Centre MLM de belgique

Sur la construction du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique − 1973

Prolétaires de tous les pays, Nations et peuples opprimés, unissons-nous !

Voici dix mois que s’est tenu le Premier Congrès du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique (1er et 2 juillet 1972). Les documents qu’il a mis au point (le programme et les statuts du Parti, les thèses ainsi que les rapports politique et d’organisation) ont été publiés en volume et la diffusion en a été fort bonne au point que l’édition en est presque épuisée.

Il s’agit là d’un ensemble qui a intéressé pas mal de camarades et de personnes diverses. Nous avons reçu des critiques, certaines très fraternelles. Des ennemis en ont fait une critique acerbe et démentielle (Grippa) ; d’autres en ont annoncé une du même tonneau sans finalement s’y risquer. Nos documents ont servi de base de travail dans des discussions que des délégations de notre Parti ont eue avec des organisations révolutionnaires. Ce qui est remarquable, c’est qu’ils ont servi aussi d’instrument de travail dans des discussions entre organisations diverses, où nous n’avions aucune part.

Nous n’avons aucune fausse modestie à avoir. Les documents de notre Premier Congrès sont très importants ; ils sont un outil précieux dans la construction du parti révolutionnaire prolétarien et dans son édification, dans la réalisation de l’unité des marxistes-léninistes. C’est leur étude en profondeur qui a permis par exemple, aux militants de l’organisation « Garde Rouge » de se livrer à une très bonne analyse auto-critique, de rompre radicalement avec des conceptions erronées et de nous rejoindre dans la construction et l’édification du Parti.

Les confrontations qui ont eu lieu avec des camarades qui sont quelquefois très éloignés de nos positions et avec d’autres qui semblent aujourd’hui très proches nous amènent à préciser un certain nombre de notions sur la construction du Parti.

I.

Certains nous disent :

« Pourquoi vous dites-vous le Parti Communiste Marxiste-léniniste de Belgique ? Nous ne vous reconnaissons pas comme tel, à moins que vous nous le prouviez ».

Eh bien, essayons de voir cela d’un peu plus près.

Quelles sont les conditions pour qu’un Parti révolutionnaire prolétarien existe ? C’est une question qui est très à la mode aujourd’hui. On prétend interdire la création du Parti avant que ces conditions ne soient remplies, mais quelles conditions, après tout ? C’est là un petit exercice auquel s’est livré, en France, dans les années 1965 et suivantes, l’Union de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste sous l’influence du philosophe Althusser, aujourd’hui toujours ornement du parti révisionniste et aussi, au moins pendant quelque temps, sous l’influence de Grippa qui télécommandait certains exercices de style. Objectivement, cela visait à empêcher la constitution du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France. Mais la vérité, c’est que la plupart de ces militants, qui étaient d’ardents révolutionnaires, n’étaient pas mûrs. Une preuve en a été apportée par leur tragique effondrement en mai 1968 qui a nourri le regain trotskiste dans la petite bourgeoisie intellectuelle radicalisée ; une autre preuve en a été apportée par leur aventure spontanéiste et anarchiste de la « Gauche Prolétarienne » (Cause du Peuple).

En Belgique, à la Conférence de La Louvière (novembre 1967) qui a dénoncé la trahison de Grippa et qui l’a exclu du Parti avec ses deux plus proches lieutenants, des militants qui s’étaient fait un port d’attache des locaux parisiens de l’UJCML ont dit :

« Il n’y a pas de Parti, s’il n’y a pas de programme et de statuts ».

Comme effectivement à cette époque nous n’avions ni programme ni statuts écrits, nous n’étions pas un Parti et dès lors, vive l’atomisation en fractions opposées et en groupes rivaux ! Mais quand nous lisons l’« Histoire du Parti Communiste (bolchévik) de l’URSS », publiée sous la direction de Staline, nous y apprenons que le Premier Congrès du POSDR se réunit en mars 1898 avec 9 délégués seulement, qu’il n’en sortit « ni programme, ni statuts du parti » et qu’il en était même pas sorti « de direction émanant d’un centre unique ». Et pourtant ni Lénine, ni Staline, ni les bolcheviks n’ont contesté qu’il s’agissait bien du premier congrès du Parti, même si celui-ci restait encore à construire !

Dans les 21 Conditions d’admission à l’Internationale Communiste (juillet 1920) dont on sait que les vingt premières ont été rédigées par Lénine, on lit au point 16 :

« Les partis qui, jusqu’à présent, ont conservé leurs anciens programmes social-démocrates, sont tenus de les réviser dans le plus bref délai et d’établir un nouveau programme communiste adapté aux conditions particulières de leur pays et conforme aux décisions de l’Internationale Communiste ».

