Centre MLM de belgique

Plate-forme politique de l’Union des Communiste (Marxistes-Léninistes) de Belgique − 1975

Ière CONFÉRENCE NATIONALE DE L’UNION DES COMMUNISTES (MARXISTES-LÉNINISTES) DE BELGIQUE

PLATE-FORME POLITIQUE DE L’UNION DES COMMUNISTES MARXISTES-LÉNINISTES) DE BELGIQUE

I Notre époque est celle de l’effondrement du capitalisme et de l’impérialisme et de la victoire du socialisme à l’échelle mondiale

1. La société capitaliste, fondée sur la production marchande, est caractérisée par la propriété privée de la bourgeoisie sur les principaux moyens de production et d’échange et par l’exploitation de la main-d’œuvre salariée du prolétariat.

Le capitalisme, brisant tous les anciens rapports sociaux, a donné aux forces productives un essor inconnu avant lui ; il a étendu sa domination sur toute la vie économique, éliminant progressivement la petite production, concentrant et centralisant les moyens de production et le capital, créant le marché mondial.

La bourgeoisie a joué ce rôle révolutionnaire au prix de l’exploitation, de l’oppression, de la misère, de l’asservissement du prolétariat international et des peuples colonisés.

La contradiction fondamentale du capitalisme oppose le caractère social de la production à la propriété privée des moyens de production. Cette contradiction est devenue un frein au développement des forces productives.

La recherche du profit − loi suprême du capital −, la concurrence et l’anarchie qui en résultent, rendent impossible la satisfaction des besoins sociaux de l’humanité laborieuse. La production capitaliste se heurte périodiquement à la consommation limitée des masses populaires et entraîne des crises de surproduction dans lesquelles d’énormes quantités de marchandises et de moyens de production sont détruites. Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses qu’il a créées.

La domination économique de la bourgeoisie trouve son expression politique dans l’appareil d’Etat capitaliste, instrument de sa dictature sur le prolétariat.

Le capital lui-même a créé la force qui le détruira, le prolétariat, la classe qui pour subsister est forcée de vendre sa force de travail à la bourgeoisie. Séparés des moyens de production, simples accessoires des machines, les prolétaires forment la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout.

2. Depuis le début du XXe siècle approximativement, le capitalisme a atteint le stade de l’impérialisme, caractérisé par la concentration du capital dans les monopoles, qui dominent la vie économique ; la fusion du capital bancaire et du capital industriel formant le capital financier ; l’importance de l’exportation des capitaux ; la lutte entre les groupements capitalistes et entre les grandes puissances pour un nouveau partage du monde (les sphères d’influence, les matières premières, les marchés).

L’essence de l’impérialisme, c’est la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie. Les guerres impérialistes, c’est-à-dire les guerres pour la domination du monde, sont inévitables aussi longtemps qu’existera la propriété privée des moyens de production.

L’impérialisme soumet le prolétariat et les masses populaires à la dictature de l’oligarchie capitaliste financière ; il développe des tendances réactionnaires dans tous les domaines, s’attaque aux droits et aux libertés démocratiques et n’hésite pas, aux périodes les plus critiques, à recourir au fascisme, la dictature terroriste des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ; il renforce à l’extrême l’oppression nationale et le pillage des colonies et des pays dépendants. L’impérialisme signifie la militarisation de l’économie.

Les métropoles impérialistes importent des millions de travailleurs des pays dominés, qui forment une main-d’œuvre surexploitée, privée de droits et soumise à la répression raciste.

Les profits exorbitants accumulés par les puissances impérialistes sur le dos des peuples du monde, leur permettent de corrompre une couche issue du prolétariat, l’aristocratie ouvrière, qui jouit d’une condition relativement privilégiée et qui reprend à son compte l’idéologie de l’impérialisme.

L’impérialisme est le dernier stade du capitalisme, l’époque de sa désagrégation, de son agonie.

En socialisant toujours plus la production, en se subordonnant directement l’Etat, en fusionnant au sein de sociétés internationales, le capital lui-même indique que la propriété privée et que les frontières nationales sont devenues des entraves à la production et il prépare lui-même les conditions matérielles d’un mode de production supérieur : l’impérialisme est l’antichambre du socialisme. En exacerbant à un point extrême toutes les contradictions du capitalisme, l’impérialisme achemine la société, par une irrésistible nécessité, vers la révolution prolétarienne mondiale.

3. La lutte des classes est le moteur de l’histoire. Le développement historique de l’humanité conduit à l’avènement du communisme, la société sans classes, but final de la lutte du prolétariat.

En abolissant la division de la société en classes, le communisme résout à fond les contradictions du capitalisme. L’Etat s’éteint et fait place à l’association fraternelle des travailleurs, où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. Le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital. La société communiste inscrira sur ses drapeaux : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

4. Entre la société capitaliste et la société communiste s’étend une période de transition, le socialisme.

Le socialisme supprime définitivement toute exploitation de l’homme par l’homme.

Sur la base de l’expropriation des capitalistes et des grands propriétaires fonciers et de l’établissement de la propriété sociale des moyens de production et d’échange, le socialisme assure au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse accrus de toute la société, en augmentant et en perfectionnant toujours la production sociale, sur la base d’une technique supérieure.

Le socialisme supprime progressivement les contradictions entre travail manuel et travail intellectuel, industrie et agriculture, ville et campagne, ainsi que l’inégalité sociale des sexes. La dictature du prolétariat a pour tâche de liquider les anciennes idées et les anciennes mœurs héritées du capitalisme et de la réaction et de faire triompher le nouvel idéal socialiste dans tous les domaines de la vie sociale.

La condition préliminaire de l’édification du socialisme, c’est la conquête du pouvoir par le prolétariat, la destruction complète de la machine d’Etat capitaliste (son armée et ses autres forces de répression, son appareil bureaucratique, sa justice, son parlement, etc.) et l’instauration de la dictature du prolétariat.

La dictature du prolétariat réprime les menées contre-révolutionnaires, défend la patrie socialiste, assure la démocratie pour le peuple et soutient la révolution mondiale.

La société socialiste s’étend sur une assez longue période historique. Tout au long de cette période existent les classes, les contradictions de classes et la lutte de classes, de même que la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, de même que le danger de restauration du capitalisme. Pour consolider et développer la dictature du prolétariat, ainsi que pour assurer à l’avenir le passage au communisme, il est nécessaire de résoudre les contradictions de classes par la théorie de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat et par la pratique guidée par cette théorie.

