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Sur la situation provoquée par la crise du coronavirus COVID-19 en Belgique

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La situation provoquée par le coronavirus COVID-19 est, peut-être, le plus grand symbole de la rentrée dans le 21e siècle. En effet, le capitalisme part à l’assaut de la biologie, de la nature elle-même. Désormais, tout doit être consommable, jusqu’aux animaux sauvages, dont le trafic mondial rapporte une véritable fortune, malgré son illégalité.

Le Conseil national de sécurité annonce, par la voix de la Première ministre, Sophie Wilmès, que la Belgique ferme les écoles, cafés, restaurants et discothèques.

Alors qu’un premier cas de COVID-19 est apparu en Belgique début février − une personne rapatriée de la ville de Wuhan – et que des mesures de confinement sont d’application depuis le 18 mars, où en est la situation de notre pays aujourd’hui dans cette situation ?

La Belgique vient de passer un cap symbolique et terrible de 2500 décès (2523 à ce jour) des suites de la maladie du COVID-19. Le 8 avril, 5.590 lits d’hôpital dont 1.285 lits en unité de soins intensifs étaient occupés par des patients confirmés COVID-19 alors le nombre 24.983 cas confirmés a été rapporté.

Malgré ce bilan dramatique, médecins, infirmières, aides-soignantes ou pharmaciens (sans oublier les travailleurs dits « de deuxième ligne » au sein des établissements) sont encore et toujours confrontés au manque de matériel de protection ; certains ayant été infectés.

Le personnel soignant et les autres métiers en contact avec le public manquent de tout : trop peu de tests de dépistage, de masques de protection, de gel désinfectant, de blouses de protection, de gants ; certains médicaments en venant a manquer, comme par exemple, le curare, substance utilisée en anesthésie pour provoquer un relâchement musculaire et donc vitale lorsqu’il est nécessaire d’intuber les malades.

Ce manque de moyens récurant a ainsi obligé la direction d’une maison de repos de l’agglomération bruxelloise à faire appel à l’Armée afin d’assurer le bon fonctionnement du service. Malgré de nombreux appels à l’aide afin obtenir test et matériel de protection – appels restés sans suite depuis des semaines –, des cas de Covid-19 sont apparu parmi les résidents alors que l’établissement fonctionnait pourtant en vase clos depuis le 18 mars.

Il en résulte que sur la cinquantaine de soignants habituellement présents, seuls six ou sept l’étaient hier : la majorité du personnel étant soit déjà contaminée, soit craignant de l’être et, ainsi, de contaminer plus de résidents.

Même si nous savons que cette situation est similaire à ce qui a été constaté dans d’autres pays européens, comme la France, l’Espagne et l’Italie, en Belgique, cette réalité est encore aggravée par la volonté de séparation des fascistes de la NV-A et du Vlaams Belang.

Ainsi, après que des ministres de la NV-A aient tentés de s’approprier une quantité de masques de protection supérieure à celle qui leur était initialement destinée, on les a vu forcer la Belgique à s’abstenir au sujet de la décision européenne de l’octroi de 37 milliards d’euros pour lutter contre l’épidémie car la Wallonie aurait été « avantagée », selon ces fascistes.

A travers la gestion chaotique de la crise du coronavirus, nous pouvons voir que le naufrage du libéralisme à la belge est totalement consommé. Toute personne communiste sait que l’actuel gouvernement bourgeois minoritaire et de pouvoirs spéciaux n’est, en raison de son idéologie libérale-libertaire, de son ultra-individualisme, capable de ne penser qu’en termes de stabilisation avec une mentalité propre à un appareil d’État se présentant comme un monstre bureaucratique au-dessus du peuple, se cantonnant dans la perpétuation d’une société pour que le capitalisme tourne.

De ce monstre bureaucratique, la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block n’est qu’un des plus affreux avatars. La haine à l’encontre cette personne est telle qu’aujourd’hui les travailleurs des hôpitaux, des maisons de repos, des centres d’hébergement pour personnes handicapées se regroupent sur les réseaux sociaux dans le but de déposer une plainte collective au pénal contre cette ministre dont l’incompétence n’a d’égale que la médiocrité et le cynisme.

La ministre fédérale belge de la Santé, Maggie De Block

Or, comme cela à été expliqué récemment dans un important document du Parti Communiste de France (mlm), la maladie à coronavirus COVID-19 est le produit direct du capitalisme : de son mode de production, de ses villes tentaculaires, de sa consommation industrielle et artisanale d’animaux, de ses mœurs individualistes, de son rapport au corps. Il y est insisté sur le fait qu’il s’agit là d’un saut qualitatif montrant que toute l’époque est à la rupture, au décrochage, à la transformation complète, car le capitalisme a fait son temps.

Mais comme nous savons que tout a débuté en Chine, nous devons dire que si là-bas on ne capturait pas des centaines et des centaines de milliers d’animaux sauvages, dans les conditions les plus sordides, pour les amener vivant et les tuer sur le marché, pour les consommer comme aliments, la crise du coronavirus COVID-19 n’aurait pas existé.