Ainsi voici que des Partis qui n’ont pas encore de programme communiste − et qui plus est, ont gardé momentanément un programme social-démocrate n’en sont pas moins dignes d’être membres de l’Internationale communiste selon Lénine ! Il est évident qu’il s’agissait d’une situation transitoire mais la leçon à tirer c’est que Lénine n’exigeait pas que le premier acte par lequel les communistes se constituent en parti soit la diffusion d’un programme explicite.

En Chine, le Parti Communiste a été fondé en 1921. Il n’avait aucun programme sinon l’expression de son opposition au féodalisme, à l’impérialisme auxquels on ajoute plus tard le capital bureaucratique. Le premier programme du Parti Communiste Chinois est adopté au Sixième Congrès en 1928. Il est bien succinct. Il tient en dix points et en dix phrases. Pendant 7 ans, il n’y a pas eu de programme ! Le Parti Communiste Chinois n’en était pas moins un Parti Communiste !

Puis, on a surtout insisté sur l’analyse de classe. Les promoteurs de la revue « Contradictions » dans le prospectus d’une librairie bruxelloise très éclectique nous disent que c’est la condition fondamentale pour que le Parti révolutionnaire puisse être créé. Mais où trouvent-ils cette condition qu’ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à poser ? Pas dans les 21 conditions léninistes d’admission à l’Internationale Communiste. Pas dans les écrits des camarades chinois qui ne font nulle part commencer le Parti en 1926, année où le camarade Mao Tsé-toung écrit son « Analyse de classe de la société chinoise ». Ceux-ci ont même donné un éclat particulier au cinquantième anniversaire de la fondation du Parti en 1921. Ils estiment donc qu’un Parti peut exister et même diriger des actions historiques avant qu’une analyse de classe en profondeur soit achevée. Ajoutons que le capital document en 25 points, « Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international », rédigé par le Parti Communiste Chinois (14 juin 1963), document essentiel dans la lutte contre le révisionnisme moderne, ne parle pas non plus de ces exigences.

Bien entendu, la préoccupation des marxistes-léninistes et de leur Parti doit être de veiller à réaliser dans les meilleures conditions possibles l’analyse de la formation sociale du pays, l’analyse de classes, de rédiger le programme et des statuts scientifiques mais il n’y a aucun exemple où cela a été réalisé préalablement à la fondation du Parti, ni pour le Parti bolchevik, ni pour le Parti Communiste Chinois, ni pour le Parti du Travail d’Albanie.

Dans un article extrêmement important de la revue « Albanie aujourd’hui » (numéro 1, 1972), il est dit :

« LE PARTI DU TRAVAIL D’ALBANIE N’A PAS ÉLABORE D’UN SEUL COUP TOUTE SA LIGNE POLITIQUE ET SON PROGRAMME POUR TELLE OU TELLE ÉTAPE DE LA RÉVOLUTION. Au début, il a jeté les fondements de sa ligne générale ; il a clairement établi en premier lieu son propre but stratégique et, au cours de son combat pour la révolution, il a ensuite enrichi et complété cette ligne.

APRÈS SA FONDATION, le Parti jeta les bases de sa ligne politique pour la période de la lutte de la Libération nationale. La première conférence du Parti Communiste d’Albanie, tenue en mars 1943, synthétisait l’expérience révolutionnaire acquise par le Parti durant ses 15 mois d’existence, elle élaborait de façon plus approfondie la ligne générale donnant au Parti un programme plus ou moins général. Mais ce programme n’était pas encore complet. Il le devint par la suite, toujours à travers la synthèse de l’expérience acquise dans la pratique révolutionnaire, dans la lutte pour l’accomplissement des tâches stratégiques et tactiques précédemment établies.
(...)

Pourquoi le Parti du Travail d’Albanie n’a-t-il pas élaboré dès le début d’une étape historique de la révolution un programme complet et global ? L’UNIQUE RAISON, C’EST QUE L’EXPÉRIENCE DE LA DIRECTION RÉVOLUTIONNAIRE N’ÉTAIT PAS SUFFISANTE. CETTE EXPÉRIENCE S’ACQUIERT ESSENTIELLEMENT DANS L’ACTIVITÉ PRATIQUE RÉVOLUTIONNAIRE. Ni le marxisme-léninisme, ni l’expérience d’un Parti frère ne donne jamais au Parti de la classe ouvrière de tel ou tel pays une politique toute prête et complète. En plus de la théorie marxiste-léniniste qui éclaire la voie, et de l’expérience des partis frères sur lesquelles on peut s’appuyer, le parti révolutionnaire de la classe ouvrière a besoin à tout prix DE SA PROPRE EXPÉRIENCE RÉVOLUTIONNAIRE pour élaborer sa ligne politique.

L’application d’un tel principe et l’adoption d’une telle pratique ont fait que la ligne du Parti du Travail d’Albanie a été et reste dynamique, qu’elle n’a pas été et n’est pas un programme dogmatique et rigide, mais un programme souple, toujours d’actualité et pénétré d’un esprit créateur. Cela a permis au Parti de vérifier, dans le flot de la pratique révolutionnaire, la justesse de sa ligne et en même temps de la débarrasser des erreurs et des lacunes ».

