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Mao Zedong : Allocution d’ouverture au VIIIe Congrès national du Parti Communiste de Chine – 15 septembre 1956

Camarades,

La séance du VIIIe Congrès national du Parti communiste chinois est ouverte. (Tout le monde se lève. Vifs applaudissements prolongés.)

Depuis onze ans que s’est tenu le VIIe Congrès national de notre Parti, nombreux sont les camarades et amis qui, dans toute la Chine et dans le monde entier, ont lutté avec héroïsme, travaillé avec ardeur et donné finalement leur vie pour la cause du communisme et de la libération de l’humanité. Nous devons honorer à jamais leur mémoire. (Tout le monde se lève et se recueille.)

Le présent Congrès nous pose la tâche de dresser un bilan des expériences qui se sont accumulées depuis le VIIe Congrès, de sceller l’union du Parti, de nous unir à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, à toutes les forces susceptibles de s’unir à nous, de lutter pour faire de la Chine un grand pays socialiste. (Vifs applaudissements.)

Pendant les onze années qui se sont écoulées depuis le VIIe Congrès, nous avons, dans un grand pays de vaste superficie, de nombreuse population et aux situations complexes, pleinement accompli la révolution démocratique bourgeoise, et remporté la victoire décisive de la révolution socialiste. Au cours de la pratique de ces deux révolutions, il s’est avéré que la ligne politique suivie par le Comité central du Parti depuis le VIIe Congrès est juste et que notre Parti est un grand parti marxiste-léniniste qui a atteint sa maturité politique. (Vifs applaudissements.)

Aujourd’hui, notre Parti est plus uni, plus consolidé que jamais. (Vifs applaudissements.)

Notre Parti est devenu le noyau qui rallie le peuple du pays entier pour l’édification socialiste. (Vifs applaudissements.)

Notre travail a obtenu de très grands succès dans les différents domaines. Notre travail est fait comme il faut, mais nous avons commis des erreurs. Au cours de ce Congrès, il est nécessaire de dresser un bilan des principales expériences puisées dans notre travail, expériences du succès d’une part, expériences de l’erreur de l’autre, afin de répandre les expériences profitables et de tirer des leçons des expériences de l’erreur.

A considérer les conditions du pays, c’est en prenant appui sur l’alliance des ouvriers et des paysans dirigée par la classe ouvrière et en nous ralliant, sur une vaste échelle, toutes les forces susceptibles d’être ralliées que nous avons remporté nos victoires.

Pour entreprendre notre travail d’édification grandiose, il se pose devant nous une tâche extrêmement ardue. Bien que les communistes soient en Chine au nombre de plus de dix millions, ils ne représentent qu’un minime partie dans la population du pays.

Dans nos divers organismes d’Etat et dans les divers domaines de notre œuvre sociale, une grande quantité de travail réclame le concours des non-communistes. Si nous ne savions prendre appui sur les masses populaires, si nous ne savions collaborer avec les non-communistes, il nous serait impossible de mener le travail à bonne fin.

Tout en continuant à renforcer l’union du Parti, il nous faut aussi continuer à renforcer celle des nationalités, des classes démocratiques, des partis démocratiques et des organisations populaires ; il nous faut continuer à consolider et élargir notre front démocratique populaire uni ; il nous faut dans qu’importe quel chaînon du travail corriger avec sérieux toute situation fâcheuse capable de compromettre l’union du Parti avec le peuple.

Sur le plan international, c’est grâce au soutien du camp de la paix, de la démocratie et du socialisme, avec à sa tête l’Union soviétique, (vifs applaudissements) et aussi à la sympathie profonde de tous les peuples épris de paix du monde entier que nous avons remporté nos victoires. (Vifs applaudissement.)

A présent, le développement de la situation internationale est encore plus favorable à l’œuvre d’édification de notre pays. Notre pays et les autres pays socialistes ont besoin de la paix, les peuples du monde entier en ont aussi besoin. Seuls certains groupes monopolistes dans quelques pays impérialistes qui cherchent à s’enrichir au moyen de l’agression aspirent à la guerre et ne veulent pas de la paix. Grâce aux efforts continus déployés par les pays et les peuples épris de paix, la tension internationale a fait place à une certaine détente. (Applaudissements.)

Pour gagner une paix durable dans le monde, il nous faut développer davantage notre coopération amicale avec les pays frères du camp socialiste (vifs applaudissements) et renforcer notre union avec tous les pays qui aiment la paix. (Vifs applaudissements.)

Nous devons faire tous nos efforts pour établir, avec tous les pays désireux de vivre en paix avec nous, des relations diplomatiques normales sur la base du respect mutuel de l’intégrité territoriale et de la souveraineté ainsi que de l’égalité et des avantages réciproques. Au mouvement de libération et d’indépendance nationale dans divers pays de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine, au mouvement de paix et aux justes luttes de tous les pays du monde, nous devons apporter un soutien actif. (Vifs applaudissements.)

Nous soutenons fermement le gouvernement égyptien dans sa reprise en possession tout à fait légitime de la Compagnie du Canal de Suez, et nous sommes résolument contre toute tentative de violer la souveraineté de l’Egypte et de recourir à une intervention armée en Egypte. (Vifs applaudissements.)