Cependant, quoi que l’on puisse penser de la Chine, de son « socialisme » qui s’est transformé en un capitalisme total jusqu’à devenir une superpuissance concurrente des États-Unis, de la fascination de ses élites pour son urbanisation forcenée, il reste dans la société chinoise un sens énorme de l’engagement collectif et de la responsabilité collective. Le confinement dans la province du Hubei a ainsi pu être massivement et rapidement mis en place, tout comme l’ensemble des consignes sanitaires partout dans le pays.

Face à tout cela, ce que nous devons faire, c’est tracer la voie pour dépasser la contradiction entre les villes et les campagnes ; l’humanité doit impérativement reculer et comprendre sa place dans la biosphère. Oui, les villes doivent reculer, elles doivent desserrer leur emprise sur le monde, afin que les humains puissent vivre comme il se doit, comme les animaux qu’ils sont. C’est une question de civilisation : quelle civilisation voulons-nous ?

Celle d’un monde bétonné où les humains sont esclaves du capital cherchant toujours davantage à se reproduire, à s’élargir, engloutissant la planète entière, considérant la planète Terre comme un gros caillou ?

Ou bien devons-nous avoir comme programme le communisme, c’est-à-dire une civilisation sans classes ni État, où l’humanité existe sur la planète Terre en comprenant que celle-ci est une biosphère ?

Vladimir Vernadsky

L’URSS de Staline et la Chine populaire de Mao Zedong avaient parfaitement compris cette question. Les thèses sur la biosphère, expliquées par Vernadsky, ont été assumées par l’URSS de Staline qui s’est également orientée dans la résolution de la contradiction entre les villes et les campagnes. Il est impossible de comprendre la socialisation des campagnes en URSS, la généralisation des Kolkhozes et des Sovkhozes, sans comprendre justement cet objectif : la fondation de centres semi-urbains semi-ruraux, de très haut niveau culturel.

De la même manière, il est impossible de comprendre les communes populaires chinoises sans voir que leur identité était exactement contraire à ce que Deng Xiaoping a réalisé par la suite : un développement totalement débridé, déséquilibré, exploitant et polluant de manière massive. Les communes populaires visaient un développement équilibré, avec un refus attentif de toute pollution ; il s’agissait d’avancer dans la résolution de la contradiction entre les villes et les campagnes, prudemment, en ayant conscience de cet objectif communiste.

Mais comment est née théoriquement la compréhension de la contradiction entre les villes et les campagnes ?

Cette compréhension a été l’œuvre de Karl Marx et Friedrich Engels. Les deux fondateurs du marxisme ont compris la nature de l’être humain, ils savaient parfaitement que l’être humain est un animal, et par conséquent ils ont considéré les villes, telles qu’elles existent dans le capitalisme, comme étant nécessairement passagères dans l’histoire de l’humanité. Voyons ici comment s’est établie cette compréhension, avec deux citations de Friedrich Engels : une sur les villes et une sur le rapport inévitable et fondamental entre les humains et la nature.

Voyons tout d’abord comment Friedrich Engels a parfaitement compris l’absence de morale exigée par les rapports capitalistes dans les grandes villes, et ce d’une manière incroyablement profonde :

« La cohue des rues a déjà, à elle seule, quelque chose de répugnant, qui révolte la nature humaine.

Ces centaines de milliers de personnes, de tout état et de toutes classes, qui se pressent et se bousculent, ne sont-elles pas toutes des hommes possédant les mêmes qualités et capacités et le même intérêt dans la quête du bonheur ? Et ne doivent-elles pas finalement quêter ce bonheur par les mêmes moyens et procédés ?

Et pourtant, ces gens se croisent en courant, comme s’ils n’avaient rien de commun, rien à faire ensemble, et pourtant la seule convention entre eux est l’accord tacite selon lequel chacun tient sur le trottoir sa droite, afin que les deux courants de la foule qui se croisent ne se fassent pas mutuellement obstacle ; et pourtant, il ne vient à l’esprit de personne d’accorder à autrui ne fût-ce qu’un regard.

Cette indifférence brutale, cet isolement insensible de chaque individu au sein de ses intérêts particuliers, sont d’autant plus répugnants et blessants que le nombre de ces individus confinés dans cet espace réduit est plus grand.

Et même si nous savons que cet isolement de l’individu, cet égoïsme borné sont partout le principe fondamental de la société actuelle, ils ne se manifestent nulle part avec une impudence, une assurance si totale qu’ici, précisément, dans la cohue de la grande ville.

La désagrégation de l’humanité en monades, dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière, cette atomisation du monde est poussée ici à l’extrême. Il en résulte aussi que la guerre sociale, la guerre de tous contre tous, est ici ouvertement déclarée.