Ce texte assurément doit retenir l’attention. Il prouve que les préalables que certains veulent imposer relèvent d’une conception idéaliste. Les conditions PARFAITES n’existeront jamais. Si on les attend, ce n’est jamais le moment.

Notre Premier Congrès, partant d’une expérience militante, a mis au point le programme, les statuts, les thèses contenant notamment la première approche d’une analyse de classe. Nous ne serions pas des marxistes-léninistes si nous considérions ce travail comme achevé. Les analyses et documents devront être complétés, remaniés, approfondis. C’est même dans la mesure où nous avancerons que ces modifications seront apportées ; elles témoigneront précisément de nos progrès.

Mais en définitive quelle est la condition fondamentale pour qu’un Parti révolutionnaire prolétarien soit fondé ? Relisons les textes des camarades chinois et albanais ; interrogeons ces camarades. La réponse est claire : la condition fondamentale pour constituer le Parti, c’est l’existence d’une classe ouvrière, même embryonnaire. Même si le noyau de militants est très petit, très peu nombreux, même s’il reste faible idéologiquement, sa responsabilité est immense. Il doit former le Parti.
Par exemple, en Albanie, le Parti a été fondé en novembre 1941, sous l’occupation fasciste. Mais pour cela, il a fallu, sous la direction du camarade Enver Hodja, battre la fraction petite-bourgeoise d’Anastas Lula et de Sadik Premte (groupe des « jeunes ») qui estimait que les conditions n’étaient pas mûres notamment parce que les cadres n’étaient pas encore formés et que ceux qui existaient couraient un grand danger s’ils se dévoilaient comme communistes dans la propagande et l’agitation ouvertes contre le fascisme. Malgré que la classe ouvrière n’était qu’embryonnaire, malgré que le nombre de communistes était très réduit et qu’il y avait très peu de cadres, le Parti fut fondé en accord total avec l’Internationale Communiste.

II.

Mais, nous dira-t-on, nierez-vous que la situation n’est pas claire ? Outre le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique, les camarades groupés autour de « l’Exploité » se disent également le Parti et d’autres organisations déclarent qu’elles veulent fonder le Parti, deux d’entre elles annoncent qu’elles vont le faire incessamment, et comme ce ne sera pas nécessairement le même, on pourrait bien se trouver à brève échéance devant une belle série de « partis ».

Il est évident que c’est regrettable mais pas au point d’en faire une maladie. D’ailleurs, tout là-dedans n’est pas semblable. Le cas des camarades de « l’Exploité » est fondamentalement différent. Ils se disent aussi parti communiste marxiste-léniniste. D’où cela provient-il ?

Les camarades de « l’Exploité » et nous étions dans un même Parti. Ils se sont révoltés contre Grippa et ceux qui l’entouraient au mois de juin 1967. Nous n’avons pas toujours apprécié correctement cette révolte, même au cours de notre Premier Congrès. Poursuivant son analyse, le Comité Central de notre Parti estime que :

« S’il est inexact de prétendre que les camarades de « l’Exploité » ont scissionné sur la trahison de Grippa à l’égard de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine, il faut reconnaitre qu’ils ont scissionné parce qu’ils étouffaient dans un parti qui dégénérait à une allure vertigineuse et qui courait à la trahison. D’ailleurs trois mois plus tard, nous aussi nous avons dû nous révolter contre les « grands hommes » de cette direction. Il est donc légitime que les camarades de « l’Exploité » revendiquent d’assimiler leur révolte à la nôtre. Il aurait d’ ailleurs été juste que nous le fassions dans le cadre de notre Premier Congrès ».

De décembre 1972 à avril 1973, nous avons mené avec les camarades de « l’Exploité » d’importantes négociations et séances de travail sur la base des thèses de notre Premier Congrès et nous sommes arrivés à une large et profonde unité de vue. Notre Comité Central propose l’analyse suivante :

« Les camarades de « l’Exploité » et nous, nous appartenions au même Parti. Comme conséquence du poids de l’idéologie réformiste - révisionniste sur le mouvement ouvrier belge, de la trahison de Grippa et de ses acolytes, des manœuvres et parfois de la prépondérance d’éléments opportunistes de droite, nous nous sommes trouvés séparés ; nous avons été amenés à développer des lignes différentes. Ce que nous avons fait les uns et les autres n’a pas toujours été exempt d’erreurs. Mais dans la mesure où nous avons assimilé les enseignements de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, où nous avons persisté dans notre volonté de constituer le Parti autour de l’avant-garde ouvrière, nous avons mené les uns et les autres la lutte entre deux lignes qui a abouti à la défaite des opportunistes, à l’élimination des conceptions erronées. Dans ces conditions, la réunification du Parti peut se faire ; elle s’impose ; nous la souhaitons sans aucune restriction et nous mènerons la lutte pour qu’elle se fasse sans délai ».