La révolution prolétarienne, la construction du socialisme et du communisme marquent la fin de la préhistoire : désormais l’homme fait son histoire de façon consciente.

5. Les prolétaires n’ont pas de patrie. La révolution socialiste, nationale dans sa forme, est internationale dans le fond. Le prolétariat doit avoir l’internationalisme pour conception, et non le nationalisme. Dans la lutte révolutionnaire, il doit soutenir le nationalisme progressiste et s’opposer au nationalisme réactionnaire.

6. Le marxisme-léninisme, science du prolétariat, se fonde sur le matérialisme dialectique et le matérialisme historique et formule les lois générales de la nature, de la société et de la pensée.

Il est l’expérience du mouvement ouvrier de tous les pays, prise sous sa forme générale, et guide la lutte pour la destruction du capitalisme, la construction du socialisme et du communisme.

L’histoire a confirmé les analyses marxistes-léninistes sur l’effondrement du capitalisme et l’avènement de la dictature du prolétariat. Depuis que Marx et Engels ont proclamé en 1848 le rôle historique du prolétariat, un quart de l’humanité s’est libéré de l’esclavage capitaliste et construit le socialisme, et les peuples du monde progressent à pas de géant sur la voie de leur émancipation.

7. L’époque actuelle est l’époque du passage du capitalisme au socialisme, l’époque de l’écroulement de l’impérialisme, l’époque du triomphe du socialisme à l’échelle mondiale. Le rapport de forces dans l’arène internationale est en faveur du socialisme, de la classe ouvrière, des peuples. Mais ce fait n’entraîne pas du tout le changement de la nature agressive de l’impérialisme, de sa tendance à opprimer les masses travailleuses et à établir sa domination dans le monde. Tant qu’existera l’impérialisme existera aussi la source des guerres.

Le danger d’une troisième guerre mondiale demeure, et seule la révolution peut le conjurer définitivement.

Le monde contemporain connaît quatre grandes contradictions : celle qui oppose les nations opprimées à l’impérialisme et au social-impérialisme ; celle qui oppose le prolétariat à la bourgeoisie dans les pays capitalistes et révisionnistes ; celle entre les pays impérialistes et social-impérialiste, et entre les pays impérialistes ; et la contradiction qui oppose les pays socialistes aux pays impérialistes et social-impérialiste.

8. En 1871, dans la Commune de Paris, le prolétariat en armes prenait le pouvoir et établissait la première dictature de la classe ouvrière. Ce formidable coup de tonnerre montra au prolétariat le chemin de sa victoire inéluctable.

1917 a vu la victoire du prolétariat de Russie. La révolution d’octobre marque le début de la crise générale du capitalisme et a ouvert l’ère de la révolution prolétarienne et du socialisme dans le monde. Sous la direction du glorieux parti bolchévik de Lénine et de Staline, le prolétariat et les peuples de Russie ont abattu le tsarisme et le capitalisme ; ils ont construit le premier Etat socialiste et ont joué un rôle décisif dans l’écrasement du nazisme.

Après la révolution d’Octobre fut créée l’Internationale communiste qui dirigea la lutte révolutionnaire du prolétariat mondial, arma les partis communistes de tous les pays du programme du prolétariat et leur insuffla l’idéologie bolchévique.

A l’issue de la Seconde guerre mondiale, il s’est formé un camp socialiste composé de l’URSS et des démocraties populaires de l’Europe de l’Est bientôt rejointes par la République populaire de Chine et d’autres pays socialistes. Le rapport de forces s’établissait dans le monde à l’avantage de la révolution.

Dans ces conditions nouvelles, l’impérialisme a monté une nouvelle stratégie contre les pays socialistes, qui combine les pressions politiques et idéologiques avec la menace d’agression. Les dirigeants yougoslaves, qui défendaient des positions nationalistes bourgeoises, ont sombré dans le révisionnisme et se sont transformés en une officine de l’impérialisme américain.

La lutte de principe engagée par Staline et le Kominform contre le révisionnisme moderne de Tito a renforcé l’unité des partis communistes, amélioré leur travail pour la défense du camp socialiste et écrasé les complots des agents de l’impérialisme dans les pays de démocratie populaire.

L’histoire de la révolution mondiale suit un cours ascendant, mais elle connaît aussi des échecs et des revers provisoires.

La plus importante défaite de la classe ouvrière et du socialisme a été provoquée par l’usurpation du pouvoir en URSS par la clique Khrouchtchev-Brejnev, représentant politique des couches privilégiées bourgeoises de l’Union soviétique, qui a rejeté entièrement les objectifs du socialisme, restauré le capitalisme et transformé l’Etat ouvrier et le Parti communiste en un Etat et un parti social-fascistes, soumettant le prolétariat soviétique au joug révisionniste. Cette domination s’étend également à la plupart des anciennes démocraties populaires, dans lesquelles des cliques révisionnistes se sont emparées du pouvoir.

Les nouveaux tsars russes ont renié l’internationalisme prolétarien ; ils ont provoqué la scission du mouvement communiste international. La domination de la bourgeoisie monopoliste bureaucratique a transformé l’URSS en une superpuissance social-impérialiste agressive luttant pour l’hégémonie mondiale et cherchant à se partager le monde avec son rival, l’impérialisme américain.

La trahison du révisionnisme moderne s’est attiré la réponse fulgurante des partis restés fidèles au marxisme-léninisme. Le Parti communiste chinois, dirigé par le camarade Mao Tsé-toung, et le Parti du Travail d’Albanie, dirigé par le camarade Enver Hoxha, qui en prirent l’initiative, se sont brillamment acquittés d’une grande lutte idéologique, politique et théorique qui a entièrement démasqué la trahison du révisionnisme moderne. Sa tentative de domination du mouvement communiste international a été mise en échec et il a été définitivement chassé de ses rangs.

Sur cette solide base de principe, le mouvement communiste international se développe et s’affirme de plus en plus comme la direction révolutionnaire du prolétariat.

Dans les pays socialistes, le pouvoir de la classe ouvrière se renforce. En République populaire de Chine, la Grande Révolution culturelle prolétarienne, en République populaire d’Albanie, la révolutionnarisation ultérieure, ont consolidé la dictature du prolétariat, dans ses aspects politiques, économiques et idéologiques.

