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« Quel dépassement ? » Une autre voix au procès de l’UCC – 1989

Alessandra Di Pace, Gianfranca Lupi, Roberto Simoni & Francesco Tolino, juin 1989

[La déclaration au procès des militants de l’Unione dei Comunisti Combattenti (UCC) est ici publiée pour archive et n’implique pas que nous soyons en adéquation politique avec les positions exposées]

Wilma Monaco, dirigeante de l'UCC tombée dans la lutte pour le communisme, le 23 février 1986

L’expérience du communisme combattant, quelle que soit la manière dont on veuille la considérer, oblige nécessairement à prêter une attention nouvelle aux formes politiques du développement capitaliste. C’est une authentique expérience historique qui a saisi et contribué à mettre en lumière les caractéristiques historiques particulières assumées par l’Etat bourgeois contemporain.

Contrairement à toutes les formations politiques de la gauche révolutionnaire qui, au cours de ces vingt dernières années, ont « survolé » la question fondamentale de l’Etat, en la reléguant sur le terrain des tensions conceptuelles, confiant de fait la capacité politico-pratique d’organiser la lutte révolutionnaire contre l’Etat au cours spontané du mouvement de classe, le communisme combattant a immédiatement identifié le champ réel des intérêts politiques généraux entre les classes, en imposant contre l’Etat les exigences du prolétariat, en affirmant avec les moyens adaptés, − de manière directe et concrète −, la « question de l’Etat et de la révolution » dans un pays à capitalisme avancé comme le nôtre.

Ce n’est pas ici le lieu, ni notre intention, d’affronter de manière exhaustive un thème politique et historique de cette ampleur. Nous nous limitons par conséquent à indiquer quelques caractéristiques générales, de manière sommaire et « nécessairement » schématique, mais par ailleurs, indicative de l’apport des Brigades Rouges à l’histoire et à l’expérience du mouvement ouvrier contemporain.

Avec le développement monopoliste, les formes de médiation et d’expression politique de l’Etat libéral se sont (à la fois restreintes et) transformées. Le cadre politico-institutionnel s’est reconstitué, en un certain sens – repolitisé −, sur les niveaux les plus élevés de la centralisation du capital impérialiste, en développant des interventions globales et articulées dans tous les secteurs de la vie nationale.

Durant les soixante dernières années, il y a eu une prolifération de nouvelles institutions étatiques − banques centrales, politiques monétaires et économiques, institutions d’aide et de prévoyance sociales, interventions dans les conflits du travail, etc. − dont la fonction vise : d’un côté à freiner les déséquilibres économiques inhérents au mode de production capitaliste ; de l’autre côté à agir comme une sorte « d’amortisseur » des tensions sociales.

Dans la phase du capitalisme monopoliste a pris forme une gigantesque superstructure, qui concentre sa force politique, et qui a modifié le terrain même de la lutte entre les classes, en ce que, intervenant de manière décisive sur les contradictions sociales, elle agit directement sur la vie politique des masses prolétariennes de manière encore plus forte et incisive que par le passé.

Si sur le plan économique les interventions « régulatrices » de l’Etat ont comme effet à longue échéance de rendre encore plus chaotique le mode de production et des échanges, dans le domaine social et politique, elles étendent une sorte de « filet protecteur » qui enveloppe les masses, cherchant à paralyser matériellement et idéologiquement toute représentation politique indépendante.

L’impérialisme sénescent ne se contente plus de nos jours de « l’Etat-gendarme » qui conduisait ses interventions répressives de l’extérieur, il cherche aujourd’hui à dévier et immobiliser le mouvement de classe en agissant de l’intérieur et en exerçant, au moyen de formes directes d’intervention politique et d’un usage plus articulé de la force militaire, une pression continue et profonde pour entraver et désorganiser le développement révolutionnaire.

Comme on le sait, cette forme plus élaborée de la domination bourgeoise s’est matérialisée dans le conflit de classe des vingt dernières années dans ce qu’on appelle la « stratégie de la tension ». Depuis les bombes de la Piazza Fontana [1], les massacres d’Etat ont constitué, avec leur traînée de sang et d’horreur, la position politique constante et ponctuelle de la classe dominante dans les confrontations nées des demandes de changement social avancées par le prolétariat.