Pour les autres organisations, le problème n’est pas le même et chaque cas est spécifique. Mais si partout, en tout pays, il y a tant d’organisations et de groupes qui se réclament du marxisme-léninisme, c’est que cela correspond peut-être aux conditions objectives, mais surtout aux conditions subjectives du moment. Cela est dû surtout au fait que !a crise de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoise a amené les éléments les plus lucides, les plus honnêtes à se soulever contre leur classe. Mais se soulever contre sa classe, ce n’est pas adopter l’idéologie prolétarienne pour autant. Pour cela, il faut une longue lutte et une longue pratique prolétarienne. Ces éléments restent marqués par l’idéologie bourgeoise et petite-bourgeoise qui nourrit l’esprit de fraction.

Là-dedans, il y a donc un double aspect des choses. L’aspect positif, c’est le fait que des éléments jeunes et dynamiques, issus de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoise, parce qu’ils sont lucides et honnêtes sont gagnés à la cause de la révolution. L’aspect négatif, c’est que parce qu’ils n’ont pas encore assimilé suffisamment l’idéologie et la pratique prolétariennes, il en résulte un manque d’unité et de discipline, un retard dans la constitution du centre unique dirigeant de la révolution prolétarienne.

Dès lors, il est clair que nous considérons toute organisation révolutionnaire comme ayant ses aspects positifs. Nous ne voulons pas nier l’existence de ces organisations et groupes, ce qui serait idéaliste. Ces groupes et organisations existent ; leurs militants sont ardents, ils veulent la révolution. Et il faut les traiter comme tels et bannir tout esprit de « clocher ». Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire les distinctions. Au contraire, nous ne pouvons tolérer le moindre libéralisme à l’égard de groupes révolutionnaires en paroles et contre-révolutionnaires dans leur pratique. Par exemple, les trotskistes appartiennent à un courant gauchiste qui a commis tant de méfaits dans l’histoire et actuellement en Belgique et dans le monde, qu’il n’est pas d’alliance possible avec eux, même s’il faut tenir compte que parmi les jeunes (exclusivement étudiants) qu’ils influencent, il est des révolutionnaires sincères. Mais il est d’autres exemples car il en est qui excellent à brandir le drapeau rouge, à faire de savantes analyses pour découvrir en conclusion que l’ennemi principal est notre Parti et qu’il n’est pas de tâche plus urgente que de le détruire. Ainsi, ce sont les dirigeants mêmes d’un tel groupe qui le classe dans les rangs de l’ennemi, même s’il est de ses militants qui, de toutes leurs forces, veulent la révolution.

Mais pour le reste, nous croyons que ces organisations et groupes, quel que soit le nombre de leurs militants, sont dans le camp de la révolution et leurs militants sont des camarades. Les meilleurs, ceux qui ont le mieux assimilé le marxisme-léninisme veulent le Parti, pas plusieurs partis − le même que le nôtre puisqu’ils disent qu’ils veulent construire un Parti ouvrier prolétarien tels que Lénine et Staline, Mao Tsé-toung et Enver Hodja, prolongeant et enrichissant les apports de Marx et Engels, l’ont conçu et expérimenté victorieusement. Et nous sommes persuadés que, quelles que soient les vicissitudes de la lutte, leurs efforts et leur expérience appartiennent au Parti révolutionnaire de la classe ouvrière de Belgique.

Que nous reconnaissions ce fait est une chose mais cela ne va pas jusqu’à accepter de liquider le Parti comme certains voudraient nous le voir faire. Nous n’acceptons pas de considérer notre Parti comme un groupe parmi d’autres ni d’entamer un processus de constitution d’un « grand » Parti par la fédéralisation des groupes − ce qui équivaudrait à réaliser une sorte de magma dépourvu de direction, sans ligne unique, avec tendances et droit de tendance.

Les thèses adoptées au Premier Congrès (point 69) disent :

« Nous nous sommes mis à la tâche de construire le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique. Cette tâche est immense et elle est de longue durée. Il est certain qu’à cette construction d’autres qui se tiennent encore à l’écart du Parti participeront. Même des camarades qui nous sont hostiles en seront. Ils nous sont aujourd’hui hostiles parce qu’ils ne comprennent pas vraiment ce que doit être un Parti marxiste-léniniste, c’est une possibilité ; ou bien, et c’est une autre possibilité, parce que ce que nous leur avons montré du Parti n’est pas toujours engageant : les erreurs bureaucratiques des uns, le goût des cancans des autres ou bien encore le tir de barrage contre ce qui est jeune, cela peut expliquer beaucoup de choses aussi. Les deux raisons peuvent se chevaucher. Quand il y a des divergences avec d’autres, il ne faut pas commencer par en chercher d’abord la cause chez les autres. Il faut commencer par la chercher en soi-même ».