Les pays socialistes, en renforçant leur unité sur la base du marxisme-léninisme, en luttant contre la politique d’agression de l’impérialisme et en appliquant la politique de coexistence pacifique à l’égard des pays à systèmes sociaux différents, en combattant la politique contre-révolutionnaire de la réaction et du révisionnisme dans le monde, en soutenant et en aidant la lutte révolutionnaire des classes et des nations opprimées, représentent un encouragement et un appui idéologique et matériel inestimables pour la révolution mondiale.

9. C’est dans les vastes régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine que convergent les différentes contradictions du monde contemporain. Elles constituent aujourd’hui la principale zone des tempêtes de la révolution mondiale.

Le mouvement révolutionnaire national et démocratique de ces régions et le mouvement révolutionnaire socialiste dans le monde sont les deux grands courants historiques de notre époque.

Les révolutions nationales et démocratiques de ces régions constituent une partie intégrante de la révolution prolétarienne de notre époque.

Dans les pays dominés par l’impérialisme, le colonialisme et le néo-colonialisme, le prolétariat doit s’allier à la paysannerie et se mettre à la tête d’un large front uni comprenant les ouvriers, les paysans, ainsi que les intellectuels, les petits-bourgeois, la bourgeoisie nationale anti-impérialistes. Il est nécessaire d’unir tout ce qui peut être uni contre l’ennemi principal. Dans cette première étape de la révolution, le front uni a pour objectif de conquérir l’indépendance nationale et d’établir la démocratie populaire. Ensuite, le prolétariat doit passer de manière ininterrompue à l’étape socialiste de la révolution.

Si le prolétariat se met à la remorque des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie dans la révolution, il lui sera impossible de remporter une victoire véritable et complète dans la révolution nationale et démocratique, et même si une certaine victoire est obtenue, il lui sera impossible de la consolider.

Les victoires révolutionnaires remportées par les peuples indochinois sur l’impérialisme américain et ses laquais ont une portée historique, et leur exemple éclaire la voie de tous les peuples dominés du monde.

10. Dans les pays capitalistes, l’aggravation de la crise générale du capitalisme provoque l’essor des luttes du prolétariat et du peuple travailleur contre l’exploitation et l’oppression.

Partout, sous la conduite des partis et organisations marxistes-léninistes, le prolétariat se réorganise, reprend confiance en ses forces, apprend à déjouer de mieux en mieux les manœuvres du révisionnisme et du réformisme. Sa tâche est de préparer activement la révolution socialiste.

11. L’impérialisme et le social-impérialisme se livrent à une concurrence acharnée. Les deux superpuissances, les Etats-Unis d’Amérique et l’URSS, essaient de conquérir le monde, dans le but de l’asservir. Ce sont les principaux ennemis des peuples. Elles sont à la fois rivales et alliées. Dans leurs agissements anticommunistes et antipopulaires, elles manœuvrent de concert, s’efforçant de réaliser un partage « pacifique » de leurs zones d’influence. Mais leur collusion est relative et transitoire ; la rivalité et la lutte entre elles, au contraire, sont absolues et de longue durée.

Les Etats-Unis et l’URSS sont entraînés dans une course effrénée aux armements ; ils préparent une guerre agressive, tant à l’échelle mondiale que locale, afin de s’emparer des matières premières et des marchés et pour s’assurer l’hégémonie sur les pays et les peuples du monde.

L’OTAN, alliance militaire d’agression dirigée par l’impérialisme américain, et le Pacte de Varsovie, alliance militaire d’agression dirigée par le social-impérialisme soviétique, sont les principales menaces pour la paix et la sécurité dans le monde.

Sur le plan stratégique, la question clé de la rivalité des deux superpuissances est l’Europe.

Les pays de l’Europe occidentale et le Japon présentent un double caractère : d’une part, il s’agit de pays impérialistes ; d’autre part, ils sont soumis aux pressions et aux vexations des deux superpuissances. De ce fait, ils hésitent entre la soumission et la résistance envers ces derniers.

Le prolétariat et les peuples d’Europe doivent lutter contre l’hégémonisme des deux superpuissances, pour la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de l’indépendance nationale. Ils doivent aussi lutter contre les bourgeoisies impérialistes alliées aux superpuissances ; ils peuvent être amenés à conclure des accords avec la bourgeoisie, dans certaines questions et dans une certaine mesure, lorsqu’elle résiste aux superpuissances.

12. La plus importante expérience du mouvement communiste international, c’est que le développement et la victoire de la révolution dépendent de l’existence d’un parti révolutionnaire prolétarien.

Il faut un parti, fondé sur la théorie du socialisme scientifique, sachant associer la vérité universelle du marxisme-léninisme à la pratique concrète de la révolution du pays et ayant un style révolutionnaire marxiste-léniniste, sachant lier étroitement sa direction avec les larges masses populaires, capable de corriger ses erreurs et pratiquant la critique et l’autocritique.

II L’objectif du prolétariat de Belgique est de faire la révolution socialiste

13. En Belgique, la contradiction principale oppose le prolétariat à la bourgeoisie. Cette contradiction détermine la situation des autres classes et couches de la société.

La bourgeoisie belge est une bourgeoisie impérialiste. Sa puissance économique est concentrée en un petit nombre de monopoles financiers ; les capitalistes de notre pays participent au pillage et à l’oppression des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ; ils s’appuient sur le soutien militaire de leurs alliés de l’OTAN.

Les monopoles ont des contradictions avec les petits capitalistes, qu’ils cherchent à absorber, mais les uns et les autres sont politiquement et idéologiquement unis sur la base de l’exploitation de la classe ouvrière.

Le prolétariat de Belgique a pour tâche historique de se libérer et de libérer le peuple, en faisant la révolution socialiste. Au sein du prolétariat, ce sont les ouvriers de la grande industrie qui constituent le fer de lance de la révolution, grâce à leur concentration, à leur expérience de la solidarité et de la lutte et à leur conscience de classe.

Une couche d’ouvriers a été corrompue par les miettes qu’a pu leur jeter le capital monopoleur et colonialiste belge.