Nous devons déjouer complètement les complots des impérialistes visant à créer la tension internationale et à préparer la guerre. (Vifs applaudissements prolongés.)

Les victoires que nous avons remportées dans la révolution et dans l’édification sont des victoires du marxisme-léninisme. Allier intimement la théorie marxiste-léniniste avec la pratique de la révolution chinoise, voilà le principe directeur suivi avec conséquence par notre Parti.

Depuis de nombreuses années, notamment depuis le mouvement de mise au point du style de travail déclenché en 1942, nous avons beaucoup fait pour renforcer, au sein du Parti, l’éducation du marxisme-léninisme. A présent, le niveau idéologique marxiste-léniniste dans notre Parti est plus élevé qu’avant ce mouvement.

Mais il existe encore chez nous de graves insuffisances. Beaucoup de nos camarades ont encore des façons de voir et d’agir tout à l’opposé du marxisme-léninisme, à savoir : le subjectivisme en idéologie, le bureaucratisme dans le travail et le sectarisme en matière d’organisation.

Toutes ces façons nous écartent des masses et de la réalité, font du tort à l’union au sein du Parti comme en dehors du Parti et apportent des entraves à l’essor de notre cause, aux progrès de nos camarades. Il faut éliminer, de tous nos, efforts, ces graves insuffisances qui se trouvent dans nos rangs, en renforçant au sein du Parti l’éducation idéologique. (Applaudissements.)

Après la Révolution d’Octobre, Lénine a assigné au Parti communiste de l’Union soviétique la tâche que voici : apprendre, et toujours apprendre. Les camarades de l’Union soviétique et le peuple soviétique ont suivi cette recommandation de Lénine. Ils ont obtenu, dans un temps relativement court, des résultats des plus éclatants. (Vifs applaudissements prolongés.)

Au cours du XXe Congrès qu’il a tenu peu de temps avant, le Parti communiste de l’Union soviétique a encore formulé un grand nombre de justes directives, et critiqué les insuffisances qui existaient chez lui. Il est certain que son travail connaîtra un essor de la plus grande envergure. (Vifs applaudissements prolongés.)

Maintenant, nous nous trouvons aussi en présence d’une tâche presque analogue à celle qui attendait l’Union soviétique au seuil de sa construction nationale. Pour transformer une Chine agricole arriérée en un pays industriel avancé, le travail que nous avons devant nous est extrêmement ardu, et nos expériences sont loin d’être suffisantes. Il faut donc savoir bien étudier. Il faut savoir apprendre auprès de notre avant-garde qu’est l’Union soviétique, (applaudissements) il faut savoir apprendre auprès des pays de démocratie populaire, (applaudissements) il faut savoir apprendre auprès des partis frères du monde entier, (applaudissements) il faut savoir apprendre auprès de tous les peuples du monde. (Applaudissements.)

Nous ne devons jamais nourrir le moindre orgueil inspiré par le chauvinisme de grande nation, et pour avoir triomphé dans la révolution, pour avoir obtenu quelques succès dans le domaine de l’édification, nous ne devons jamais donner dans la suffisance. Grande ou petite, toute nation a ses qualités et ses faiblesses.

Quand bien même notre travail serait couronné des plus grands succès, il n’y aurait aucune raison pour nous en faire gloire. La modestie fait faire des progrès, l’orgueil fait retomber en arrière : nous devons toujours garder présente à l’esprit cette vérité. (Vifs applaudissements.)

Camarades, comme vous, je suis persuadé que les forces du peuple chinois déjà libéré sont immenses, inépuisables, et grâce à l’aide de notre grande alliée, l’Union soviétique, et d’autres pays frères, (applaudissements) grâce au soutien de tous les partis frères du monde, (applaudissements) à l’appui de tous ceux qui nous accordent leur sympathie de par le monde, (applaudissements) nous n’avons pas du tout le sentiment d’être isolés, ainsi arriverons-nous sûrement à transformer, étape par étape, notre pays en un grand pays industriel socialiste. (Vifs applaudissements.)

Notre Congrès donnera une très grande impulsion à l’essor de notre œuvre d’édification. (Applaudissements.)

Aujourd’hui, nous avons parmi nous les délégués des partis communistes, ouvriers, des partis du travail et révolutionnaires du peuple de plus de cinquante pays. (Vifs applaudissements prolongés.)

Ils sont des marxistes-léninistes, ils parlent la même langue que nous. (Applaudissements.)

Ils ont entrepris de longs voyages pour venir chez nous et nous honorant de leur amitié la plus haute. Ils participent au Congrès national de notre Parti. C’est pour nous un très grand encouragement et un très puissant appui. (Vifs applaudissements prolongés.)

Nous voulons exprimer toute notre joie à les accueillir. (Tout le monde se lève. Vifs applaudissements prolongés.)

Nous avons aussi parmi nous les représentants des partis démocratiques et des sans-parti de Chine. (Vifs applaudissement.)

Ce sont nos amis intimes qui travaillent avec nous. (Applaudissements.)

Ils nous ont toujours prodigué leur aide. (Applaudissements.)

Nous tenons à leur souhaiter chaleureusement la bienvenue. (Tout le monde se lève. Vifs applaudissements prolongés.)

samedi 15 septembre 1956


Oeuvres de Mao Zedong