Notre analyse débouchait sur l’affirmation qu’une des conditions de l’unité des marxistes-léninistes, c’est de mener à fond la lutte entre les deux lignes. Nous faisions toutes les distinctions nécessaires entre les groupes à direction petite-bourgeoise, étudiante et les groupes qui veulent construire le Parti autour de l’avant-garde ouvrière et nous concluions :

« Répétons que nous désirons l’unité des marxistes-léninistes sans aucune exclusive et qu’à côté des groupes qui se réclament du marxisme-léninisme, il existe des camarades isolés qui sont de véritables révolutionnaires et qui ont place à nos côtés pour construire le Parti qu’ils souhaitent. Mais c’est dans l’action qu’il faut aller à l’unité, par l’approfondissement idéologique. Cette unité doit se réaliser dans la construction du Parti ».

III.

Nous construisons le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique. Ce n’est pas facile. Cela exige beaucoup d’enthousiasme et d’énergie, de ténacité et d’abnégation. C’est un fait irréversible.

Pourquoi nous considérons-nous comme le Parti ? Ce serait stupide d’habiller cela de dissertations pseudo-théoriques : le langage abstrait jusqu’à en être abscons cache souvent une grande misère de la pratique. Les marxistes en chambre ne sont jamais de véritables marxistes.

Nous sommes le Parti parce que nous avons estimé qu’il fallait un Parti, parce que, même très peu nombreux, il faut le construire. Ça peut avoir l’air simple, trop simple. Pourtant, c’est fondamentalement cela.

Il y a un autre aspect.

Un de nos militants a été critiqué parfois pour avoir dit un jour que le Parti existe parce qu’à la Conférence de La Louvière, en 1967, il a été décidé que le Parti continuait et que les liquidateurs qui ne voulaient plus du Parti mais un « mouvement » y ont été battus. Certes, ce raisonnement mériterait d’être nuancé et surtout explicité mais il est proche de l’argument fondamental. C’est peut-être un aspect qui peut paraître très inattendu, mais une des conditions les plus certaines pour l’existence du Parti marxiste-léniniste, c’est la tradition.

Le mouvement ouvrier existe de longue date en Belgique ; il a près de cent vingt-cinq ans. Comme partout, il a eu un double aspect : aspect réformiste donc bourgeois qui a été dominant et aspect révolutionnaire qui n’a jamais été le fait que d’une minorité. Mais ce mouvement a existé ; il est riche en leçons par la positive et en leçons par la négative. Prétendre construire le parti révolutionnaire prolétarien comme s’il n’avait jamais existé, c’est de l’idéalisme.

Le Parti Communiste de Belgique a existé. Il a été reconnu comme tel par l’Internationale Communiste, par tous les autres Partis Communistes. Quand nous allons en Chine et en Albanie, on nous parle du passé glorieux du Parti Communiste de Belgique, on nous parle de ses dirigeants qui ont joué un grand rôle et en tout premier lieu de Joseph Jacquemotte. Prétendre construire le parti révolutionnaire prolétarien sans se rattacher aux traditions révolutionnaires de ce Parti Communiste de Belgique, c’est de l’idéalisme.

L’initiative d’un certain nombre de militants communistes, en 1963, d’entamer la reconstruction du Parti Communiste de Belgique sur des bases marxistes-léninistes a été un moment important de l’histoire du mouvement révolutionnaire sur le plan de la Belgique et sur le plan mondial ; c’était, dans le monde, le troisième Parti ainsi reconstitué − le premier étant le Parti Communiste du Brésil, le second le Parti Communiste (marxiste-léniniste) d’Australie ; c’était le premier parti reconstitué en Europe occidentale. Certes, il a fallu se révolter contre le premier dirigeant de ce Parti qui avait trahi et contre la clique d’aventuriers et de courtisans qui l’entouraient. Il reste un bilan à faire de cette expérience mais dès à présent, il faut dire que cette dégénérescence a sa base dans une rupture plus formelle que profonde d’avec le révisionnisme, dans le centralisme bureaucratique et l’absence de démocratie, dans la misère idéologique volontairement entretenue de beaucoup de militants, dans l’inexistence de toute organisation léniniste, dans le refus d’accepter l’apport prodigieux de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine. On ne peut être trop dur dans l’analyse de la trahison de Grippa et de ses lieutenants qui a nui gravement au prestige du marxisme-léninisme en Belgique, qui a donné un aliment aux confusionnistes, aux gauchistes, aux trotskistes, aux révisionnistes dans leurs complots contre la construction du parti révolutionnaire prolétarien. Mais il serait faux de ne pas tenir compte de ce qu’a apporté cette action de quatre ans, l’importance de la dure dénonciation de la trahison révisionniste à une époque où celle-ci commençait à peine, la remise à l’honneur des conceptions de révolution prolétarienne et de dictature du prolétariat, d’internationalisme prolétarien actif. Cette expérience existe ; elle a eu une immense portée.

