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Maroc : Le peuple a raison de se révolter

[Des camarades nous font parvenir ce document concernant les luttes populaires et la répression dans leur pays, le Maroc. Nous le publions volontiers.]

Le Maroc connait depuis plus d’une décennie de grands mouvements de contestations populaires qui se manifestent par plusieurs façons : grève de différents secteurs, manifestations revendicatives des diplômés mis au chômage, mouvement des étudiants, la lutte des femmes contre les inégalités, la violence et les viols ainsi que les grandes contestations des populations des petites et moyennes villes et de la campagne.

Cette importante dynamique ne peut s’expliquer que dans le cadre de la lutte de classes : le Maroc comme pays semi-féodal, semi-colonial veille à jouer depuis les Accords d’Aix-les-Bains en 1955, le rôle de valet des puissances impérialistes, notamment l’impérialisme français et à sauvegarder leurs intérêts à travers un Etat réactionnaire qui exerce une répression sans merci contre toutes formes de luttes.

Cet Etat autour duquel se compose une coalition de forces politiques réactionnaires et réformistes qui représentent les intérêts des classes de la grande bourgeoisie, des grands propriétaires fonciers et des féodaux et qui pratique une politique anti-nationale, anti-démocratique, anti-populaire. Il a privé les classes et les masses populaires de tous leurs droits élémentaires dans l’enseignement, la santé, le logement, l’emploi ainsi que de leurs droits politiques et culturels.

Le régime réactionnaire depuis 60 ans a continué à massacrer dans le sang les soulèvements populaires et tous les mouvements revendicatifs des masses (58-59, 65, 71, 81, 84, 90, 2008, 20 février 2011 et enfin depuis 2016). Malgré les répressions, l’emprisonnement, les tortures, les assassinats et les intimidations, notre peuple n’a jamais cessé de lutter.

A présent le Maroc connait une nouvelle vague de lutte et ce depuis le 28/10/2017 date de l’assassinat de Mohcine Fikri, un poissonnier qui se voit confisqué sa marchandise qu’on jette à la benne à ordures, face à cette intimidation, il a essayé de s’interposer pour empêcher la destruction de son poisson mais malgré cela, le policier a ordonné de mettre en marche le mécanisme de broyage ce qui a causé le meurtre effroyable de Mohcine, écrasé avec sa marchandise dans la benne.

Cet incident a déclenché l’indignation et la révolte des masses populaires dans le Rif et dans l’ensemble du pays et le début du mouvement qui va s’appeler Hirak (Hirak veut dire en arabe mouvement).

La population s’est mobilisée pour rendre justice à Mohcine Fikri ainsi qu’aux cinq martyrs d’Al Hoceima du mouvement du 20 février assassinés dans des conditions ambiguës en 2011.

Et aussi pour arracher des revendications socio-économiques et l’annulation du décret de la militarisation de la région qui date de 1958.

Très vite le mouvement a connu une ampleur nationale car les masses populaires du pays se sont retrouvés dans les mêmes revendications et les mêmes aspirations. Plusieurs villes et villages ont élaborés des comités de lutte à la fois pour le soutien du Hirak et pour militer pour leurs propres revendications locales.

Durant six mois du mouvement, les masses populaires ont pu s’organiser d’une façon innovatrice : (Manifestions dans les plages d’Al Hoceima, concerts de casseroles sur les terrasses des maisons avec extinctions des lumières…) et ont réussi à défier toutes les intimidations de l’Etat réactionnaire qui a utilisé toutes ses forces répressives et a mobilisé toutes ses institutions, ses partis politiques, sa presse, ses pseudo-intellectuels, ses mosquées, ses voyous (les baltajis).

Le 29 mai 2017, l’Etat marocain a commencé les arrestations des militants et surtout des meneurs du mouvement, l’arrestation qui était la plus médiatisée est celle du leader du Hirak Nasser Zefzafi, après une première tentative qui avait échouée. Ensuite des centaines d’autres s’ensuivront et continuent jusqu’à nos jours.

Le noyau dur du mouvement arrêté, sera transféré à la prison d’Oukacha à Casablanca (à environ 559 Km de la ville d’El Hoceima et de la région du Rif).

Et après 9 mois de procès, ils seront condamnés par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca à des peines très lourdes (voir la liste des condamnations).

Malgré tout, le mouvement ne s’est pas estompé, certes, il a connu dans la région du Rif une régression après la répression brutale de l’Etat mais il a réapparu sous d’autres formes et d’autres revendications à Jerada (l’est du pays) à Zagora (sud du pays)...

Cette glorieuse lutte que connaissent le Rif en particulier et le Maroc en général nous enseigne sur les points suivants :

- La continuité du mouvement du peuple et sa résistance malgré tous les moyens répressifs employés par l’Etat : arrestations arbitraires, tortures, fausses rumeurs, accusations mensongères, intimidations des détenus et des habitants (notamment les femmes), dégradations des biens (commerces, domiciles…).

- La Revivification de l’héritage de la guerre de libération nationale à travers la République du Rif et son héros Abdelkarim El Khatabi notamment dans la région du Rif.

- L’incapacité de l’Etat semi colonial et semi féodal de stopper l’élan de ce mouvement en dépit de l’utilisation des toutes ses forces répressives ce qui prouve en fin de compte qu’il n’est qu’un colosse aux pieds d’argiles.

La liste des enseignements n’est pas exhaustive, le mouvement ne cesse de nous enseigner et de nous surprendre chaque jour car il porte en lui la voix du peuple, la voix des pauvres, des ouvriers et des paysans, la voix des martyrs, la voix qui illumine notre chemin vers la victoire.

Pour conclure, il est nécessaire, de souligner que quoique les revendications ont un aspect socio-économique mais en réalité, elles sont d’ordre politique, elle exige une approche scientifique pour lui donner un cadre et une vision de classe. Nous vivons une véritable guerre de classe.

Nous ne pouvons qu’être fier de notre peuple, de ses luttes et de son histoire héroïque, nous sommes les enfants de Abdel Karim El Khatabi, de Mouha Hamou Zayane, de Abdellatif Zeroual, de Saida Menebhi, de Bouabid Hamama...

Nous sommes convaincus de notre victoire sur les ennemis du peuple.

Vive la lutte du peuple marocain.

Vive la révolution marocaine.

Liberté immédiate et sans conditions des détenus politiques et révolutionnaire au Maroc.

A bas l’impérialisme, la réaction, le sionisme et vive la révolution prolétarienne mondiale.

A bas le révisionnisme.

Prolétaires de tous pays et peuples et nations opprimées unissez-vous jusqu’à la victoire.

mardi 3 juillet 2018


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