Comme l’ami Stirner [théoricien de l’ultra-individualisme de type anarchiste], les gens ne se considèrent réciproquement que comme des sujets utilisables ; chacun exploite autrui et le résultat c’est que le fort foule aux pieds le faible et que le petit nombre de forts, c’est-à-dire les capitalistes s’approprient tout, alors qu’il ne reste au grand nombre des faibles, aux pauvres, que leur vie et encore tout juste. » (La situation de la classe laborieuse en Angleterre)

Ces phrases datent du milieu du XIXe siècle, mais Friedrich Engels a parfaitement compris la tendance de fond, le caractère anonyme et inhumain des villes et le fait qu’elles sont façonnées par la bourgeoisie pour satisfaire ses besoins.

Mais si Friedrich Engels a compris cela, s’il affirme que ces villes sont inadaptées aux êtres humains, c’est parce qu’il a saisi ce qu’est l’être humain, et sa nécessité de ne plus faire qu’un avec la nature :

« Bref, l’animal utilise seulement la nature extérieure et provoque en elle des modifications par sa seule présence ; par les changements qu’il y apporte, l’être humain l’amène à servir à ses fins, il la domine. Et c’est en cela que consiste la dernière différence essentielle entre l’être humain et le reste des animaux, et cette différence, c’est encore une fois au travail que l’être humain la doit.

Cependant, ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d’elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s’attendre à jeter par là les bases de l’actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d’accumulation et de conservation de l’humidité.

Les Italiens qui, sur le versant sud des Alpes, saccageaient les forêts de sapins, conservées avec tant de soins sur le versant nord, n’avaient pas idée qu’ils sapaient par là l’élevage de haute montagne sur leur territoire ; ils soupçonnaient moins encore que, ce faisant, ils privaient d’eau leurs sources de montagne pendant la plus grande partie de l’année et que celles-ci, à la saison des pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d’autant plus furieux.

Ceux qui répandirent la pomme de terre en Europe ne savaient pas qu’avec les tubercules farineux ils répandaient aussi la scrofule. Et ainsi les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu’un qui serait en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein, et que toute notre domination sur elle réside dans l’avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures, de connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement.

Et en fait, nous apprenons chaque jour à comprendre plus correctement ces lois et à connaître les conséquences plus proches ou plus lointaines de nos interventions dans le cours normal des choses de la nature. Surtout depuis les énormes progrès des sciences de la nature au cours de ce siècle, nous sommes de plus en plus à même de connaître les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser.

Mais plus il en sera ainsi, plus les êtres humains non seulement sentiront, mais sauront à nouveau qu’ils ne font qu’un avec la nature et plus deviendra impossible cette idée absurde et contre nature d’une opposition entre l’esprit et la matière, l’être humain et la nature, l’âme et le corps, idée qui s’est répandue en Europe depuis le déclin de l’antiquité classique et qui a connu avec le christianisme son développement le plus élevé. » (Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme)

Nous, communistes, proposons alors une perspective d’harmonie avec la planète Terre considérée comme une biosphère, où la planification permet à l’Humanité de ne pas exister en vivant de la destruction de la Nature et à chaque individu de s’épanouir dans une vie naturelle où son niveau culturel s’élève.

Nous avons besoin de villes à taille humaine, où priment les transports en commun, n’entrant pas en conflit avec la vie sauvage, permettant une importante présence de la végétation, utilisant les énergies solaire et éolienne de manière systématique.

Nous proposons une société où les activités professionnelles n’opposent plus activités intellectuelles et manuelles, permettant de changer d’emploi pour certaines périodes, de prolonger les études de manière partielle tout au long de la vie.

Nous avons, pour cette raison nous avons comme exigence la planification, passant par la socialisation des moyens de production.

Seul un État démocratique, c’est-à-dire socialiste, conduit par la classe ouvrière et non la bourgeoisie, peut décider de manière correcte des grandes orientations, prévoyant ce qui est nécessaire afin d’aboutir à un développement équilibré économiquement, en harmonie avec la Nature, satisfaisant les besoins vitaux et culturels tout en rompant de manière définitive avec cette barbarie consistant en la consommation d’animaux sauvages ou d’élevages.

Cela signifie deux choses : tout d’abord, rompre avec la propriété privée des moyens de production. Ensuite, rompre avec toute l’idéologie dominante qui va du culte du héros aux divertissements aliénés proposés par les médias, en passant par l’individualisme, le nihilisme, le pessimisme, le relativisme, l’existentialisme.

Au repli sur soi, nous opposons le besoin de communisme inhérent aux dépassements nécessaires de la contradiction entre les villes et les campagnes, entre le travail manuel et intellectuel.

Ce besoin de communisme, général dans les masses populaires, est porté par la classe ouvrière, classe la plus exploitée, au cœur du mode de production capitaliste.

C’est de ce besoin de communisme et de sa mise en oeuvre que naîtront les conditions de la disparition du mode de production capitaliste et des maladies à coronavirus tel le COVID-19 dont il est la source.

jeudi 9 avril 2020


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