Le prolétariat doit soutenir les pays socialistes et les luttes révolutionnaires des peuples dominés. Il doit mettre réellement en application le mot d’ordre de combat de « Prolétaires de tous les pays, peuples et nations opprimés, unissez-vous ! » ; il doit étudier l’expérience révolutionnaire des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, soutenir fermement leur action révolutionnaire et considérer la cause de leur libération comme le soutien le plus sûr pour lui-même, comme son intérêt direct.

14. Le prolétariat ne peut remporter la victoire s’il ne s’appuie pas sur les larges couches du peuple.

Dans la question de l’alliance de classes, le prolétariat et son parti doivent accorder une attention particulière à la question paysanne. La paysannerie est l’alliée la plus proche et la plus résolue du prolétariat.

Le capital financier exerce, d’une façon de plus en plus large et profonde, son emprise sur l’économie rurale. Les banques hypothécaires deviennent les propriétaires réels de terres appartenant aux paysans ruinés, de leur matériel agricole et de tous leurs biens. Les monopoles s’enrichissent à tous les stades franchis par les produits agricoles, du producteur au consommateur.

Le développement du capitalisme à la campagne porte des coups mortels à la petite exploitation agricole ; il intensifie la mécanisation de la production, maintient les prix des produits agricoles à un bas niveau et impose la hausse des prix des produits industriels. A un pôle, celui des monopoles financiers qui concentrent le capital, les profits augmentent ; à l’autre pôle, la crise de l’agriculture capitaliste plonge les petites entreprises dans la misère et les élimine à un rythme accéléré.

Au sein de la paysannerie, il faut distinguer :

1) les ouvriers agricoles qui gagnent leur vie par le travail salarié ; ces travailleurs font partie du prolétariat, et leurs revendications sont celles de tous les ouvriers ; le Parti communiste doit les organiser et faire parmi eux une propagande intense pour les conduire à la dictature du prolétariat ;

2) les semi-prolétaires, qui cultivent le lopin de terre qu’ils possèdent ou louent et qui, en plus, vendent leur force de travail à un capitaliste industriel ou agraire ; ils n’ont que le minimum nécessaire pour assurer l’existence de leur famille ; cette couche a grand intérêt à la victoire du prolétariat ; le Parti communiste doit les rallier et soutenir les revendications qui améliorent leur condition ;

3) les petits propriétaires, les petits fermiers qui possèdent ou louent de petits lopins de terre et peuvent satisfaire aux besoins de leur ménage et de leur famille sans embaucher des travailleurs salariés ;

4) les paysans moyens, qui sont de petits propriétaires ruraux dont la production leur permet de faire des bénéfices et qui embauchent souvent un petit nombre de travailleurs salariés ; ce sont des petits capitalistes, que le parti du prolétariat doit neutraliser ;

5) les paysans riches et aisés, les entrepreneurs capitalistes de l’agriculture ; le parti du prolétariat doit lutter contre ces exploiteurs, afin d’émanciper de leur influence la majorité des masses paysannes laborieuses ;

6) les propriétaires fonciers, c’est-à-dire les personnes qui exploitent les travailleurs salariés, les paysans pauvres et même les paysans moyens, magnats de la haute finance et propriétaires descendant des féodaux qui ne participent nullement au travail physique.

A l’époque actuelle, les contradictions existant entre la paysannerie et les monopoles et au sein de la paysannerie elle-même sont de plus en plus aiguës.

Les petits commerçants, les artisans, écrasés sous le joug capitaliste, sont, eux aussi, peu à peu poussés à la ruine par les monopoles. Le parti du prolétariat doit leur montrer que seul le socialisme est capable d’assurer l’avenir de tous les travailleurs.

Aussi longtemps qu’ils restent attachés au système de la propriété privée, les paysans, les commerçants et les artisans demeurent réactionnaires. Ils deviennent révolutionnaires dans la mesure où ils se placent sur les positions de la classe ouvrière.

Les employés des bureaux et des grands magasins, les petits fonctionnaires, sont autant de couches opprimées par le capitalisme. Pour beaucoup, leurs conditions de vie sont proches de celles du prolétariat. Celui-ci doit, autant que possible, les entraîner dans sa lutte contre le capitalisme, combattre les préjugés réactionnaires qui les attachent à la prétendue supériorité du travail intellectuel sur le travail manuel et les orienter vers la révolution socialiste.

Des couches importantes de la jeunesse étudiante s’opposent à des aspects de l’oppression capitaliste. Ces couches subissent une crise idéologique. Elles sont prises dans la contradiction existant entre l’usage progressiste qu’elles veulent faire de leurs connaissances et l’usage réel qu’en fait l’impérialisme : un instrument d’exploitation et d’oppression. C’est ce qui explique leur importante participation au mouvement anti-impérialiste et démocratique (contre le militarisme, le racisme, les mesures fascistes de la bourgeoisie). Le prolétariat doit s’efforcer de conquérir ces couches, de les soumettre à son influence idéologique et de s’assurer leur collaboration dans la lutte révolutionnaire.

La conquête de la dictature du prolétariat suppose l’hégémonie du prolétariat sur les larges couches laborieuses. Le prolétariat doit se mettre à la tête de toutes les luttes que les masses laborieuses mènent contre les classes dominantes ; en défendant les intérêts quotidiens de ces masses, le prolétariat les oriente dans la voie conduisant à la révolution.

15. A la tête du peuple travailleur, et en alliance avec lui, la classe ouvrière doit détruire l’Etat capitaliste, établir l’Etat de dictature du prolétariat et construire le socialisme.

Le prolétariat expropriera les capitalistes et les grands propriétaires fonciers et organisera la planification socialiste. La révolution au pouvoir entreprendra aussitôt la collectivisation de toute l’économie, à commencer par cella des grandes banques, des principales branches de l’industrie, des grandes entreprises agricoles, des grandes entreprises de distribution et de communication.

Elle fera observer la loi : « Qui ne travaille pas, ne mange pas ». La petite propriété ne doit pas être expropriée, et les petits propriétaires n’exploitant pas le travail d’autrui ne doivent subir aucune violence. Cette classe sera peu à peu attirée dans la sphère d’organisation sociale, par l’exemple et la pratique démontrant la supériorité de la nouvelle structure sociale.