Prétendre construire le parti révolutionnaire prolétarien sans se rattacher à cette expérience, sans en développer ses aspects positifs et rejeter ses aspects négatifs, c’est de l’idéalisme.

On ne construit pas un Parti Communiste sans se rattacher à la tradition révolutionnaire des Partis Communistes. Quand l’Internationale Communiste se constitue, elle ne tarde pas à établir les 21 conditions pour que des partis social-démocrates, des minorités de ces partis, des groupes issus de ces partis puissent rejoindre l’Internationale. Là où des groupes communistes préexistent à l’adhésion de ces partis ou fractions de parti à l’Internationale Communiste, on leur enjoint de rejoindre les formations anciennes en voie de devenir communistes (France, Italie, Allemagne, Belgique). Cela n’ira pas sans réticence mais il est quand même symptomatique que c’est dans les groupes le plus souvent formés en dehors des traditions du mouvement révolutionnaire que l’on trouvera l’essentiel des cadres trotskistes.

Construire le Parti nécessite à la fois continuité et lutte contre les erreurs du passé. N’est-il pas remarquable que tous les nouveaux Partis et organisations marxistes-léninistes reconnus par le Parti Communiste Chinois et le Parti du Travail d’Albanie ont la caractéristique fondamentale d’avoir leurs racines dans !es anciens Partis Communistes, d’être à la fois les héritiers des traditions révolutionnaires et les fruits de la lutte contre la dégénérescence révisionniste de ces Partis ?

IV.

Une divergence importante existe entre notre Parti et divers groupes et organisations qui se réclament du marxisme-léninisme, nés de la radicalisation du mouvement étudiant. Il s’agit de cette conception que nous estimons fondamentale au point d’avoir été affirmée à la fois dans les thèses de notre Premier Congrès, dans le programme et dans les statuts du Parti (article 5) :

« Le Parti révolutionnaire prolétarien ne peut se construire qu’à partir des éléments d’avant-garde de la classe ouvrière ».

Et d’aucuns donnent comme preuve que notre position ne tient pas, le fait qu’il y a des intellectuels parmi nos dirigeants.

Dans « Que faire ? » (tome 5 des Œuvres, page 382), Lénine écrit :

« Les ouvriers, avons-nous dit, NE POUVAIENT PAS AVOIR encore la conscience social-démocrate [1]. Celle-ci ne pouvait leur venir que du dehors. L’histoire de tous les pays atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à la conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, mener la lutte contre le patronat, réclamer du gouvernement telles ou telles lois nécessaires aux ouvriers, etc. Quant à la doctrine socialiste, elle est née des théories philosophiques, historiques, économiques élaborées par les représentants instruits des classes possédantes, par les intellectuels. Les fondateurs du socialisme scientifique contemporain, Marx et Engels, appartenaient eux-mêmes par leur situation sociale aux intellectuels bourgeois. De même en Russie, la doctrine théorique de la social-démocratie surgit d’une façon tout à fait indépendante de la croissance spontanée du mouvement ouvrier ; elle y fut Je résultat naturel, inéluctable du développement de la pensée chez les intellectuels révolutionnaires socialistes. A l’époque dont nous parlons, c’est-à-dire vers 1895, cette doctrine était non seulement le programme parfaitement établi du groupe « Libération du Travail », mais elle avait gagné à soi la majorité de la jeunesse révolutionnaire de Russie.

Ainsi donc, il y avait à la fois un éveil spontané des masses ouvrières, éveil à la vie consciente et à la lutte consciente et une jeunesse révolutionnaire qui, armée de la théorie social-démocrate, brûlait de se rapprocher des ouvriers ».

Nos contradicteurs y voient la preuve que c’est essentiellement aux intellectuels et aux étudiants qu’il revient de construire le Parti et d’aller en quelque sorte convertir les ouvriers.

Mais nous y voyons nous surtout de la part de nos contradicteurs et de nos détracteurs une insuffisance d’analyse, voire chez certains du dogmatisme. Quand Lénine écrit-il « Que faire ? » et où l’écrit-il ? En 1902, en Russie tsariste, pays semi-féodal, à la classe ouvrière embryonnaire, illettrée et dont il n’hésite d’ailleurs pas à dire qu’elle est abrutie par l’autocratie. Il s’agit de construire pour la première fois un parti ouvrier révolutionnaire. Dès lors, c’est vrai qu’en ce pays comme dans les autres au début du mouvement ouvrier, il s’agissait d’apporter à celui-ci une doctrine scientifique de la révolution qui ne pouvait être apportée que par des intellectuels d’origine bourgeoise. Mais pourquoi oublie-t-on que quelques pages plus avant Lénine citant abondamment Engels, souligne le haut niveau théorique des ouvriers allemands ?

« Il faut reconnaitre que les ouvriers allemands ont su profiter des avantages de leur situation avec une rare intelligence. Pour la première fois, depuis qu’il y a un mouvement ouvrier, la lutte est menée dans trois directions : théorique, politique et économique pratique (résistance contre les capitalistes) avec tant de méthode et de cohésion ».

