’est pas un communiste conscient et dévoué. On ne peut arriver au socialisme qu’en passant par l’étape de la démo­cratie, c’est une loi du marxisme.

Et en Chine, la lutte pour la démo­cratie sera encore longue. Ce serait une pure chimère que de vouloir construire une société socialiste sur les ruines d’un ordre colonial, semi­-colonial et semi-féodal sans l’existence d’un État unifié de démocratie nouvelle, sans le développement du secteur d’État de l’économie de démocratie nouvelle, du secteur privé capitaliste et du secteur coopé­ratif, sans le développement d’une culture nationale et scientifique des masses populaires, c’est-à-dire d’une culture de démocratie nouvelle. sans l’émancipation et le développement de l’initiative individuelle de centaines de millions d’hommes, en un mot, sans une révolution démocratique bourgeoise, conséquente et de type nouveau, dirigée par le Parti communiste. »

Une des conséquences du 7e congrès a été que la « pensée Mao Zedong » est devenue la ligne de la nouvelle constitution du parti, suite à une « Résolution sur certaines questions historiques » qui considérait que l’analyse communiste correcte de la Chine était celle de Mao Zedong. Mao a aussi été élu secrétaire général du Comité Central, et à la fin du mois d’août 1945, secrétaire du Conseil Militaire réorganisé du Comité Central.