La dictature du prolétariat réprimera les tentatives des éléments contre-révolutionnaires ; elle assurera la défense de la patrie socialiste ; elle garantira la démocratie prolétarienne pour le peuple et elle remplira ses tâches internationalistes à l’égard des pays socialistes, ainsi qu’envers les classes et les peuples en lutte pour leur émancipation. Elle poursuivra la révolution jusqu’au bout.

16. Le peuple belge, uni aux autres peuples d’Europe, doit défendre son indépendance nationale, la sécurité et la paix dans le monde.

Il doit lutter contre l’expansion des armements et les préparatifs de guerre de l’impérialisme américain et du social-impérialisme. Il doit exiger la dissolution des pactes militaires d’agression, le retrait des troupes et des bases impérialistes établies en territoire étranger et le retrait de la Belgique de l’Alliance atlantique et de l’OTAN.

17. La classe ouvrière de Belgique a une grande tradition de lutte contre le capitalisme.

Le mouvement ouvrier de notre pays s’est formé dès les années 1830. La situation du prolétariat, au XIXe siècle, était extrêmement pénible. Les salaires étaient très bas. Les capitalistes exploitaient largement la main-d’œuvre féminine et enfantine. Il n’existait aucune protection du travail. Les conditions de logement étaient inhumaines. Les masses laborieuses se voyaient privées des droits les plus élémentaires.

Les ouvriers commencèrent à se concerter et à présenter leurs revendications. Les premières grèves des années 1830 et 1840 avaient pour motifs les amendes démesurées et les réductions du salaire et de l’emploi. Parfois, lors de ces grèves, les ouvriers, poussés à bout, brisaient les vitres des bâtiments de la fabrique, saccageaient les comptoirs patronaux et les bureaux.

Des associations ouvrières firent leur apparition, dès 1860, dans la grande industrie. Sous leur impulsion, la classe ouvrière déclencha une série de grèves de masse organisées pour améliorer sa situation intenable et réclamer des libertés syndicales.

Les grèves de 1868, 1886, ainsi que les grèves de 1902 et 1913, avaient toutes un caractère généralisé et insurrectionnel. En 1886, une grève célébrant l’anniversaire de la Commune de Paris fut sauvagement réprimée et donna le signal à un mouvement général insurrectionnel à Liège, à Charleroi et dans le Borinage, que les capitalistes noyèrent dans le sang. Cette lutte révolutionnaire sema la panique dans les rangs de la bourgeoisie, qui s’empressa de concéder quelques réformes.

Mais ces réformes, comme toutes celles qui allaient suivre, n’ont pas pu mettre fin à la lutte du prolétariat, parce qu’elles ne mettent pas fin à la cause qui l’engendre : le capitalisme, l’esclavage salarié.

A la suite des mouvements de 1902 et de 1913 et au lendemain de la révolution d’Octobre, la bourgeoisie accorda le suffrage universel et abrogea l’interdiction du droit de coalition.

Le mouvement gréviste de 1932 contre les conséquences de la crise capitaliste, et de 1936 pour les 40 heures de travail hebdomadaire ; la résistance armée contre le nazisme pendant la Seconde guerre mondiale ; l’opposition à l’ex-roi Léopold et à la royauté en 1950 et la grande grève contre la « loi unique » de 1960-61, témoignent, dans notre pays, du caractère irréductible de la contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat et de l’aspiration des masses ouvrières à renverser le capitalisme.

18. Le Parti Communiste de Belgique, section belge de l’Internationale communiste, fondé en 1921, a lutté pour introduire la politique communiste dans la classe ouvrière. Il a organisé les révolutionnaires les plus dévoués à la cause du socialisme.

Le PCB a écrasé les courants trotskistes surgis en son sein. Pendant la Seconde guerre mondiale, il a dirigé la lutte armée contre l’envahisseur nazi.

A la fin de la guerre, les révisionnistes se sont emparés de la direction du parti et l’ont transformé en un parti ouvrier bourgeois qui a trahi le socialisme, en appelant la classe ouvrière à rendre les armes et à collaborer avec « sa » bourgeoisie, en se faisant le défenseur de la « productivité » capitaliste et du système colonialiste belge.

En 1956, il s’est empressé de s’aligner sur la voie khrouchtchévienne, poussant toujours plus loin la trahison de la révolution et en se faisant le partisan de plus en plus déclaré de l’impérialisme belge.

Le PCB a entièrement et définitivement trahi la mission historique de la dictature du prolétariat. Il prône la « théorie » du « passage pacifique au socialisme » et de la « voie parlementaire au socialisme » et s’oppose à la révolution violente. A l’en croire, le « passage au socialisme » pourrait se réaliser par le moyen de « réformes de structure anticapitalistes » qui assureraient « le contrôle et la réduction des pouvoirs des grands monopoles ».

Mais, en réalité, aucune « nationalisation sous contrôle ouvrier », aucune « démocratisation de l’économie » ne peut améliorer de façon décisive le sort de la classe ouvrière et encore moins la conduire au socialisme. Par cette manœuvre, les révisionnistes défendent la dictature de la bourgeoisie et ils entretiennent l’illusion que l’Etat serait au-dessus des classes. Dans tous les cas, il s’agit d’un soutien apporté aux plans de concentration, de « rationalisation » capitaliste, sous une façade de « gauche ».

Le PCB révisionniste a jeté aux oubliettes l’internationalisme prolétarien et l’a remplacé par une haine acharnée envers les pays socialistes, le soutien au social-impérialisme et la propagande criminelle des illusions pacifistes et du désarmement des peuples devant les menaces impérialistes et social-impérialistes.

A l’égard des ouvriers immigrés dans notre pays, le PCB social-chauvin refuse obstinément de lutter pour l’égalité complète des droits avec les ouvriers belges et il soutient la politique impérialiste du « contrôle des frontières ».

Selon les révisionnistes, la classe ouvrière n’aurait plus besoin d’un authentique parti communiste, du détachement organisé d’avant-garde du prolétariat. Au contraire, la notion révolutionnaire d’avant-garde est rejetée par les révisionnistes modernes, qui s’acheminent vers la fusion avec la social-démocratie. Dans ce but, le PCB révisionniste appelle à la formation d’un « rassemblement des progressistes », d’un « front antimonopoliste » qui doit réunir tous les courants bourgeois infiltrés dans le mouvement ouvrier.

Le PCB révisionniste intervient dans les luttes ouvrières pour les saboter activement et pour réprimer l’esprit de révolte prolétarien.