Parallèlement à cette dure offensive militaire, trop connue pour qu’il faille en reparcourir ici les diverses phases, l’intervention étatique s’est déployée au long d’un axe qui visait à diluer l’élan revendicatif et révolutionnaire des masses dans des logiques politiques néo-corporatistes, dans des schémas interclassistes, dans des pactes sociaux de « solidarité nationale », etc.

Ces passages eux aussi sont connus, comme est connu le collaborationnisme des directions des syndicats et du Parti Communiste Italien. Ce que nous voulons définir avec précision, en les isolant, ce sont deux aspects de l’intervention étatique que nous résumons de manière synthétique dans le terme de « stragismo » [2] et dans le néo-corporatisme. Tous deux caractérisent et donnent forme au nouveau rapport qualitatif entre Etat bourgeois et prolétariat.

Tous deux révèlent de nouvelles caractéristiques fondamentales, des particularités concrètes qui focalisent le passage accompli par le rôle de l’Etat : celui-ci est passé d’un rôle de comité de défense des intérêts de la classe dominante, selon les tâches traditionnelles du libéralisme, à un rôle nettement et résolument offensif, c’est-à-dire qu’il vise non seulement à la défense et à l’administration des affaires de la bourgeoisie, mais aussi à une gestion offensive des contradictions sociales.

L’histoire des années 70 a mis à nu, sous les yeux de tous, les formes modernes de la dictature bourgeoise favorisant sa conservation. Une combinaison de méthodes politiques qui réaffirmait la nature inconciliable de l’antagonisme entre bourgeoisie et prolétariat et paralysait en même temps les groupes et les partis de la gauche révolutionnaire, incapables d’élaborer des réponses globales à même de soutenir la rudesse et la totalité des nouvelles conditions de la lutte des classes, incapables de relancer la révolution dans le nouveau contexte des rapports entre les classes.

C’est dans ce contexte que naquit l’option de l’unité du politique et du militaire, comme nécessité historiquement déterminée par l’évolution des rapports politiques entre les classes et l’évolution des institutions de la société italienne.

Un choix né des tendances de fond de cette société et de la nécessité de traduire l’aspiration des masses au socialisme dans les conditions transformées du conflit politique et social.

Il est évident alors, même seulement sur la base de si brèves affirmations, que la consigne de porter « l’expérience brigadiste sur le terrain ouvert, politique et de masse » [3] et la consigne de la concrétisation d’un terrain de rencontre entre cette expérience et la « gauche de classe » dans la proposition de l’amnistie, équivalent à une tentative de réduire la lutte armée, de nœud stratégique de la révolution Italienne à un problème d’équilibre politique au sein d’un hypothétique « bloc social anti-capitaliste » ; à une manœuvre de caméléontisme politique, qui gomme le « noyau rationnel » de l’expérience générale des vingt dernières années de lutte révolutionnaire, qui déplace l’axe d’intervention communiste du terrain du rapport politique général entre les classes, de la question centrale du pouvoir, à celui d’une présence virtuelle au sein d’un espace potentiel à gauche du Parti Communiste Italien, au sein d’une sorte de pôle d’agrégation, de conteneur des besoins et du mécontentement, sans possibilité concrète de les transformer en une stratégie politique.

La grande conquête de l’expérience des Brigades Rouges est celle d’avoir redonné à la perspective révolutionnaire une dynamique historique effective. La question du socialisme a repris corps et, sortant des brumes conceptuelles dans lesquelles elle avait été confinée, elle s’est actualisée. Certes pas comme synonyme de réalisation immédiate (comme elle a souvent été comprise dans le passé − mais la révolution au coin de la rue n’a jamais existé) mais comme représentation historico-dialectique.

Il est indéniable que, dans les années 80, il y a eu un redimensionnement important des espaces d’agitation politique (où il est possible d’agir) conquis par le prolétariat et du poids exercé par l’avant-garde communiste.

Mais aucune praxis visant le changement de l’actuel état des choses ne peut s’affirmer sans valoriser effectivement l’expérience dont elle naît en solution de continuité. Et l’optique caméléontiste opère dans les faits un revirement net, radical, qui révise, en l’annulant, la signification historique, politique et sociale de cette expérience.