Or, Engels écrit ces lignes en 1874 ! C’est vrai pourtant qu’en Allemagne aussi la théorie a été apportée par des intellectuels originaires de la bourgeoisie mais vingt-cinq ans plus tard, la situation est changée, la théorie ne doit plus être apportée du dehors de la classe. A ce moment, en Russie, Lénine et ses compagnons en sont tout au début du processus.

« Que faire ? » est un classique du marxisme-léninisme et les lois de l’organisation du Parti révolutionnaire, de ce que doit être le journal marxiste-léniniste, de la primauté de la diffusion de ce journal ont une portée universelle. Mais appliquer mécaniquement à la Belgique de 1973 ce qui était valable pour la Russie de 1912, c’est du dogmatisme. Ce qu’il convient de faire, c’est appliquer l’enseignement universel des maîtres du marxisme-léninisme aux conditions concrètes de la Belgique de 1973 !

Quoi qu’en disent certains qui ignorent l’histoire du mouvement ouvrier belge, la classe ouvrière n’est pas devant une page blanche. Nous n’en sommes plus à l’époque où seuls des intellectuels d’avant-garde savaient ce qu’est le socialisme. Le mouvement ouvrier belge a quelque 125 ans avec ses points forts et ses points faibles, ses aspects positifs et ses aspects négatifs. Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique ne commence pas avec rien. Il est l’héritier de toutes les expériences positives qu’il y a eu dans le P.C. sous la direction de Jacquemotte et dans la tentative de reconstitution du P. C. sur des bases marxistes-léninistes de 1963 à 1967. En même temps, il se forme avec l’enrichissement de toutes les données de la lutte contre le révisionnisme dans le PCB qui dégénérait et dans l’embryon de Parti reconstitué de 1963 à 1967. Il y a eu de grandes heures révolutionnaires sous la direction de l’ancien PC, dont les plus glorieuses se situent durant les dures années de l’occupation hitlérienne où le Parti a su réaliser le front uni antifasciste − le Front de l’Indépendance, a su construire une centrale syndicale révolutionnaire - les Comités de Lutte Syndicale (plus tard Confédération Belge des Syndicats Uniques), a su éditer un organe central qui a été le journal clandestin qui a paru le plus grand nombre de fois et avec le plus fort tirage et surtout a su diriger la lutte armée (Armée Belge des Partisans et Milice Patriotique). Et cela, c’est une page blanche ? Tout cela ne serait rien, selon certains et il a fallu attendre l’écho affaibli dans les universités belges du mai 68 des ouvriers et des étudiants français pour qu’il y ait quelque chose ? Un tel raisonnement n’est pas sérieux.

Non, nous n’en sommes pas à l’époque où Lénine et ses camarades mettaient sur pieds les premiers noyaux du Parti ouvrier social-démocrate russe. Le noyau de base du Parti existe même s’il peut et doit encore être étoffé, notamment par des camarades ayant une expérience d’autres organisations se réclamant du marxisme-léninisme. Ce noyau se constitue sur la base d’une unité de programme et de principes tactiques. Il poursuit la lutte entre deux lignes, se démarquant de tous les courants opportunistes de droite et de « gauche ». Ce Parti se forme patiemment, il est encore faible, mais il se construit autour de l’avant-garde ouvrière.

En conséquence, nous estimons qui si on veut former le Parti exclusivement à partir d’un noyau intellectuel dans les conditions de la Belgique de 1973, pays industriel avancé, où la classe ouvrière a de fortes traditions de lutte de classe, où il existe un passé révolutionnaire glorieux, eh bien, on ne formera qu’un parti petit-bourgeois où quelques caïds manipuleront très temporairement des pions ouvriers.

Bien sûr, les intellectuels révolutionnaires ont un rôle à jouer dans le Parti mais un intellectuel dans le Parti a les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres militants et surtout, il est soumis aux mêmes règles de discipline, la discipline prolétarienne.

Et que ceux qui répètent inlassablement des choses justes pour la Russie de 1902, se demandent si Lénine par exemple n’a pas écrit d’autres textes. La vérité ne sort pas d’un concours de citations mais observons que quand il rédige les conditions d’admission à l’Internationale, qui sont les conditions de formation des Partis communistes, Lénine n’ignore pas l’acquit précédent et surtout, il parle d’oser remplacer des dirigeants expérimentés PAR DES OUVRIERS SORTIS DU RANG (point 2).

Donc pour Lénine, en 1921, existent les conditions pour que des ouvriers deviennent des dirigeants du Parti et il dit bien des ouvriers sortis du rang.