Par son idéologie pacifiste, légaliste, défaitiste, par son programme réformiste proche de celui de la social-démocratie, le PCB révisionniste s’est transformé en un instrument de la bourgeoisie contre la révolution.

Le PCB révisionniste s’appuie sur l’aristocratie et la bureaucratie ouvrières et sur certains éléments de la petite bourgeoisie intellectuelle.

En Belgique, plusieurs partis révisionnistes européens exercent leur influence néfaste sur les ouvriers de leur pays et s’acharnent, de concert avec le PCB, à saboter l’unité révolutionnaire des travailleurs nationaux et immigrés.

19. A partir de 1963, sous l’impulsion de la grande lutte de principe menée par le Parti communiste chinois et le Parti du Travail d’Albanie contre le révisionnisme moderne, les forces marxistes-léninistes ont entrepris la tâche de reconstruction du Parti communiste. L’expérience a cependant montré que le révisionnisme s’est donné pour tâche principale d’y faire échec. Il a pu y réussir momentanément en se camouflant sous le masque du « soutien » aux pays socialistes.

Le Parti Communiste de Belgique (Voix du Peuple), issu du parti révisionniste, le Parti Communiste de Belgique (Marxiste-Léniniste) (L’Exploité) et le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique (Clarté) ont été créés et sont dirigés par d’anciens responsables du parti révisionniste qui ne se sont jamais réellement débarrassés de leur idéologie bourgeoise.

Dès le début, ils ont refusé de faire l’autocritique de leurs lourdes responsabilités dans la trahison révisionniste et, par conséquent, de tracer une délimitation idéologique, politique et théorique avec le révisionnisme ; ils ont rejeté l’essence du marxisme-léninisme, en théorie et en pratique, tout en agitant avec véhémence le drapeau rouge pour mieux tromper la classe ouvrière de Belgique et le mouvement communiste international.

Tel est leur unique but d’arrivistes et de comploteurs : passer, nationalement et internationalement, pour le véritable parti communiste, fondé en opposition avec le révisionnisme moderne.

Leurs « principes d’internationalisme prolétarien » et de « soutien aux luttes anti-impérialistes », leur programme révisionniste rénové et fortement teinte d’anarcho-syndicalisme, enfin tous leurs agissements doivent servir leurs fins contre-révolutionnaires et visent à rendre impossible la lutte idéologique à l’intérieur du parti et à y étouffer la démocratie et la critique.

Dès 1966, le PCB (Voix du Peuple) dut jeter le masque devant l’opposition révolutionnaire qui surgit au sein du parti à l’occasion de la révolution culturelle en Chine. A ce moment, Grippa, le principal dirigeant du parti, se remit sur les positions du révisionnisme moderne, mais d’autres dirigeants tentèrent à l’égard du parti une manœuvre du même type que celui-ci avait menée à l’égard du parti révisionniste : ils utilisèrent pour façade leur prétendu « soutien » à la révolution culturelle et formèrent deux nouveaux « partis », L’Exploité et Clarté, afin de perpétuer la ligne et la pratique du grippisme.

L’unification de ces deux groupes est en même temps le signe de leur agonie. Démasquée par les marxistes-léninistes, sans influence sur la classe ouvrière, déchirée par les contradictions internes, la clique du soi-disant « Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique » dépérit et est condamnée à disparaître complètement de la scène.

20. La social-démocratie est, dans notre pays, le principal soutien de la bourgeoisie dans la classe ouvrière. Elle a pour fonction d’enchaîner le prolétariat à l’Etat capitaliste, en lui inculquant l’idée que les tâches historiques du socialisme peuvent être accomplies au moyen de réformes progressives, réalisées pacifiquement dans le cadre du capitalisme. En se parant faussement des idéaux de la « démocratie » et du « socialisme », elle défend dans les faits la paix sociale capitaliste et l’impérialisme belge ; elle divise la classe ouvrière, la désorganise et la désarme devant ses tâches révolutionnaires.

Sans que l’influence des dirigeants réformistes n’ait été liquidée jusqu’à un certain degré, la révolution socialiste est impossible.

La social-démocratie opère au moyen de deux ailes : l’aile droite, ouvertement contre-révolutionnaire, qui s’appuie sur la répression et qui, aux époques critiques pour la bourgeoisie, apporte un soutien direct à la politique fasciste du capital financier ; l’aile gauche, qui simule la défense des intérêts de classe du prolétariat dans sa lutte immédiate et qui peut même user de la phrase révolutionnaire pour mieux s’opposer à la révolution.

Le Parti Ouvrier Belge, et ensuite le Parti Socialiste Belge, partis « ouvriers » bourgeois, ont donné ses « lettres de noblesse » au réformisme belge et international. Vandervelde, De Brouckère et Huysmans, dirigeants de la IIe Internationale renégate, De Man, « théoricien » du réformisme passé à la collaboration directe avec le nazisme, Spaak, secrétaire général de l’OTAN, ont désarmé la classe ouvrière et l’ont livrée au capitalisme, au fascisme, à l’impérialisme.

La social-démocratie agit principalement par l’intermédiaire du syndicat réformiste, la Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB). Sous le prétexte de défendre les intérêts immédiats de la classe ouvrière, la FGTB protège en réalité les intérêts fondamentaux de la classe des capitalistes. Fidèles « partenaires sociaux » de la bourgeoisie, les directions syndicales traitres paralysent l’esprit de lutte prolétarien.

Les directions syndicales collaborent activement à la gestion du capitalisme. Elles participent à l’élaboration de la politique économique et financière ; elles soutiennent la concentration du capital et sa fusion avec l’Etat, la planification monopolistique des investissements et des « rationalisations ». Par leurs théories bourgeoises d’« indépendance syndicale », d’« unité syndicale », de « contrôle ouvrier », par leur dénonciation du « romantisme révolutionnaire », les directions syndicales cherchent à maintenir les masses ouvrières sous l’emprise du réformisme et à les détourner de leurs tâches révolutionnaires.

Les directions réformistes s’appuient sur les couches embourgeoisées de l’aristocratie et de la bureaucratie ouvrières.

21. La doctrine du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) est celle de la « grande fraternité » entre exploiteurs et exploités, c’est-à-dire de la collaboration de classes et du pacifisme. La démocratie chrétienne possède une influence importante parmi les masses d’ouvriers chrétiens. Elle opère surtout par l’intermédiaire de son syndicat, la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC).