Il est décisif de comprendre, surtout en cette conjoncture de faiblesse du mouvement révolutionnaire, que les termes du conflit entre les classes sont définis par les niveaux de « politisation » de l’impérialisme. C’est le cours objectif historique du capitalisme, de ses tendances de fond, qui détermine et fait émerger les caractéristiques des formes et des méthodes de la lutte communiste.

Il est nécessaire de prendre en compte les tendances structurelles, historiques et conjoncturelles qui agissent aux niveaux économiques et politico-institutionnel. Le capitalisme italien est entré, au cours de ces années, dans une « nouvelle » phase, a subi et imposé des « transformations » profondes.

Notre pays s’est transformé de pays importateur en pays exportateur de capitaux. Une tendance économique et politique de grande dimension ; en 1988 les capitalistes italiens ont assumé le contrôle de quelque 132 entreprises étrangères, qui s’ajoutent aux 163 de la période 86/87. Il est intéressant de noter en outre que cette nouvelle orientation vise la conquête de marchés dans les pays à capitalisme avancé et plus précisément des activités productives à haute et très haute composition de capitaux.

En synthèse, à la classique tendance expansionniste de l’impérialisme italien, tournée vers l’exploitation des pays sous-développés et/ou en voie de développement de l’aire méditerranéenne, et à la tendance, plus récente, de pénétration en Amérique Latine, s’est ajoutée l’expansion à travers l’acquisition d’activités productives et financières dans l’aire de l’Europe Occidentale, devenue le principal marché pour l’exportation de capitaux italiens.

Cet authentique saut qualitatif s’est matérialisé avec la présence, fin ’87, de 326 entreprises à participation italienne dans l’aire C.E.E.

La grande importance acquise durant ces années par l’exportation de capitaux, comparée à l’exportation de marchés, est une des preuves majeures du développement des tendances impérialistes du Capital italien.

Une tendance qui, accélérée par les contradictions ouvertes par la crise du milieu des années 70, alimente un climat déjà chargé de tensions autoritaires, favorisant le processus de verticalisation du pouvoir politique. L’exportation de capitaux, en effet, en se tournant exclusivement vers l’acquisition d’activités productives et financières déjà existantes, a accéléré les processus de centralisation, à travers de nouvelles alliances, fusions, etc.

Une dynamique qui, imposée par la saturation des marchés, par la surproduction de capitaux, a exacerbé les processus de concentration monopoliste. L’expansion vers l’étranger n’a pas comporté de processus d’élargissement « démocratique » de la classe dirigeante ; au contraire, elle s’est matérialisée dans un processus sélectif de celle-ci.

Olivetti, F.I.A.T., Pirelli et E.N.I. [4] contrôlent à elles seules environ 80% du chiffre d’affaires global des entreprises étrangères à participation italienne. Au cours des années 80 se sont développées des manœuvres financières, politiques, économiques, et surtout des interventions autoritaires du gouvernement dans les conflits du travail. La bourgeoisie impérialiste marche à grands pas vers l’accroissement de son rôle de protagoniste dans la C.E.E. et dans le scénario international. Cette allure, elle ne peut la maintenir qu’à condition de comprimer les salaires et la dépense publique, qu’à condition d’imposer une rigoureuse discipline sociale à l’intérieur du pays.

Expansion à l’extérieur et centralisation du pouvoir politique à l’intérieur, c’est le binôme à partir duquel se développent les projets centraux de l’offensive étatique contre le prolétariat. Projets qui tendent, pour donner une situation plus favorable à la fraction de bourgeoisie « exportatrice de capitaux », à « repolitiser » les relations entre les partis et l’Etat, entre institutions et exécutif. Et en même temps, à « dépolitiser » l’antagonisme prolétarien par l’attaque contre le droit de grève, par de nouvelles relations industrielles et en général par la criminalisation et la délégitimassions des luttes ouvrières.

C’est un programme global et articulé de refonctionnalisation de l’Etat, dans une perspective anti-prolétarienne, vers lequel confluent les tendances conservatrices traditionnelles et la tendance à « l’Etat fort » représentée par une classe dominante qui s’est formée sur les termes politico-militaires de l’affrontement des années 70 : dans les grands licenciements de masse, dans les complots constants du « stragismo » et de l’offensive armée anti-prolétarienne de ces années.