Actuellement, Radio-Tirana diffuse une importante rubrique hebdomadaire qui est un commentaire du remarquable sixième chapitre du rapport d’Enver Hodja au VIe Congrès du Parti du Travail d’Albanie. Cette émission reprend dans son titre l’intitulé de ce chapitre : « Le marxisme-léninisme, doctrine toujours jeune et scientifique ». Le 21 janvier 1973, cette rubrique envisageait « les traits principaux du parti marxiste-léniniste qui sont l’objet de déformations des révisionnistes ». Il était dit notamment :

« Les classiques du marxisme-léninisme nous enseignent que les partis prolétariens et LEURS ORGANES DIRIGEANTS PREMIÈREMENT doivent être formés d’ouvriers perce que LE PARTI EST ISSU DES SIMPLES OUVRIERS DE LA BASE. C’est une garantie pour maintenir le caractère de classe du Parti ».

On ne peut mieux dire et toutes les subtilités de certains ne peuvent changer le problème. Ou bien c’est la direction aux ouvriers d’avant-garde dans le parti prolétarien et de là sur toute la classe ou bien c’est la direction des intellectuels bourgeois et petits-bourgeois. Pour notre part, nous nous prononçons sans l’ombre d’une hésitation pour la première option. Cela n’empêchera pas, bien au contraire, les intellectuels et étudiants révolutionnaires d’avoir leur place dans le Parti, d’en être de bons militants et même s’ils sont élus démocratiquement, d’en être des dirigeants.

V.

Voilà notre réponse aux critiques essentielles qui ont été portées aux documents issus de notre Premier Congrès et à ceux qui, pas toujours avec hostilité d’ailleurs loin s’en faut, contestent que nous sommes le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique et sont à la recherche de la voie idéale pour y parvenir.

Nous nous attendons aux habituels sarcasmes et anathèmes des dogmatiques et des scolastiques. Cela ne nous impressionne pas et n’a aucune importance. Mais à des camarades qui veulent sincèrement le Parti et qui ont des divergences avec nous, nous disons : voilà notre réponse. Nous pensons qu’elle est correcte.

Le 6 septembre 1969 déjà, le Comité Central de notre Parti a mis au point un document plus que jamais actuel, intitulé : « Contribution à l’unité des révolutionnaires ».

Il y est dit notamment :

« Il existe dans notre pays des groupes qui se réclament du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Tsé-toung et se tiennent à l’écart du Parti. Il arrive même que certains militants de ces groupes attaquent le Parti.

Cette situation nuit au développement du Parti. Elle s’explique à la fois par la prépondérance des pratiques et des théories révisionnistes dans le Parti Communiste depuis la fin de la guerre ce qui allait entraîner sa totale dégénérescence, par l’esprit de fraction de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie dont l’idéologie a fortement imprégné le mouvement ouvrier en Belgique.

Le Comité Central est résolu à tout faire pour mettre fin aux manifestations de l’esprit de fraction en mettant en application le principe suivant : unir tout ce qui peut être uni, faire preuve du maximum de compréhension à l’égard de révolutionnaires qui appartiennent à des groupes étrangers au Parti mais aussi démasquer et combattre ceux qui se servent du drapeau rouge pour attaquer le drapeau rouge. Le Comité Central désignerait une délégation pour engager la discussion avec tout groupe qui désirerait entrer en contact avec lui ».

Le PCMLB., poursuivant méthodiquement une pratique de l’unité dans la construction du Parti, a conduit à bien le processus de l’unification dans trois cas.

En avril 1968, unification avec les camarades du Mouvement Communiste Borain, fondé par des militants communistes qui au cours des années 1966-67 s’étaient révoltés au sein de la fédération révisionniste du Borinage. Les militants de cette organisation essentiellement prolétarienne ont rejoint le Parti.

Au début de 1972, les marxistes-léninistes militant dans l’organisation ouvrière de masse « Arbeiders-Unie » visant à développer un syndicalisme révolutionnaire, ont rejoint le Parti.

En septembre 1972, les militants de l’organisation marxiste-léniniste liégeoise Garde Rouge, essentiellement ouvrière, après avoir étudié les documents du Premier Congrès du PCMLB, expriment leur accord, mènent une autocritique en profondeur au sujet de certaines pratiques erronées qui ont été leurs, dissolvent leur organisation et adhèrent au Parti.

Nous avons dit plus haut les résultats entièrement positifs obtenus dans les discussions et séances de travail avec les camarades de « l’Exploité » et le succès du processus de réunification du Parti sur la base des thèses de notre Premier Congrès. Ce processus n’est pas terminé mais nous lutterons de toutes nos forces pour le mener à bien.

Avec le même souci des principes, la même ténacité, nous lutterons avec acharnement pour l’unité de tous ceux qui veulent appliquer les principes universels du marxisme-léninisme aux conditions concrètes de la Belgique. Cette unité, c’est dans la construction du Parti qu’elle se réalisera.

14 avril 1973


[1Tenons compte du fait que l’expression social-démocrate vise son contenu de l’époque et pas ce qu’elle revêt aujourd’hui. Nous dirions aujourd’hui marxiste-léniniste.