A leurs débuts, les syndicats chrétiens étaient des organisations corporatistes réunissant patrons et ouvriers dans la défense des « intérêts communs » et la pratique de l’antisocialisme. Actuellement la CSC s’est placée sur les positions de la social-démocratie et recourt abondamment à la démagogie de « l’autogestion ».

22. Le trotskisme est un courant social-démocrate « de gauche », exclu de mouvement communiste international. Transformé en une agence de la bourgeoisie contre-révolutionnaire et du fascisme contre le socialisme et la révolution, il a été démasqué devant la classe ouvrière internationale et les peuples du monde.

Le trotskisme connait une recrudescence dans le sillage du révisionnisme moderne, en spéculant sur la confusion créée par la trahison khrouchtchévienne, en particulier auprès de certaines couches de la petite bourgeoisie intellectuelle.

Son principal représentant en Belgique, la « Ligue Révolutionnaire des Travailleurs », affiliée à la prétendue « IVe Internationale », défend le programme réformiste des « réformes de structure » et du « contrôle ouvrier ».

La LRT est l’ennemie des pays socialistes. Elle est un agent de la bourgeoisie, infiltré dans le mouvement ouvrier pour y provoquer la scission.

23. L’anarcho-syndicalisme prétend libérer la classe ouvrière par la lutte économique exclusivement, en rejetant la lutte politique.

C’est un courant petit-bourgeois, qui s’oppose aux objectifs et aux tâches de la révolution.

L’anarchisme et le populisme sont également des courants anticommunistes, prônant une alliance sans principe de toutes les classes et couches mécontentes de leur sort.

24. La situation actuelle de la classe ouvrière de Belgique est caractérisée par le retard politique, théorique et organisationnel du mouvement marxiste-léniniste sur les besoins et les désirs du prolétariat.

La période actuelle du mouvement ouvrier de notre pays est celle de la reconstruction du parti communiste.

25. L’Union des Communistes (Marxistes-Léninistes) de Belgique s’assigne pour tâche de conduire la classe ouvrière de Belgique à la destruction de l’Etat capitaliste, à l’instauration de la dictature du prolétariat et à la construction du socialisme et du communisme.

En luttant pour la révolution socialiste, il faut diriger activement la classe ouvrière et le peuple travailleur dans leur lutte contre le capitalisme, pour la défense des droits démocratiques, contre le danger fasciste, pour l’amélioration des conditions de vie.
Les communistes doivent émettre des revendications dont la réalisation constitue une nécessité immédiate et urgente pour la classe ouvrière.

Ils doivent lier ces luttes d’intérêt immédiat à la lutte d’intérêt général et à long terme, éduquer les masses dans l’esprit révolutionnaire du marxisme-léninisme, élever sans cesse leur conscience politique, liquider l’influence du réformisme et du révisionnisme et assurer la tâche historique de la révolution prolétarienne. Jamais ils ne peuvent perdre de vue que la réforme n’est pas un but en soi, mais un moyen d’éduquer le prolétariat et de favoriser les conditions de sa lutte révolutionnaire.

L’UC(ML)B doit guider la classe ouvrière et le peuple travailleur dans leur lutte pour la sauvegarde de 1 ’indépendance nationale, la sécurité et la paix dans le monde.

L’UC(ML)B reconnait et défend le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, la revendication de l’autonomie régionale, ainsi que les autres revendications démocratiques de l’égalité nationale sous toutes ses formes ; elle lutte contre toute espèce de restriction aux droits des minorités nationales.

26. L’UC(ML)B pratique à l’égard des pays socialistes et du mouvement communiste international les principes de 1 ’internationalisme prolétarien : le principe de solidarité, de soutien et d’aide mutuels, d’indépendance et d’égalité. Elle s’assigne pour devoir de consolider l’unité du mouvement communiste et ouvrier international.
L’UC(ML)B soutient la lutte révolutionnaire des nations opprimées.

Elle adhère aux paroles de Lénine selon lesquelles le mouvement révolutionnaire des pays avancés ne serait en fait qu’une simple duperie sans l’union complète et la plus étroite dans la lutte des ouvriers en Europe et en Amérique contre le capital et des centaines et des centaines de millions d’esclaves coloniaux opprimés par ce capital.

27. Dans sa tactique, l’UC(ML)B doit maîtriser toutes les formes de lutte et d’organisation de la classe ouvrière, mener et préparer la lutte légale et la lutte illégale, la lutte ouverte et la lutte clandestine, la lutte pacifique et la lutte armée. Toute sous-estimation ou toute négligence dans la question de la clandestinité signifient désarmement du prolétariat et compromis avec le révisionnisme.

Dans la question du parlement, les communistes partent du point de vue que, sous l’impérialisme, cette institution bourgeoise n’est plus qu’un ornement de la dictature du capital, un instrument de mensonge destiné à tromper les masses. Cependant ils doivent se servir du parlement comme d’une tribune pour faire connaître largement leur programme et pour dénoncer le capitalisme, le révisionnisme et le réformisme, aussi longtemps qu’une partie de la classe ouvrière continue à être trompée par le parlementarisme.

La lutte électorale et parlementaire occupe toujours une place secondaire par rapport à la lutte des masses. Dans leur tactique, les communistes se démarquent nettement du révisionnisme moderne, qui veut voir dans le bulletin de vote le chemin du pouvoir. Ils se démarquent aussi de la tactique gauchiste de l’« anti-parlementarisme de principe ».

Le principe fondamental de la tactique communiste dans l’action syndicale est de former le front unique prolétarien. L’UC(ML)B a pour objectif de conquérir les syndicats, c’est-à-dire la masse des ouvriers syndiqués, et de détruire l’appareil syndical réformiste. Par la tactique de l’opposition syndicale révolutionnaire, elle unit la classe ouvrière contre l’exploitation capitaliste et contre les dirigeants réformistes.

La tactique de l’opposition syndicale révolutionnaire s’oppose à la tactique opportuniste de droite qui consiste à vouloir « reconquérir l’appareil syndical », tout en trompant la classe ouvrière sur la nature bourgeoise des directions ; elle s’oppose aussi à la tactique opportuniste de « gauche » visant à scissionner les organisations syndicales et à construire, dans les conditions actuelles de la lutte de classes, un nouveau syndicat « rouge ».