Dans ce contexte, − dans lequel la direction de l’économie et de la politique tend à se centraliser, et dans lequel l’intervention de l’Etat dans la société se fait plus ramifiée et profonde −, toute hypothèse de transformation, tout processus d’agrégation des aspirations au changement radical, sont étroitement liés à la capacité de mener un travail décisif d’orientation théorique, politique et pratique, en mesure de relancer de manière systématique et continue la lutte contre l’Etat − expression concrète de la domination d’une classe − et contre une hiérarchie civile et militaire éduquée à agir sans « entraves légales », formée et « sélectionnée », dans la lutte contre le socialisme, durant ces années.

L’on comprend alors que le chantage à « l’urgence » [5] que le gouvernement fait peser à l’égard des mouvements revendicatifs et de masse est l’effet concret de la décadence de la démocratie parlementaire bourgeoise.

C’est la nécessité même de continuer à développer les forces productives et à éviter qu’elles rompent l’équilibre de son ordre, qui pousse le Capital, parvenu à ce stade, à renoncer aux méthodes démocratiques, le contraignant à mener des processus de concentration toujours plus poussés, tant dans sa domination politique que dans un étroit contrôle de la vie économique. C’est un chantage, pour ainsi dire historique, qui fait partie des nouvelles disciplines que la bourgeoisie est contrainte et tente d’imposer au prolétariat.

Face à cela, penser pouvoir « désarmer » les politiques répressives de l’Etat en lui opposant une « lutte pour l’amnistie », une « lutte en mesure de faire surgir une vision et une tendance de classe progressiste, qui sache bloquer les tendances à la criminalisation » n’est vraiment qu’une « pieuse illusion ». [6].

Cette position, en réalité, désarme idéologiquement, politiquement et organisationnellement le prolétariat et son avant-garde. Pour le processus révolutionnaire en Italie, en effet, ne se pose plus la nécessité tactique de lutter pour ramener le capitalisme aux formes libérales et démocratiques ; il n’est plus possible d’inscrire la lutte pour le socialisme dans le champ de la légalité institutionnelle.

La raison de cet « outrepassement » réside dans le fait que la conservation et « l’accroissement » du capitalisme monopoliste d’Etat ne peut se réaliser qu’au travers d’une plus grande concentration, d’une centralisation des pouvoirs de décision toujours plus marquée. L’essence de ce qu’on appelle pratique de l’état d’urgence est liée à une phase et un développement de classe déterminés qui ne peuvent être simplement réduits à une exacerbation transitoire des méthodes politiques, juridiques, législatives, policières, etc., à partir de laquelle on pourrait retourner au garantisme démocratique.

La forme de la démocratie bourgeoise a épuisé sa fonction politique et ne peut plus être aujourd’hui que l’expression concrète de la réaction. Aujourd’hui plus que jamais, l’alternative est représentée par le socialisme. Et le prolétariat, protagoniste du changement radical de l’ordre économique, politique et social, ne peut accomplir cette œuvre de transformation par des moyens légaux. Dans l’actuelle phase impérialiste, la tactique communiste ne prévoit plus la création de fronts ou « blocs progressistes ».

La praxis communiste ne doit pas exclure la possibilité d’organiser, en même temps que les intérêts de la classe ouvrière, les aspirations progressistes qui proviennent de couches sociales petites-bourgeoises ou de franges en voie de prolétarisation. Mais cela ne signifie pas retomber dans des politiques « frontistes » ; ce qui est nécessaire, indispensable et nœud central de l’activité communiste, c’est l’existence d’un centre marxiste fort et organisé, représentant politique autorisé, qui soit en mesure d’attirer derrière lui et de diriger la foule hétérogène des sujets antagonistes.

La plus grande valeur historique de la lutte communiste de ces années est d’avoir « restitué » au prolétariat la capacité politico-pratique d’organiser la lutte révolutionnaire contre l’Etat. Et une partie de l’expérience du communisme combattant de la période 1984/87 s’est développée à partir de la nécessité de sauvegarder cette valeur historique et, en même temps, de vaincre définitivement, dans la théorie et dans la pratique, les orientations subjectivistes, qui furent contre-productives à la potentialité de la lutte armée.

