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Pierre Mulele : Pour sortir de la misère, il faut faire la révolution – 1963

Nous allons faire une révolution pour chasser les Blancs et pour nous occuper nous-mêmes de notre pays. Mais, pour comprendre la révolution, il faut d’abord connaître les cinq étapes de l’humanité. La société n’est pas immuable, l’humanité progresse par étapes.

D’abord, l’homme a vécu dans la société primitive. Les gens vivaient ensemble, à peine séparés des animaux.

Ils n’avaient de force qu’en se regroupant. Ainsi, en bandes, ils luttaient contre les animaux, allaient à la pêche et à la chasse.

Ils étaient encore sauvages, presque des animaux, mais ils avaient l’intelligence.

Il n’y avait pas de différences de classe, tous faisaient les mêmes travaux.

Ils ont inventé le feu et les instruments de la chasse, en pierre et en bois.

Après, ils ont commencé à travailler la terre et à produire beaucoup de nourriture. Il y a eu une division de travail. A ce moment ont surgi l’inégalité, la haine et la jalousie. Il y avait des chefs qui dominaient les autres.

Puis les différentes bandes ont commencé à se faire la guerre pour prendre des esclaves qu’ils faisaient travailler pour eux.

On a vu la classe des seigneurs qui possédaient tout et la classe des esclaves qui n’avaient aucun droit.

Les riches ne travaillaient pas, ils disposaient du temps nécessaire pour organiser une armée afin de mater les esclaves Ils trouvaient aussi le loisir d’apprendre à lire et écrire et d’étudier les secrets de la nature.

Ils ont inventé le métier à tisser et des instruments pour labourer la terre. La société produisait maintenant beaucoup plus de richesses.

Mais les esclaves ne cessaient de lutter contre les tyrans pour qui l’esclave n’était qu’une bête.

Finalement, les esclaves refusaient de travailler et la production régressait.

Alors les maîtres ont dû accorder la liberté à leurs esclaves et leur permettre de travailler un lopin de terre.

Mais les seigneurs féodaux continuaient à posséder la terre et les instruments de travail.

Les gens étaient devenus des serfs, ils n’étaient plus esclaves, ils avaient une certaine indépendance mais ils devaient livrer une grande partie de leur récolte au seigneur.

Dans cette société féodale, la connaissance des hommes a progressé. On a inventé la charrue de fer, la forge, la roue hydraulique. Les hommes ont commencé à apprendre le métier de tisserand, d’armurier, de meunier, de cordonnier.

On a créé des villes et le commerce s’est développé avec des pays lointains.
Mais souvent, les paysans et les artisans se sont soulevés contre leurs exploiteurs.

Quand les marchands avaient amassé beaucoup d’argent, ils ont inventé les machines.

Les riches ont créé des usines et les pauvres, qu’on chassait de leur terre, étaient obligés de se vendre aux riches pour aller travailler dans leurs usines.

Ainsi on a eu des capitalistes qui exploitent des ouvriers.

C’est comme les Huileries du Congo Belge où vous allez travailler durement pour un petit salaire.

Les usines créent beaucoup de produits différents en grande quantité, mais tout appartient au capitaliste.

Au Congo, les capitalistes belges possèdent les usines, les machines et les richesses du sous-sol.

Ils sont venus ’razzier’ les Noirs dans leurs villages, même ici, au Kwilu, pour les déporter au Katanga où ils peinent dans les mines.

La révolution socialiste, c’est les travailleurs et les pauvres qui s’emparent des usines, chassent les capitalistes et font tourner les usines au service de la population qui travaille.