28. L’UC(ML)B a, dans l’immédiat, pour tâche centrale la reconstruction du Parti communiste (marxiste-léniniste) de Belgique. Cette tâche se réalisera par l’unification des organisations marxistes-léninistes.

III Programme de lutte

29. En période révolutionnaire, l’UC(ML)B a pour but de mener directement le prolétariat et ses alliés à l’assaut de l’Etat bourgeois. A cet effet, elle devra propager les mots d’ordre transitoires (gouvernement ouvrier, contrôle ouvrier de la production, comités paysans pour l’expropriation de la grande propriété foncière, désarmement de la bourgeoisie, armement du prolétariat, etc.) et organiser l’action des masses (les grèves économiques et les grèves politiques, les grèves et les manifestations combinée, la grève générale liée à l’insurrection armée contre le pouvoir d’Etat de la bourgeoisie).

30. Quand la poussée révolutionnaire fait défaut, l’UC(ML)B, partant des besoins immédiats des travailleurs, défend des revendications partielles, en les rattachant à ses objectifs communistes.

a) REFORMES POLITIQUES ET CIVILES.

1. Abolition de la royauté et instauration de la République de Belgique.

2. Election des représentants du peuple par tous les citoyens et citoyennes après dix-huit ans révolus ; révocabilité, à tout moment, des élus, sur décision de la majorité de leurs électeurs.

3. Large application de l’autonomie administrative locale ; autonomie administrative régionale des territoires caractérisés par une composition particulière de la population quant à la nationalité et à la langue ; suppression de toutes les autorités locales et régionales désignées par l’Etat.

4. Election par le peuple des juges, des fonctionnaires civils et des chefs militaires. Leur révocabilité, à tout moment, sur décision de la majorité de leurs électeurs.

5. Abolition de toutes les lois qui portent atteinte aux droits politiques, aux libertés démocratiques et syndicales.

6. Abolition de toutes les lois qui, du point de vue du droit public et privé, mettent la femme en infériorité vis-à-vis de l’homme ; interdiction légale de toute discrimination fondée sur le sexe.

7. Droit pour les nations faisant partie de l’Etat à disposer d’elles-mêmes ; égalité complète des langues ; droit pour la population de recevoir l’instruction dans sa langue maternelle, garanti par la création, aux frais de l’Etat et des organismes d’autonomie administrative locale, des écoles indispensables à cet effet ; interdiction de toute espèce de restriction aux droits des minorités nationales ; interdiction légale de toute discrimination raciale.

8. Pour tous les immigrés, naturalisation obligatoire et gratuite, après un séjour de trois mois, avec faculté de conserver la nationalité d’origine ; mesures transitoires pour les immigrés dont l’Etat d’origine ne reconnaît pas le système de double nationalité ; suppression de toutes les entraves mises à l’immigration en Belgique.

9. Suppression de l’armée permanente et des corps spéciaux de répression (police, gendarmerie, etc.) ; armement général du peuple, les travailleurs recevant des capitalistes le salaire habituel pour le temps consacré au service civique de la milice populaire ; garantie des libertés démocratiques dans l’armée.

10. Interdiction des organisations fascistes.

11. Suppression totale des impôts indirects et leur substitution complète par les impôts directs ; accentuation du caractère progressif des impôts directs.

12. Restriction du droit de succession.

13. Séparation complète de l’Eglise et de l’Etat ; séparation de l’école et de l’Eglise ; laïcité absolue de l’école ; suppression des subsides au culte et à l’enseignement religieux.

14. Instruction générale et polytechnique (donnant des notions théoriques et pratiques de toutes les branches essentielles de la production), gratuite, obligatoire jusqu’à 18 ans, pour tous les enfants des deux sexes.

15. Retrait de la Belgique de l’Alliance atlantique et de l’OTAN ; expulsion du SHAPE du territoire belge.

16. Retrait des troupes belges de la République fédérale d’Allemagne.

17. Retrait de la Belgique de toutes les organisations internationales néo-colonialistes et abrogation de toutes les clauses néo-colonialistes des traités de coopération.

18. Reconnaissance des gouvernements révolutionnaires de libération nationale.

b) REVENDICATIONS DE LA CLASSE OUVRIERE.

1. Limitation de la journée de travail à 7 heures (35 heures par semaine), avec maintien intégral du salaire ; interdiction des heures supplémentaires ; interdiction du travail en système continu et semi-continu, ainsi que du travail de nuit, à l’exception des cas où ce travail est absolument nécessaire pour des raisons techniques ; dans les industries dangereuses ou insalubres, la journée de travail doit être réduite à 4 ou 6 heures ; échelle mobile des heures de travail, avec maintien du salaire.

2. Interdiction aux employeurs d’utiliser le travail des enfants d’âge scolaire (jusqu’à 16 ans) ; limitation à 4 heures de la journée de travail des jeunes gens de 16 à 20 ans, le travail de nuit leur étant interdit dans les entreprises insalubres ; interdiction aux employeurs d’utiliser le travail des femmes dans les entreprises insalubres.

3. Application intégrale du principe « A travail égal, salaire égal ».

4. Suppression du système du salaire aux pièces.

5. Toutes les allocations et indemnités versées aux travailleurs dans le cadre de la sécurité sociale doivent être assurées grâce à un fonds spécial alimenté par un impôt sur les capitalistes ; indexation de toutes ces allocations et indemnités.

6. Nationalisation de la médecine ; gratuité des soins médicaux et des médicaments ; création d’hôpitaux.

7. Pour les chômeurs complets ou partiels, allocation de chômage égale au salaire perdu, jusqu’au reclassement à des conditions équivalentes.

8. Pension à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes ; abaissement de l’âge de la pension pour les ouvriers qui exercent une profession malsaine ou dangereuse ; pension égale à 75 % du salaire des cinq meilleures années.

9. Création de logements sociaux et d’équipements collectifs ; création de crèches dans toutes les entreprises employant des femmes.

c) REVENDICATIONS DES PAYSANS PAUVRES.

Revendications visant à alléger les impôts et les fermages, à neutraliser les abus du grand capital, à assurer une politique des prix équitable et l’aide de l’Etat aux paysans pauvres.

mercredi 24 septembre 1975


Union des Communistes (Marxistes-Léninistes) de Belgique (UCMLB)