Reparcourir la création d’un « bloc social anti-capitaliste », d’un « front du progrès » c’est, entre autres, reproposer le volontarisme subjectiviste, le profil éclectique, l’aspect le plus faible et le plus critiquable de l’expérience de ces années, et, en même temps, liquider complètement toutes ses conquêtes et ses indiscutables mérites historiques.

La priorité, aujourd’hui, c’est de travailler à la construction-conservation de l’identité communiste, un travail de longue haleine, dans lequel plus que jamais il faut une ferme ligne d’indépendance et de maintien, aussi loin du politicisme, virtuel ou réel, que de l’extrémisme facile et non concluant.

Nous sommes conscients que pour mener la politique révolutionnaire − l’activité consciente et organisée qui guide le prolétariat dans le chemin vers sa libération −, les déclarations de principe ne suffisent pas. Et nous sommes conscients des particularités qui caractérisent la phase actuelle.

Que l’on nous comprenne bien, nous ne sommes pas de ceux qui disent : « Ici, il ne s’est rien passé ». Le recul de la lutte communiste est un fait réel, qui a atteint, à tous les niveaux, le point de reflux maximum en vingt ans d’opposition révolutionnaire en Italie. Cette situation fut certainement le produit d’une série de circonstances objectives, d’un cadre économique et social de relative stabilité mais aussi − et de manière déterminante − de limites subjectives, de faiblesses politiques des forces communistes. Il est hors de doute qu’un cycle, celui de la phase initiale du processus révolutionnaire dans notre pays, s’est clos. Un sérieux bilan, le relevé systématique des erreurs à corriger et des éléments à valoriser, s’imposent pour la poursuite de l’activité communiste sur des bases plus solides et plus développées.

Il y a un « vide de relief » dans l’histoire de ces années, relief dont l’absence s’est fait sentir, de manière prépondérante, dès la fin de la Campagne de Printemps. Il y a beaucoup à dire à ce propos mais la leçon fondamentale que l’on peut en tirer d’un point de vue révolutionnaire est que l’élan des communistes pour la reconstruction et l’unité doit tendre à combler ce « vide », doit être dirigé vers la définition de l’organe politique légitimé à représenter et à diriger l’ensemble de l’opposition de classe.

Ce travail de reconstruction porte en lui de nouvelles exigences, une nouvelle mentalité politique, la nécessité d’apprendre à se mouvoir de manière beaucoup plus « ample » que jusqu’à présent, au moyen de lignes internes vers la fraction la plus avancée du prolétariat, et en continuité effective avec l’expérience révolutionnaire accomplie jusqu’ici.

Rome, juin 1989
Alessandra Di Pace, Glanfranca Lupi, Francesco Tolino & Roberto Simoni


[1Massacre anti-populaire perpétré par les mercenaires fascistes de l’Etat italien en 1979 qui fit 15 victimes.

[2Littéralement « massacrisme », stratégie de l’attentat-massacre.

[3Titre d’un des premiers textes des Gallinari, Cassetta, etc., proposant leur « lutte pour l’amnistie de gauche ».

[4E.N.I. = Ente Nazionali ldrocarburi, entreprise nationale des hydrocarbures.

[5Chantage à l’urgence, pratique de l’état d’urgence : pour contrer la poussée des luttes de classe et accroître dans ce but son arsenal de lois répressives, l’Etat italien a eu sans cesse recours au prétexte d’une « urgence ». Le « stragisme » s’inscrit bien évidemment dans cette pratique.

[6La question des prisonniers politiques, aspect particulier de l’affrontement historique prolétariat/bourgeoisie, est assurément une question qui doit être affrontée avec le plus grand pragmatisme et le plus grand sérieux ; et la lutte pour la libération des prisonniers politiques et pour les conditions de vie dans les prisons a toujours été et sera toujours partie intégrante des tâches du mouvement communiste et révolutionnaire international.
Mais cela ne peut signifier liquider le patrimoine politique (base de l’existence des prisonniers politiques, et par eux représenté) ni mettre en œuvre des tacticismes caméléontistes qui, bien plus que par les évaluations politiques, sont battus par les équilibres en place eux-mêmes.